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Coopération sanitaire: la Guinée aura bientôt son institut Pasteur

Les députés guinéens ont voté ce mardi à l’unanimité un projet de loi portant création et fonctionnement de l’institut Pasteur de Guinée. Il sera le 33e institut du réseau des instituts Pasteur à travers le monde.

La création de l’institut répondra à deux besoins fondamentaux, a expliqué aux députés le président de la commission Education, Santé et Jeunesse. « Il disposera de laboratoires équipés conformes aux standards internationaux permettant de réaliser les diagnostiques. Il disposera également des ressources humaines et opérationnelles formées pour venir en appui aux autres acteurs locaux et internationaux engagés dans la lutte contre les pathogènes émergeants dans ce pays et dans les régions.»

Prenant la parole devant les députés, le ministre de l’Enseignement Supérieur a expliqué l’importance de cet institut qui, selon lui, permettra à coup sûr de diagnostiquer sur place des maladies.

Dans son argumentaire, le ministre a rappelé les difficultés auxquelles la Guinée a été confrontée lors de la survenue de l’épidémie Ebola. Outre donc le diagnostique, poursuit-il, ce futur institut « permettra également à la fabrication des vaccins mais aussi la recherche et la formation des enseignants et chercheurs.»

Il affirme par ailleurs que cet institut sera dépendant de l’université Gamal de Conakry. Déjà, annonce le ministre Yéro Baldé, il y’a un laboratoire intermédiaire qui est en construction très avancée à la faculté de médecine dans cette même université. « L’institut Pasteur qui sera ainsi créé, complétera donc cette gamme de champs de recherches », a  déclaré Yéro Baldé.

Financé à hauteur de dix millions d’euro par l’AFD, l’institut sera composé d’un directeur, d’un conseiller d’administration et d’un comité scientifique de Pasteur de Guinée.

Pour rappel, l’institut Pasteur existait pendant le temps colonial sous le nom de Pastoria à Kindia.

Nigeria : La Fondation Tony Elumelu récompense 1000 jeunes entrepreneurs africains

Les 13 et 14 octobre 2017, s’est tenue à Lagos (Nigeria) la troisième édition du forum annuel de l’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu. Cette rencontre a connu la présence de 1300 personnes dont 1000 entrepreneurs venus des 54 pays du continent.

Outre le philanthrope Tony Elumelu, président de la fondation du même nom et patron du groupe United Bank for Africa (UBA), il y avait l’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, le vice-président du Nigeria, mais aussi Alhaji Alikote Dangote, président du groupe Dangote.

Des institutions internationales, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Agence française de développement (AFD), étaient aussi présentes à ce troisième rendu annuel de l’entrepreneuriat.

Pour rappel, c’est en 2015 qu’est né le Forum Tony Elumelu (TEF en anglais) dans le but d’investir pendant dix ans 100 millions de dollars pour identifier, former, encadrer et financer dix mille entrepreneurs africains dans le cadre du programme TEF Entrepreneurship.

Comme lors des deux dernières éditions, les 1000 entrepreneurs africains ont chacun reçu le montant de 5000 dollars afin de les aider à faire prospérer leurs entreprises.

Olivier Delafosse, directeur pays de l’Agence française de développement (AFD), très émerveillé par la Fondation Tony Elumelu, affirme que c’est l’entrepreneuriat qui va créer l’emploi et la richesse en Afrique. « Cette fondation est un peu unique. C’est unique à l’Afrique d’avoir une véritable fondation africaine. A part la fondation Mo Ibrahim, il n’y a que Tony Elumelu. Cette fondation cible le jeune entrepreneuriat qui, pour moi, va créer la richesse, la croissance, les emplois de demain en Afrique. Ce n’est pas le secteur public qui va créer les emplois. Moi je considère qu’il faut donner les moyens en infrastructures, en électricité, en environnement des affaires, en règlementations au secteur public pour qu’il facilite la vie et donne les infrastructures aux entreprises. Ce qui va permettre à celles-ci de se développer, de créer de l’emploi, la richesse. Donc c’est un peu le message que j’ai passé pour que cette fondation, devant ces mille jeunes entrepreneurs, qui sont de l’ensemble du continent », a-t-il déclaré.

Selon le patron de l’AFD au Nigeria, l’Afrique francophone se laisse devancer par les Anglophones en création d’entreprises. « C’est une occasion unique de venir supporter cet esprit entrepreneurial qui est en train d’émerger en Afrique. On le voit beaucoup en Afrique anglophone. L’Afrique anglophone est très dynamique en matière de création d’entreprises. C’est également le cas en Afrique francophone, mais qu’on ne voit moins. Au fait les Anglophones communiquent beaucoup mieux », ajoutera-t-il.

L’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, est membre du conseil d’administration de la Fondation Tony Elumelu. Pour lui, c’est la première fois qu’un Africain offre des opportunités aussi importantes aux jeunes entrepreneurs de son continent. « Personne n’a jamais primé 1000 entrepreneurs et sur un programme de 100 millions de dollars et à 10 mille sur 10 ans. C’est la première fois qu’on met à grande échelle pour réussir à prouver que les jeunes talents créent beaucoup d’emplois. En trois ans, on estime qu’on n’est pas loin des 150 mille emplois. Au moins 1000 entrepreneurs primés, 150 mille emplois. Personne n’a jamais fait ça. Donc ça valeur d’une expérience de tout le continent qui montre que ce n’est pas si cher que ça pour les entreprises », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, Tony Elumelu a affirmé que le développement de l’Afrique se fera grâce au secteur privé. « Le développement de l’Afrique, qui doit être dirigé par le secteur privé et axé sur l’esprit d’entreprise, aura pour fondement de jeunes innovateurs africains et leurs idées transformatrices. Ainsi, ils créeront les millions d’emplois dont l’Afrique a besoin. Le forum a réuni la plus importante force de développement de l’Afrique, ses entrepreneurs qui deviendront des catalyseurs de la libération de l’économique de l’Afrique », a précisé le patron du forum.

Plus loin, il soutient que l’afro capitalisme va favoriser la richesse économique et sociale du continent africain. « Nous avons réuni l’écosystème de l’entrepreneuriat africain, mettant les entrepreneurs africains au centre de la scène. Je tiens à remercier les chefs de gouvernements et les autres décideurs politiques qui ont soutenu notre conviction que le secteur privé est le moteur de la croissance et ses acteurs sont des modèles de notre philosophie de l’afro capitalisme. Ce changement doit apporter une richesse économique et sociale. », a affirmé M. Elumelu.

En plus du soutien financier que les mille jeunes entrepreneurs venus des 54 pays du continent ont reçu, ils ont eu la chance d’établir des liens entre eux, mais aussi avec des chefs d’entreprises, des décideurs. Des conseils leur ont également été prodigués par la fondation notamment sur les étapes clés nécessaires au lancement d’une entreprise.

De Lagos, BAH Alhassane, envoyé spécial De Guinéenews©