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Nigeria : La Fondation Tony Elumelu récompense 1000 jeunes entrepreneurs africains

Les 13 et 14 octobre 2017, s’est tenue à Lagos (Nigeria) la troisième édition du forum annuel de l’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu. Cette rencontre a connu la présence de 1300 personnes dont 1000 entrepreneurs venus des 54 pays du continent.

Outre le philanthrope Tony Elumelu, président de la fondation du même nom et patron du groupe United Bank for Africa (UBA), il y avait l’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, le vice-président du Nigeria, mais aussi Alhaji Alikote Dangote, président du groupe Dangote.

Des institutions internationales, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Agence française de développement (AFD), étaient aussi présentes à ce troisième rendu annuel de l’entrepreneuriat.

Pour rappel, c’est en 2015 qu’est né le Forum Tony Elumelu (TEF en anglais) dans le but d’investir pendant dix ans 100 millions de dollars pour identifier, former, encadrer et financer dix mille entrepreneurs africains dans le cadre du programme TEF Entrepreneurship.

Comme lors des deux dernières éditions, les 1000 entrepreneurs africains ont chacun reçu le montant de 5000 dollars afin de les aider à faire prospérer leurs entreprises.

Olivier Delafosse, directeur pays de l’Agence française de développement (AFD), très émerveillé par la Fondation Tony Elumelu, affirme que c’est l’entrepreneuriat qui va créer l’emploi et la richesse en Afrique. « Cette fondation est un peu unique. C’est unique à l’Afrique d’avoir une véritable fondation africaine. A part la fondation Mo Ibrahim, il n’y a que Tony Elumelu. Cette fondation cible le jeune entrepreneuriat qui, pour moi, va créer la richesse, la croissance, les emplois de demain en Afrique. Ce n’est pas le secteur public qui va créer les emplois. Moi je considère qu’il faut donner les moyens en infrastructures, en électricité, en environnement des affaires, en règlementations au secteur public pour qu’il facilite la vie et donne les infrastructures aux entreprises. Ce qui va permettre à celles-ci de se développer, de créer de l’emploi, la richesse. Donc c’est un peu le message que j’ai passé pour que cette fondation, devant ces mille jeunes entrepreneurs, qui sont de l’ensemble du continent », a-t-il déclaré.

Selon le patron de l’AFD au Nigeria, l’Afrique francophone se laisse devancer par les Anglophones en création d’entreprises. « C’est une occasion unique de venir supporter cet esprit entrepreneurial qui est en train d’émerger en Afrique. On le voit beaucoup en Afrique anglophone. L’Afrique anglophone est très dynamique en matière de création d’entreprises. C’est également le cas en Afrique francophone, mais qu’on ne voit moins. Au fait les Anglophones communiquent beaucoup mieux », ajoutera-t-il.

L’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, est membre du conseil d’administration de la Fondation Tony Elumelu. Pour lui, c’est la première fois qu’un Africain offre des opportunités aussi importantes aux jeunes entrepreneurs de son continent. « Personne n’a jamais primé 1000 entrepreneurs et sur un programme de 100 millions de dollars et à 10 mille sur 10 ans. C’est la première fois qu’on met à grande échelle pour réussir à prouver que les jeunes talents créent beaucoup d’emplois. En trois ans, on estime qu’on n’est pas loin des 150 mille emplois. Au moins 1000 entrepreneurs primés, 150 mille emplois. Personne n’a jamais fait ça. Donc ça valeur d’une expérience de tout le continent qui montre que ce n’est pas si cher que ça pour les entreprises », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, Tony Elumelu a affirmé que le développement de l’Afrique se fera grâce au secteur privé. « Le développement de l’Afrique, qui doit être dirigé par le secteur privé et axé sur l’esprit d’entreprise, aura pour fondement de jeunes innovateurs africains et leurs idées transformatrices. Ainsi, ils créeront les millions d’emplois dont l’Afrique a besoin. Le forum a réuni la plus importante force de développement de l’Afrique, ses entrepreneurs qui deviendront des catalyseurs de la libération de l’économique de l’Afrique », a précisé le patron du forum.

