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Affaire 500 millions: Bantama clashe à nouveau Cellou et ses ‘’lieutenants’’

S’exprimant ce samedi 20 mai sur l’affaire des 5 milliards représentant le budget de fonctionnement du chef de file de l’opposition, le ministre-conseiller à la Présidence, Sanoussy Bantama Sow, n’a pas fait de cadeau au président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo. C’était à la faveur de l’Assemblée hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel à Gbessia.  

Introduit par la présidente de séance, Hadja Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG Arc-en-ciel, Bantama Sow a déclaré que Cellou Dalein Diallo est un opposant de luxe qui aspire à un budget de fonctionnement, un véhicule de commandement, des gardes du corps etc.

Toujours dans son intervention, Bantama Sow s’est exprimé sur la défection enregistrée au sein de l’UFDG, avec le départ de son jeune ‘’Intello’’ pour le RPG Arc-en-ciel. Bantama Sow a affirmé que le député de Gaoual, Ousmane Diallo, a qualifié cette défection d’un échec de l’UFDG. Plus loin, il a rappelé que les portes du RPG Arc-en-ciel sont ouvertes à tous ceux qui se battent pour l’unité de la Guinée.

 «Nous avons appris beaucoup de choses. Je dis merci au porte-parole du PEDN, parce que les gens avaient caché cet argent et ils ne voulaient pas en parler. Je rappelle que ce n’est pas une première. L’habitude est une seconde nature. Nous avons vu ce monsieur, il a fait plus de 11 ans  au sommet de l’Etat, mais le résumé de ces 11 ans, ce sont les rails, l’avion Air Guinée, je m’arrête là. Dans l’opposition, après les évènements du 28 septembre 2009, beaucoup de leaders politiques ont reçu deux milliards chacun pour dédommagement. Je pose la question si un seul militant de l’UFDG avait reçu un franc pour son traitement ou pour rembourser ses biens perdus.  Récemment, mon frère Bah Oury a demandé qu’on audite la gestion de 2010 de l’UFDG. Je ne pense pas si le peuple de Guinée peut être naïf au point de confier la gestion de ce beau pays à des personnes qui ne travaillent que pour elles seules. C’est pourquoi je dis que c’est un opposant de luxe. Budget de fonctionnement, voiture de service, garde du corps, protection du domicile, rang officiel, voilà ses rêves. Cela veut dire que c’est un opposant de luxe. Il veut juste prendre de l’argent et envoyer des gens dans la rue. Est-ce qu’un seul jour, Alpha Condé, quand il était opposant, a pris l’argent de l’Etat. Alpha Condé a fait la prison, il a subi des menaces, ses militants ont été assassinés. C’est pourquoi je dis qu’il y a des opposants parmi les opposants. Alpha Condé a été député, un seul jour, il n’a touché à son salaire. Elhadj Tidiane Traoré, ministre conseiller et Dr. Mohamed Diané ministre à la présidence, chargé de la Défense Nationale  peuvent témoigner. Il a toujours reversé son salaire dans la caisse du parti. Voilà un leader, mais les leaders qui disent que 500 millions mois ne sont pas pour la gestion du parti alors que c’est le parti qui a fait de lui chef de file de l’opposition (…).

Si ce n’est pas à cause du nombre de députés à l’Assemblée Nationale, j’appellerais Aboubacar Sylla, leader de l’opposition, parce que c’est lui qui est au front, parce que c’est lui qui a un ton d’opposant, c’est lui qui discute et maintenant comme il y a l’argent, le fruit du travail, il n’est pas associé. Je lui demande s’il a été informé quand Koto Cellou… je sais qu’il ne l’a pas l’appelé. Combien de personnes ont perdu la vie ? Le fonctionnaire guinéen est payé à combien ? Le ministre guinéen est payé à combien ?… Si une seule personne perçoit 500 millions de francs guinéens par mois, je me demande, est-ce nous serons crédibles devant le peuple de Guinée. Ce n’est pas responsable, il faut que les autres partis revoient la situation, car je ne sais pas comment ça va se passer.

