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Mosquée Fayçal : Pourquoi le budget de rénovation est-il passé de 5 à 8 millions USD ?

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée samedi 15 juillet, l’ancien ministre de la Coopération internationale, Koutoubou Moustapha Sanoh, a justifié le retard de la rénovation de la Grande Mosquée Fayçal par une surfacturation du budget des travaux.

« L’enveloppe annoncée par les Saoudiens est de 5 millions de dollars pour la rénovation et la construction de deux immeubles. A notre surprise, à Ryad, on nous annonce qu’il y a une requête guinéenne de 7 à 8 millions de dollars pour la mosquée Fayçal », avait-il déclaré. Lire ou relire : Mosquée Fayçal : Koutoubou Sanoh trouve les raisons du blocage de la rénovation de l’édifice.

Selon Laurence Jean Roger, directeur général du bureau d’études, Arias, il y a eu deux appels d’offres. Le premier, avait une offre allant de 4 à 6 millions de dollars : « Les entreprises ont fait un premier appel d’offres avant la dégradation maximale de la Mosquée, avant l’intervention de la société West Africa et la dernière société (?) qui est intervenue. Les montants de cet appel d’offres variaient de 4 millions et demi à 6 millions de dollars. »

Au lieu d’arranger, les interventions des deux dernières sociétés ont fait empirer la situation de la Mosquée. Ce qui, selon lui, a augmenté les charges. Et l’Arabie Saoudite qui finance le projet de rénovation aurait demandé au bureau Arias de tout reprendre : « Le Royaume saoudien a dit encore de reprendre les dysfonctionnements qui ont été créés par les deux derniers intervenants afin que nous ayons une lisibilité plus claire en incluant la reprise de l’étanchéité structurelle, la couverture, ainsi que l’ensemble des chenaux d’écoulement et le réseau d’évacuation. Ce sont ces éléments-là qui ont constitué un additif au projet. Donc au second appel, les offres étaient de 7 à 8 millions de dollars. Ce que les gens ont oublié, c’est que ce sont des offres toutes taxes comprises. Nous savions bien que la Grande Mosquée bénéficie d’un régime fiscal préférentiel. Donc les 20% de la TVA, quand on la déduit, l’offre revient à 5 millions et quelques poussières. Celui (Koutoubou) qui a donné ces informations-là n’a fait que spéculer. Il a pioché le faux pour avoir le vrai. Toutes les offres ont été ouvertes là-bas, toutes taxes comprises. »

Poursuivant ses explications, M. Roger se dit surpris d’entendre des accusations de surfacturation portées à son encontre alors qu’il ne gère ni l’argent, ni le marché : « En quoi le bureau Arias est responsable d’une surfacturation ? On ne gère pas les montants, on ne gère pas le marché. On ne gère que l’aspect technique : études et supervision. […] Nous avons eu un contrat signé par le ministère des Finances saoudien appuyé par une délégation qui venait régulièrement ici avec laquelle nous avons travaillé pendant les huit mois. Donc je suis surpris que M. Koutoubou affirme autre chose. »

A en croire au patron du bureau Arias, il a refusé de prendre ses honoraires, alors que le bailleur de fonds était prêt à le payer : « Jusqu’à présent, nous n’avons pris aucun centime malgré le désir du Royaume de vouloir nous payer. Pourquoi ? Parce que nous estimons qu’à notre arrivée, beaucoup d’acteurs étaient passé là-bas : architectes, entreprises de construction, sans qu’elles n’y aient apporté une solution durable. Si nous avions des velléités financières à quelconque niveau que ce soit, nous aurions dû prendre l’argent ; mais nous n’avons même pas pris nos propres honoraires. Moi-même, j’ai préfinancé mes études. »

Se prononçant sur le fait que l’Administration centrale des grands projets n’a pas été associée à l’appel d’offres, Laurence Jean Roger soutient que lui, il a été recruté par les Saoudiens : « Si le Royaume saoudien décide, sur cette rénovation, après avoir fait un appel d’offres et ne pas associer l’ACGP, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Je suis recruté par eux, donc je ne peux pas aller au-delà. »

Comme on le voit, la rénovation de cette Mosquée est loin de trouver son épilogue. Car de contradictions en contradictions des différents acteurs impliqués dans ce projet, ce sont des milliers de fidèles musulmans qui sont privés de leur lieu de culte.