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Le G-20 et l’Afrique : Le communiqué final s’embrouille et laisse à redire

En lisant entre les lignes à basse tension mais à haute teneur en avertissements politiques du communiqué final de ce G-20 de Hambourg, on ne peut pas ne pas voir un « recadrages » à l’intention de ceux qui ne veulent plus rester dans le rang de la démocratie, donc, qui n’aspirent pas au développement pour bénéficier d’un quelconque plan de sauvetage économique de la part de l’Europe. Cependant, ce qui peut tiquer dans ce communiqué final de Hambourg, c’est que c’est l’Europe seule qui a dicté les nouvelles règles du jeu et leurs contraintes à l’Afrique. Là, les pays riches n’ont pas accordé les violons, ce qui veut dire qu’il n’y a pas véritable entente, même sans les USA. C’est le lieu de dire que les pays qui investissent sur du sable mouvant, qui n’ont aucune exigence démocratique et transparence dans la gestion économique, doivent changer d’option, parce que les peuples africains ont trop longtemps courbé l’échine sous l’esclavage et la colonisation, ils ne vont plus longtemps accepter l’injustice devant les « nouveaux colons » que ces pays prennent pour partenaires fiables, mais qui ne tiennent qu’à un fil. Pour garantir les investissements en Afrique, il faut bien se mettre à l’abri des mécontentements populaires. Ceux qui ferment les yeux sur ceux qui se montrent experts dans la répression de leur peuple, en tombant, ils entraîneront inévitablement avec eux dans leur chute les investisseurs véreux et leurs investissements.

Les exemples des pays émergents qui reculent démocratiquement et qui tombent dans un marasme économique à vue d’œil sont le Brésil et l’Afrique du sud. Mais s’ils tombaient dans la récession, et ils sont sur la voie, même un super ou méga-plan Marshall ne pourrait pas les relever dans cette mondialisation impardonnable et impitoyable. Le Venezuela est en pleine perdition. Les Africains observent attentivement les trois mauvais exemples. Dans quel état se trouvent les sociétés et entreprises qui ont massivement investi dans ces pays ?

Comment ceux qui aspirent à l’émergence pourraient atteindre leur objectif sans démocratie, respect des droits de l’homme, libertés démocratiques et transparence économique ? Comment les pays qui veulent tripatouiller leur constitution, qui sont en proie aux remous populaires, à l’insécurité et à la guerre civile pourraient sortir de l’auberge ? Dans ces conditions, comment pourraient-ils garder chez eux les jeunes qui vont en Méditerranée ?

Parmi les trois Africains présents à ce G-20, il y avait 2 de droit. Jacob Zuma et Alpha Condé. Le premier est membre de ce G-20 à part entière, le second n’y était que parce qu’il est le président en exercice de l’UA. Le seul et l’unique Africain invité, sans doute pour son exemple de démocratie avec une alternance inégalée sur le continent, pour sa bonne gouvernance économique et pour le développement, en dépit de ce que certains pourraient voir comme un pays de départ pour l’immigration, est le président sénégalais, Macky Sall. Un moindre mal, peut-être, il y en a si peu sur le continent. Une aide massive à ce pays pourraient diminuer le flux de départ vers l’Europe. Quels sont les 7 pays ciblés, qui sont les pays de départ d’immigrants et qui remplissent les critères pour cette éligibilité ? Il y a fort à parier que ces pays sont les moins fournisseurs d’immigrants que les autres.

On voit bien que l’Europe ne sait pas par quel bout prendre le casse-tête. Les pays ne vont pas en file indienne mais en rang dispersé. Les plus nécessiteux et les boulets encombrants sont encore à des années-lumière des règles édictées, ceux qui sont sur la bonne voie sont d’un moindre mal. .

Mais, si le G-20 croit avoir séparé la bonne graine de l’ivraie, en ne ciblant que 7 pays à faire bénéficier de la nouvelle aide, comment pourrait-il éviter l’afflux des migrants des autres pays-parias ?

