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Assemblée Nationales ; Session extraordinaire de la Loi de finances rectificative 2017

Michel Kamano sur la loi de finances rectificative: «il y a un gap de 600 milliards de francs à combler»

L’adoption de la loi de finances rectificative 2017 par le parlement guinéen avait suscité de nombreuses réactions quant à l’exécution du budget dans ses volets dépenses et recettes à propos desquels certains députés ont émis des réserves.

Interrogé par Guinéenews par rapport à question, le député Michel Kamano  qui est également président de la Commission économie finances dudit parlement, a apporté quelques éclaircissements.

‘’Comme toute loi de finances rectificative, elle vient corriger la loi de finances initiale, tenant compte des événements qui surviennent dans l’exécution de la loi de finances initiale. Et le gouvernement,  cette fois-ci, est revenu nous dire qu’il a dû faire face à une plus forte demande en matière de subvention du secteur de l’énergie et de l’eau pour maintenir la desserte déjà acquise au niveau des populations, pour l’eau et l’électricité, d’une prévision initiale de subvention de 400 milliards de FG. Le gouvernement va devoir se retrouver avec des décaissements effectifs à hauteur de 1000 milliards de francs guinéens. Donc, il y a gap de 600 milliards qu’il va falloir combler’’, a expliqué Michel Kamano.

Selon lui, le gouvernement a bénéficié de quelques recettes exceptionnelles au niveau des sociétés minières qui ont exporté beaucoup plus que prévu initialement.

‘’Il y a eu d’autres dépassements ainsi que dans d’autres secteurs. Je n’ai donné que cet exemple pour vous dire que lorsque des événements majeurs arrivent et que le gouvernement soit obligé de faire face à ces évènements incompressibles, la loi de finances initiale change dans son exécution. Et comme le gouvernement seul ne peut pas le changer, il faut revenir vers les représentants du peuple, les députés qui sont les seuls à autoriser un gouvernement à exécuter un budget, il faut qu’il revienne vers ces députés pour leur justifier les modifications sollicitées dans le budget, en termes de modification des recettes et des dépenses. Ce que les députés ont fait. Nous nous sommes mis d’accord, au terme des deux semaines de travail dur avec le gouvernement sur les équilibres qui ont été maintenus au niveau de la loi de finances rectificative de façon à ce qu’on maintienne ces équilibres macro-économiques pour faciliter l’obtention que le gouvernement cherche des nouveaux programmes de coopération avec le Fonds Monétaire International, en particulier, mais aussi avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers’’, a-t-il ajouté.

Et de poursuivre : ‘’dans les grandes masses, nous nous sommes mis d’accord, on a une nouvelle loi de finances qui nous est revenue en recette avec 15 400 milliards en moyenne et en dépense,  15 800 milliards. Il y a à peu près, un gap de 400 milliards pour le financement duquel nous nous sommes aussi mis d’accord en termes d’emprunt nouveau, d’amortissement de la dette, d’emprunt bancaire et non bancaire’’.

 Globalement, le président de la Commission économie et finances croit que la loi adoptée est assez positive. Il félicite le gouvernement qui, à son avis, est désormais en train de respecter les dispositions de la loi organique relative aux lois de finances qui lui imposent tous les  trimestres de revenir devant les députés pour rendre compte de l’exécution du budget.

‘’La situation après exécution au 31 mars nous a été présentée ; la situation après exécution au 31 juin nous a été présentée. Il y a des améliorations à faire, mais nous nous réjouissons tous des avancées certaines que le gouvernement a réussi à faire’’, s’est-il réjoui.

Cependant, Michel Kamano estime que des efforts restent à faire au niveau de la mobilisation des recettes. ‘’Il y a toujours des hauts et des bas. Nous disons au gouvernement qu’il y a encore des efforts à faire dans la mobilisation des recettes. Ce n’est pas toujours facile. Mais il y aussi des efforts à faire dans la réduction des dépenses, surtout des dépenses de fonctionnement pour ne pas continuer à peser sur les dépenses d’investissement, parce que nous cherchons tous à avoir un budget d’investissement au lieu de continuer à soutenir des budgets de consommation. Ce sont des choses qui ne sont pas faciles à réaliser. C’est bien aisé à le dire pour nous qui avons été au sérail, nous savons de quoi il s’agit. Mais nous continuons à demander au gouvernement de mobiliser d’avantage de recettes et de faire des efforts pour investir d’avantage au lieu de consommer d’avantage’’