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Guinée : Les artistes à l’assaut en rang dispersé contre la gouvernance Alpha Condé

Contre le troisième mandat en mirage ou en dessein d’Alpha Condé, les oppositions sont de tous poils ébouriffés. Les politiques sont en rang dispersé, les artistes se jugent et se jaugent en rivalisent d’ardeur en rang dispersé. L’observateur se demande si tous ceux qui tempêtent dans un verre d’eau sont sérieux ou s’ils ne contribuent pas à revigorer davantage les intentions de cette gouvernance. Jusqu’à preuve du contraire, on n’a pas encore entendu cette intention, donc, spéculer ne sert à rien qu’à faire perdre du temps au pays. Le gouvernement est conscient que les manifestations freinent ou bloquent l’économie, si ça ne tenait qu’à ça, mais le clabaudage international renforcera plus la détermination des manifestants.

Au Venezuela, les manifestants pensent que Maduro sera bientôt à court de gaz lacrymogène ; au Brésil, ce sont des milliers de fonctionnaires qui sont sans salaire depuis deux ou trois mois. Le ras le bol risque de toucher toutes les couches socio-professionnelles. L’armée et la police mobilisées pour contenir les centres urbains, ce sont les paysans dépossédés de leurs terres qui les envahissent et pillent usurpateurs et les sociétés et entreprises usurpatrices. L’état quasi insurrectionnel plane au-dessus de ces deux pays. Leur exemple est visible sur le continent.

Ceci dit, après Elie Kamano, c’est au tour de Takana Zion d’aller au gnouf. Ce qui fait qu’il est difficile de parler de ce cas, qui ressemble à une récidive (qui aggrave la faute) c’est qu’il n’y a pas une semaine que le premier a été appréhendé et relâché. Sans tirer les leçons, le second entre dans la danse pour tester le bois de chauffe des pandores et de la Justice, ça va lui en cuire, plus qu’à l’autre. Si les caméras de la presse n’avaient pas été là, il allait être plaqué au sol avant d’être embarqué.

De cette façon, Takana Zion aura plus de mérite à faire valoir devant Elie Kamano par la durée de son « apnée » dans le trou. Si les réseaux sociaux s’étaient emballés de l’arrestation de Takana Zion, le lendemain, la ville est calme. Les fans de l’artiste étaient partagés entre la hardiesse imprudente de leur star et la provocation, il faut dire et épeler le mot. Cependant, Takana va battre le record piètre de Elie, mais ne doit pas atteindre celui de dix jours que certains détiennent jalousement.

Le pouvoir de Lansana Conté avait mis au gnouf tous les opposants. Certains avaient pensé que si jamais ils étaient arrêtés, la Guinée allait être à feu et à sang, que nenni, d’autres ont été rattrapés à Piné, sapristi. Il manque toujours une dimension à l’homme politique qui n’a pas fait la prison, il faut à tout prix y aller pour ressortir grandi. C’est cela qu’à visé Elie Kamano, et c’est ce que vise Takana.

Dans tout ça, il faut reconnaître que les choses vont de mal en pis. Tout ce monde ne manifeste pas seulement que pour tester leur popularité les uns vis-à-vis des autres, mais le malaise est palpable, les commerçants n’en font qu’à leur tête, tous les prix ont flambé ; chaque mobilisation de l’opposition républicaine paralyse tout le secteur choisi, qu’en sera-t-il quand tous ces manifestants en rang dispersé coordonnent leurs forces en une seule ?

L’épreuve de force n’a pas commencé. Il y a bien une ou deux façons de désamorcer cette bombe à fragmentation sociale. On n’y est pas encore.

Revue de presse : Meeting de l’opposition, recomposition de la CENI, arrestation d’Elie Kamano

A la Une des journaux : Meeting de l’opposition à Kaloum, la recomposition de la CENI, l’arrestation du chanteur Elie Kamano, la passation de service à la RTG, le procès du meurtre El hadj Koula Diallo, détournement à la BCRG… Bonne lecture !

