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Chronique-fiction : Comédie-Show du ministre K², Mamane et Gohou au Parlement du rire

Votre quotidien électronique Guinéenews© continue à plonger ses lecteurs dans le thriller de la politique- fiction. Dans ce numéro, le chroniqueur de RFI, Mamane, reçoit au parlement du rire, le ministre de l’éducation, Ibrahima Kalil Konaté dit K² pour la présentation de son budget sectoriel pour l’exercice 2018. Une vraie comédie-show avec les honorables Michel Gohou et Digbeu Cravate.

Mamane : qui peut nous raconter des blagues avant l’arrivée de notre invité ? Oui honorable Gohou !

Gohou Michel : monsieur le président, quand vous êtes avec Kassory Fofana, Kerfalla Kanté, Kerfalla Camara KPC, Ousmane Kaba et Kalil Konaté K², votre beau vous demande de lire un nombre à dix chiffres, et vous avez cinq essais possibles, honnêtement, bien qu’il y ait K dans chacun des noms, vous allez laisser qui, si vous ne voulez pas l’humiliation ?

Mamane : sincèrement, j’ignore qui laisser. Mais trouvez une autre blague, honorable Gohou…

Gohou Michel : vous gagnez au PMU et l’huissier vous dit que vous aurez votre argent mais à condition que le ministre Kalil Konaté K² lise correctement le chiffre affiché sur l’écran !

Mamane : tu nous tues de rire, honorable Gohou. Changeons de sujet, allons aux choses sérieuses !

K au Carré : bonjour, honorables députés ! Très ravi d’être au parlement du rire

Mamane : bonjour monsieur le ministre de l’éducation nationale du Gondwana !

Gohou Michel : bonjour monsieur le mathématicien, que dis-je, monsieur le ministre

K au Carré : bonjour mes honorables députés. Ça arrive, c’est un lapsus, honorable Gohou !

Mamane : bienvenue au parlement du rire. Nous rappelons que vous êtes le fils préféré de président- fondateur, le successeur d’Alexandre Grothendieck, le plus grand mathématicien du 20e siècle. Vous êtes celui qui a réussi à bouleverser les mathématiques par votre façon de lire les chiffres. Aujourd’hui, vous êtes la risée de la toile et notre invité- vedette.

K au Carré : merci pour les compliments. Après le satisfecit me consacrant comme le meilleur ministre de l’année, me voilà invité au parlement du rire. C’est la preuve qu’on tue les élites en Guinée.

Mamane : c’est vous la crème de l’élite, monsieur le ministre

Digbeu Cravate : n’en déplaise aux jaloux, notre ministre est la crème de la crème de l’élite en Guinée

Gohou Michel : est-ce que tu ne rêves pas les yeux ouverts, honorable Digbeu. C’est lui qui vous appelez élite. Pô, pô, pô, pô, la Guinée est morte. la Guinée est foutue, la Guinée est enterrée.

Mamane : doucement, honorable Gohou, on est au parlement du rire.

Gohou Michel : laissez-moi rire, monsieur le président, vous avez omis de mentionner dans votre présentation qu’au moment où l’honorable Ousmane Gaoual Diallo faisait le collège Yimbaya, K² était gardien, il empêchait les moutons de rentrer dans les classes.

K au Carré : un peu de respect, honorable Gohou, je suis un ministre de la république quand même !

Mamane : honorable Gohou, vous n’avez pas droit à la parole. Monsieur le ministre, je me plie à quatre pour vous présenter mes excuses. Mais ici, c’est le parlement du rire, il faut faire avec.

K au Carré : bonjour honorable Gohou, bonjour honorable Digbeu, mais vous ne portez pas de cravate

Gohou Michel : il a fait du copier-coller à Diallo Cravate, monsieur le ministre, sans payer le droit d’auteur. Il serait bien de remonter cette info à votre homologue de la culture, Bantama Sow

Mamane : silence dans la salle, je veux entendre les mouches voler

Michel Gohou : monsieur le ministre, avant d’écouter votre présentation, je vous pose une question toute bête. Si vous ne savez pas lire les chiffres, qui vous a poussés à vous appeler K² ? Etes-vous bourreau des équations mathématiques ou spécialiste des théorèmes de Pythagore ?

K au Carré : ni l’un, ni l’autre, honorable Gohou.

Digbeu Cravate : alors, pourquoi K au Carré ?

K au Carré : K au Carré, ce sont les deux initiales de mon nom 

Mamane : pour votre gouverne, honorable Gohou, notre ministre s’appelle Ibrahima Kalil Konaté.

Gohou Michel : Kalil Konaté ou KxK= K², j’ai trouvé, j’ai trouvé (Il court dans la salle du parlement du rire en levant ses bras, signe de victoire). Je suis le plus grand mathématicien de la terre. Je viens de battre la dernière race de mathématicien sur terre. Qui ose se comparer à moi, je vais le gifler, je vais l’engager. Tais-toi, Digbeu là- bas !

