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Le G-20 et l’Afrique : Le communiqué final s’embrouille et laisse à redire

En lisant entre les lignes à basse tension mais à haute teneur en avertissements politiques du communiqué final de ce G-20 de Hambourg, on ne peut pas ne pas voir un « recadrages » à l’intention de ceux qui ne veulent plus rester dans le rang de la démocratie, donc, qui n’aspirent pas au développement pour bénéficier d’un quelconque plan de sauvetage économique de la part de l’Europe. Cependant, ce qui peut tiquer dans ce communiqué final de Hambourg, c’est que c’est l’Europe seule qui a dicté les nouvelles règles du jeu et leurs contraintes à l’Afrique. Là, les pays riches n’ont pas accordé les violons, ce qui veut dire qu’il n’y a pas véritable entente, même sans les USA. C’est le lieu de dire que les pays qui investissent sur du sable mouvant, qui n’ont aucune exigence démocratique et transparence dans la gestion économique, doivent changer d’option, parce que les peuples africains ont trop longtemps courbé l’échine sous l’esclavage et la colonisation, ils ne vont plus longtemps accepter l’injustice devant les « nouveaux colons » que ces pays prennent pour partenaires fiables, mais qui ne tiennent qu’à un fil. Pour garantir les investissements en Afrique, il faut bien se mettre à l’abri des mécontentements populaires. Ceux qui ferment les yeux sur ceux qui se montrent experts dans la répression de leur peuple, en tombant, ils entraîneront inévitablement avec eux dans leur chute les investisseurs véreux et leurs investissements.

Les exemples des pays émergents qui reculent démocratiquement et qui tombent dans un marasme économique à vue d’œil sont le Brésil et l’Afrique du sud. Mais s’ils tombaient dans la récession, et ils sont sur la voie, même un super ou méga-plan Marshall ne pourrait pas les relever dans cette mondialisation impardonnable et impitoyable. Le Venezuela est en pleine perdition. Les Africains observent attentivement les trois mauvais exemples. Dans quel état se trouvent les sociétés et entreprises qui ont massivement investi dans ces pays ?

Comment ceux qui aspirent à l’émergence pourraient atteindre leur objectif sans démocratie, respect des droits de l’homme, libertés démocratiques et transparence économique ? Comment les pays qui veulent tripatouiller leur constitution, qui sont en proie aux remous populaires, à l’insécurité et à la guerre civile pourraient sortir de l’auberge ? Dans ces conditions, comment pourraient-ils garder chez eux les jeunes qui vont en Méditerranée ?

Parmi les trois Africains présents à ce G-20, il y avait 2 de droit. Jacob Zuma et Alpha Condé. Le premier est membre de ce G-20 à part entière, le second n’y était que parce qu’il est le président en exercice de l’UA. Le seul et l’unique Africain invité, sans doute pour son exemple de démocratie avec une alternance inégalée sur le continent, pour sa bonne gouvernance économique et pour le développement, en dépit de ce que certains pourraient voir comme un pays de départ pour l’immigration, est le président sénégalais, Macky Sall. Un moindre mal, peut-être, il y en a si peu sur le continent. Une aide massive à ce pays pourraient diminuer le flux de départ vers l’Europe. Quels sont les 7 pays ciblés, qui sont les pays de départ d’immigrants et qui remplissent les critères pour cette éligibilité ? Il y a fort à parier que ces pays sont les moins fournisseurs d’immigrants que les autres.

On voit bien que l’Europe ne sait pas par quel bout prendre le casse-tête. Les pays ne vont pas en file indienne mais en rang dispersé. Les plus nécessiteux et les boulets encombrants sont encore à des années-lumière des règles édictées, ceux qui sont sur la bonne voie sont d’un moindre mal. .

Mais, si le G-20 croit avoir séparé la bonne graine de l’ivraie, en ne ciblant que 7 pays à faire bénéficier de la nouvelle aide, comment pourrait-il éviter l’afflux des migrants des autres pays-parias ?

La décision de ne choisir que les pays les mieux avancés en démocratie ne comporte-t-elle pas quelque chose qui puisse nuire à la lutte contre l’immigration clandestine ? Conditionner et orienter l’aide serait, d’un certain avis, plus pragmatique.