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le général Constantino Kibwanga

Zimbabwe : quand la grande muette ânonne

L’armée zimbabwéenne a éventé sa propre mèche. A-t-elle pris les disposions avant de faire une fanfaronnade de cette envergure, a-t-elle procédé comme Polichinelle ou tient-elle ferme toutes les ficelles. L’atmosphère est on ne peut plus délétère, l’odeur du brûlé est dans l’air.

Le limogeage du Vice-président et chef des renseignements, Emmerson Mnangagwa, est-il une réalité matérielle de purge orchestrée et scénarisée par Grace Mugabe ou un « battage général » pour faire sortir tous les loups du bois pour des fins d’identification ? En tous cas : « L’armée interviendra si les purges ne cessent pas » ou « Le Zimbabwe n’appartient pas aux Mugabe », des paroles attribuées au chef de l’armée, le général Constantino Kibwanga, montrent qu’un gros loup est sorti du bois, et il n’a pas froid aux yeux. Son assurance et son aplomb démontrent qu’il détient les choses bien en main et veut montrer sa loyauté et sa légalité jusqu’à la limite.

 Le camp de Grace Mugabe, dans la sagesse et la lucidité, devrait forcément freiner ses ardeurs et réorienter ses tirs politiques, mais on peut douter que renoncement n’est pas dans le caractère de la première Dame du Zimbabwe, qui regarde tout de haut. Il vous s’agira de regarder les attitudes et les allants d’un individu, son timbre de voix coupant pour deviner de quel bois il peut se chauffer. Grace a toutes les cordes à son arc : si elle veut faire entrer le vieux Mugabe dans l’histoire, rien n’est plus facile, si elle veut le contraire, comme le veut ardemment son impulsion du moment, rien ne pourrait l’arrêter, et gare à un de ses proches qui se hasarderait à le faire, à ses détriments.

Pour que Grace Mugabe entre dans l’histoire avec son mari de président, il faut qu’elle croise les mains, elle a déjà assez fait. Les Zimbabwéens sauront être indulgents, mais vouloir forcer la porte de l’histoire, beaucoup parieront que derrière ne sera pas reluisant. Les conditions de vie se dégraderont plus que ça…

En attendant, l’entourage présidentiel et l’armée sont à croupetons et se regardent en chiens de faïence, aucun ne veut bondir le premier. Tout le pays est dans une métastabilité sourde.