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Guinée : les problématiques des archives

A l’occasion de la journée des archives dans le monde, le constat qu’on peut faire des archives nationales guinéennes est piteux. Les archivistes formés, consciencieux et acribiques ont la mort dans l’âme. Dans un passé récent, on a entendu parler de l’informatisation des archives de Guinée, mais cette opération avait rencontré des obstacles : il fallait payer sur fonds inexistants les informaticiens pour faire le travail de fourmi. Qu’en est-il, puisque depuis quelques années, on n’en a plus entendu parler? Pourtant, la dynamique insufflée était tapageuse. Feu de paille.

Pourquoi les archives de Guinée sont, si on n’abuse, les plus mal tenues ?

Il suffit de faire un tour dans les anciens arrondissements pour rechercher une copie d’extrait d’acte de naissance, de mariage ou n’importe quel autre document administratifs pour se rendre compte de leur inexistence. Ce qui favorise la fraude et la corruption. Il faut de l’argent pour se refaire un extrait d’acte de naissance, de mariage  tout neuf avec toutes modifications jugées utiles sur la nature du contrat, sur l’âge, sur le nom, la profession, le sexe….

Pour le cas des archives scolaires, il ne faut même pas y penser. Allez dans une de école que votre enfant a fréquentée il y a 5 ans, retrouver ce qui lui concerne relèverait d’une gageure, mais demandez une attestation ou un certificat de scolarité avec tout ce qui y est exigé, comme appréciations et mentions, moyennes et notes, l’on vous les fabriquera, de mémoire.

Impossible de tout égrener dans tous les domaines. Ce qui fait dire cela avec une absolue certitude, c’est l’aspect uniforme et inchangé des bâtiments, qui sont demeurés immuables ou changés par les effets des intempéries et dans des rares cas de restaurations, de ravalements de façades…  pour taper à l’œil des autorités avec devis gonflés, il n’y a aucune extension ou de nouvelles constructions pour abriter les archives. On peut supposer, non affirmer et tout le monde l’admettra de gré ou de force, on est impératif sur la question, qu’elles passent à l’autodafé quand elles sont abîmées ou vieilles. Les salles de classe qui contenaient 40 élèves entassent plus de 100 depuis une cinquantaine d’années. Où et comment conserver toutes les paperasses de ces années ?

Au CFP de Ratoma, dans la forêt de Kakimbo, en 2008, un soi-disant archiviste qui voyait les piles et fatras de paperasses lui tomber dessus souvent, avait un jour décidé de s’en débarrasser. Il appelait celui dont il a le dossier à portée de main et le lui remettait, mais il tenait à garder comme « fond de dossier » les plus élogieux pour la renommée du taudis. C’était mal connaître les intéressés, qui étaient allés le bousculer pour s’emparer des leurs.

Bref, les pauvres archives de Guinée, si elles ne sont pas bien tenues, ce n’est autre chose que le manque de locaux, les espaces et les hommes. Pauvres d’elles, puisque la tradition orale ne les remplacera point !

Moïse Sidibé

 

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