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Armes lourdes

Mali : la MINUSMA dans le pétrin d’une occupation étrangère

N’éludons pas et n’ayons pas peur des mots, c’est comme forces d’occupation que celles de l’ONU sont considérées dans le nord malien, ce qui expliquerait la résurgence des attaques contre elles.

 La guerre des tranchées du désert et sans visage a changé de vitesse, de stratégie, de tactique et de cible. Comme si les civiles ne suffisent plus pour faire assez de bruit pour être audible, les djihadistes s’en prennent désormais aux forces d’intervention de l’ONU depuis qu’elles se sont déployées au nord où les autorités intérimaires marchent sur des œufs. On doit se demander si ces autorités intérimaires répondent à l’aspiration commune de paix entre l’Etat central et le MNLA, si l’administration est installée et fonctionne en toute assurance avec le drapeau malien sur les frontons des édifices publics. Mais si les écoles n’ont pas rouvert les portes, chose nodale, si les différents groupes de guerre ne se sont pas pacifiés entre eux, si l’Etat malien n’existe pas véritablement, la présence des Casques bleus n’est considérée autrement que comme une force d’occupation. Faire fi de cela, c’est se préparer à d’autres éventualités.

Ces attaques sporadiques deviennent de plus en plus meurtrières pour les Casques bleus, cela démontre, si besoin en est, que les artilleurs-pointeurs djihadistes se font de jour en jour la main en rectifiant les tirs dans les bombardements et pilonnages des camps de l’ONU, les cibles de prédilection. Des premiers obus de mars-avril qui tombaient à côté et aux abords, les derniers mettent de plus en plus dans le mille. De toute évidence, les djihadistes savent rectifier les trajectoires et deviennent experts en la matière. Ceci est un avertissement on ne peut plus solennel et inquiétant.

L’objectif premier des djihadistes est bien affiché : rendre le nord ingouvernable. On ne sait pas si c’est pour ramasser les gants de Emmanuel Macron ou pour les jeter au gouvernement malien. Dans les deux cas, cela revient au même. Le nord devient de plus en plus meurtrier pour tout le monde. Cette fois, ce sont les Guinéens qui ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Il faut arrêter ça.

Mais comment ? La tactique se rapproche. Les terroristes savent que leurs attaques seront suivies de représailles immédiates. Les dernières représailles dans cette forêt avait fait des dégâts dans leur camp. Pour contrer cela, ils ont installé une deuxième colonne bien embusquée pour stopper les poursuites. En tout cas, on n’a pas entendu de suite après ces bombardements. Dans ces conditions, les puissances ont la migraine et hésitent à pourvoir les forces africaines d’armes de dernière génération, de crainte qu’elles ne tombent entre les mains des terroristes et elles ont bien raison, puisqu’on entend que des armes ont été dérobées aux Casques bleus.

Comme si de rien n’était, les Maliens se déchirent et se bouffent le nez au sujet de la modification de leur constitution pour, disent-ils, donner plus de pouvoir à IBK. Guerre au nord, attaque jusqu’aux abords de Bamako, puisque Mopti n’est pas loin et division du centre au sud, le Mali est bien mal parti. En attendant, les casques bleus tombent…

Moïse Sidibé

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