Plus loin, il soutient que l’afro capitalisme va favoriser la richesse économique et sociale du continent africain. « Nous avons réuni l’écosystème de l’entrepreneuriat africain, mettant les entrepreneurs africains au centre de la scène. Je tiens à remercier les chefs de gouvernements et les autres décideurs politiques qui ont soutenu notre conviction que le secteur privé est le moteur de la croissance et ses acteurs sont des modèles de notre philosophie de l’afro capitalisme. Ce changement doit apporter une richesse économique et sociale. », a affirmé M. Elumelu.

En plus du soutien financier que les mille jeunes entrepreneurs venus des 54 pays du continent ont reçu, ils ont eu la chance d’établir des liens entre eux, mais aussi avec des chefs d’entreprises, des décideurs. Des conseils leur ont également été prodigués par la fondation notamment sur les étapes clés nécessaires au lancement d’une entreprise.

De Lagos, BAH Alhassane, envoyé spécial De Guinéenews©

Eriq Ebouaney, le comédien qui a incarné le rôle de Patrice Lumumba dans le film “Lumumba” à Guinéenews

“Le livre est une arme de construction massive”

Dans les années 2000, la jeunesse africaine découvrait l’histoire et le triste sort de Patrice Emery Lumumba, homme politique du Congo-belge des années ‘’60’’. Pour son patriotisme et son idéologie, il fut assassiné mais ses idées ont traversé le temps et c’est pourquoi Aimé Césaire dans le roman “Une saison au Congo” ainsi que Raoul Peck dans le film “Lumumba”, lui ont rendu hommage.

Comédien de ce film qui retrace la vie de cet illustre homme politique africain, Eriq Ebouaney, en séjour en Guinée dans le cadre des “72 heures du livre” et de “Conakry, capitale mondiale du livre”, a été rencontré par votre quotidien en ligne, Guineenews. A cœur joie, il a bien partagé avec vous lectrices/lecteurs, sa vision du cinéma, ce qu’il garde de Lumumba. Lisez! 

Guineenews: on vous a connu en tant que comédien ayant incarné le rôle de Patrice Lumumba dans le film qui porte son nom, dites-nous comment vous vous êtes sentis en interprétant ce personnage?

Eriq Ebouaney: j’ai eu la chance d’interpréter Patrice Lumumba en 2000, un film de Raoul Peck et c’était mon premier film. Parce qu’avant, je faisais un peu de théâtre. Je connaissais un peu Patrice Lumumba mais pas autant que ça, je savais que c’était un héros national mais grâce au film, j’ai pu me documenter sur son parcours, sur son destin, sur sa vie et sa relation. Comment il est passé de jeune commercial qui travaillait pour une société de bière à un tribun qui avait envie de faire changer son pays, jusqu’à devenir Premier ministre du Congo en bravant tous les interdits et en tenant même ce discours devant le roi Belge à l’Assemblée. Je me suis senti fier de relayer les idées de ce monument politique africain pour une jeunesse africaine qui s’intéresse de peu à son histoire.

Guinéenews: avez-vous eu la chance de rencontrer un des membres de sa famille?

Eriq Ebouaney: oui, j’ai eu à rencontrer un de ses fils lors de la présentation du film et nous avons échangé. Il m’a confié que son père était quelqu’un de déterminé et qu’il a ce souvenir depuis qu’il était petit. Je pense qu’en tant qu’africain, nous devons nous servir de lui comme exemple et qu’on sache dire non, qu’on soit déterminé et volontaire parce que finalement, Lumumba voulait prendre le destin de son pays en main.

Guinéenews: qu’est-ce-que vous retenez de Lumumba?