La décision de ne choisir que les pays les mieux avancés en démocratie ne comporte-t-elle pas quelque chose qui puisse nuire à la lutte contre l’immigration clandestine ? Conditionner et orienter l’aide serait, d’un certain avis, plus pragmatique.

G-20 à Hambourg : Un résultat positif est tombé !

Tandis que les 18 autres étaient en plein débats, les sujets à l’ordre du jour de ce G-20 de Hambourg ne semblaient pas intéressants pour Trump et Poutine, ils ont séché les cours pour aller se concerter avec leur délégation. Certains observateurs ont pensé que leur entretien allait se terminer en queue de poisson, que nenni, ils se sont même entendus comme larrons en foire, en se donnant la main. Dans cette poignée de main, c’est celle de Trump qui est allée très allègrement et un peu plus vers Poutine, qui ne s’y attendait pas trop. On a vu à peu près cela entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, un certain 12 octobre.

A l’issue de cette poignée de main, il est ressorti des discussions que les deux se sont entendus comme larrons en foire pour faire passer Emmanuel Macron pour le dindon de la farce, lui qui avait tracé une ligne rouge sur l’utilisation des armes chimiques, par qui que ce soit. Et bien, il n’en est plus question, puisqu’un cessez-le-feu inespéré au sud de la Syrie a été trouvé. Du coup, le sommet de Calais qu’a préconisé le président français sur la Syrie n’a plus sa raison d’être. Une corvée de moins.

Un cessez-le-feu si subitement, et de cette manière inattendue, qui l’eût cru ? Beaucoup d’observateurs avaient misé sur un sommet pour rien, que rien ne serait obtenu de positif de Donald Trump. Les pronostics sont déjoués. Celui qui va sauter en l’air de joie est sans doute Bachar Al-Assad, mais qu’il ne se réjouisse pas si vite, même s’il peut dormir sur ses deux oreilles jusqu’à dimanche 5 juillet, date d’entrée en vigueur de cette accalmie .

Quant à l’autre caillou, le conflit en Ukraine, là encore, les commissions des deux pays seront formées pour tabler dessus. On espère que quelque chose de positif en sortira de ces travaux.

Qu’est-ce qui aurait motivé ce brusque changement de Donald Trump ? 

 Dans le flou, on pourrait supposer que les tirs de missile de Kim Jong-Un vont cesser, et que des contreparties impossibles de deviner vont être mises sur la table, mais on s’avance un peu trop, car trop de choses sont en jeu.

En attendant, la moitié du monde peut se réjouir de ce coup d’éclat subit des deux grands de ce monde. Qui va trahir la confiance de l’autre ? La question reste posée.

Le président Alpha Condé au sommet du G20 à Hambourg

Sur invitation de la chancelière Allemande Angela Merkel, Alpha Condé, en sa qualité du président en exercice de l’Union Africaine, vient d’arriver dans la ville de Hambourg, située dans le nord de l’Allemagne, pour prendre part au sommet du G20, qui se déroulera du 07 au 08 juillet 2017. Tel est le constat fait par Guinéenews© sur place ! Crédit photo : Page Facebook Alpha Condé, président.

« Formons un monde interconnecté »

Le sommet du G20 est la concertation inclusive par excellence des chefs d’État ou de gouvernement des 20 pays les plus industrialisés, pour débattre sur des sujets liés à l’économie, la finance mondiale et d’autres enjeux non les moindres, entre autres l’immigration et le changement climatique. Ce dernier thème, illustre d’ailleurs, tout l’aspect conflictuel de ce sommet qui s’annonce on ne peut plus exceptionnel.

Il convient de rappeler que la sortie impulsive des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat d’une part et la politique protectionniste affiché par le président Trump d’autre part, ne semblent pas rassurer l’Union Européenne. C’est pourquoi d’ailleurs, la présidence allemande du G20 a placé le sommet sous le thème « Formons un monde interconnecté ». Ainsi, la balle est lancée.