Mamane : silence Gohou, on n’est pas dans une salle de Karaté. Je veux entendre les mouches voler

Michel Gohou : monsieur le ministre, savez-vous que je peux porter plainte contre vous ?

K au Carré : comment ça, honorable Gohou ?

Gonhou Michel : vous insultez la mémoire de Pythagore, vous profanez les équations mathématiques.

K au Carré : où allez-vous déposer votre plainte-là ?

Michel Gohou : mais à la justice ?

K au Carré : vous perdez votre temps, Me Cheick Sako c’est mon collègue de la justice.

Mamane : ah oui, je vous avais prévenu. Au Gondwana, l’État, la justice, la prison, c’est président- fondateur !

Digbeu Cravate : bien fait pour toi, Honorable Gohou, tu vas la boucler désormais

Mamane : monsieur K², nous vous écoutons pour la présentation de votre budget sectoriel

K au Carré : Le présent budget qui vous est soumis s’élève à…mille…à 1 133…C’est un enseignant qui parle. Je ne suis pas affronté aux montants….Donc, le budget s’élève à 1 134… à un million 133 milliards 945 mille 745 mille. Monsieur Fodé Oussou ne me dira pas le contraire… (Il reprend) Mille milliards 476…1 400….. 1 476 milliards 729 millions 872 millions répartis comme suit…

Mamane : avez-vous compris quelque chose, honorables députés ?

Gohou Michel : personnellement, je n’ai rien compris. Il va du coq à l’âne !

Kalil au Carré : je suis un enseignant, je ne suis pas affronté aux montants

Gohou Michel (il rit aux éclats) : monsieur le président du parlement du rire, si un ministre est incapable de lire son budget, est-ce qu’on est obligé, nous honorables députés, de voter son budget ?

Mamane : une pertinente question, honorable Gohou

K au Carré : monsieur le parlement, ne l’écoutez pas, c’est un député de l’opposition. Il ne sait que saboter

Digbeu Cravate : je rappelle que notre ministre a un bilan élogieux. En dix mois, il a supprimé les notes du Bac et restitué 31 milliards sur les 80 milliards mis à sa disposition pour organiser les examens scolaires nationaux de fin d’année. Jamais un ministre ne l’avait fait.

Mamane : qu’est-ce qui vous fait rire, honorable Gohou ?

Michel Gohou : monsieur le président du parlement, si notre ministre a eu l’exploit, comme on le dit, de retourner 31 milliards au trésor, c’est parce qu’il ne sait pas compter. Et il vient de le prouver.

Kalil Konaté : ne l’écoutez pas, monsieur le président du parlement, il est conditionné par mon prédécesseur

Gohou Michel : monsieur le président, nous vous demandons, très humblement, d’écrire au président-fondateur de limoger son ministre de l’éducation nationale. Il peut le placer où il veut. Cela relève  de sa discrétion. Mais de grâce, qu’il l’enlève à la tête de l’éducation nationale.

Digbeu Cravate : n’écoutez pas, honorable Gohou, c’est un aigris !

Gohou Michel : si vous permettez, je peux donner mes raisons, monsieur le président du parlement. Je profit de l’opportunité que vous m’offrez pour lancer un appel au président- fondateur.

Mamane : je vous écoute, honorable Gohou. Vous avez trois minutes, pas plus.

Gohou Michel : aujourd’hui, par sa bourde, K au Carré s’est discrédité. De sorte qu’il ne peut plus parler aux parents d’élèves, aux enseignants, aux mathématiciens, au syndicat, aux élèves.

Digbeu Cravate : jusqu’à preuve de contraire, il reste le ministre de l’éducation, que tu l’aimes ou pas.

Mamane : Honorable Digbeu, vous n’avez pas la parole, honorable Gohou, on vous écoute !

Gohou Michel : je prends le cas des élèves. Supposons que les candidats fassent des résultats catastrophiques au prochain Bac. S’ils occupent la rue le lendemain, est-ce que K au Carré peut-il brocher un mot ?

Digbeu Cravate : mais pourquoi pas ? C’est après tout, le chef de département !

Gohou Michel : je parie qu’il n’oserait pas parler

Digbeu Cravate : pourquoi, selon ton avis ?

Gohou Michel : mais il échouerait aux examens à la place des élèves, surtout si le sujet portait sur la lecture des chiffres.

Digbeu Cravate : pour les bourdes à l’oral, K au Carré n’est ni le premier, ni le dernier. Je vous raconte une anedocte. Avant lui, un président avait dit sur les ondes de la télévision nationale : huit kilogrammes tonnes d’or

Gohou Michel : tu veux me perturber, honorable Digbeu, mais je suis imperturbable. On va se respecter un peu dans la salle. Tu ne peux pas comparer Dadis, un militaire, à K au Carré, un enseignant.

