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Alpha Condé à Abidjan : « L’Afrique a décidé de parler d’une voix et de prendre son destin »

En treize minutes, le président de la Guinée, Alpha Condé, et aussi président de l’Union africaine a tenu un discours phare à Abidjan, en marge de l’ouverture du cinquième sommet UA-UE.

Tout d’abord, il a demandé une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats terroristes perpétrés en Égypte et dans le monde entier.

Ensuite, il s’est dit « heureux de revenir à Abidjan et de retrouver son frère et ami, Alassane Ouattara. »

En sa qualité de président de l’Union africaine, il a apprécié les conditions réunies par les autorités ivoiriennes pour organiser ce présent sommet.

De passage, il a salué le rôle joué par la France et le président Macron dans le Sahel. Il a demandé à l’Europe de se joindre à la France dans le combat.

Parlant du thème du jour : « Investir dans la jeunesse pour un développement durable », Alpha Condé a indiqué qu’il est d’actualité. Le dividende démographique étant un facteur de développement.

Par ailleurs, Condé a insisté sur la santé, l’éducation et la formation professionnelle. « L’Afrique a décidé de parler d’une même voix et de prendre son destin », a-t-il indiqué.

Enfin, il a condamné les crimes d’un autre âge commis sur la route de la migration et demandé des sanctions.

Mieux, il plaidera pour la mise en place rapide du fonds judiciaire d’urgence.

Nous y reviendrons.

Abdoulaye Bah, envoyé spécial de Guinéenews©, à Abidjan, Côte d’Ivoire.

 

Sommet UE- UA : Alpha Condé accueilli par le couple Ouattara à Abidjan

Depuis ce mercredi matin, les délégations commencent à rallier l’hôtel Ivoire où doit se tenir la cérémonie d’ouverture du cinquième sommet Union Européenne (UE)- Union Africaine (UA).

En attendant l’arrivée des Chefs d’État, toutes les dispositions sont prises pour éviter des ratés. Les drapeaux des pays participants flottent déjà en l’air et la sécurité y est déployée en nombre.

Cependant, pour franchir tous les périmètres de sécurité, il faut montrer patte blanche.

Comme annoncé, le président guinéen, Alpha Condé, et président de l’Union africaine (UA), prendra part au sommet. Il est arrivé à Abidjan, mardi dans la soirée, en provenance de Conakry.

A sa descente d’avion, il a été accueilli par le couple de son homologue Ouattara.

Ensuite, les deux ont eu un tête-à-tête en présence du premier ministre ivoirien et de la première dame de Côte d’ivoire d’une part, et du ministre des AE de Guinée, Mamadi Touré d’autre part.

Selon le comité d’organisation, le sommet s’ouvre ce mercredi dans l’après-midi par un déjeuner offert aux hôtes. Ensuite, le président Alassane Ouattara  tiendra un discours. Il sera suivi par le président Alpha Condé, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA).

Pour boucler la journée, le président Paul Kagamé du Rwanda, mandaté par ses pairs africains, de mener les réflexions pour une véritable refonte de l’Union africaine, fera son compte- rendu.

 

Union Africaine : L’autofinancement pour des fioritures au détriment de l’essentiel

Comme les grandes problématiques qui font douter de l’efficacité d’un plan Marshall, où Merkel, pour l’Afrique à cause des politiques différentes et divergentes des Etats, on peut voir un autre problème encore aussi épineux sinon plus venir s’ajouter aux difficultés et porter un sacré coup à l’orgueil prude de l’Union Africaine. Après plus de 50 ans de financement extérieur, l’on vient de se rendre subitement compte que cela était humiliant. Ce qui est encore ridicule, c’est le déclarer et le clamer de façon audible à la face du monde avant d’avoir l’aval et l’accord de tous les membres sur le prélèvement de 0,2% sur leurs importations étrangères, tout en excluant les importations et échanges interafricains. Il y a problèmes.