Que mon frère Aboubacar Sylla réfléchisse s’il pourra continuer à crier, à se battre pour une opposition et qu’une seule personne bénéficie de son fruit. C’est pourquoi je demande à mon ami Ousmane Gaoual Diallo qui dit, suite à la démission du jeune ‘’Intello’’, que c’est un échec à l’UFDG. Un parti politique s’organise pour mobiliser des militants, mais chaque fois qu’il perd un militant, c’est parce qu’il a échoué et je suis très heureux de savoir que mon cher frère Gaoual a reconnu l’échec de son leader.

Le jeune ‘’Intello’’ a dit que Cellou ne va pas gagner et le député de Gaoual a reconnu que c’est un échec. Alors, les portes du RPG Arc-en-ciel sont ouvertes à tous ceux qui se battent pour une Guinée unie et prospère. Il y a un mouvement de jeunes de l’axe Hamdallaye-Cimenterie qui vient de reconnaître devant les journalistes à la Maison de la presse qu’ils ont été utilisés pour des fins politiques… Nous les remercions et nous leur disons qu’il n’est plus trop tard pour bien faire. Cet axe est devenu un fonds de commerce. Je n’attaque pas l’UFDG parce que j’ai compris que ce parti est devenu un fonds d’investissement d’une seule personne. Que mes frères et sœurs se réveillent et faire comme le jeune ‘’Intello’’…

Il y a des gens qui salissent tous les politiciens. Imaginez, vous prenez 500 millions par mois et vous les mettez en poche, vous allez à Siguiri, Mandiana, Kéréouné et votre gars ne gagne même pas son petit plat par jour. Qu’est-ce que tu vas lui dire? D’ailleurs, on ne peut pas diriger un pays dans l’esprit de haine et de vengeance.

Qu’on aime Bah Oury ou pas, il est le fondateur de l’UFDG. Quelle que  sa faute, on doit trouver la solution dans le dialogue. Au RPG Arc-en-ciel, on gouverne avec des gens qui nous ont combattus, qui ont emprisonné nos militants, mais nous nous sommes dit qu’il faut que la Guinée soit unie. Celui qui n’a pas pardonné le fondateur de son parti, va pardonner qui ? Quand il a voulu intégrer la politique, son choix était l’UPR, mais à cause de son ambition d’être le président du parti, ce parti  n’a pas accepté. Quand je vois un Dr. Faya Millimono, qui se bat pour l’unité de l’opposition, Aboubacar Sylla qui est au four et au moulin, maintenant y a l’argent, personne ne veut en parler.

Aujourd’hui, Cellou dit qu’ils sont jaloux. Je me demande jaloux de quoi. L’argent de l’Etat (rires) ?. Alpha Condé ne joue pas dans la même division que Cellou. Le premier est le président de la République qui s’est battu plus de 40 ans, dans l’honnêteté sur fonds propres pour financer le RPG. Alors que, le deuxième n’est que président de l’UFDG. Il ne peut se comparer qu’à Hadja Nantou. Il a été ministre, elle a été ministre. Il dirige un parti politique, la brave Nantou dirige la plus grande formation politique de la Guinée.

Les militants de l’UFDG ont beaucoup contribué.  Ils ont confectionné des tee-shirts. Il y en a qui ont beaucoup perdu des biens à Madina et à la Casse. Le président Sidya Touré est passé la veille, rien n’y a été signalé. Cela veut dire qu’il est passé avec un esprit de tout détruire. Au lieu qu’il se batte pour qu’on dédommage les citoyens, il se bat pour avoir de l’argent en coulisses et il ne veut pas qu’on en parle pour qu’il continue à dépenser son argent».        

 

 

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Aboubacar Sylla sur l’affaire 5 milliards: «l’opposition définira la destination réelle de ce montant»

La question relative au budget alloué au chef de file de l’opposition continue à alimenter le débat à Conakry. Ce mardi 16 mai, alors qu’il était l’invité de nos confrères de la radio Lynx fm, le porte-parole de l’opposition républicaine, Aboubacar Sylla, est largement revenu sur cette affaire dite des 5 milliards alloués  au chef de file de l’opposition.

