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Ahmad Ahmad

Football africain : rétorsion ou diktat de la nouvelle CAF ?

Le moins que l’on puisse dire de prime abord est que la décision soudaine et brutale de la CAF d’organiser la CAN au mois de juillet et de monter de 16 à 24 équipes pour l’édition 2019 au Cameroun est une décision malveillante, insensée et bien mûrie avec le dessein manifeste de nuire au Cameroun de Issa Hayatou et même aux pays francophones situés de part et d’autre de l’équateur, tous sous un climat tropical où la saison des pluies débute entre juin et septembre.

Le Cameroun était déjà dans des difficultés de délai avec 16 équipes, la majoration à 24 équipes signifie que la CAF veut noyer le poisson en compliquant les choses, à cause des extensions imprévues matériellement et financièrement.

Il faut rappeler que la FIFA de Infantino, pour monter de 32 à 48 équipes, un autre enfantillage, mais qui avait donné tout de même une grande marge de temps de préparation aux pays co-organisateurs. Tel n’a pas été le cas de la CAF qui, du jour au lendemain est passé à la décision sans crier gare. Ceux qui parlent d’amateurisme ont été trop indulgents. Ahmad Ahmad a derrière la tête quelque chose d’inavoué : veut-il diviser et isoler les pays francophones, parce qu’ils ont été unanimes à voter la délocalisation de la CAN des juniors de Madagascar ? La question se pose, puisqu’on disait que Madagascar avouait ne pas être en mesure de l’organiser, vrai ou faux, allez savoir.

Ce qui reste incompréhensible, c’est que cette décision du comité exécutif n’a pas été combattue suffisamment par les pays du Maghreb et par les pays francophones concernés à plus d’un titre, qui ont pourtant quelques représentants au sein du comité exécutif.

Serait-il aussi bien verrouillé que cela ? Dans un tel cas, toutes les promesses fallacieuses de Ahmad Ahmad doivent être condamnées pour haute trahison. Les protestations doivent être dans le camp du Cameroun, de la Guinée et de la Côte-d’Ivoire, les trois pays francophone sur la liste. Si ces pays ne disent rien à haute et intelligible voix, c’est qu’ils ne se sentent pas à l’aise dans leur peau et dans leur conscience : trois pays francophones consécutifs comme si c’est seulement eux qui sont les postulants et impétrants en Afrique.

La désignation de la Guinée a été, il faut avoir l’intégrité morale et intellectuelle de reconnaître, cavalière par le roi Hayatou, dont les amitiés avec les francophones frustraient les autres. Les dossiers de candidatures étaient ouverts pour la CAN 2019, pas pour 2023, qui devait faire l’objet d’une autre campagne avec  un nouvel appel à concurrence, mais cela a été coupé court par Issa Hayatou. Avait-il cette autorité absolue, de décider unilatéralement ? Supposons que la Guinée, au lieu d’être bénéficiaire en fût la victime, ça allait se savoir.

Donc, les  pays francophones ont brigué l’organisation sans penser aux  Maghrébins et aux anglophones, d’où leur silence dans tout ce qui vient de se passer. Une atmosphère morbide était en train de gangréner la CAF. Ahmad Ahmad, en mettant les pieds dans le plat afin de créer le tollé et la polémique pour remettre en question ces attributions arrogantes par cette méthode de bas vol, est indigne du président de la CAF, dirait-on, mais que faire pour rétablir les choses ?

Le moins que l’on puisse dire est que la CAF est malade et est au bord de l’éclatement car l’organisation de la CAN au mois de juillet, sous les pluies battantes, fera fiasco pour les pays tropicaux tant du point de vue rentabilité que du point de vue performance dans le jeu pour tous les participants.

Désolé d’exposer le problème ainsi, alors, à chacun sa part de vérité et de raison. Une remise en question dans tous les camps trouverait un consensus sur le calendrier définitif. L’argument du chevauchement du calendrier FIFA et de la CAF ne tient pas débout puisque l’ancien calendrier a fait sa route depuis la création de la CAF.

Quant à la libération des joueurs africains opérant dans les clubs européens et autres, cela relève de l’autorité de la CAF, elle-même.

La balle est partie, comment la rattraper ?

Moïse Sidibé