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Anarchie

Siguiri : anarchie dans la circulation routière et ignorance du code de la route

A Siguiri, ville aurifère située à la frontière malienne, la circulation routière relève de l’anarchie, surtout à l’heure de la révolution des taxis-motos. Chaque jour, les citoyens assistent, impuissamment, à l’indiscipline des mauvais conducteurs et aux accusations de corruption proférées contre les agents de la police routière. Dans ce reportage, la rédaction locale de Guinéenews vous décrit l’ambiance comme si vous y étiez.

A Siguiri, les 75 % des engins roulants dans le centre-ville sont dépourvus de plaque d’immatriculation, d’assurance. Mieux, les motards ne portent pas des casques. Ce qui paraît risqué. Et ce n’est pas tout, certains chauffeurs aussi, n’ont pas de permis de conduite.

A ces manquements, il y a également le non- respect et l’ignorance du code de la route par la plupart des citoyens propriétaires d’engins roulants. Et les policiers n’en ont cure.

Pour s’enquérir de cette triste réalité, nous nous sommes embarqués dans la commune urbaine de Siguiri à destination de Kourémalé situé à la frontière Malienne.

Interrogé par notre rédaction, le chauffeur, I.K.S, qui roule sur la ligne Siguiri –Kourémalé, confirme qu’il n’a pas de permis. « Cela fait plus de deux ans que je roule sans permis, j’ai appris à conduire avec un maître, s’il y’a un contrôle je donne un peu l’agent aux policiers. Car on se connait dans la ville », nous a-t-il confiés en riant.

Soudain, notre chauffeur arrive au poste de contrôle. Curieusement, vérification faite, il n’avait effectivement pas de permis de conduite. Mais il n’a pas été verbalisé, ni inquiété.

Au retour, nous avons pris une moto- taxi. Le conducteur, FO, est originaire de Faranah. Malheureusement, il ne portait pas de casque. « Quand je porte le casque, ça me gène. Donc, c’est pourquoi je ne l’utilise pas. Et depuis que j’ai commencé à conduire le taxi moto en 2016, c’est comme ça ici, les amis ne portent pas de casque ».

Cette anarchie se passe au vu et au su des autorités administratives, des policiers et des syndicats.

A la grande gare routière de Siguiri, le syndicaliste Yamoudou Magassouba a indiqué que cette anarchie est bel et bien une réalité mais sa structure est dans l’incapacité de gérer la situation.

« Il y’a trop de problème dans la circulation, à savoir les surcharges même les chauffeurs en état d’ivresse conduisent. Mais, nous les syndicats par peur nous ne pouvons pas réagir », a-t-il martelé.

Pour Mamady Camara chargé de l’information du bureau des taxis motos de Siguiri, parle de l’indiscipline des conducteurs. « Dés fois, il est difficile de faire face à ces problèmes. Car, les conducteurs croient que le syndicat est contre eux. Donc, s’il y’a un problème, nous sommes obligés de chercher à calmer au lieu d’aller dans le respect de la loi ».

Pour le brigadier Chef, Sekouba Kéita, agent de la police routière de Siguiri, le comportement des conducteurs est un véritable casse- tête pour les agents sur le terrain.

« Nous travaillons, mais vraiment c’est difficile quand tu interpelles les engins pour surcharge ou d’autres infractions ce sont les passagers d’abord qui se rebellent contre toi. Dés fois, ils appellent un de tes chefs si ce dernier te parle si tu refuses ils disent que tu es méchant ».

Pour rappel, les accidents sont très fréquents à Siguiri. Selon un bilan de la police routière, 10 cas mortels d’accidents ont été enregistrés à Siguiri dont 64 dégâts matériels. Quant au capitaine Jean Marie Doumbouya commissaire de la police routière de Siguiri, il prédit que ce nombre risque de s’accroitre, si rien n’est fait à temps.

Alors que la police de Siguiri se plaint de manque de moyen dans le cadre des interventions.

Pour pallier à ces problèmes, le préfet de Siguiri, Ibrahima Kalil Kéita a proposé des solutions en annonçant la création d’une commission technique de suivi. « Comme solution, il faut d’abord sensibiliser, informer avant de passer à l’acte. Nous allons créer une commission composée des chefs de service, en vain il faut que la loi soit respectée ».

A retenir que les 95 pour cent de la population de Siguiri détiennent un engin roulant. Soit une moto ou une voiture, si rien n’est fait pour réglementer davantage cette circulation ça risque d’être une catastrophe.

Pluies diluviennes : Des dégâts enregistrés dans certains quartiers à Conakry

La forte pluie qui s’est abattue sur Conakry dans la nuit de vendredi à samedi 17 juin 2017, a fait des dégâts dans certains quartiers de Conakry.