‘’Meeting de l’opposition à Kaloum : Une démonstration de force’’, titre le journal hebdomadaire La Lance. Le 16 juillet, l’opposition républicaine a mobilisé à Kaloum. Dès le début de la matinée, le boulevard Diallo Telly, lieu du meeting, était noir de monde. Des pancartes et banderoles : « La rupture c’est maintenant ! » ; « Où est le vrai changement ? » ; « Non au troisième mandat ». Un dispositif impressionnant de sécurité : de Dixinn, lieu de résidence du chef de file de l’opposition au point de ralliement à Kaloum, des véhicules de policiers et de gendarmes à tous les carrefours et points chauds. Au pont 8 novembre, les forces de l’ordre ont irrité, elles ont voulu bloquer les motards. A Tombo, un groupe de jeunes arc-en-ciélistes bravaches a tenté de barrer la déferlante. Peu avant 13h, Cellou Dalein Diallo, Alhousseny Makanéra Kaké du FND, Dembo Sylla de l’UGD et Sékou Dioubaté du parti GRUP débarquent, accueillis par un tonnerre d’applaudissements. Des contremanifestants tentent de perturber le meeting par des jets de pierre, vite maîtrisés par la force publique, épaulée par des jeunes de l’opposition. Alhousseny Makanéra ouvre la harangue : « Cellou ne lutte pas pour remplacer l’injustice par l’injustice comme le fait le régime du Pr Alpha Condé. Il se bat pour une Guinée où tous les Guinéens sont égaux ».

Le journal La Lance nous apprend également que le chanteur reggaeman Elie Kamano et quelques-uns des manifestants ont été arrêtés par les agents des forces de l’ordre à la Tannerie, dans la commune de Matoto. La marche, non-autorisée, a été précocement réprimandée par les agents de la police et de la gendarmerie déployés en grand nombre sur le terrain. Les manifestants, peu nombreux, ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène. Elie Kamano en tête de cortège, ainsi que trois autres leaders du mouvement, ont été arrêtés et embarqués à bord des pick-up, destination à la DPJ, Direction nationale de la police judiciaire de Kaloum. Les autres manifestants ont été par la suite libérés. Le mouvement protestait contre la corruption, l’impunité, la mal gouvernance et contre un éventuel troisième mandat du président en exercice. Les jeunes révoltés de Matoto ont contre-manifesté sous le regard indifférent des agents des forces de l’ordre.

‘’Affaire de viol : l’image de Banlieuz’art en jeu’’, lit-on dans l’hebdo La Lance. Dans les secrets de sa délibération, le Tribunal de première instance de Dixinn, en son audience criminelle du lundi 17 juillet, s’est sûrement rappelé de cette assertion : « On ne peut pas être plus royaliste que le roi ». Le juge a ordonné la relaxe de Abdoul Aziz Bangoura alias Marcus, du célèbre groupe de rap Banlieuz’art et son coaccusé Koulako Kourouma alias Simbön (Charlatan). Ceux-ci avaient déjà été blanchis par celle qui les poursuivait pour viol. Les débats étaient clos quand Fatoumata Diaraye Barry a demandé à parler, butant sur l’opposition ferme du Procureur de la République qui venait de requérir dix ans de prison contre les accusés : peine minimale en matière de viol sur mineure. « C’est un dossier vide, il n’y a pas eu de viol. Je n’ai jamais été violée. On m’a seulement dit d’accuser Marcus pour que Koulako soit libéré. Même ma maman ne sait rien dans cette affaire », déclare Fatoumata Diaraye.

A la CENI, Aboubacar Sylla propose la recomposition de l’institution, nous informe le journal hebdo L’Indépendant. La crise que traverse la CENI préoccupe la classe politique guinéenne. Au cours de l’assemblée générale de son parti, le samedi 15 juillet dernier, Aboubacar Sylla a dénoncé le comportement de certains commissaires de l’institution qui n’auraient selon lui pour seul souci que l’appât du gain. L’opposant a par la même occasion, appelé à la recomposition de l’institution. « C’est une situation très pénible que nous vivons actuellement. L’organe de gestion des élections connait aujourd’hui, un bicéphalisme qui interfère de façon grave dans son fonctionnement et qui ne semble pas interpeller le pouvoir. La position du FAD déplore premièrement la crise et trouve son motif non pas dans le souci de certains commissaires d’améliorer la qualité de nos élections, d’améliorer la prestation de la CENI mais dans leur souci tout simplement de se partager plus ou moins équitablement le budget de fonctionnement de l’institution. Ils privilégient l’argent… »

