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Guinée : La rareté des produits vivriers, un calvaire pour les femmes de Kouroussa

Tomate, oignon, piment, aubergine, gombo  et poivron ont presque disparu sur le grand marché de Kouroussa. Et si on a la chance d’en trouver, ils coûtent des yeux à la tête. Durant toute la journée, les vendeuses attendent désespérément les paysans et autres producteurs pour être livrées. Les femmes font plusieurs fois le tour des étals avant de trouver quelque chose à mettre dans le panier. Et là, il faut débourser beaucoup d’argent pour être satisfait. Cette crise de produits vivriers sur le marché est devenue un calvaire pour les ménagères. Tel est le constat fait par la rédaction locale de Guinéenews© sur place !

Pour en savoir plus, nous nous sommes rendus au marché central de « Kouroukan ». Une fois sur place, notre curiosité ne s’est pas faite attendre. Les étals de légumes et autres tables de fortune qui, d’habitude, sont inondés, sont cette fois-ci quasi vides. Les quelques produits qui s’y trouvent ne sont pas non plus à la portée de tout le monde. Tenez ! Deux tomates coûtent aujourd’hui 1000 francs guinéens au lieu de 500 GNF. Deux oignons à 2000 GNF alors qu’ils coûtaient 1000 francs auparavant. Quant au piment, il faut débourser désormais 1500 francs pour se procurer un tas. Quant à l’aubergine, c’est le comble. 5000 francs pour en avoir.  Et pourtant, ces produits constituent l’essentiel du contenu des aliments.

Pour avoir le cœur net sur les prix, nous avons interrogé à l’intérieur du marché quelques vendeuses.  » L‘aubergine qui coûtait 1000 francs par unité coûte aujourd’hui 5000 francs ; le kilogramme d’oignons 11.000 francs alors que son prix était auparavant de 6.000 francs. Le gombo dont on achetait le tas à 500 francs, nous en achetons actuellement trois petits à 1000 francs. L’huile rouge et l’huile d’arachide ? On n’en parle pas… », affirme une dame visiblement surprise de ce phénomène.

Même son de cloche chez les autres revendeuses. C’est le cas de dame Élisabeth, vendeuse d’aubergine.  » C’est pendant la période hivernale qu’on gagne beaucoup de sacs d’aubergines ; nous  achetons en ce moment un sac d’aubergines à 150.000 voire 175.000 francs y compris le transport. Après la vente en détail, nous avons notre bénéfice. Actuellement, le prix des sacs varient entre 250.000 à 280.000 francs. Et là, on n’a pas de bénéfice « , déclare-t-elle.

Peinant donc à s’en sortir, beaucoup de commerçantes refusent de vendre en détail. Elles vendent leurs produits par kilogramme.

Quant aux ménagères, elles sont unanimes. Car, elles disent traverser les moments difficiles et leurs familles en souffrent avec.  » Je dépense aujourd’hui plus pour faire un plat…Imaginez encore si j’avais une grande famille ! Ce n’est pas facile…Nous traversons une période difficile « , dit une consommatrice à Guinéenews©.

A Kouroussa aujourd’hui, c’est le désespoir. Les femmes ne savent plus où mettre la tête. La dépense journalière n’a guère évolué mais les prix grimpent et crèvent le panier de la ménagère. Suite au constat fait sur le marché par votre quotidien électronique, il faut dire que la situation est devenue invivable pour les familles. Et à l’approche des fêtes de fin d’année, l’inquiétude plane sur les populations.

Panier de la ménagère : Fluctuation des prix des denrées à Fria

Il est de nature pour les commerçants partout en Guinée de monter de façon exponentielle les prix des denrées alimentaires pendant le mois saint de ramadan, où on dépense trop pour en consommer moins.

A fria, le marché des légumes est inabordable, a-t-on constaté sur place. Faites y un tour pour vous rendre compte de la réalité.  » Vraiment, les femmes qui vendent les légumes ici au marché centrale n’ont pas peur de Dieu, pendant ce mois de ramadan. Tu viens avec 50.000 GNF, tu ne peux rien acheter de bon tellement que le marché est cher surtout les légumes. Un gombo, une tomate ou une aubergine coûte entre 1500 et 2500 GNF et tu ne peux pas dire que tu n’achètes pas parce que tu n’as pas de choix. Quand tu demandes aux vendeuses de diminuer, elles te répondent que ce ne sont pas les autorités qui leur donnent cadeau « , a confié dame Bintya.

Partout où vous passez, c’est le même refrain.  » Nous avons moralisé toutes les vendeuses avant le mois saint pour leur dire de ne pas augmenter les prix des légumes parce que nous les femmes vendeuses de produits marechaires ne payons pas de taxes. Mais à notre fort étonnement, c’est pas ce que nous voyons. Il est difficile de gouverner les femmes surtout quand elles ne comprennent pas ce que vous faites, elles vous traitent de corrompus « , a déclaré Marietou Soumah leader des femmes vendeuses.

Au moment où nous quittions le marché, le bureau de la chambre du commerce se réunissait avec les bouchers car les poids des bascules dénoncés par les clients posent problèmes à la pesée. Le kilo de viande vendu à 27.000 GNF n’est pas à la convenance du client.

Contrairement aux années précédentes, le sac de sucre qui s’achetait à 410.000 GNF est vendu à 385.000 GNF ; le sac de 40 kilos de riz reste inchangé à 225.000 GNF ; le bidon d’huile de 20 litres chute de 225.000 GNF à 220.000 GNF ; le sac d’oignons ne bouge pas et est vendu à 100.000 GNF ; de même, le sac de 50 kilos de farine se vend entre 235.000 à 245.000 GNF, selon la qualité.

Malgré tout, un effort reste à faire pour soulager au mieux les populations en ce mois saint de pénitence et de piété, estiment les observateurs.

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