Attirer les investisseurs en Afrique

En marge de la préparation du sommet G20, La chancelière Angela Merkel avait reçu à plusieurs reprises des chefs d’état et de gouvernement africains notamment le président Alpha Condé. Elle entend saisir l’opportunité de la présidence du G20, pour redessiner un nouveau principe de partenariat pour le développement en Afrique. Un partenariat qui sera accentué sur les voies et moyens à fournir pour mieux attirer les investisseurs en Afrique. Les parties prenantes estiment qu’un investissement maitrisé en Afrique, marquera une étape non négligeable dans lutte croisée contre l’immigration clandestine.

Nous y reviendrons….

Eric Korka Bah, envoyé spécial de Guinéenews© au G20, à Hambourg.

Union Africaine : L’autofinancement pour des fioritures au détriment de l’essentiel

Comme les grandes problématiques qui font douter de l’efficacité d’un plan Marshall, où Merkel, pour l’Afrique à cause des politiques différentes et divergentes des Etats, on peut voir un autre problème encore aussi épineux sinon plus venir s’ajouter aux difficultés et porter un sacré coup à l’orgueil prude de l’Union Africaine. Après plus de 50 ans de financement extérieur, l’on vient de se rendre subitement compte que cela était humiliant. Ce qui est encore ridicule, c’est le déclarer et le clamer de façon audible à la face du monde avant d’avoir l’aval et l’accord de tous les membres sur le prélèvement de 0,2% sur leurs importations étrangères, tout en excluant les importations et échanges interafricains. Il y a problèmes.

En effet, tous les pays n’ont pas la même monnaie, ils n’ont pas la même barrière douanière, pas les mêmes facilités d’importation avec les partenaires différents. Certains pays bénéficient du « duty-free », pas d’autres. Avec la libre circulation des personnes et des biens dans un espace économique  commun donné, certains pourraient profiter sur d’autres de façon informelle pour alléger leurs importations avec des partenaires extérieurs au continent et payer moins. On a vu les trafiquants guinéens faire entrer frauduleusement du carburant à bas coût en provenance de la Sierra Leone et on a entendu que d’autres Guinéens exportent du carburant vers le Mali, vers le Sénégal par différentes et subtiles subterfuges. On sait qu’un sac de riz ne coûte pas le même prix en Guinée et dans les pays de la zone franc.

Ensuite, les pays n’ont pas la même balance commerciale, certains importent plus qu’ils n’exportent, ce qui est un déficit commercial entraînant forcément un gap et un manque à gagner pour ces pays. Si les cotisations se multiplient, comment tiendront-ils débout ?

En 98-99, pour remettre l’OUA en marche, Kadhafi n’a-t-il pas payé des arriérés de cotisation pour un nombre de pays qui n’en pouvaient plus pour obtenir un quorum ? Plus près, au Mali en 2016, n’y a-t-il pas eu une entourloupette au sujet des arriérés de paiement de cotisation à l’ONU ?

Un an s’est déjà écoulé après cette décision commune, dit-on, de prélever ces 0,2%, il n’y a pas encore 10 pays pour le faire. Seule la Côte d’Ivoire, probablement la future candidate à la présidence de l’UA, mais on peut se gourer, vient d’annoncer qu’elle va le faire, et qui d’autre, puisque le pays du président en exercice de l’UA n’a rien dit de clair et précis, ou bien ?

Hormis tout ce qui vient d’être dit, il y a que ces 0,2% ne seront destinés que pour le fonctionnement des institutions souvent confrontées à des pannes sèches et pour financer des sommets de sommeil ou des retrouvailles pour faire la fête entre syndicats, pour ne pas dire des sommets pour rien. Pendant ce temps, en RDC, en RCA, au Soudan du sud, en Somalie, des choses pas catholiques se produisent à longueur de journée. A côté, Boko Haram, à lui seul fait perdre le sommeil au Tchad, au Cameroun, au Niger, au Burkina Faso et à la plus grande puissance militaire de l’Afrique de l’ouest. Au Sahel, les terroristes font la loi au Burkina, au Niger, au Mali malgré la présence de Barkhane et de la MINUSMA, et il faut trouver plus de 300 millions d’euros pour mettre une défense commune, le G-5, parce que sur le continent, la défense commune n’existe pas encore, faute de financement. Quant à ce qu’on appelle « La Force d’attente de l’UA », elle attend toujours. Les USA et l’UE sont en train de réduire leurs financements des forces d’interventions et celles de l’ONU, et pour cause, le bruit court que les forces d’intervention affairistes créent l’embourbement pour démeurer sur place pour faire des affaires lucratives au su et au vu de l’Union Africaine muette comme une carpe, ce qui veut dire qu’il y aura des gaps abyssaux à combler.