En effet, tous les pays n’ont pas la même monnaie, ils n’ont pas la même barrière douanière, pas les mêmes facilités d’importation avec les partenaires différents. Certains pays bénéficient du « duty-free », pas d’autres. Avec la libre circulation des personnes et des biens dans un espace économique  commun donné, certains pourraient profiter sur d’autres de façon informelle pour alléger leurs importations avec des partenaires extérieurs au continent et payer moins. On a vu les trafiquants guinéens faire entrer frauduleusement du carburant à bas coût en provenance de la Sierra Leone et on a entendu que d’autres Guinéens exportent du carburant vers le Mali, vers le Sénégal par différentes et subtiles subterfuges. On sait qu’un sac de riz ne coûte pas le même prix en Guinée et dans les pays de la zone franc.

Ensuite, les pays n’ont pas la même balance commerciale, certains importent plus qu’ils n’exportent, ce qui est un déficit commercial entraînant forcément un gap et un manque à gagner pour ces pays. Si les cotisations se multiplient, comment tiendront-ils débout ?

En 98-99, pour remettre l’OUA en marche, Kadhafi n’a-t-il pas payé des arriérés de cotisation pour un nombre de pays qui n’en pouvaient plus pour obtenir un quorum ? Plus près, au Mali en 2016, n’y a-t-il pas eu une entourloupette au sujet des arriérés de paiement de cotisation à l’ONU ?

Un an s’est déjà écoulé après cette décision commune, dit-on, de prélever ces 0,2%, il n’y a pas encore 10 pays pour le faire. Seule la Côte d’Ivoire, probablement la future candidate à la présidence de l’UA, mais on peut se gourer, vient d’annoncer qu’elle va le faire, et qui d’autre, puisque le pays du président en exercice de l’UA n’a rien dit de clair et précis, ou bien ?

Hormis tout ce qui vient d’être dit, il y a que ces 0,2% ne seront destinés que pour le fonctionnement des institutions souvent confrontées à des pannes sèches et pour financer des sommets de sommeil ou des retrouvailles pour faire la fête entre syndicats, pour ne pas dire des sommets pour rien. Pendant ce temps, en RDC, en RCA, au Soudan du sud, en Somalie, des choses pas catholiques se produisent à longueur de journée. A côté, Boko Haram, à lui seul fait perdre le sommeil au Tchad, au Cameroun, au Niger, au Burkina Faso et à la plus grande puissance militaire de l’Afrique de l’ouest. Au Sahel, les terroristes font la loi au Burkina, au Niger, au Mali malgré la présence de Barkhane et de la MINUSMA, et il faut trouver plus de 300 millions d’euros pour mettre une défense commune, le G-5, parce que sur le continent, la défense commune n’existe pas encore, faute de financement. Quant à ce qu’on appelle « La Force d’attente de l’UA », elle attend toujours. Les USA et l’UE sont en train de réduire leurs financements des forces d’interventions et celles de l’ONU, et pour cause, le bruit court que les forces d’intervention affairistes créent l’embourbement pour démeurer sur place pour faire des affaires lucratives au su et au vu de l’Union Africaine muette comme une carpe, ce qui veut dire qu’il y aura des gaps abyssaux à combler.

On peut se demander si ces 0,2%, qui sont et qui vont être la mer à boire, suffiraient à financer toutes ces absolues et urgentes nécessités incompressibles. L’on a trop vite mis l’orgueil et la souveraineté devant la charrue.

Alassane Ouattara très visionnaire a suggéré de réduire les sommets de sommeil à un, annuellement, et non deux. Cette « coupe budgétaire » est significative mais insuffisante. Il faudrait encore chercher d’autres branches sans fruit à élaguer. On compte sur Ado, qui est confronté à des micmacs domestiques incommensurables, de trouver le moyen de ne plus faire la manche chez les les bailleurs de fonds internationaux.

Mais si les uns parlent de ne plus tendre la sébile vers les Puissances pour financer le fonctionnement de l’UA, d’autres caressent la France à lisse-poil pour une aide au G-5 du Sahel afin de lutter efficacement contre les terroristes, flûte !

Enfin, comme si tous ces problèmes non résolus ne sont pas assez urgents et cuisants, l’on en rajoute pour s’orienter et s’occuper des problèmes de la jeunesse, dont le financement est fichtrement plus caillouteux.

Comprenne qui pourra la logique de l’UA.