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France : ciel d’orage d’été à l’horizon pour Emmanuel Macron

La France est en déficit et pioche dans les marges pour joindre les bouts. Les Africains l’ont constaté depuis des lustres, quand on parlait de la cristallisation des pensions des tirailleurs et la compression des services divers de coopération à travers le monde.

Le secteur épargné jusqu’à ce 13 juillet 2017 des coupes budgétaires était celui de la défense et de la sécurité, et cela, au moment où tous les gros bras du monde montrent les muscles en augmentant leurs budgets dans ce domaine pour faire face au terrorisme international.

Le président français, économiste et subjugué par le monde de la Finance, cela se dit dans l’Hexagone,  coupe et taille sans ménagement, sans consultation une vétille de 850 millions d’euros. Du coup, le chef des armées, Pierre de Villiers s’est vu limité à la portion congrue dans les engagements et les manœuvres de ses troupes, a étalé la chose au grand public et dans la lancée, le président l’a « remis à sa place ».

C’est sûr qu’on ne nous a pas tout dit de ce clash entre les deux hommes et ils ont aussi su bien taire leur querelle puisqu’au défilé du 14 juillet. 5 jours après, à peu près à la même heure, l’information apporte la nouvelle de la démission du général.

Obnubilé par l’incapacité des prédécesseurs de limiter le déficit au-dessous de 2,5%, norme exigée par l’éthique pour s’ériger en locomotive de l’UE derrière la grande Allemagne et en donneur-adjoint de leçon, Emmanuel Macron, pour redorer le blason français terni au vert de gris, a promis de faire 13 milliards d’euros d’économie en 5 ans. Seulement, les Français sont habitués à être dans le douillet et dans le beurre, ils vont manifester leurs mécontentements, si ces coupes vont toucher aux pensions des retraités et troisièmâgeux qui ont la vie de plus en plus coriace et dure, qui refusent obstinément d’éteindre la pipe.

A propos, Macron avait mis le doigt sur la plaie des « naissances-TGV » en Afrique, où la population est jeune. C’est plutôt un avantage pour  les prochaines décennies, quand le besoin en bras valides va se faire ressentir avec acuité. Pour l’instant, une partie se déverse en Méditerranée et est traitée en paria et refoulée par l’Europe. Le « vieux continent », comme les autres sociétés de consommation, est en panne de naissance. En Chine, après la politique draconienne de « l’enfant unique » avec peine et amende, elle vient de faire un retourné acrobatique pour promettre de primer les naissances.

On dit cela pour faire comprendre  à Emmanuel Macron que les choses peuvent ne pas être ce qu’il croit dur comme pierre. Quant à l’Afrique, si elle arrive à contenir l’immigration en gardant ses forces vives, elle sera demain riche en main-d’œuvre, une autre source de devises et ce n’est pas une vision utopique. Mais pour cela, il faut changer cette politique d’exclusion actuelle.

Ainsi, avec la démission de Pierre de Villiers, Macron est dans l’expectative, les observateurs ne savent quelle spéculation faire : le président va-t-il revenir sur cette coupe pour ramener le chef d’état-major, ou va-t-il nommer un nouveau, qui sera docile et muet comme un muet devant la Grande muette. A-t-on déjà entendu des murmures chez les hommes de troupes envoyés sur différents fronts chauds ?

Il faut par ailleurs préciser qu’au moment où nous mettons en ligne  cette dépêche, le président Macron a déjà trouvé le remplaçant du général démissionnaire à la tête des Armées, en la personne du général François Lecointre.

A supposer que les muets commencent à jacasser comme la populace, comme les syndicats, comme les enseignants et la population scolaire, ça va ressembler à un orage d’été au-dessus de la tête d’Emmanuel Macron. Et comme il est de la même fournée que Lionel Jospin et Manuel Valls, il ne fera pas allègrement marche-arrière, à moins qu’on  ne se goure et que le président donnera tout ce dont l’armée aura besoin pour avoir les coudées franches pour clore ce « chat-pitre ».

Moïse Sidibé