On peut se demander si ces 0,2%, qui sont et qui vont être la mer à boire, suffiraient à financer toutes ces absolues et urgentes nécessités incompressibles. L’on a trop vite mis l’orgueil et la souveraineté devant la charrue.

Alassane Ouattara très visionnaire a suggéré de réduire les sommets de sommeil à un, annuellement, et non deux. Cette « coupe budgétaire » est significative mais insuffisante. Il faudrait encore chercher d’autres branches sans fruit à élaguer. On compte sur Ado, qui est confronté à des micmacs domestiques incommensurables, de trouver le moyen de ne plus faire la manche chez les les bailleurs de fonds internationaux.

Mais si les uns parlent de ne plus tendre la sébile vers les Puissances pour financer le fonctionnement de l’UA, d’autres caressent la France à lisse-poil pour une aide au G-5 du Sahel afin de lutter efficacement contre les terroristes, flûte !

Enfin, comme si tous ces problèmes non résolus ne sont pas assez urgents et cuisants, l’on en rajoute pour s’orienter et s’occuper des problèmes de la jeunesse, dont le financement est fichtrement plus caillouteux.

Comprenne qui pourra la logique de l’UA.

Plan Marshall pour l’Afrique : Les espoirs et les déceptions en vue

Il n’y a pas de « plan Marshall » pour l’Afrique. George Marshall est mort depuis 1959. D’un certain avis, c’est le plus grand visionnaire, mais aussi et surtout le grand boutefeu, dans la mesure où il a contribué fortement à la scission du monde en deux blocs et la création de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. Crédit photo : Page Facebook Alpha Condé, président.

Un plan Marshall pour l’Afrique, on a entendu ça bien des années auparavant de Nicolas Sarkozy. Voilà Angela Merkel qui le relance. Alassane Ouattara a bien raison de lui attribuer la paternité, du moins dans la mise en œuvre.

L’esprit du plan Marshall original. A peine un mois après la capitulation de l’Allemagne hitlérienne, George Marshall, alors Secrétaire d’Etat américain, profitant d’une remise des diplômes à l’université de Harvard, le 5 juin 1945, prononça ce fameux discours pour dérouler son plan devant les étudiants. Mais parlant aux étudiants, il s’adressait principalement aux dirigeants européens, prêtez l’attention :

« Les besoins de l’Europe en produits alimentaires et autres produits essentiels( essentiellement de l’Aérique) au cours des trois ou quatre années à venir dépassent à ce point sa capacité à de paiements qu’elle a besoin d’une aide supplémentaire importante, si on veut lui éviter de graves troubles économiques, sociaux et politiques… Les conséquences sur l’économie américaines seront claires pour tous. Il est logique que les Etats-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser le retour du monde à une santé économique normale, sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée. Notre politique n’est dirigée contre aucun pays ni doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but devrait être le rétablissement d’une économie mondiale saine, de façon à permettre le retour à des conditions politiques et sociales dans lesquelles peuvent exister des institutions libres. Une telle assistance, j’en suis convaincu, ne peut être établie sur une base fragmentaire au fur et à mesure qu’apparaît telle ou telle crise. Toute assistance de la part de notre gouvernement doit être non un palliatif, mais un remède…. Il est déjà évident que, avant que le gouvernement puisse progresser dans ses efforts pour améliorer la situation et aider les Européens sur la voie de la reprise, il doit exister un accord entre es pays européens sur les besoins de la situation et sur la part que ces pays prendront de façon à prolonger l’action de notre propre gouvernement. Il ne serait ni convenable ni efficace de notre part de mettre en application unilatéralement un programme destiné à remettre l’Europe sur ses pieds, économiquement. C’est l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit en venir d’Europe. Le rôle de notre pays devrait consister à aider les Européens à élaborer un tel programme, et ensuite à appliquer, dans la mesure où nous pourront le faire. Le programme devrait être agréé par la majorité, sinon la totalité, des nations européennes. »