’Démolition des maisons à Demoudoula : Cellou Dalein parle de violation des droits humains », nous apprend L’Indépendant. La démolition des concessions au quartier de Démoudoula entamée il y a une dizaine de jours par les autorités ne laisse pas indifférent le chef de file de l’opposition. Après une visite de terrain qu’il a effectué le mardi 18 juillet dernier dans ce quartier, Cellou Dalein a fustigé la destruction de ces habitats en cette saison pluvieuse. Il estime que c’est une violation flagrante des droits humains. « C’étaient des pauvres personnes qui étaient dans les parages. C’est une mauvaise gouvernance. Si pour la protection de l’environnement, ces habitations ne devaient pas être là, prenons des dispositions nécessaires, les précautions pour sensibiliser… L’autorité de l’Etat, c’est d’abord sa vigilance, sa présence avant que la faute ne soit commise. Vaux mieux prévenir que guérir. Si vous savez que la zone est réservée et qu’il y a un risque d’occupation illégale, il faut faire surveiller la zone pour que si quelqu’un tente d’être là, on lui dise non… »

‘’Après l’ouverture des travaux : Le procès sur l’assassinat de Koula reporté’’, lit-on dans les colonnes du journal L’Indépendant. Le procès sur l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo a débuté le lundi 17 juillet dernier au TPI de Dixinn. Mais à cause de la dégradation de l’infrastructure abritant les travaux, le procès n’a pu se tenir. Les deux parties sollicitent purement et simplement la délocalisation de ce procès qui est d’un grand intérêt pour le monde médiatique guinéen. Selon Me Paul Yomba Kourouma, avocat de la défense, la salle d’audience du TPI de Dixinn dans les conditions actuelles, ne peut abriter le procès au risque de voir les clients évoluer dans un environnement hostile. De son côté, Me Emmanuel Bamba de la partie civile abonde dans le même sens, en disant « on va s’adresser à Monsieur le premier président de la Cour d’Appel pour lui soumettre cette demande. Et dans ses prérogatives, il est prévu qu’il rende une ordonnance par laquelle, on pourrait autoriser la délocalisation parce qu’il faut une base légale, un fondement juridique qui puisse permettre à M. Le président de statuer par rapport à la délocalisation. Pour que le procès soit délocalisé, il faudrait que le premier président de la Cour d’Appel qui est disons sur le plan administratif, le responsable des juridictions qui relève de son ressort puisse donner l’autorisation », a-t-il souligné.

‘’RTG Koloma : Sékouba Savané aux manettes’’, lit-on à la Une du journal hebdo Le Diplomate. C’est dans une atmosphère empreinte de sérénité, de fraternité, de communion et d’esprit d’équipe que la cérémonie de prise de fonction de Sékouba Savané a eu lieu le 17 juillet 2017 sous la présence remarquable du ministre d’Etat, conseiller personnel du chef de l’Etat, Tibou Kamara. La cheffe de cabinet du ministère de la Communication représentant le ministre à la cérémonie a rappelé le principe de mobilité des cadres de l’administration publique à travers ce décret présidentiel. Un acte ordinaire et logique qui s’impose à tous les commis de l’Etat a remarqué Hadja Mariama Dubréka Camara. « Nous recommandons ardemment aux travailleurs de la RTG un esprit de loyauté dans le travail afin de permettre au directeur général entrant de réussir avec succès la mission… », a-t-elle fait remarquer en reconnaissant le mérite et en saluant les réformes engagées par le directeur général sortant. Pour sa part, l’Inspecteur général du Département de la Communication, Nestor Nètè Sovogui a félicité et remercié le directeur général sortant pour le travail professionnel accompli durant les quatre dernières années. Des efforts qui ont permis à la RTG de se rapprocher des populations, dit-il. Cela dit, Yamoussa Sidibé a demandé à l’ensemble du personnel d’être au service du nouveau directeur dans le seul souci de poursuivre les réformes, permettre à la RTG d’être compétitive à l’échelle régionale, africaine et internationale. Quant à Sékouba Savané, le directeur entrant, il a exprimé sa gratitude au chef de l’Etat, ses parents, la presse privée pour son soutien et sa franche collaboration. Pour lui, cette nomination traduit la volonté du Chef de l’Etat de rapprocher davantage la presse publique et privée qui, en réalité forment une même famille.

