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Ambassadeur de Guinée à Washington

Passeports guinéens avec des étrangers: l’Ambassadeur des USA flingue les autorités guinéennes

«Ce n’est pas de notre responsabilité d’accepter les résultats de fraude des autorités guinéennes»

L’ambassadeur des Etats-Unis en Guinée,  invité lundi chez nos confrères d’Espace FM, a été très clair sur la détention par des étrangers des passeports guinéens. Pour lui,  il ressort de la responsabilité des guinéens d’accepter tous les détenteurs de passeports guinéens. Voici quelques extraits de cette interview.

De l’expulsion des Guinéens vivant en situation irrégulière aux Etats-Unis

« Cela est l’un des changements prioritaires du gouvernement Trump. Changement de priorité mais pas de lois. Pendant l’Administration du président Obama avec la crise d’Ebola, il y avait une suspension de voyage des Guinéens pendant la menace. Mais cela est terminé. Alors maintenant, il y une préoccupation de notre Administration sur l’application de la loi concernant l’immigration et il y a aussi une loi américaine qui dit que si un pays ne s’engage pas bien avec nos autorités d’immigration, il existe une possibilité de restriction de visas. En ce moment, notre ministre de l’Intérieur, si on peut l’appeler ainsi, a décidé que pour le cas de la Guinée, on n’a pas vu assez d’assistance dans ce processus. La lettre se trouve au niveau du Secrétariat d’Etat des Affaires Etrangères qui doit l’appliquer. Jusqu’à présent, nous n’avons pas pris la décision finale sur le comment on va l’appliquer et quelles seront les mesures. Mais c’est l’un des changements. Nous savons que la Guinée est l’une des sources principales de l’immigration clandestine vers les pays de l’Europe. La grande différence entre nous et les pays européens, c’est que la plupart des gens qui arrivent en Europe, s’auto-déclarent Guinéens. Ils n’ont pas de passeport et peut-être, ils n’ont pas de pièce d’identité. Mais 95% des Guinéens qui arrivent aux Etats-Unis, sont venus avec des passeports.  Et les passeports indiquent qu’ils sont des Guinéens. Et nous pensons qu’avec un passeport guinéen, le détenteur reste un Guinéen. (…)

Nous savons aussi qu’il y avait assez de fraudes dans le passé mais, on n’a pas noté que le gouvernement a annulé tous les passeports guinéens. Parce que, si on dit, oui il ya des gens avec des passeports, peut-être ils ne sont pas des Guinéens ou peut-être ils le sont. Alors comment on peut donner des visas à ces derniers.  A la Guinée de trancher s’ils sont Guinéens ou pas. Les autorités ont dit que même en cas de fraude, il faut accepter la validité du passeport. Maintenant si ces personnes arrivent pour dire, moi je suis par exemple malien, ou je suis sénégalais alors le gouvernement guinéen a le choix de les mettre en prison pour des fraudes ou de les expulser vers leurs pays.

Donc si ces gens sont arrivés aux Etats-Unis avec un passeport guinéen, c’est la responsabilité des guinéens d’accepter tous les détenteurs de passeports guinéens. Ce n’est pas de notre responsabilité d’accepter les résultats de fraude des autorités guinéennes. C’est votre problème. (…) »

Des conditions de rapatriement :

«Voila une autre différence entre l’Europe et les Etats-Unis. L’Europe est signataire de l’accord de Cotonou alors que les Etats-Unis ne le sont pas. Selon l’accord de Cotonou, il y a la possibilité pour aider de financer le retour des citoyens guinéens. Cela n’existe pas chez nous parce que nous ne sommes pas signataires de cet accord.

Notre préférence est de retourner les Guinéens par des vols commerciaux qui comportent d’autres passagers. Il y a des personnes qui arrivent à l’aéroport, qui font une crise et le pilote dit que ces personnes ne peuvent pas voyager avec nous. Dans ce cas, nous sommes obligés de les embarquer dans les vols Charter. La plupart de ces personnes sont des criminels qui sont sortis des prisons américaines. Alors pour ces cas, il y a des mesures de sécurité dans les avions. (…) »

De la collaboration avec l’ambassade de Guinée aux Etats-Unis  pour le rapatriement de ces Guinéens

«Chaque mois, nous donnons une liste de trente personnes qui sont prêtes à être rapatriées en Guinée. Et selon les accords, chaque pays a trente jours pour dire si oui ou non ils sont des citoyens de notre pays. Parce qu’il y a des gens qui sont déjà enregistrés au niveau de l’ambassade guinéenne. Donc, ils sont libres de reconnaitre ces gens ou pas. (…) Nous savons il y a des Guinéens qui passent à travers notre frontière avec le Mexique. Alors dans ce cas, il y a la possibilité de voir des gens qui sont rentrés sans document mais, cela est un petit pourcentage. Nous sommes donc prêts à travailler avec le gouvernement pour ce petit groupe de gens qui ne sont pas rentrés avec un passeport. Mais pour les autres, on ne peut rien faire parce qu’ils sont entré avec un passeport guinéen ».