En effet, l’Europe était K.O débout sur un champ de ruine après la deuxième guerre mondiale. Les risques de conflits sociaux dus à la pauvreté ne manquaient pas pour faire basculer certains pays dans le communisme. Il fallait tout faire pour relever et stabiliser politiquement et socialement les pays d’Europe occidentale. Tout ce dont l’Europe pouvait avoir besoin pour se relever et marcher lui fut fourni par l’Uncle Sam. Les alliances se resserrèrent entre les 16 pays d’Europe bénéficiaires et les USA. La scission et le distancement se firent nets avec la Russie et les autres pays d’Europe de l’Est. Résultat, naissance de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. Le plan Marshall avait atteint les résultats les plus optimistes, et le principal fut d’éviter l’expansion du communisme en Europe de l’ouest.

Le plan Marshall a été une aide qui a aidé l’Europe à se passer de l’aide. En sera-t-il de même de cette copie ?

On sait que l’Europe est en panne de partenaires commerciaux viables et fiables. L’Amérique lui a tourné le dos, économiquement ; elle a aussi tourné le dos à la Russie, un de ses principaux partenaires ; l’Asie est plutôt exportatrice qu’importatrice ; l’Afrique, la grande cigale (ayant chanté tout l’été) est un marché vierge, croit-on. Malgré toutes les milliers de petites aides au développement, elle est toujours là, sur place, en train de faire du sur-place et à accueillir de l’aide d’où qu’elle vienne. Le nouveau plan Marshall, ou Merkel, elle l’attend de pieds fermes, les yeux fermés.

Mais, est-ce vraiment pour la recherche d’un partenariat gagnant-gagnant, commercialement et économiquement, suffisamment pour garder ses migrants à la maison, parce que cette affaire de migrants commence à être de trop en Europe ?

Cette question doit se poser parce que depuis les indépendances, les trois-quarts de l’aide ont été soit détournés, soit engloutis dans l’exécution de l’aide, ça n’a rien rapporté. La lutte contre la corruption et les « biens mal acquis », qui sont presque partout, ne seront pas partout, tôt ou tard ?

La gestion clanique du pouvoir et des ressources des pays en est une cause principale. Sans une démocratie véritable, le plan Merkel ira à vau-l’eau, et cela, quels que soient les efforts de ce plan. Mais encore, dans l’application et dans l’exécution de ce plan Merkel, l’Europe s’est-elle entendue sur la contribution de chaque pays qui la compose ? Les pays d’Afrique ont des orientations politiques divergentes, comment définir une politique générale commune pour l’effectivité et l’efficacité de ce plan mirifique et mirobolant ?

Et cela n’est pas pour jouer au gâte-sauce ou au troube-fête.

Plan Marshall pour l’Afrique : Les espoirs et les déceptions en vue

Il n’y a pas de « plan Marshall » pour l’Afrique. George Marshall est mort depuis 1959. D’un certain avis, c’est le plus grand visionnaire, mais aussi et surtout le grand boutefeu, dans la mesure où il a contribué fortement à la scission du monde en deux blocs et la création de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. Crédit photo : Page Facebook Alpha Condé, président.

Un plan Marshall pour l’Afrique, on a entendu ça bien des années auparavant de Nicolas Sarkozy. Voilà Angela Merkel qui le relance. Alassane Ouattara a bien raison de lui attribuer la paternité, du moins dans la mise en œuvre.