D’entrée de jeu, le député Aboubacar Sylla a affirmé qu’ils attendent l’arrivée du président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, pour discuter de l’opportunité d’utiliser ce montant. Pour le président de l’UFC, ce montant n’est pas destiné à un parti politique mais plutôt affecté à l’opposition pour l’animation de la vie publique dans le cadre de la consolidation de la démocratie.

Lisez un extrait de son intervention !        

«C’est un montant qui est affecté à une institution, au chef de file de l’opposition avec des rubriques, avec des services qui doivent être financés pour améliorer la qualité de notre démocratie. Cinq milliards par an n’est pas un montant excessif. Mais si on considère que c’est une indemnité qui est accordée à un individu, évidemment je le disais tantôt, même le président des Etats-Unis peut être payé en ce moment deux fois par le chef de file de l’opposition. Je suis parfaitement d’accord que lorsque l’opposition va se retrouver, on débattra de toutes ces questions. C’est-à-dire, quelle est la destination réelle de ce montant et ensuite est-ce qu’il y a une opportunité d’utiliser ce montant à ce stade, alors qu’il y a des indemnisations qui sont prévues pour des personnes qui sont mortes, pour des personnes qui ont été blessées, des personnes handicapées à vie et pour d’autres qui ont perdu tous leurs biens et que ces indemnisations ne sont pas encore mises à leur disposition. Est-ce que ce serait décent ou loyal de notre part, parce que c’est nous qui appelons ces personnes à manifester. Est-ce que ce serait loyal qu’on utilise une indemnité qu’on aurait reçue alors que ces indemnisations prévues dans les accords de 2016 ne sont pas encore réalisées au profit des intéressés. Tout ceci pourrait être pris en compte dans les décisions finales, qu’on prendrait lors de la réunion de l’opposition.

Nous allons nous retrouver pour définir la destination du budget, l’opportunité d’accepter ou non ce financement ou alors de l’utiliser à tel ou à tel moment par rapport aux différents engagements  que l’Etat a pris vis-à-vis des autres personnes qui sont plus sinistrées  que nous et qui du fait qu’ils ont obéi à nos mots d’ordre de manifestation se retrouvent dans une situation de détresse dont je ne dirais pas que nous sommes responsables mais dont nous devrons être conscients…

Nous attendons le retour d’Elhadj Cellou Dalein Diallo pour nous retrouver afin de trouver une solution. En tout cas, ce serait catastrophique que ce montant nous divise, ce serait ridicule pour l’opposition guinéenne qu’elle se déchire à cause de ce problème pécuniaire sur la base de ce budget alloué au chef de file de l’opposition.

Il n’y a pas un chef de file ou un individu auquel on octroie 50 mille euros par mois, simplement du fait qu’il dirige le parti politique qui est arrivé en tête aux élections. Mais il y a plutôt une institution, qu’est le chef de file de l’opposition, qui doit comprendre un cabinet, des services et qui doit exécuter des prestations de tous ordres qui ne sont pas liées nécessairement à la promotion d’un parti politique mais plutôt à la fortification de l’opposition pour que le processus politique puisse évoluer dans notre pays. Ce montant est donné  pour que l’opposition joue son rôle de contre-pouvoir et d’animation de la vie publique(…).

 

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Cellou Dalein: «c’était un soulagement pour moi de voir Macron remporter l’élection»

Le mardi 9 mai, Cellou Dalein Diallo a accordé à la presse une interview à son QG à Hamdallaye-CBG. Le chef de file de l’opposition s’est prononcé sur plusieurs sujets, notamment la question d’un troisième mandat, sa tournée à l’intérieur du pays, la menace de l’opposition de descendre dans la rue, l’affaire des 500 millions du chef de file de l’opposition, l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de la France

Guineenews : monsieur le président, est-ce que lors de votre tournée vous avez parlé de l’affaire d’un éventuel troisième mandat pour Alpha Condé ?