Eriq Ebouaney: je sais que Lumumba était celui qui a dit non aux colonisateurs, qu’il a voulu que nos dirigeants prennent l’initiative du développement de nos pays. “Conakry, capitale mondiale du livre” est l’une des initiatives qui vient d’un africain qui est Sansy Kaba et qui n’a pas été dictée par l’Occident, cette initiative a été mise en vitrine par l’UNESCO et il le fallait pour relancer le livre qui est en voie de disparition. Car pour moi, le livre est une arme de construction massive et c’est seulement avec lui qu’on peut se construire, mieux comprendre le monde et éviter que nos proches meurent dans la méditerranée parce qu’ils pensent que l’Eldorado est de l’autre côté, en Occident.

Guineenews: pensez-vous que le cinéma peut être un vecteur de développement pour l’Afrique?

 Eriq Ebouaney: oui ! Je le crois mais, le problème avec le cinéma, c’est le manque d’investissements, de financement. Pour faire des films, il faut de l’argent et du matériel, il faut pouvoir former des jeunes qui soient capables de s’y mettre. Le cinéma c’est un peu démocratisé. On peut s’exercer à apprendre et à raconter des histoires car, nous les africains, avons une grande capacité à raconter des histoires, on est des conteurs par nature. Donc, il faut maintenant raconter à travers des images et on peut apprendre à le faire avec nos petits moyens. Si les gouvernements sont sensibles et qu’ils comprennent qu’investir dans la culture est important, ils vont nous permettre de mieux nous former pour concurrencer les films étrangers et que nos œuvres cinématographiques soient capables de s’exporter là où ça pourra rapporter de l’argent. Il est important de miser dans la culture pour équilibrer son avenir.

Guineenews: merci M. Eriq

Eriq Ebouaney: c’est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Cheick Alpha Ibrahima Camara

 

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Immigration clandestine : Le marché aux esclaves de Libye, une barrière efficace et légale?

La lutte contre l’immigration clandestine est engagée sur tous les fronts, mais elle n’arrive pas à dissuader les candidats. Dans les pays au sud du Sahara, on voit des cellules constituées pour dissuader les départs. L’exemple lamentable de cette jeune Ivoirienne rapatriée avec deux enfants, sans leur père, le comble d’un échec, mais cela n’a pu dissuader d’autres jeunes filles, puisqu’on entend des cas de départs en groupes dans des quartiers, des filles de 15 à 25 qui s’activent dans les préparatifs de départ, en dépit des naufrages en Méditerranée. Le désœuvrement et le désespoir sont à tel point que rien ne peut faire changer d’avis aux candidats.

La solution n’est nulle part, les autorités italiennes et les différents chefs de tribus de Libye se sont mis à contribution pour bloquer les 5000 kilomètres de frontière du sud, comme a su le faire la Turquie avec les migrants syriens.

Les migrants rapatriés rapportent le mauvais traitement des Marocains et des Algériens, mais ils parlent des Libyens comme des mangeurs d’hommes. La peur est un début de sagesse.

Le problème est très psychologique. Les migrants font des calculs savants. Ils savent que les Marocains et les Algériens, qui parlent français, qui ont le souci de soigner leurs images au sein de l’UA, ont plus de scrupules que les Libyens, même du temps de Kadhafi. Maintenant que celui-ci n’est plus là, les choses changent.

Dans un passé récent, les migrants s’appuyaient sur la presse pour clabauder sur les violations et exactions des Marocains, Algériens et des Libyens, qui avaient baissé tant soit peu la garde. Tant que les presses des pays de départ relaient de telles informations pour faire sensation, ce n’est pas pour décourager les départs.

Actuellement, la Libye est en déliquescence. Les chefs de guerre n’ont que faire des lois internationales et respects des droits de l’homme et autres ; s’ils sont « conditionnés et motivés» comme les Turcs, la frontière sud est sécurisée. Et elle l’est plus qu’escomptée, puisqu’on a entendu les migrants rapatriés se plaindre des difficultés rencontrées en Libye et des conditions de l’esclavage des hommes dans les travaux divers. Des filles et femmes n’ont pas tout dit, puisqu’elles n’ont pas raconté comment elles étaient transformées en esclaves sexuelles.