L’esprit du plan Marshall original. A peine un mois après la capitulation de l’Allemagne hitlérienne, George Marshall, alors Secrétaire d’Etat américain, profitant d’une remise des diplômes à l’université de Harvard, le 5 juin 1945, prononça ce fameux discours pour dérouler son plan devant les étudiants. Mais parlant aux étudiants, il s’adressait principalement aux dirigeants européens, prêtez l’attention :

« Les besoins de l’Europe en produits alimentaires et autres produits essentiels( essentiellement de l’Aérique) au cours des trois ou quatre années à venir dépassent à ce point sa capacité à de paiements qu’elle a besoin d’une aide supplémentaire importante, si on veut lui éviter de graves troubles économiques, sociaux et politiques… Les conséquences sur l’économie américaines seront claires pour tous. Il est logique que les Etats-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser le retour du monde à une santé économique normale, sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée. Notre politique n’est dirigée contre aucun pays ni doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but devrait être le rétablissement d’une économie mondiale saine, de façon à permettre le retour à des conditions politiques et sociales dans lesquelles peuvent exister des institutions libres. Une telle assistance, j’en suis convaincu, ne peut être établie sur une base fragmentaire au fur et à mesure qu’apparaît telle ou telle crise. Toute assistance de la part de notre gouvernement doit être non un palliatif, mais un remède…. Il est déjà évident que, avant que le gouvernement puisse progresser dans ses efforts pour améliorer la situation et aider les Européens sur la voie de la reprise, il doit exister un accord entre es pays européens sur les besoins de la situation et sur la part que ces pays prendront de façon à prolonger l’action de notre propre gouvernement. Il ne serait ni convenable ni efficace de notre part de mettre en application unilatéralement un programme destiné à remettre l’Europe sur ses pieds, économiquement. C’est l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit en venir d’Europe. Le rôle de notre pays devrait consister à aider les Européens à élaborer un tel programme, et ensuite à appliquer, dans la mesure où nous pourront le faire. Le programme devrait être agréé par la majorité, sinon la totalité, des nations européennes. »

En effet, l’Europe était K.O débout sur un champ de ruine après la deuxième guerre mondiale. Les risques de conflits sociaux dus à la pauvreté ne manquaient pas pour faire basculer certains pays dans le communisme. Il fallait tout faire pour relever et stabiliser politiquement et socialement les pays d’Europe occidentale. Tout ce dont l’Europe pouvait avoir besoin pour se relever et marcher lui fut fourni par l’Uncle Sam. Les alliances se resserrèrent entre les 16 pays d’Europe bénéficiaires et les USA. La scission et le distancement se firent nets avec la Russie et les autres pays d’Europe de l’Est. Résultat, naissance de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. Le plan Marshall avait atteint les résultats les plus optimistes, et le principal fut d’éviter l’expansion du communisme en Europe de l’ouest.

Le plan Marshall a été une aide qui a aidé l’Europe à se passer de l’aide. En sera-t-il de même de cette copie ?

On sait que l’Europe est en panne de partenaires commerciaux viables et fiables. L’Amérique lui a tourné le dos, économiquement ; elle a aussi tourné le dos à la Russie, un de ses principaux partenaires ; l’Asie est plutôt exportatrice qu’importatrice ; l’Afrique, la grande cigale (ayant chanté tout l’été) est un marché vierge, croit-on. Malgré toutes les milliers de petites aides au développement, elle est toujours là, sur place, en train de faire du sur-place et à accueillir de l’aide d’où qu’elle vienne. Le nouveau plan Marshall, ou Merkel, elle l’attend de pieds fermes, les yeux fermés.

Mais, est-ce vraiment pour la recherche d’un partenariat gagnant-gagnant, commercialement et économiquement, suffisamment pour garder ses migrants à la maison, parce que cette affaire de migrants commence à être de trop en Europe ?

Cette question doit se poser parce que depuis les indépendances, les trois-quarts de l’aide ont été soit détournés, soit engloutis dans l’exécution de l’aide, ça n’a rien rapporté. La lutte contre la corruption et les « biens mal acquis », qui sont presque partout, ne seront pas partout, tôt ou tard ?

La gestion clanique du pouvoir et des ressources des pays en est une cause principale. Sans une démocratie véritable, le plan Merkel ira à vau-l’eau, et cela, quels que soient les efforts de ce plan. Mais encore, dans l’application et dans l’exécution de ce plan Merkel, l’Europe s’est-elle entendue sur la contribution de chaque pays qui la compose ? Les pays d’Afrique ont des orientations politiques divergentes, comment définir une politique générale commune pour l’effectivité et l’efficacité de ce plan mirifique et mirobolant ?

