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Isolement du Qatar : pourquoi le Sénégal est-il allé si vite en besogne ?

Un terrible coup de froid  s’est produit dans les monarchies du Golfe. Le peloton est conduit par l’Arabie Saoudite. On soupçonne Donald Trump d’avoir semé la zizanie qui a vite fleuri. Mais qu’a-t-il dit de si magique au roi Salman pour que ce dernier retrousse les manches pour être à la tête d’un peloton de pays contre le  Qatar?

 Certains croient savoir qu’au moment où la guerre contre le terrorisme bat son plein et que personne ne semble avoir la solution dans la définition des alliances confuses, le Qatar, qui ne sait pas tenir sa langue à deux mains, a fait une déclaration tonitruante pour faire bondir l’Arabie Saoudite jusqu’au plafond.

En déclarant que l’Iran est un facteur de paix et de stabilité, le Qatar a semblé dire un sacrilège et l’a regretté aussitôt puisque la sanction a été immédiate et sans appel. D’autres voisins sont aussi venus mettre leurs acrimonies là-dessus pour corser la sanction. Ils ont plus ou moins des raisons, d’autres par contre plaident pour un rabibochage diplomatique. Même Donald Trump, l’éléphant qui est entré dans le magasin de porcelaine, après avoir tout cassé, il se propose de ramasser le pot cassé et plaide cette fois-ci pour une unité au sein du Conseil de coopération des pays du Golfe. Comme il est plus futé qu’on ne le croit, il s’est rendu compte, un peut tardivement, certes, que les intérêts économiques des Etats-Unis et de toute la sous-région passent par le Qatar. Un blocus de cet émirat n’apporterait rien de potable que des préjudices pour tout le monde.

C’est dans ce bain que le Sénégal a plongé les pieds joints. Il a peut-être deux raisons à son arc. Ceux qui pensent que la première pourrait être due à l’émotion et non à la raison, il serait difficile de les contredire, ceux qui aussi pensent que cela pourrait être dû à la présence de Karim Wade bien au chaud à Doha où il aurait planqué le gros magot que les Gaïndés ont cherché partout sans trouver une trace, ont aussi des arguments. Difficile de faire la part des choses sans preuve formelle.

Les diplomates nous diront que rappeler son ambassadeur ne signifie pas grand-chose, mais cela pourrait confondre la diplomatie émotive et suiviste. Que se passerait-il si Trump arrivait à ramener la cohésion entre les Etats du Golfe ?

Une anecdote fait sourire. Dans les années de Jimmy Carter à la Maison Blanche, on dit qu’il avait invité un chef d’Etat africain à déjeuner. Pendant le dessert, le président américain s’est mis à faire un mélange dans son assiette. Et comme le chef d’Etat en question avait bien récité les consignes de suivre l’hôte dans ses faits et gestes, il s’est mis aussi à faire le même mélange dans son assiette. A la fin, le président américain a donné son mélange à son chien…

Comment le Sénégal va justifier le rappel de son ambassadeur au cas où tout rentrerait en ordre entre le Qatar et ses voisins ? Qui a dit qu’il ne faut jamais mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce ?

En dehors de tout ce qui vient d’être dit, l’unité des pays du Golfe est plus un facteur de paix et de développement que son morcellement. Les quelques jours de disette viennent de le démontrer. Le Sénégal devrait plutôt jouer dans ce sens

  Moïse Sidibé

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