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Trafic d’êtres humains : Un 7ème réseau démantelé à Conakry

Un nouveau réseau de trafic présumé d’êtres humains vient d’être démantelé à Conakry le mardi 26 septembre. Selon le secrétariat général chargé des services spéciaux, de lutte contre le grand banditisme et de la drogue, c’est grâce à la dénonciation par les citoyens que ces présumés bandits ont été arrêtés.

Mory Mara, électricien auto et Abdoulaye Bangoura, artiste, sont les deux présumés trafiquants à tomber dans les filets des services spéciaux dirigés par le colonel Moussa Thiégboro Camara. Tous les deux travaillaient pour un informaticien guinéen du nom de Daneil Komah Béavogui. Il vit au Ghana depuis 2009.

« Daniel Komah Béavogui serait le cerveau d’un grand réseau de trafic d’êtres humains évoluant dans la sous-région. Il opère en montant des faux dossiers, des faux projets sur internet en attirant en Guinée des expatriés. Daniel, actuellement au Ghana, est resté en contact avec ses clients qu’il arnaque généralement sur internet. Quand il a un client, il le rabat vers soit Abdoulaye Bangoura ou son petit Mory Mara. Ceux-ci récupèrent les passeports et les lui envoient à partir de la gare routière de Bamako. Daniel monte des faux dossiers, il va dans les ambassades et se fait passer pour le consul de Guinée au Ghana à la quête des visas qu’il appose dans les passeports. Ces passeports retournent ensuite en Guinée. Quand Mory les récupère, il les donne à leur propriétaire qui, à leur tour, lui donnent l’argent. Ainsi, à travers les sociétés de transfert d’argent, il expédie cet argent à Daniel », a expliqué le commissaire Aboubacar Sylla, chargé d’enquête au niveau du Secrétariat général des services spéciaux de lutte contre grand banditisme et de la drogue.

Déjà, Abdoulaye Bangoura a réussi à faire voyager quatre jeunes dont deux filles. Les deux garçons ont réussi à transiter par l’Iran pour la Turquie. Mais les deux filles, une fois arrivées en Iran, elles ont été interceptées à l’aéroport.

« Ce qui nous laisse croire que l’Iran est une nouvelle région pour la prostitution, en tout cas pour ce réseau, puisqu’avant, on ne parlait que du Koweit. Le monsieur qui a intercepté les filles les a envoyées chez lui. Selon ce que les filles-là nous ont dit, puisqu’actuellement elles sont à l’ambassade de la Guinée en Iran, le monsieur leur faisait promener dans les maisons closes. Elles ont fait ça jusqu’à trois fois et elles ont vu que ce n’est pas une bonne situation. C’est ainsi qu’elles ont profité dans la journée pour s’embarquer dans un taxi et ont demandé au taximan de les amener à l’ambassade de la Guinée en Iran. Le consul de la Guinée en Iran nous a confirmés cela aussi. Ces filles sont actuellement bloquées là-bas et leurs visas sont expirés », a ajouté le commissaire Sylla. Et le visa étant expiré, chacune d’elles doit payer 30 dollars.

Les Guinéens ne sont pas les seules victimes de ce présumé réseau de trafic d’êtres humains. Quatre Népalais qui, officiellement, devraient faire du tourisme en Guinée, ont subi la loi de ces présumés trafiquants. Le commissaire Aboubacar Sylla explique : « A travers leur réseau, ils ont réussi à faire venir ici quatre Népalais à partir de l’ambassade de l’Inde. Ils créent de fausses sociétés, par exemple, Daniel a créé une sorte de société qui se nomme Turkon. A partir de cette société qui serait basée à Tanéné marché à Gbessia, il a envoyé une lettre d’invitation à ses victimes, au nombre de quatre, qui ont répondu. Mais lorsque nous sommes allés pour l’interpellation on a n’a vu que deux expatriés chez lui. Ils ont été séquestrés depuis quatre mois dans un appartement deux chambres et salon à Lambandji. Il leur a pris 26 mille dollars, avec leur passeport. Pendant ce temps, lui il est toujours resté au Ghana. Selon les propres termes de Daniel, ses amis devraient venir en Guinée dans le cas du tourisme. »

Les deux présumés trafiquants ont expliqué le rôle qu’ils ont joué dans cette affaire. Selon Abdoulaye Bangoura, il a reçu des jeunes qui voulaient voyager et il les a aidés à entrer en contact avec Daniel Béavogui.