A Tombolia par exemple, un quartier de la commune de Matoto, des habitants se sont réveillés les pieds dans l’eau. L’incivisme et les constructions anarchiques sont mis à l’indexe par les victimes. Ce samedi matin, la Redaction de Guinéenews© a fait un tour dans ce quartier pour constater les faits.

Sur place, l’impact des eaux de ruissellement, des tas d’ordures éparpillés sur la route et même dans certaines concessions sont visibles. Dans une école privée de la place qui est retenue comme centre d’examen pour l’entrée en 7ème, l’eau a envahi le bâtiment qui abrite la direction générale et a mouillé d’importants documents administratifs.

Les responsables de l’établissement accusent. « C’est une première, le matin à notre arrivée, on a trouvé que l’école était complètement inondée, l’eau est rentrée dans les bureaux et a causé des dégâts. Dans le bâtiment qui abrite la direction, l’eau a mouillé les cartons qui contenaient les documents. Le canal qui servait de passage à l’eau a été barrée par une construction ce qui fait que l’eau a dérouté et est rentrée dans l’école », accuse Marcel Dassayi le directeur de l’école primaire.

Trouvé dans une cours remplie d’ordures drainées par la pluie, Sylla Ali estime que cette situation est due à l’incivisme de la population. « Tout cela est dû à l’incivisme de la population. Les ordures que vous observez là sont des ordures du quartier. Pendant la saison sèche, ils mettent tous leurs ordures dans le canal qui doit drainer l’eau vers le bras de mer alors que l’eau on ne peut pas lui barrer la route. Conséquence, quand les grandes pluies arrivent les ordures sont drainées jusque dans les concessions », fustige-t-il.

De son côté, le chef du quartier Alouma Traoré explique l’ampleur des dégâts avant de pointer du doit une entreprise. Selon lui, en plus de la construction anarchique, cette entreprise est la principale cause de l’inondation dans le secteur.

« Quand vous commencez d’abord par le siège du quartier, le lieu est envahi par les ordures, le centre de santé également. J’ai appris aussi que l’eau est rentrée dans une école privée et une concession cette nuit. L’entreprise GUICOPRES est responsable de cette situation avec ce pont qu’il a construit à Tombolia plateau. Toutes les ordures passent par là-bas et se déversent dans le quartier et sur le goudron. La route est devenue impraticable et on ne peut pas faire face à cette situation. A l’école privée, c’est une construction faite sur le canal qui a barré la route à l’eau et a entraîné les dégâts. On demande à l’habitat de venir nous édifier sur cette situation. On avait tenté d’empêcher le propriétaire de poursuivre la construction ; finalement, il est allé à la justice. Depuis, on a vu son bâtiment prendre forme sans notre consentement », argue le responsable du quartier.

Dans la concession de la famille Sy envahie par les eaux cette nuit, la désolation se lisait sur les visages. Ici, la pluie a ravagé le poulailler et les cultures. Dans la cour, on peut voir des matelas, du riz et d’autres objets mouillés étalés sous le soleil. Responsables et habitants du quartier plaident pour une solution rapide afin d’éviter le pire quand les grandes pluies vont commencer dans le pays.

Par ailleurs, à Cosa, un quartier de la commune de Ratoma, les eaux de pluie ont aussi envahi certaines concessions qui se trouvent dans le secteur Gendarmerie. Là-bas aussi, les victimes s’attelaient à creuser des fossés au bord de la route afin d’évacuer les eaux.

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Guinée : attention à l’hydre de l’anarchie

La justice sans laquelle rien de vrai et de pérenne ne peut être ambitionné, le mot central de la devise guinéenne est dépouillé de sa substantive moelle. La justice guinéenne est foulée au plus bas de l’échelle des considérations sociales et des convenances de la gouvernance démocratique.

Pauvre d’elle et de la gouvernance actuelle qui risque d’être l’attraction des boomerangs, si elle n’y prend garde. Les exemples commencent à foisonner et à entourer la Guinée.

Quand l’incivisme et le pillage se mettent au service de la vindicte populaire pour suppléer l’injustice: on a entendu qu’un accident de la circulation causé par les animaux en divagation à Kissidougou, sans un constat, même aléatoire des agents de la circulation routière, les populations se sont fait justice. En Haute-Guinée où la moindre étincelle fait flamme, les populations sont allées chercher un détenu d’un commissariat pour régler son compte à l’autodafé.   

Dans le dernier carnage sur la route de Dubreka-Boffa, on dit que les chants enthousiastes des partants à un mariage ont poussé le chauffeur à « chauffer » au point de vouloir doubler un motard dans ce fatal tournant pour aller droit sur un camion de sable qui venait en toute légalité dans l’autre sens. Sans faire la part des choses, les populations ont décidé de faire justice en mettant le feu au camion.

Quelques jours plus tard, sur la même route enchantée de Dubreka, un autre motard et son passager se sont renversés sur le côté opposé  de la chaussée, où un autre camion encore de sable, venait in extremis sans que le chauffeur n’ait eu le temps et le réflexe d’éviter l’inévitable, les populations ont encore mis le feu au camion. Ce sont les vivants qui paient toujours pour les fautes des morts. 