Cellou Dalein Diallo : j’ai parlé également de deux choses lors de ma tournée. D’abord le combat qu’on est obligés de mener pour l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016. Mais ensuite, la nécessité de rester mobilisés contre le tripatouillage de notre Constitution. Parce que vous avez vu déjà M. Alpha Condé entretenir l’ambigüité. Il dit que c’est le peuple qui décidera le moment venu. Après il fait l’éloge des régimes où la constitution a été modifiée ou en tout cas il n’y a pas de limitation de mandats. Il essaie d’appliquer les performances du Rwanda, de la Malaisie à l’absence de limitation de mandats. C’est trop en facile. Et ça, en disant aux Européens que non l’Afrique est mûre, il ne faut plus qu’ils s’en mêlent.  Il faut qu’on s’enferme encore, on organise des mascarades électorales, on tripatouille la constitution pour que les ONG et les gouvernements occidentaux ne disent rien. Ça, c’est pour préparer les esprits. L’Afrique est mûre, bien entendu, mais s’il n’y a pas de violation des droits de l’homme, Amnesty International, Human Watch Right, FIDH ne se mêlent pas. Mais lorsqu’il y a ces cas, naturellement les gens réagissent et condamnent. Ça c’est le monde qui est devenu un village où les gens essaient de faire respecter partout les droits humains, les règles et principes de la démocratie et de l’Etat de droit. Il ne faut pas dire qu’on est mûrs et indépendant depuis plus de cinquante et que m’enferme chez moi, je tripatouille la constitution, je m’éternise au pouvoir, je viole les droits humains. Ça c’est la souveraineté de nos pays et personne ne doit interférer. Aujourd’hui on parle d’ONG, mais aussi de la presse, parce que vous jouez un rôle important dans la dissuasion.

Guinéenews : Certains de vos adversaires disent que vous profitez des mariages pour faire des cortèges, d’autres parlent d’une tournée de restructuration parce que le parti a besoin de se réorganiser et qu’il traverse une guerre de leadership. Qu’en dites-vous ?