Quant à Mory Mara, il a fait savoir que Daniel est son ‘’grand’’ et que c’est ce dernier qui l’a hébergé à Conakry. Ce qui, selon lui, l’oblige moralement à faire ses courses.

Pour rappel, c’est le 7ème présumé réseau de trafic d’êtres humains à être démantelé pour le colonel Thiégboro et ses hommes.

Trafic d’êtres humains : Un quatrième réseau démantelé, à Conakry

Après le démantèlement des réseaux de traficS d’êtres humains vers le Koweït les 22 et 31 mars, puis le 1er avril, le 12 juillet dernier un autre réseau est tombé dans les filets des services du crime organisé. Le présumé trafiquant du nom de Oumar Condé, a été présenté ce vendredi 21 juillet à la presse.

Le commissaire Foromou Soropogui, de l’office central de lutte contre la drogue et le crime organisé, affirme avoir été saisi d’une plainte d’une victime revenue récemment du Koweït. “Le 12 de ce mois, nous avons été saisis d’une plainte formulée par Makoya, une fille convalescente venue du Koweït. Arrivée au Koweït, elle a été soumise à toute sorte de traitements : le travail forcé et le viol par son employeur. Ne pouvant plus tenir les conditions d’existence, la fille a préféré rentrer. Elle a refusé de coopérer avec son employeur qui, la voyant non utile pour lui, l’a rendu à la personne qui la lui a livrée. Donc la fille étant à sa disposition, cette personne l’a demandé de joindre ses parents avec deux conditions : se faire substituer par une autre fille ou qu’on paie l’argent qu’ils ont dépensé. C’est ainsi que la fille a contacté ses parents à Monrovia (Libéria) leur demandant de lui envoyer son billet d’avion sinon qu’elle risquerait la mort au Koweït. Quand elle a envoyé à ses parents sa photo de convalescence, ils n’ont pas tardé à envoyer de l’argent pour qu’on trouve son billet d’avion. Rentrée à Conakry, le réseau qui l’avait recruté a confisqué son passeport soi-disant qu’elle n’a pas respecté les clauses du contrat », affirme-t-il.

Oumar Condé, le présumé trafiquant, nie les faits : « Si moi je vais faire le trafic d’êtres humains, est-ce que j’allais le faire pour ma propre femme qui a trois enfants, avec ma sœur et mon grand frère qui sont tous là-bas ? Cette fille qui est venue se plaindre, c’est notre sœur. Chaque jour, je parlais avec elle sur internet. Elle souffre de l’hémorroïde. Elle a dit qu’il faut le médicament traditionnel africain pour la soigner, et là-bas il n’y a pas ça. C’est la raison pour laquelle, elle est venue pour se soigner. Son mari doit rembourser àss sœur et à mon frère le billet d’avion. C’est pourquoi on a retiré son passeport », se justifie-t-il.

Au Koweït, 45 filles guinéennes victimes de maltraitance auraient réussi à se débarrasser de leurs bourreaux. Elles sont actuellement dans les mains de la police koweitienne, selon le colonel Moussa Thiègboro Camara, patron de l’office central de lutte contre la drogue et le crime organisé.

Déjà, dit-il, à cause de cette situation, une ambassade guinéenne vient d’être ouverte au Koweït. « La première secrétaire de cette ambassade est en rapport avec la police koweitienne surtout par rapport aux 45 filles qui sont déjà en détention. Hier (20 juillet 2017, ndlr) on en a parlé. D’un moment à l’autre, elle va envoyer des rapports qu’on va adresser aux autorités compétentes pour que des dispositions soient prises pour les ramener en Guinée », précise-t-il.

Le trafic d’êtres humains est devenu très récurrent en Guinée. Des Guinéennes souvent vulnérables et à la recherche d’un lendemain sont souvent exposées à ces réseaux de trafiquants qui le font miroiter toutes sortes promesses en vue de les envoyer au Moyen Orient. Une fois là-bas, elles sont confrontées à toutes les formes d’abus sexuels, de violence corporelle et verbale atteignant à leur vie privée.