Digbeu Cravate : c’est pour te dire que la bourde de Dadis est plus grave que celle de K au Carré.

Michel Gohou : Je disais donc, monsieur le président du parlement, je disais donc que si les candidats protestaient demain, un ministre, incapable de lire les chiffre, ne pourrait rien dire aux élèves.

Ali Nabé : désolé monsieur le président, même s’il faut massacrer, mais il faut restaurer l’autorité de l’État

Mamane : vos propos sont très graves, honorable Nabé. Honorable Gaou, il vous reste 45 secondes

Gohou Michel : monsieur le président, je m’appelle Gohou, pas Gaou

Mamane : Gohou, Gaou, c’est compliqué ces noms, toutes mes excuses, continuez donc !

Gohou Michel : en l’absence de président-fondateur, K² disait que la grève du syndicat était sauvage, que son initiateur, Aboubacar Soumah, était un rebelle, qu’il ne négocierait pas avec lui. Parfois, il disait aussi qu’il était ouvert au dialogue mais que Soumah était introuvable.

Mamane : et après…?

Gohou Michel : il a fallu la médiation des religieux pour obtenir la suspension de la grève pour deux mois. Cela veut dire que K² n’est plus crédible aux yeux de ses ex camarades du syndicat. Et si deux mois après, le syndicat reprend la grève, K au Carré ne pourra plus s’adresser au syndicat ?

Mamane : Le bureau exécutif du parlement du rire va examiner votre proposition de loi.

K au Carré : nous attendons la mouture pour y apporter notre dernier mot.

Gohou Michel : c’est le même K² qui avait fait partir Ibrahima Kourouma. Il disait que lui, ministre, il n’y aurait jamais de grève en Guinée. Aujourd’hui, Kourouma doit être aux anges. Il doit rire sous cape.

Digbeu Cravate : n’écoutez pas, honorable Gohou, dans ses délires.

K au Carré ! merci de votre soutien, honorable Digbeu !

Michel Gohou : peux-tu nous expliquer pourquoi ton ministre a été incapable de lire son budget ?

Digbeu Cravate : monsieur le président du parlement, si notre ministre de l’éducation nationale n’a pas pu lire son budget sectoriel, c’est par respect à une tradition du prophète, paix et salut à lui.

Michel Gohou : pô, pô, pô, pô, mais toi-là, tu mens. Comment ça, est-ce possible ?

Mamane : écoutez-le, honorable Gohou

Digbeu Cravate : en 610, le prophète Mohamed, paix et salut à lui, s’isola dans une caverne proche de la Mecque, sur le mont Hira. Soudain, l’ange Gabriel surgit et lui demanda de lire. Il répondit : “Je ne sais pas lire ». L’ange le prit dans ses bras et le serra fort. Il le laissa ensuite, lui demanda encore une fois de lire. Mohamed répondit: “Je ne sais pas lire”. Il lui serra encore plus fort, puis lui demanda de lire encore une fois. Il répondit qu’il ne savait pas lire. Il lui prit dans ses bras pour la troisième fois et l’ayant serré encore plus fort qu’avant, le lâcha et dit : « lis ». Et il put lire enfin.

Gohou Michel : pô, pô, pô, pô, monsieur le président, mais Digbeu sait racoler. Nous sommes en 2017, soit 1407 ans après. On n’est pas dans une caverne noire mais dans une salle éclairée par Kaleta. Notre ministre n’observe ni la grève du syndicat, ni étreint par l’ange Aboubacar Soumah. C’est lui qui a voulu lire plus fort que tout le monde son budget. Mais en pleine lecture, au lieu de dire qu’il ne sait pas lire comme le prophète Mohamed, paix et salut à lui, il a tout mélangé. Pauvre professeur, qui créa un si mauvais élève.

Mamane : la séance est levée, que Dieu sauve votre poste, monsieur le ministre.

Michel Gohou : aujourd’hui, vous êtes la risée des réseaux sociaux. Votre cas n’est pas national mais sous-régional. Les béninois se moquent de vous, les ivoiriens, les maliens…. A votre place, j’aurais démissionné.

Digbeu Cravate : la démission n’est pas guinéenne, monsieur le ministre. 

K au Carré : tu as parfaitement raison, honorable Digbeu, si je quitte, après moi, c’est le déluge.


Note de l’auteur : Seuls les personnages sont vrais (Photos crédit). L’entretien est pure fiction et les propos n’engagent nullement leur auteur. Nous osons croire que les lecteurs comprendront le sens de notre inspiration et les autorités nous épargnerons des poursuites judiciaires.