‘’Trafic de drogue : des casques bleus guinéens jugés à Conakry’’, titre le journal Le Diplomate. Des militaires guinéens déployés au Mali dans le cadre de la MUNISMA (Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilité au Mali) ont comparu le jeudi dernier au tribunal militaire permanent de Conakry. Des casques bleus guinéens accusés de ‘’détention et de transport de la drogue’’. Selon l’accusation, les prévenus ont été surpris en possession du chanvre indien lors de leur mission en République du Mali à Kidal. Un ‘’délit’’ qui a occasionné leur inculpation pour détention et transport de la drogue et enfin traduit devant le tribunal militaire. Pour Me Sory Condé, avocat pour la défense : « il ne s’agit pas d’une drogue à haut risque plutôt du chanvre indien qui n’est pas d’une grande quantité. Au vu du coli on se rend compte que c’est quelque chose qui n’était pas destinée à la vente plutôt à la consommation ».

‘’Détournement à la BCRG : les accusés à la barre’’, s’exclame Le Diplomate. Quatre travailleurs de la Banque Centrale de la République de Guinée ont été présentés aux juges le 12 juillet 2017 au TPI de Kaloum. Ils sont accusés de détournement de 150.000 dollars US et de 100.000 euros à la BCRG. Il s’agit de Kadiatou Baldé, Ibrahima Sory Sylla, Oumar Bah et Younoussa Soumah. Des prévenus qui auraient reconnu les faits et auraient même remboursé une partie de la somme, selon le Parquet. Après l’interrogatoire, le ministère public a requis 2 ans de prison et un paiement de dix millions de francs guinéens contre Kadiatou Baldé, 2 ans de prison contre Ibrahima Sory Sylla et Oumar Bah et 5 ans de prison contre Younoussa Soumah. La partie civile quant à elle n’a pas prononcé de peine mais exige le paiement de deux milliards de francs guinéens à titre de dommage et intérêts. Des demandes aussitôt rejetées par la défense qui estime que la BCRG est en partie responsable de ces faits. Pour elle, ses clients devraient être relaxés dans la mesure où ils ont avoué les faits et ont remboursé une bonne partie du montant détourné.

‘’Mairie de Matam : des jeunes déposent un corps retrouvé dans un caniveau…’’, titre le journal Nouvelle Elite. Des jeunes de la commune de Matam ont barricadé ce lundi 17 juillet, la route du Niger à Conakry, empêchant ainsi la libre circulation des automobilistes. Cela suite à la découverte d’un corps d’un homme dans un caniveau. Ces jeunes en colère ont sorti le cadavre rempli d’ordures. Ils l’ont ensuite transporté à la mairie de Matam et barricadé la porte principale. Les forces de l’ordre ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogène pendant que celle-ci, en représailles, jetait des cailloux. « Nous nous révoltons parce que la commune est lente dans l’exercice de ses fonctions. Le corps a été trouvé aux environs de 10hh par les éboueurs. Les sapeurs-pompiers ont été appelés, ils sont venus et sont repartis. Il est maintenant 15 heures et jusqu’à présent ce corps est là. Il est même en train de se décomposer alors que ce n’est pas bon… »

On finit avec cette nouvelle. ‘’Le corps sans vie d’un jeune togolais retrouvé sous un pont à Conakry’’, nous informe Nouvelle Elite. Le corps sans vie de Kossi Jérôme Aloessode, un jeune togolais a été découvert ce 10 juillet au petit pont reliant les quartiers de Taouyah à la Minière, sis dans la commune de Ratoma. En effet, c’est après une fouille corporelle du corps que les agents de la gendarmerie et la police, ont retrouvé une pièce d’identité révélant que le jeune-homme est de nationalité togolaise. Son corps a été finalement transféré à la Morgue d’Ignace Deen. Agé d’au moins une trentaine d’années et père de deux enfants, le corps du jeune homme a été trouvé juste au bord de la mer couché sur son ventre et la tête dans la boue. La cause de sa mort reste encore inconnue. Selon M. Yamboté Tighankou Mohamed, Président de la Communauté togolaise, joint au téléphone par la rédaction, M. Kossi fonctionnaire à SOBRAGUI, aurait quitté la maison depuis samedi dernier et sans laisser un mot d’adieu.

A bientôt !