Et cela n’est pas pour jouer au gâte-sauce ou au troube-fête.

Partenariat – Afrique – G20 : Alpha Condé à Berlin

« Investir dans nos États pour lutter contre la pauvreté et l’immigration… »

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Trump annonce le retrait des USA de l’accord de Paris sur le climat !

L’information vient de tomber à la une des grands tirages de la presse internationale. Le président américain Donald Trump vient d’annoncer depuis les jardins de la Maison-Blanche le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, signé lors de la COP 21, en décembre 2015, comme il avait promis de le faire pendant sa campagne. Crédit photo : Susan Walsh/AP.

Selon le Figaro, la décision, annoncée ce jeudi soir, est une véritable déflagration, dix-huit mois après la signature de l’Accord historique. « Nous sortons mais nous reprendrons les négociations. Si nous y arrivons, tant mieux, sinon tant pis », a précisé le président américain, cité par la presse internationale.

Un coup très dur pour les 195 pays plus l’Union Européenne, et qui se sont engagés sous l’égide des Nations Unies, dans la lutte contre le réchauffement climatique sur la planète.

«  Afin de remplir mon devoir solennel de protection de l’Amérique et de ses citoyens, les États-Unis se retireront de l’Accord de Paris sur le climat  », a annoncé Donald Trump depuis la Roseraie de la Maison Blanche, sous les applaudissements.

C’est donc après des semaines d’atermoiements, qu’il s’est prononcé ce jeudi 1er juin 2017, en faveur d’une sortie de l’Accord de Paris sur le climat et a promis de nouvelles négociations.

Le président des États-Unis tient ainsi une promesse de campagne au nom de la défense des emplois américains. Donald Trump s’était engagé à abandonner un accord multilatéral scellé fin 2015 dans la capitale française et voulu par son prédécesseur Barack Obama, et visant à limiter la hausse de la température moyenne mondiale.

«  Je ne veux rien qui puisse se mettre en travers de notre chemin  » pour redresser l’économie américaine, a déclaré le président américain qui a indiqué être prêt à négocier un nouvel accord climat «  dans des termes justes pour les États-Unis  ».

Que prévoit l’accord de Paris sur le climat ?

Selon RFI, cet accord, signé en décembre 2015 à Paris par 195 pays plus l’Union Européenne, à l’issue de plusieurs années d’âpres négociations, visait à limiter la hausse de la température moyenne mondiale en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il établit le cadre d’engagements en vue de contenir la hausse de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2°C  » par rapport aux niveaux pré-industriels.

Il fait partie de l’héritage de Barack Obama que Donald Trump avait promis de défaire pendant la campagne électorale au nom de la défense des emplois américains.

Contrairement au Protocole de Kyoto (1997), que les États-Unis n’avaient jamais ratifié, l’Accord de Paris n’impose rien. Chaque pays a fixé ses propres objectifs : Barack Obama s’était engagé à réduire d’un gros quart en 2025 les émissions Américaines, par rapport à leur niveau de 2005.

Les premières réactions dans le monde entier 

(1) Barack Obama a aussitôt jugé dans un communiqué que son successeur «  rejetait l’avenir  ». «  J’estime que les États-Unis devraient se trouver à l’avant-garde  », a déclaré dans un communiqué l’ancien président démocrate.

 » Mais même en l’absence de leadership américain  ; même si cette administration se joint à une petite poignée de pays qui rejettent l’avenir  ; je suis certain que nos États, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures  « , a affirmé l’ancien président américain.

Bill de Blasio, le Maire de New York, touchée par de nombreux événements climatiques ces dernières années, a fustigé une décision «inadmissible» aux conséquences «destructrices».

(2) Le chef de l’État français Emmanuel Macron a téléphoné à Donald Trump. Selon le Figaro, il lui a rappelé que « rien n’est renégociable ». « Je considère qu’il commet là une erreur pour les intérêts de son pays et de son peuple, et une faute pour l’avenir de notre planète », a déclaré Emmanuel Macron dans une allocution jeudi soir.

