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Afrique du sud : un exemple de recul démocratique et d’émergence utopique

Sans une vraie démocratie, sans une transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, il ne peut y avoir émergence sous aucun ciel.

A regarder le recul démocratique et le marasme économique en Afrique du sud et au Brésil, les deux pays  de l’hémisphère sud qui sont bien accrochés à la barre de cette émergence, le Brésil un peu plus solidement amarré que l’Afrique du sud par la diversité et l’immensité de son économie, tiendra plus longtemps, mais ces deux pays sont sur la même pente en train de lâcher prise devant tout le monde de la même façon.

La confiscation politique des clans qui engendre le népotisme et la corruption sont les facteurs d’accélération de la faillite. Dans lequel des deux pays cela est plus délétère ? La question ne se pose pas, puisqu’au Brésil, les parlementaires avaient réussi à démettre la présidente pour « maquillage des comptes ». En Afrique du sud, l’entêtement et l’obstination du président risque d’entraîner dans sa chute son parti historique et le plus puissant syndicat qui lui donne toute sa légitimité.  

Le scénario est le même dans ces deux pays: faire la passe du pouvoir en bonne et due forme aux femmes sensées être au-dessus de tout soupçon pour effacer les traces des prévarications et concussions. Le pot aux roses a été découvert au Brésil, cela a mis les Sud-Africains en garde pour contrer et mettre les bâtons dans les roues de Jacob Zuma. L’ANC et la COSATU, le parti et le syndicat qui ont fait abdiquer l’apartheid, ne sont plus ce qu’ils ont été au temps de Nelson Mandela. Les festivités de la fête du 1er mai ont été éloquentes. Comment faire taire les contestataires pour éviter la faillite?

Les protestations et manifestations de rue, des grèves interminables créent des déficits, qui sont des coups de frein brutaux à l’émergence des pays, où les budgets de fonctionnement, d’entretien de l’administration et les salaires sont en fonction des impôts et taxes dignes des pays émergents. La paralysie des activités économiques dans ces pays pour 24 ou 48 heures est un grand trou pour les caisses publiques. Avec la chute des prix des différentes matières premières, agricoles et minières, on ne parlera plus de marasme mais de récession économique. 

L’exemple vivant vient du Venezuela qui n’a pas su diversifier son économie basée uniquement sur le pétrole. La longue confiscation politique d’une seule classe au pouvoir qui a tout montré comme prévarication et incapacité n’a rien arrangé. On parle actuellement d’une inflation de plus de 700% et le gouvernement en place s’obstine à croire qu’il est seul à avoir la solution. Ses partisans inconditionnels font la fuite en avant pour faire croire que tout va bien en dépit du manque de ticket de rationnement alimentaire et de médicaments. 

Comment ce pays pourrait se sortir de ce bras de fer déterminé des populations qui réclament le départ de Maduro, qui ne peut pas s’accrocher indéfiniment au pouvoir dans ce blocage ? Toute autre option que pacifique risque d’entrainer le pays dans une sorte de guerre civile. Mais après, comment le Venezuela pourrait-il se relever de ce chaos et en combien de temps ? Pourtant, ce pays avait tout pour sortir de l’ornière dans les années 60-2000, s’il les dirigeants avaient eu du nez pour utiliser le pétrole pour diversifier l’économie nationale. Le rêve s’est définitivement envolé, puisque le pétrole n’est plus une matière de référence.

A regarder ce qui se passe en Turquie, la purge pour une confiscation politique qu’elle est en train d’effectuer est un facteur de blocage économique. D’abord, comment remplacer les milliers de fonctionnaires, les militaires, opérateurs économiques dans toutes les structures touchées par la purge ? Quelle est exactement la situation économique de la Turquie actuellement par rapport à la situation avant le putsch manqué ? Même si la Turquie tient l’Europe par le bout du nez sur un certain nombre de problèmes avec la bénédiction de Vladimir Poutine et de Donald Trump, l’avenir n’est pas certain pour elle.

Les deux mastodontes du monde ne le soutiendront pas éternellement et inconditionnellement. Dès que les Occidentaux trouveront une solution de se débarrasser de ses caprices, dès qu’ils se remettront de leur querelle, la Turquie va s’en cuire de leur volte-face par des sanctions économiques qui la mettront à genoux. Pour le moment, elle peut tout en faire à sa tête, mais pas pour longtemps. Angela Merkel veut déjà renouer avec Vladimir Poutine, à peine la rentrée de François Hollande dans les oubliettes. Cela doit dire quelque chose à Erdogan. 

Les pays émergents ou qui sont en passe de le devenir sont plus fragiles que les pays qui se cherchent, qui ont peu d’exigences avec leurs économies rudimentaires. Le manque à gagner des 3 jours d’émeutes à Boké, en Guinée, ne peuvent  se comparer à aucun des pays cités, s’il leur arrivait d’avoir les mêmes émeutes chez eux, l’ampleur des économies n’étant pas identiquement les mêmes contraintes et exigences.

Aucune émergence ne peut tenir la route si les revendications sociopolitiques la perturbent et aucune chape de plomb ne pourrait plus contenir les opprimés aussi longtemps que dans le passé. La Syrie est un autre exemple.

Tous les yeux sont tournés vers l’Afrique du sud. Si elle passe dans l’impasse, tout le monde la suivra.

Moïse Sidibé 

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