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Amadou Diallo

Tragédie du 28 Septembre: un événement commémoré sur fond d’amertumes et désespoirs des victimes (témoignages)

Ce jeudi 28 septembre marque le triste anniversaire des massacres survenus en 2009, un 28  septembre dans le stade du même nom. Huit ans après, les victimes attendent toujours, même si elles reconnaissent quelques avancées, que justice soit rendue.

 

Cette revendication a été encore ressassée aujourd’hui par les victimes à l’occasion d’une cérémonie de commémoration que l’association des victimes parents et amis des massacres du 28 septembre(AVIPA) a organisée ce jeudi  à son siège, sis à Koloma.

« En tant que musulmane et mère de famille, je ne peux pas raconter tout ce j’ai subi le 28 septembre 2009 au stade. Mais, c’était atroce. Il y a eu beaucoup des choses qui se sont passées en Guinée après le 28 septembre 2009 et dont les auteurs ont été jugés et condamnés. Malheureusement, jusqu’à présent justice n’est pas rendue dans ce dossier. C’est quelque chose que je regrette amèrement. Nous réclamons vérité, justice et réconciliation », exige une victime de ces événements.

Des larmes aux yeux,  Aïssata Bah qui a eu une fracture au pied droit pendant ce drame, demande en ce qui le concerne une assistance médicale en attendant la tenue du procès.  Depuis cette tragédie, elle est handicapée. Saran Cissé se souvient des atrocités qu’elle a subies ce jour. Huit ans après, elle ne comprend pas pourquoi la justice traîne encore les pas.

 «Cela fait aujourd’hui 8 ans qu’on nous tient des promesses pour l’ouverture du procès, mais au bout du rouleau, on ne voit rien venir. Chaque année, on dit que le procès va se tenir et puis, rien. Nous croyons au ministre de la Justice qui a pris un engagement dans ce sens. Car, depuis qu’il est là, il a fait beaucoup de choses pour faire avancer ce dossier du 28 septembre. Mais, nous tenons à ce que le procès ait lieu maintenant », souhaite Yero Diouldé Diallo, le Vice président de l’AVIPA.

Du coté de l’OGDH, des actions sont menées pour assister les victimes de cette tragédie. Désormais, il y a une lueur d’espoir  quant à l’ouverture très prochaine d’un procès à en croire Amadou Barry, le chargé de communication de l’organisation.

« C’est vrai au début, on avait des difficultés à mobiliser les victimes pour que leurs droits soient reconnus, mais il y a eu beaucoup d’avancées. Déjà, il y a eu des inculpés. Plus de 400 victimes ont été auditionnées à ce jour. On s’achemine vers la clôture de l’enquête et puis la programmation d’un procès », s’est-il réjoui.

Egalement présent à cette cérémonie commémorative, le Vice-président ‘’déchu’’ de l’UFDG, Bah Oury a, pour sa part, expliqué les raisons de sa présence auxdites cérémonies.

« Ma présence ici, c’est pour montrer aux victimes, à leurs ayants droit toute ma solidarité, ma compassion par rapport à la solitude que beaucoup d’entre elles sont en train de vivre aujourd’hui. L’année dernière, j’avais déposé une gerbe de fleurs au stade du 28 septembre pour commémorer cette tragédie, tout à l’heure je vais refaire la même chose et je me suis juré tant que je vivrai et que je serai en possession de mes moyens, à chaque anniversaire,  je ferais la même chose. Si avec l’âge peut-être je ne pourrais pas le faire, mes enfants continueront cette tradition parce que ce jour là reste gravé dans ma mémoire. Mais, justice se fera », a témoigné l’ancien ministre Bah Oury.

Ces massacres du 28 septembre 2009 qui avaient fait, selon des sources proches des Nations Unies, plus de 150 morts, sont encore présents dans la mémoire collective des victimes.