La justice populaire prend parti toujours pour les morts contre les vivants sans faire la part des choses. Et ce qui est aberrant dans ces cas cités, les « secouristes improvisés » soulagent les blessés et les morts de tout ce qui leur appartenait et on ne sait pas si les sociétés d’assurance existent pour prendre certains cas en règle en charge.

Le silence des autorités est lourd de signification pour autoriser tacitement de telles pratiques. Combien de fois, on a entendu que des malades se font voler leurs téléphones, argent et autres objets précieux dans leur lit d’hospitalisation sans que cela n’émeuve les responsables des hôpitaux ?

Que doit-on dire de la césarienne gratuite ? La question a son sens, puisque dans notre entourage prolifique, depuis 4 ans, on ne sait pas comment les femmes de ce quartier font pour s’entendre à n’accoucher que par césarienne. On a entendu parler de 4 cas de césarienne et ça coûte le million de francs ; si cela peut faire qu’il y ait moins de naissances, c’est tant mieux

A côté des cas d’accidents de la circulation en rase campagne ou en provinces, il y a aussi les questions administratives gérées de façon cavalière par les délégations spéciales. On peut se demander si le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation est à la hauteur des attentes. Les émeutes des étudiants de Kindia au sujet des papiers administratifs et les actes de naissance, qu’en est-il, à ce jour ?

Autre chose, on a entendu parler de la complicité de l’administration territoriale dans le vol de bétail. Lors d’un ‘’séjour fructueux’’ dans les locaux des services spéciaux du CNDD en mai-juin 2009, on a fait la connaissance de Ousmane Gaoual Diallo, un boucher receleur des vaches volées de Dubreka.

Pour une vache achetée, il devait payer deux vaches. Sans le paiement des deux vaches, il a eu la chance de pouvoir raconter son histoire à la presse. Quant au voleur appréhendé, lui, a été gardé dans les locaux de la gendarmerie de Dubreka, il devait rembourser le double des plaintes contre lui. Quid de lui ?

Quant aux problèmes domaniaux en zones urbaines où les démunis sont encore dépossédés de leurs terres ou de leurs concessions par plus nantis qui peuvent utiliser à leur gré la gendarmerie qui ignore ou qui oublie éperdument qu’elle n’est que dépositaire de la loi et de la force publique. Ce qui veut dire que la gendarmerie n’est pas la loi et qu’elle ne peut se mettre en branle d’elle-même, sans un ordre venant de l’instance des exécutions des décisions judiciaires.  Tel n’est pas le cas puisqu’on entend parler d’elle dans les déguerpissements illégaux ou extrajudiciaires, elle est aidée en cela par les juges qui prennent des décisions à l’emporte-pièce. Le Conseil supérieur de la magistrature est-il déjà entré en fonction ?

Et pour terminer ces propos, comment donner un coup d’accélération à la justice guinéenne ? Le cas de Toumba Diakité fait jaser sur le deux poids deux tares. Rien ne semble bouger. Ses coaccusés sont dans la nature et lui est détenu dans des conditions décrites comme insupportables par ses avocats, qui menacent de demander un transfert du procès à la CPI… Ce qui dénote déjà quelque chose qui ne va pas.

Le ministre de la Justice a dit solennellement que cela est impossible, que les avocats de Toumba ne peuvent pas avoir cette compétence, soit, mais que fait Cheick Sako pour que ce procès ait lieu au cours de cette année, comme il a promis ?

Si ce procès n’a pas lieu cette année, beaucoup risquent de baisser pavillon devant Mamadi Kaba, le président de l’INDH. Que pense l’AVIPA ?

Tout commence par la justice et tout finit par elle. Sans elle, c’est l’anarchie. L’hydre est tentaculaire, elle risque d’échapper à tout contrôle. L’Afrique du sud, le Brésil, le Venezuela, le Burkina et la Côte d’Ivoire qui sont dans cette emprise maléfique, leurs dirigeants n’avaient pas eu d’égard pour l’éthique pour  se laisser aller à la corruption et à l’injustice sociale. Le retard à rattraper, s’il est encore possible, il faudrait revenir à la case départ, la présidente sud-coréenne, elle, a passé à la trappe.

On voit bien, l’émergence a ses exigences qui sont dans le comportement et non dans les slogans. Quant aux bailleurs de fonds et aux investisseurs sans visions, ils devraient prendre l’exemple de PETROBRAS qui est dans les petits souliers et rien ne dit que cette société ne regrette pas ce qu’elle a fait pour contenter les hommes de paille politiques qui se croyaient inamovibles et incontournables. Et si c’était à refaire, les Gupta auraient refait ?

La question reste posée !

Moïse Sidibé

 

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