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Kissidougou : Le vol des motos, un phénomène à la mode

Des motos emportées, des propriétaires de motos agressés, des motocyclistes assassinés… Voilà les tristes scènes auxquelles assistent impuissants les promoteurs des taxi-motos à Kissidougou depuis un certain temps.

Du quartier Missira au lycée Alpha Condé, les bandits sèment la terreur et dictent leur loi aux motocyclistes qui sont à chaque fois victimes d’agression ou de la mort… Il ne se passe un jour sans qu’un cas d’assassinat ne soit signalé sur les lignes des motos-taxis dans la ville de Kissidougou.

Le dernier cas en date, est celui qui s’est passé au quartier Missira le lundi passé quand un motocycliste déplacé par un bandit  a échappé à la mort. Ce jeune a eu la vie sauve, grâce l’arrivée inattendue d’un de ses collègues qui passait par là. Il raconte avec une émotion sa mésaventure : « C’est un client qui m’a déplacé pour le quartier de Missira. Arrivé au lycée Pr. Alpha Condé, il m’a ordonné de descendre dans un endroit obscur. J’ai obtempéré croyant avoir à faire un client sérieux. Mais j’ai été tout surpris quand je l’ai entendu prononcer le mot « action! »  Évidemment, dés qu’il a prononcé ce mot, j’ai vu des inconnus surgir de la brousse en fonçant sur moi. A peine j’ouvre ma bouche pour appeler au secours, un d’entre eux  a assené un coup sur la tête avant de mettre une corde à mon cou. Au moment où il sortait le couteau pour m’égorger, j’ai esquissé un geste. Le couteau tomba. Je me suis mis à crier…Un motocycliste de passage et qui a attendu mes cris, a allumé les phares…Éblouis, les bandits ont pris la fuite…Mon collègue a quand même réussi à maitriser un. Il séjourne actuellement à la prison civile. »

Face à cette menace, les promoteurs des motos-taxis ont pris des dispositions, à en croire le chargé de sécurité au niveau de leur syndicat.« Nous travaillons souvent avec les services de sécurité. Pour les déplacements vers les villages ou dans les autres préfectures, nous délivrons aux motocyclistes, un ordre de mission et un billet de sortie. Ensuite, le passager doit venir avec un « garant »; c’est-à-dire un parent ou une connaissance. Au cas où il n’a personne, il dépose la photocopie de sa carte d’identité et son numéro de téléphone. Nous informons ensuite toutes les brigades mobiles d’arrêter tout pilote de taxi-moto qui n’a pas un ordre de mission et un billet de sortie », dira Mohamed Chérif

Balla Keita, un autre responsable du syndicat renchérit : « C’est effrayant, les cas d’insécurité que nous vivons aujourd’hui. Heureusement que les services de sécurité nous appuient à tout moment sur le terrain. Nous allons d’ailleurs organiser bientôt une formation de nos membres. Une formation liée aux déplacements des taxis motos hors de la commune urbaine. »

Il termine par un conseil qu’il lance à l’endroit des pilotes de motos-taxis : « Je conseille tous les motocyclistes de cesser d’écrire leurs noms ou leurs numéros de téléphone sur la plaque d’immatriculation. C’est à travers cela que les bandits les repèrent et les appellent. Ce n’est pas bon. Ils doivent laisser uniquement les numéros d’immatriculation. Ensuite certains ne respectent jamais les consignes qu’on leur donne. Quand ils voient l’argent avec le client, ils oublient tout. Et c’est dangereux pour eux. »