« Les États-Unis ont tourné le dos au monde mais la France ne tournera pas le dos aux Américains. La France n’abandonnera pas le combat », a-t-il dit cité par la presse françaises. Les deux pays « continueront à travailler ensemble, mais pas sur le sujet climat », selon l’entourage du président Emmanuel Macron.

(3) Angela Merkel, la Chancelière Allemande « regrette » cette sortie des États-Unis. « L’accord de Paris va perdurer. Le monde peut continuer à compter sur l’Europe pour le leadership global dans la lutte contre le changement climatique  », a promis le Commissaire Européen à l’Action pour le climat, Miguel Arias Canete dans un communiqué, en «  regrettant profondément la décision unilatérale de l’administration Trump  ».

Le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, a jugé «gravement erroné» le choix du président américain, tout en promettant de garder le cap.

(4) Dans une déclaration commune, les Gouvernements Français, Allemand et Italien disent qu’ils regrettent la décision Américaine. Ils « croient fermement » que l’Accord de Paris ne peut pas être renégocié.

(5) Anne Hidalgo, la Maire de Paris, a déploré une « erreur aux conséquences dramatiques ». Et annonce l’illumination de l’hôtel de ville en vert, ce 1er Juin à 22 heures.

Comment les États-Unis pourraient-ils s’en sortir ?

Selon Ouest France, l’article 28 de l’Accord de Paris précise que les pays désireux de le quitter sont dans l’obligation d’attendre trois ans après son entrée en vigueur. Leur départ ne devient ensuite effectif qu’après un an. Ratifié en Septembre 2016 par Washington, l’accord est entré en vigueur le 4 Novembre dernier, ce qui porte à Novembre 2020 une sortie du traité, date qui est aussi celle de la prochaine élection présidentielle Américaine.

Donald Trump pourrait toutefois réduire ce délai à seulement un an en sortant de la Convention-Cadre sur le climat des Nations unies de 1992, rattachée à l’accord de 2015.

Plus risquée, une sortie de cette convention signée sous l’Administration républicaine de George H. W. Bush libérerait du même coup les États-Unis de toutes les obligations de Paris.

Mais elle ferait de Washington « un paria international sur le réchauffement climatique », prévient le Directeur du programme d’économie de l’environnement de l’Université de Harvard, Robert Stavins.

Quel sera l’impact de cette décision ?

Ouest France, estime que la décision politique de Donald Trump n’aura qu’un impact limité : les États les plus peuplés et les plus industrialisés, à commencer par la Californie (39 millions d’habitants), ont adopté des objectifs très supérieurs aux critères fédéraux en matière d’énergies renouvelables ou d’automobile propre. La Maison-Blanche n’a pas le pouvoir de les démanteler.

Si des États-Unis démissionnaires continuaient de participer pendant trois ans aux discussions sur la mise en œuvre de l’accord, ils « pourraient rendre plus difficiles l’adoption des règles de Paris », estime Daniel Bodansky, professeur de droit à l’Arizona State University.

Surtout, le retrait voulu par Trump pourrait faire gonfler la facture pour l’UE et les autres pays leaders qui se sont engagés à soutenir économiquement les pays en voie de développement. En attendant, une armée d’ONG a déjà juré de contester devant les tribunaux une sortie de l’Accord de Paris.

Comment vont réagir les autres grandes puissances ?

Les conséquences de ce retrait vont aussi dépendre de la réaction des autres pays. Certains, comme la Chine, ont déjà réaffirmé leur attachement à l’Accord de Paris. « La Chine maintiendra ses responsabilités concernant le changement climatique », a assuré le Premier ministre, Li Keqiang, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Berlin aux côtés de la Chancelière Allemande, Angela Merkel.

La Russie a, elle aussi, redit la « grande importance » du texte tout en reconnaissant que « l’efficacité de cet accord risquait d’être réduite sans certains participants clés ».

Voilà ce que l’on sait ce soir de la décision du Président Donald Trump annonçant le retrait des Etats Unis de l’Accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique.

Une synthèse de Condé Abou, à Washington DC, USA pour Guinéenews©

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