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Economie-Environnement : de l’indispensable développement de l’agro-industrie en Afrique

Le sol et le sous-sol africains renferment tout ce qui existe pour faire du continent le « continent du prochain millénaire», une flatterie creuse, il faut craindre que cela n’endorme plus que n’éveille les consciences sur l’état de l’environnement.

N’oublions jamais que développement est synonyme de destruction systématique de la nature parce qu‘il faut sortir et transformer tout ce qui est vivant et inoffensif du sous-sol pour les rendre inertes nuisible à la nature pour être utiles à l’homme.

On voit bien que les transformations de l’homme rendent les matières non biodégradables pendant des siècles ou des millénaires. Si le fer et l’acier sont biodégradables sur un siècle et plus, puisque les restes du Titanic, qui a sombré en 1912, sont en train de se laisser ronger et manger par une catégorie de bactéries, par contre, on ne sait pas s’il y a des bactéries assez voraces pour dévorer les déchets nucléaires…

Les cartels, consortiums et multinationales s’entendent bien pour baisser le prix des matières premières provenant des pays du sud. Ainsi, après le pétrole, le gaz, le fer, la bauxite, le cuivre, l’or, le diamant… après le café, c’est le cacao, et on s’attend à la saturation du marché de l’anacarde dans quelques années, puisque la ruée dans la production de ces amandes est fiévreuse dans tous les pays du sud.

Dans ces trois domaines, le chômage est absorbé en grande partie, mais si ces trois filières s’effondraient, ce serait le chao. Si l’agro-industrie était développée dans la filière cacao, les prix n’auraient pas chuté de façon si vertigineuse. Avec 700 CFA la tonne, on se demande comment la filière africaine tiendrait débout pendant quelques années dans cette concurrence face aux pays asiatiques à plus bas coût de production.

Ce qui est totalement absurde et débile, c’est le coût élevé de la main d’œuvre dans les pays  capitalistes pour élever la pression fiscale. On dit que les impôts et taxes sont plus élevés en France qu’ailleurs, ce qui a fait fuir les Gérard Depardieu, Johny Halliday et bien d’autres vers d’autres cieux. Et pour entraîner l’Afrique dans ce jeu, l’on compare et fixe son niveau de développement par le revenu par habitant : avec un dollar par jour, le Vietnamien ne mourra jamais de faim, l’Africain, non plus, mais pour un Américain, un Allemand ou un Français, c’est moins évident. Pour ceux qui peuvent voir cela en profondeur, c’est courir en rond.  En France, le nouveau machin s’appelle la CSG (contribution sociale générale) qui fait bondir les retraités, parce que le fisc rattrape ce que le travail bien rémunéré leur a donné pendant leur jeunesse.

Les pays africains veulent jouer à ce jeu sans vraiment avoir les moyens ni le talent. Ils veulent prévenir la chute des produits agricoles et des matières premières en essayant de développer les  industries de transformation des produits semi-finis ou finis pour mieux les rentabiliser, seulement, il y a des  difficultés : ils ne savent pas à quel niveau indexer les salaires de leurs travailleurs. Si la tonne de cacao est fixée à 700 FFCA, ce n’est pas  un problème pour les Vietnamiens et autres producteurs asiatiques, il est un gros problème pour les Ivoiriens et Ghanéens et autres pays proches du système capitaliste.

 Dans ces conditions, les Asiatiques, qui ont de la main- d’œuvre à plus bas coût, risquent de faire sombrer la filière du cacao en Afrique et ailleurs. De fil en aiguille, la filière de l’anacarde risque de suivre dans quelques années. Cela est prévisible. L’agro-industrie pour la conservation des produits vivriers doit être prioritaire.

Ensuite, comment gérer les déchets et comment produire de l’énergie nécessaire pour les transformations sans détruire l’environnement ? Cette question se pose parce que la protection de l’environnement est de loin plus avancée en Asie qu’en Afrique, cela doit être une question essentielle.

Si l’environnement africain est détruit, les réfugiés climatiques seront encore plus nombreux. On sait que la gestion et le recyclage des déchets dans l’agro-industrie sont faciles et utiles, puisqu’on peut les transformer en engrais ou en aliments pour animaux et la quantité d’énergie nécessaire est moindre par rapport  à celle demandée pour la transformation de la bauxite en alumine ou du minerai de fer en acier. Plus la production de l’énergie est grande, plus l’environnement en pâtit.

 Les déchets des industries de transformation minières sont autrement plus polluants.  La poussière d’alumine qui recouvrait la ville de Fria avait pollué tous les cours d’eau et pas que Fria, puisque tout le secteur qui  abrite Sèkhoutouréya, la Cour d’Assise de Conakry,  est constamment couvert de poudre blanche.

En moins de 10 minutes, le toit d’une voiture est couvert d’une couche d’alumine ou de clinker et c’est dans cette pollution que la cuisine se fait pour les fonctionnaires de Conakry… On a également vu comment la poussière de ciment indisposer tout le secteur de la cimenterie, en haute banlieue de Conakry…

Pour limiter les dégâts et tenir longtemps la route, les pays africains devront penser à développer plus les industries dans l’agriculture et dans l’élevage pour la conservation des produits vivriers que dans l’industrie de transformation des produits miniers.  Et ce qui est encore à craindre, c’est la saturation du marché international dans les secteurs de la culture de rente comme le café, le cacao et l’anacarde, qui emploient des milliers et des milliers d’ouvriers.