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arrêté de deux ministères

Médias: les associations de presse vent débout contre une décision du pouvoir

Dans un arrêté conjoint signé par la ministre de l’Economie et des Finances et celui de la Communication, il est demandé à l’audiovisuel public et privé, aux journaux privés ainsi qu’à la presse en ligne de verser 10% des publicités qu’ils diffusent. Mais les responsables des médias privés désapprouvent cette décision qu’ils jugent ‘’illégale’’.

«Nous rejetons l’arrêté conjoint du ministère des Finances et celui de la Communication relatif au tarif des publicités diffusées par les médias privés et publics. Parce que c’est un arrêté illégal qui n’a aucun fondement juridique », a indiqué Moussa Iboun Conté lors d’une réunion que les différentes associations de presse ont tenue ce vendredi 29 décembre au siège de l’URTELGUI.

Pour justifier ce rejet, il soutient que l’Office guinéen de publicité (OGP) a changé de statut juridique : « nous sommes dans un Etat de droit. Et cet arrêté n’a aucun fondement juridique, ni dans la constitution, ni dans les lois organiques. C’est illégal parce que l’OGP a changé de statut juridique. Ce n’est plus une régie de recettes de l’Etat, ce n’est plus un service public de l’Etat, mais une société anonyme à responsabilité limitée (SARL) comme la radio Sabari FM, comme le journal ‘’Le Lynx’’. Donc, il ne nous appartient pas, en tant qu’entités privées, de verser de l’argent à une autre entité privée.»

  1. Iboun Conté ajoute que les associations pourraient même attaquer l’arrêté en justice : «nous pouvons attaquer cet arrêté devant la chambre administrative de la Cour suprême, parce que c’est un arrêté, donc un acte réglementaire.»

Au cours de cette rencontre, le sujet des redevances que les radios et télévisions privées doivent payer à l’Etat a été abordé. «Nous avons analysé la situation des redevances. Certaines radios ont payé, d’autres n’ont pas payé. Il y a des radios qui sont fermées. Mais pour cette situation, nous allons privilégier le dialogue et nous osons croire que l’idée de la journée nationale de la presse projetée par le président de la République est une opportunité », a affirmé, Iboun Conté, le président de l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (AGEPI) avant d’ajouter la participation de la presse privée à cette journée qui sera conditionnée par l’arrêt de fermeture des radios : « nous allons conditionner notre participation à cette journée à un certain nombre de paramètres. Par exemple, la suspension de l’opération actuelle de fermeture des radios déclenchée par les autorités. Si ça continue, les radios et télévisions privées, y compris la presse écrite et celle en ligne, ne vont  pas participer à cette journée. »