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Réalisation d’un village artisanal à Labé : Des difficultés, selon les promoteurs

Malgré la diversité des activités artisanales répertoriées dans la préfecture de Labé, la mise en place d’un village artisanal peine à voir le jour. Ce noble projet qui anime depuis plusieurs décennies les artisans de la capitale du Foutah Djallon reste confronté à un manque d’accompagnement de l’État en particulier et des bailleurs de fonds en général a appris Guinéenews© de source officielle.

Affilié en grande majorité à la fédération préfectorale des artisans de Labé (FEPAL), les différents arts sont d’abord réunis en groupement avant de rejoindre la maison mère qui est la FEPAL. Khalidou Dieng, le président de la FEPAL apporte plus d’explications. « Ce sont les groupements qui adhèrent au niveau de la fédération en envoyant deux représentants par groupement. Tout au début, on avait 65 groupements affiliés à la fédération des artisanats de Labé. Entre autres, nous avons les teinturières, les saponificatrices, les cordonniers, les tailleurs, les couturiers, les chaudronniers, les menuisiers, les mâcons, les vanniers…En principe, tous les métiers qui se pratiquent dans la préfecture se retrouvent au niveau de la fédération », précise son président.

Abordant la question cruciale qui est celle de la mise en place d’un village artisanal à Labé, Khalidou Dieng est on ne peut plus clair. « Nous avons en perspective la réalisation du village artisanale au niveau de Labé. Il y a le budget national de développement (BND) qui tenait à financer le village artisanal de Labé mais, la vielle de N’zerekore  a été prioritée. Donc, notre projet nous aussi ici, c’est de réaliser pour Labé un village artisanal dans lequel on va retrouver tous les corps de métier et leur talent », soutient-il.

En plus du fait que la réalisation de ce village artisanal peine à se concrétiser, le président de la FEPAL regrette l’absence de l’État qui a abandonné les artisans de Labé. « On ne reçoit rien de la part de l’État. C’est ce qui est regrettable parce que ailleurs, l’artisanat étant un secteur porteur, bénéficie du soutien et de l’attention du gouvernement et de l’Assemblée nationale compte tenu de l’impact que l’artisan joue dans le rôle de développement et de promotion d’emploi, d’activités génératrices de revenu », conclut Khalidou Dieng, le président de la fédération préfectorale des artisans de Labé (FEPAL).

Pourtant, selon des artisans rencontrés sur le sujet, le gouvernement guinéen à travers son ministère de l’hôtellerie, du tourisme et de l’artisanat a maintes fois promis d’accompagner ce secteur jeté aux oubliettes mais jusque-là rien de concret n’a été posé.

L’artisanat à Kindia : un secteur aux oubliettes

Les hommes de métier  de la ville de  Kindia sont toujours sur la brèche pour pouvoir joindre les deux bouts. Le constat est très amer sur le terrain. Ces artisans de la cité des agrumes sont très nombreux à peiner pendant cette période hivernale. Aujourd’hui, ils lancent un appel aux  personnes de bonne volonté afin de leur venir au secours. C’est un constat fait par la rédaction régionale de Guineenews, basée à Kindia.

L’activité artisanale, pratiquée depuis des temps anciens par nos arrière-grands-parents, est présentement abandonnée  à elle-même. A Kindia, nombreux sont ceux qui vivent au jour le jour, loin des projecteurs, sans soutien. Ils ne comptent pas cependant baisser les bras, en dépit des difficultés qu’ils rencontrent : manque d’infrastructures adéquates de base, manque de matériels.

«Nous les tisserands, nous sommes ignorés par l’Etat. On n’a pas de soutien. Rien ! Alors que nous transformons notre matière primaire sur place pour soulager les citoyens. Aujourd’hui, nous constatons que le Guinéen n’aime que ce qui vient de l’extérieur. Les gens n’ont aucune considération pour les produits que nous fabriquons ici, alors que chez les autres, comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina-Faso et même la Mauritanie, ils s’habillent tous traditionnellement et ils mettent en valeur leurs produits. Et ça marche dans les foires internationales. Il faut que l’Etat nous vienne en aide », sollicite Mamadou Oury Diallo, tisserand au quartier Thierno Djibiya.

Ces réalités sont aussi valables chez les cordonniers et les teinturiers qui ne savent plus à quel saint se vouer.

« Nous, nous demandons qu’ils nous assistent à construire un hangar au marché ici car cela nous protègera contre la pluie et ça facilitera notre travail  de cordonnerie. Je suis sur mes 45 années d’activité mais, je ne me souviens pas si l’Etat nous a assistés un jour. On évolue avec nos petits moyens », a plaidé Alassane Diallo.

D’autres artisans s’en sortent mieux grâce à leur esprit d’association. Kadiatou Diallo, teinturière, nous confie ceci : « On a des partenaires, qui travaillent avec la Fédération préfectorale des artisans, qui nous aident des fois à exposer nos produits à l’occasion des foires. Notre association vient de créer aussi une boutique où nous vendons nos pagnes. Cela nous arrange beaucoup.»

Pour soulager la souffrance de ces artisans, la FEPAKI  propose des solutions. «Il faut souvent organiser des activités comme le salon agro-artisanal et touristique au niveau de la région, faire participer nos artisans aux foires sur le plan national et international pour qu’ils puissent vendre leurs produits », propose Issiaga Damba.

Ces difficultés n’épargnent aucun corps de métier : les tisserands, les tailleurs, les cordonniers et les sculpteurs.

« Notre principale difficulté aujourd’hui c’est comment avoir les matières premières mais aussi son transport. Cela nous pose d’énormes problèmes », explique  N’fa Moussa Touré, sculpteur de son état.

Aujourd’hui, ces différents corps de métier sont sur le point de disparaître à Kindia. Une situation qui devrait interpeller les autorités compétentes.