Cellou Dalein Diallo : je ne vais pas répondre à ça. Vous avez vu mes cortèges parce que l’événement n’était pas couvert par toute la presse, mais ceux qui étaient là l’ont bien fait. C’était du direct. Les gens ont vu. Et vous savez que pour mobiliser des gens, Cellou Dalein n’a pas besoin de profiter d’un mariage. Partout c’étaient des marrées humaines qui m’ont accueilli. Ce n’est pas une question de leadership. L’UFDG se porte bien. Et cela montre désormais que dans toutes les régions il y a une confiance dynamique à l’UFDG. Il n’y a pas de souci, je voudrais profiter pour remercier très sincèrement les populations qui m’ont accueilli de manière chaleureuse, y compris des notabilités. Parce que vous savez, s’il n’y a pas de contact, parfois ça donne de l’espace à ceux qui organisent les campagnes de calomnie. En Haute Guinée on a dit à ces gens en 2010 et ça continue, que Cellou au pouvoir c’est le cauchemar de cette région. Et puis cela était encré dans certains. Mais avec ce contact, il y a beaucoup qui ont eu heureusement le temps de se poser des questions face aux déceptions, aux frustrations, mais aussi de la mauvaise gouvernance, de la non tenue des engagements pris. Les gens se sont posé ces questions. J’ai été accueilli partout dans les ruelles comme dans les grandes rues comme vraiment un fils des deux régions que j’ai visitées. Je tiens à vraiment exprimer mes sentiments profonds de gratitude à ces populations là, à ces patriarches, à ces sotikémo, à ces imams qui m’ont reçu vraiment comme leur fils. Bien évidemment [ce qu’on leur a raconté] n’était pas fondé. C’est pour des raisons politiques qu’on m’a présenté comme quelqu’un qui était contre la Haute Guinée en disant que si je suis au pouvoir ils n’auront rien. Mais lorsque j’étais ministre des Travaux publics, je sais combien de fois je me suis battu pour la promotion et la mise en œuvre des projets de désenclavement de cette région. Ceux qui connaissent la région, Kouroussa-Kankan, cette route avec le pont sur le Niger à Yirikiri. Kankan-Siguiri avec les deux ponts, le plus grand ouvrage de franchissement de la République. Pendant toute l’histoire il n’y aura pas un ouvrage de franchissement aussi grand que le pont sur le Niger à Djélibakoro (500 m), le pont à l’entrée de Siguiri sur le bafing, plus de 300 km de route bien bitumée entre Kouroussa et Kourémalé. Cette route est en bon état jusqu’à maintenant. Donc dire que je n’aimais pas cette région, à l’époque c’est sur la base de rentabilité des projets qu’on définissait les priorités du pays. Et même avant de quitter, j’avais fait une requête auprès de la BAD avec mon ami Kassy qui était ministre des infrastructures de la Côte d’Ivoire pour faire Boujali-Odjéné-Mandiana-Kankan avec le pont sur le Sankarani. Les requêtes étaient faites et la BAD avait envoyé des missions ici avec les ingénieurs ivoiriens  pour aller faire la reconnaissance des lieux. C’était au retour de la mission de Conakry qu’il y a eu le déclenchement de la rébellion en Côte d’Ivoire. C’est ce qui a suspendu complètement le projet. La région forestière, vous connaissez la route Sérédou-N’Zérékoré-Lola. Il y avait le projet Lola-Danané que j’avais commencé à promouvoir auprès des bailleurs de fonds. Et dans le PST que j’avais élaboré à l’appui de l’Union européenne pour les cinq ans, de 2005 à 2010 c’était aussi le projet Yomou-Kankan (520 km). Donc les gens ont compris parce qu’ils ont eu le temps de réfléchir. On m’a posé pourquoi je n’ai pas fait cette campagne ? Parce que l’intoxication avait porté. Il était difficile pour les gens de comprendre. Aujourd’hui avec les déceptions, les gens ont eu le temps de réfléchir, de s’interroger, de répondre. Et c’est pour ça qu’il a la mission. Je pense qu’elle a été bénéfique. Si je l’avais fait plus tôt ce n’était pas évident que je rencontre le même succès.

Guinéenews : on vous accuse de percevoir mensuellement 500 millions GNF pour le chef de file de l’opposition ? Qu’en est-il réellement ?

Cellou Dalein Diallo : le statut de chef de file de l’opposition a été adopté comme loi de la République en décembre 2014. Et cette loi prévoit des avantages comme frais de représentation du chef de file de l’opposition qui devient une institution et qui prend place au rang protocolaire immédiatement après les institutions républicaines. C’était prévu que dès 2015 que le chef de file de l’opposition puisse avoir un budget, une voiture de commandement et une voiture de sécurité. Mais le pouvoir avait bloqué pour quelle raison ? Je ne sais pas et je n’ai jamais revendiqué puisque l’initiative de la loi était du président de la République lui-même et puis il a décidé de bloquer les avantages et je n’ai rien dit.