Pourquoi l’attrait et l’envahissement du nord sont-ils si irrésistibles pour que des personnes soient prêtes à sacrifier terres, troupeaux, maisons, or et vie pour être sur la route ? N’est-ce pas ce phénomène de revanche de l’esclavage, ce crime incommensurable contre l’humanité que les ancêtres déportés ont transmis par atavisme à leurs descendants ?

Maintenant que les pratiques de l’esclavage ont ressurgi en Libye, on sera curieux de revoir les statistiques dans un trimestre. C’est sûr que la tendance sera à la baisse, aidée en cela par les fonds de réinsertion, mais la pratique est-elles légale ?

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Présidentielle française: quand la campagne anti FN se transporte en Guinée

Comme contre Jean-Marie Le Pen il y a 15 ans, la Confédération Générale du Travail (CGT) s’oppose à l’élection de Marine Le Pen. Cette année, Marine Le Pen du Front national (FN) sera face au candidat du mouvement ‘’En Marche’’ d’Emmanuel Macron. Alors que la CGT se mobilise en France contre le FN, en Guinée, le Conseiller confédéral Afrique de la CGT, a participé aux festivités du 1er mai au palais du peuple. Il a profité de cette occasion pour fustiger avec véhémence la candidate du FN.

Prenant la parole, Jean-Jacques Guigon a d’abord fait savoir que les travailleurs guinéens et français ont les mêmes revendications : « vos et nos revendications sont rigoureusement les mêmes, à savoir défendre nos droits, nos statuts, défendre la valeur du point d’indice qui doit être largement revue à la hausse, défendre un salaire décent, des retraites décentes et des conditions de travail décentes. Il nous est insupportable de voir tous ces travailleurs guinéens, français et du monde perdre leur vie au travail en voulant simplement la gagner. »

Il a demandé à ses collègues syndicalistes guinéens et africains à se mobiliser pour que les multinationales arrêtent de piller les ressources minières africaines: « il faut se mobiliser, travailler au Nord et au Sud afin que les multinationales aux profits indécents, mettent fin aux pillages organisés particulièrement sur votre continent. Qu’elles paient des justes salaires, qu’elles paient des matières premières au juste prix, qu’elles paient au juste niveau impôts et taxes. Cela aussi s’appelle la solidarité internationale. »

Poursuivant son intervention, il réaffirme l’opposition de la CGT à l’élection à la Présidence française de Marine Le Pen. Car, selon lui, elle est non seulement anti musulmans, mais aussi anti immigrés : « aujourd’hui encore 1er mai, plus forte que d’habitude, la CGT va argumenter, clamer, dire et redire  qu’aucune voix d’ouvriers, de cadres, d’ingénieurs, de techniciens ne doit aller à l’extrême droite, ne doit aller au FN. Nous ferrons barrage à cette peste ruine, à cette vague nauséabonde et déferlante, de racisme, de xénophobie, de populisme, de démagogie porteur de tous les dangers. Ce que porte Marine Le Pen est à l’opposé absolu des intérêts du monde du travail. Ce qu’elle porte ce n’est pas la France qu’on aime, ce n’est pas la France de la main tendue, celle qui accueille, celle du siècle des lumières, celle des droits de l’homme et de la révolution française. La France de Marine Le Pen se veut agressive, égoïste et repliée sur elle-même. Ce serait la France des murs et des barbelés. Sa position d’anti immigrés et anti musulmans démontre qu’elle préfère un jeune immigré guinéen esclave en Libye mourant de soif au Niger  ou noyé en Méditerranée que ce même Guinéen travaillant sans papier à Paris. Elle et nous n’habitons pas au même étage de la pensée, des valeurs et de l’humanisme.  Nous CGT, nous sommes solidaires et agissants aux côtés de ces travailleurs sans papier qui, depuis très longtemps cherchent à se construire un avenir. »

 

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