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Guinée : Pourquoi EDG ne comblera pas les attentes en électricité ?

A Conakry, la dernière pluie de l’année passée était tombée le 4 décembre, du jamais vu à Conakry et à Dubréka, le fief de Kaléta. Si les coupures électriques commencent en même temps que la saison sèche, quelle est en réalité la capacité de rétention de Kaléta ? Qu’est devenu Garafiri ? On voit bien que les barrages, l’obsessionnelle compulsive de Alpha Condé laisse à redire, il faut se tourner vers le solaire ou l’éolienne. Qu’à tout cela ne tienne, le vrai problème de EDG réside par le peu de rentabilité dans la gestion catastrophique. Quand VEOLIA est entrée dans la tanière,  une mise en garde lui avait été signifiée, EDG est un trou.

Depuis l’indépendance de la Guinée, l’ENERGIE et la SEG n’ont jamais été gérées de façon orthodoxe. Les agents de ces deux services avaient leurs clients, les mosquées aussi les leurs. C’est le brave Kassory Fofana qui avait tenté de mettre fin à cette « subvention « des mosquées à partir desquelles des branchements clandestins allaient dans des concessions et des concessions.

Auparavant, à l’avènement des militaires au pouvoir, en 1984, aucun officier supérieur ne payait une facture d’eau et d’électricité, cela a continué pendant des années comme à la Cité ministérielle, où des amis et parents venaient avec des tas de linges à repasser. Qu’en est-il, de nos jours ?

De nos jours, le problème de EDG est sans nul doute l’état et ses structures, les plus mauvais payeurs qui contribuent à mettre à genoux la société. Pourtant, dans le budget de chaque département, dans la rubrique dépenses, le volet eau et électricité existe. On ne sait pas quel ministère prend la palme de dette dans ce domaine. On ne sait pas au juste ce que l’Etat doit aux hôtels et autres prestataires de services comme Ciments de Guinée, la société de concassage de granite… On ne sait pas ce que l’Etat doit aux sociétés et entreprises de BTP et que sait-on d’autres… On dit que bien des sociétés sont au bord de la faillite par défaut de paiement des échéances à temps aux banques et que l’Etat en est en grande partie responsable.

C’est ce qui se passe probablement avec EDG. Non seulement l’Etat est un mauvais payeur, mais encore les consommateurs lambda de tous poils refusent d’être branchés correctement, sans by-face.

Ce qu’il faut aussi dire de EDG, elle est aussi pleine de tares. Ses transformateurs obsolètes continuent de fonctionner tant bien que mal, le réseau est vieux et les fils tombent à tout bout de champ pour mettre des concessions en danger  d’incendie.

Sans nouveaux matériels de transport et de distribution du courant, EDG ne rentabilisera pas pour continuer à satisfaire les populations de plus en plus exigeantes, en plus et c’est ce qui fait tomber les bras de dépit. EDG n’a pas véritablement un service de dépannage, qui vient à l’appel de la clientèle. Elle a sous-traité les dépannages simples à des électriciens de quartier et ceux-ci arnaquent chaque semaine les abonnés. Ils créent des pannes artificielles trop fréquemment et quand EDG coupe un client pour non-paiement, les mêmes électriciens de quartiers rétablissent le courant chez les pénalisés. Un cercle vicieux.

Dans ces conditions, il est pour tous les abonnés de pactiser avec les dépanneurs de quartier que de collaborer avec les agents de EDG qui ne sillonnent les quartiers que pour distribuer les factures  confectionnées par approximation  dans la hausse, de mois en mois.

Sans une gestion bien planifiée, et si l’Etat continue d’accumuler les arriérés de paiement, comment EDG paiera le carburant pour faire fonctionner le thermique, puisque l’Hydro-électrique a ses limites et que le solaire et l’éolienne, personne n’y pense véritablement ?

Électricité : Voici le rapport qui accable la gestion financière de l’EDG

Depuis plusieurs semaines, la desserte du courant électrique est fortement perturbée dans la capitale Conakry. De nombreux foyers peinent à se procurer du précieux sésame. Une situation qui ne semble pas prendre fin de sitôt. Pour cause, EDG est confrontée à de grosses difficultés financières dues à un endettement abyssal. Un endettement qui s’élève, selon un rapport financier sur EDG publié par le ministère de l’Economie en novembre 2107 et dont Guinéenews détient copie, à plus de 39 millions d’euros.

Alors que l’Etat se vantait d’avoir résorbé définitivement la crise d’électricité en Guinée, particulièrement à Conakry avec le lancement du barrage de Kaléta, de nouveaux délestages sont enregistrés dans plusieurs quartiers de la banlieue de la capitale.

En juin 2015, un contrat de gestion d’une durée de 4 ans, a été signé avec le groupe français Veolia et un autre de performance entre EDG et l’Etat.  L’objectif visait à résoudre définitivement les coupures intempestives du courant et à assurer une gestion judicieuse des ressources financières de la société.

Dans les états financiers, il ressort que EDG a réalisé des chiffres d’affaires de plus 717 milliards GNF en2015 contre 716 milliards GNF en 2016. Des chiffres qui montrent que la société a enregistré un résultat net négatif de – 1 130 milliards GNF.

Concernant les achats, ils sont passés de 493 milliards GNF en 2015 à 1 849 milliards GNF en 2016, soit 275% d’augmentation.

Les dettes des fournisseurs ont été revues à la hausse.  Plus de 424 milliards GNF en 2015 contre 1995 milliards GNF en 2016, soit une augmentation de 370%.

Les dettes sociales, elles, se sont accrues de 42,43% pour passer de 11 milliards GNF en 2015 à plus de 27 milliards GNF en 2016.

De la comparaison des charges aux produits d’exploitation, il se dégage une différence négative de -1 130 milliards GNF. Ce qui montre que la Société a accusé une perte nette en 2016 contre un bénéfice déclaré de plus de 11 milliards l’année précédente. Elle a par ailleurs eu à contracter plusieurs emprunts antérieurs, estimés à plus de 39 millions d’euros sans oublier la dette d’EXIMBANK qui s’élève 335 millions de dollars américains pour le projet d’aménagement du barrage Kaléta.

De tous les secteurs d’activités, l’énergie a occupé une place importante dans le programme de société du chef de l’Etat. Et  conséquemment le secteur a reçu des investissements massifs. Mais ces chiffres d’affaires et de créances tels que publiés dans ce rapport, montrent que la desserte du courant électrique est loin de trouver sa régularité d’antan surtout que le ministre de l’Energie a, à la faveur du dernier Conseil des ministres, dressé un tableau des plus sombres sur l’état de santé financier et production de l’EDG.

Lire l’extrait du rapport sur la gestion financière de l’EDG : Extrait du rapport financier du ministère de l’Economie portant sur la gestion de l’EDG