En 2015 on a rien eu. En 2016 aussi on a rien eu. Et le 24 février 2017, je reçois une lettre du ministre du Budget m’informant qu’il y a une ligne budgétaire de 5 000 000 000 Gnf pour le chef de file de l’opposition. Après une deuxième lettre arrive pour m’indiquer que ce montant sera versé sur un compte public pour le chef de file de l’opposition en raison de 1 250 000 000 GNF par trimestre. Et puis un arrêter est pris pour faire cette subvention. Le compte aurait été ouvert. On m’a donné le nom. Au moment où je quittais pour ma tournée à l’intérieur du pays, aucun montant n’était encore tombé. Donc je ne suis pas encore reçu un sou. Mais c’est 1 250 000 000 GNF précise-t-il en brandissant l’arrêter signé du ministre du budget pour le premier trimestre de 2017. C’était prévu une véhicule de commandement et un véhicule d’escorte je ne pas encore reçu ni l’argent ni les véhicules en question. Mais j’ai reçu notification de l’existence des crédits et des modalités du versement du montant de cinq milliard de nos francs. C’est un milliard deux cent cinquante million chaque trimestre. Mais à ce jour en ma connaissance rien n’est tombé sur le compte. On m’a appris que l’ordre de virement a été émis et qu’il n’était pas encore exécuté. Le refus d’octroyer les avantages au chef de file de l’opposition pendant deux ans alors que la loi a été votée est une violation de la loi. Je ne veux pas me plaindre pour ça parce que je ne jamais posé problème. Ce n’est pas pour Cellou encore c’est pour le chef de file de l’opposition c’est un personnel. On a dit que le parti d’opposition qui aura le plus grand nombre des députés à l’assemblée bénéficiera du statut du chef de file de l’opposition et les avantages en termes protocolaires et en termes de constitution de son cabinet de fonctionnement pour la représentation. Voila c’est devenu la loi. C’est vrai que l’initiative a été prise en 2014 par le président de la République elle a été adoptée à l’unanimité beaucoup des députés parle de ça, mais ils ont voté pour Moi ma vocation ce n’est pas d’être chef de file de l’opposition c’est être Président de la République soyez sûr ».

 

Guinéenews : monsieur le président, l’opposition menace de reprendre les manifestations de rue. Et récemment, nous avons entendu le kountigui (patriarche) de la Basse Côte dire que quiconque brûle un peu il le mettrait sur son coup. Et il y a aussi Aboubacar Soumah, ancien membre de l’UFDG, qui vous a accusé, vous et Mamadou Sylla, d’être à l’origine de la crise de leadership au sein de coordination de la Basse Côte. Que répondez à cela ?

Cellou Dalein Diallo : je parle souvent de l’Etat de droit. Nous avons une constitution qui nous donne le droit à toute association d’organiser sur les places publiques et dans les rues des manifestations pacifiques. C’est la constitution qui donne ce droit. Maintenant je ne sais pas si une personne aussi a le droit d’interdire ça, puisqu’on a dit qu’on ne demande pas l’autorisation. On a une obligation de déclaration préalable. Pour moi, c’est la loi.  C’est qu’on fait, c’est ce qui est autorisé par la loi. Nous sommes des républicains. Donc je ne réponds pas à d’autres questions, est-ce que quelqu’un peut s’arrêter et dire que non. Pour nous, l’obligation qui nous incombe c’est de faire une déclaration préalable. On la fera. Et la dernière grande manifestation qu’on a organisée le 16 août 2016, on a travaillé étroitement avec le gouverneur et les forces de défense et de sécurité pour qu’il n’y ait pas des dérapages. Et chacun a pris ses responsabilités. La manifestation a été pacifique. Sauf à la dernière minute, lorsque les policiers nostalgiques ont rencontré ceux qui rentraient ont décidé de tirer sur eux sous prétexte que la manifestation était terminée et qu’aucun regroupement n’était plus autorisé alors qu’ils venaient du stade vers la haute banlieue à pieds. On a tiré sur Thierno Hamidou Diallo qui n’a pas pris part à la manifestation, qui en est mort. Une femme a reçu une balle dans la cuisse. Aujourd’hui elle est paralysée. Un autre a reçu une balle au cou. J’étais obligé de l’envoyer au Maroc pour extraire la balle de son cou. Tout cela, parce que simple certains policiers nostalgiques ont vu des gens qui rentraient, qui n’étaient pas du tout violents et les ont tirés dessus.

Guinéenews : monsieur le président, un mot sur la victoire d’Emmanuel Macron en France ?

Je me réjouis parce que la France était menacée de tomber sous le joug de l’extrême droite. Je ne pense pas que c’était bon pour la France. Ce n’était pas bon pour la France, ni pour l’Europe, et non plus pour la coopération franco-africaine. C’était un soulagement pour moi de voir Emmanuel Macron l’emporter. Je lui ai adressé des félicitations, et je lui ai souhaité bonne chance.

Propos recueillis par Alhassane Bah

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