Archief

Categories

admis

Éducation : Plaidoyer pour une « orientation stratégique » des bacheliers de 2017

Auteur : Hady Diallo, Doctorant en droit économique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chroniqueur de Guinéenews©

Si le chiffre de 27, 15 % d’admis sur 95 196 candidats inscrits ne laisse personne indifférent, il n’en reste pas moins que l’appréciation dépend de l’œil avec lequel on observe ces résultats. Pour les uns, un taux de réussite aussi bas est une catastrophe. Si l’on se fie au niveau des élèves qui ne fait que refluer tous les ans, on dira qu’ils n’ont pas tout à fait tort. Mais pour les autres, avec un autre regard, c’est peut-être un motif de satisfaction, car dira-t-on, la rigueur a fini peut-être par payer, on a là le pourcentage de « l’excellence ». Ainsi soit-il ! En tout état de cause, félicitations à ceux qui sont admis et courage à ceux ne l’ont pas été.

Mais l’enjeu est ailleurs. Le Bac ce n’est pas uniquement une étape dans la vie scolaire, il en est une des plus importantes de la vie. Il y a une vie avant le Bac et la vie après le Bac. Cet examen est en principe une évaluation, non pas uniquement à l’endroit des élèves et de l’encadrement, c’est aussi et surtout une évaluation pour les autorités scolaires et un défi pour les autorités universitaires.

Cette évaluation est d’autant plus importante qu’il semble, au regard de ce qu’est en train de devenir le niveau scolaire et universitaire guinéen, indispensable de marquer une pause et de se poser LA QUESTION indéfiniment esquivée : quelle mission doit-on assigner à l’école guinéenne ? Bien évidemment, la réponse à cette question est loin d’être systématique et homogène. Sa réponse commence à la maternelle, en passant par le primaire, puis le collège et le lycée avant d’atteindre l’Université. Mais si on reste sur le Bac, par ce que c’est bien de cela il s’agit ici, on serait amené à se poser des questions dont entre autres : pourquoi l’orientation ne doit plus ressembler à un débarras et à sens unique ? Pourquoi serait-il si important, pour l’Etat, d’assigner à ces nouveaux étudiants une mission claire ? Qu’est-ce que la Guinée devrait attendre de ces désormais étudiants en retour ? Pour répondre à ces questions, il faudra s’abstenir de faire état de toutes les formes de détournements et de vente des places des uns au détriment des autres. On estime, au moment où tous les pays conscients de l’enjeu de l’éducation font bloc pour une recherche scientifique avancée, que notre pays, à son tour, est sorti de cette sombre époque.

Il est de tradition, c’est connu de tous, que la Guinée oriente au moins les « 10 premiers » de chaque option au Maroc pour embrasser leur cursus universitaire. Et certains étudiants sont orientés généralement vers d’autres pays du Maghreb. Rares, pour ne pas dire qu’il y en a pas, sont les étudiants qui vont directement en France, aux Etats unis ou ailleurs dès après le bac, sous la houlette de l’Etat guinéen. Mais a-t-on une fois mis en place une commission d’évaluation de ces orientations et leur apport pour le système éducatif guinéen ou les retombées pour l’Etat ?

Il serait temps, il est temps, osons les mots, d’assigner une mission claire à ces orientations. A la base, étudier à l’étranger rime avec une sorte de comparaison et un retour d’expertise si non d’expérience. Mais pour notre cas, une fois parti, le retour ou l’apport devient hypothétique.

Pour citer un exemple concret. Il est improductif en termes de diversification de la formation et des expériences, si cela était l’objectif de l’Etat, d’envoyer des étudiants dans un même pays pour étudier la même chose, suivre les mêmes professeurs, faire les mêmes évaluations et espérer un retour riche en expertise. Il est des universités marocaines, parfois même des salles de classes où on retrouve, cinq, six voire même sept guinéens. Quel est l’objectif d’une telle aventure ?

C’est pourquoi, on plaide pour une orientation plus intelligente. Une orientation ayant des objectifs proches et lointains. Une orientation compatible avec les défis de la Guinée. On ne plaide pas pour que plus aucun étudiant ne soit envoyé au Maroc, mais il est temps d’arrêter d’y envoyer tout le monde, toutes options confondues. Il y a des domaines où le Maroc forme bien mais il est des matières où l’excellence est ailleurs. Y a-t-il des pays qui ont réussi à surmonter le défi de l’ethnocentrisme à travers le monde ? Y envoyer les sociologues et les ethnologues. La France pourrait-elle être la meilleure destination des juristes ? L’Australie pourrait-elle accueillir nos géologues et permettre d’éviter une errance aux étudiants guinéens en perte de repère dans ce domaine ? Les médecins, les chimistes, les physiciens, et que sait-on encore…

La Guinée pense probablement bien faire en « jetant » tous les lauréats au Maroc. Alors il est temps de savoir qu’ils y côtoient la deuxième voire la troisième vague d’excellence des autres pays souvent frontaliers. Le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire…Pendant ce temps, les guinéens sont bien fiers de majorer devant ceux-ci, mais il se trouvent qu’on se trompe d’adversaire car leurs « vraies têtes » sont à Harvard, à la Sorbonne, à Polytech ou ailleurs dans d’autres excellents endroits du savoir. Après on s’étonne de ne pas assez voir les guinéens dans les hautes instances mondiales de décision. Voulons-nous semez du riz et récolter du miel à la place ? Si nous sommes illogiques, la logique elle dans sa démarche, reste bien logique.

Il serait temps, il est temps, osons les mots, d’arrêter de concevoir l’envoie des étudiants guinéens à l’extérieur comme un bon débarras. Si nous voulons emprunter le chemin des pays qui ont su déplacer des montagnes en misant sur la recherche, il serait temps, il est temps qu’on soit capable, dans les actes, de faire autant voire mieux. Lorsqu’on se débarrasse c’est pour de bon, mais lorsqu’on oriente et qu’on assigne une mission, on attendra des retombées. Ces retombées ne seront pas uniquement la résultante d’une bonne formation, d’une expérience voire d’une expertise, elles seront consolidées par une chose inestimable en valeur : le patriotisme.
L’Etat peut pourrait faire une expérimentation limitée de cette orientation ciblée, organisée et suivie car toute grande évolution a son début. Mais le défi pour la qualité de la formation de ceux qui resteront en Guinée n’en est pas moins important. Etant donné qu’au final, l’objectif c’est de former des étudiants qui sortiront compétents et opérationnels à la fois en Guinée et dans la région.

Jules Simon ne disait-il pas que « le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple. S’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain » ? A nous de décider si nous voulons ou non être un meilleur peuple où les futilités auront laissé place au travail et à la citoyenneté.

Résultats du CEP à Kindia : Taux de réussite 52,30% pour l’enseignement général et 76,42% pour le franco arabe

Les résultats pour l’obtention du certificat d’études primaires (CEP) ont été rendus disponibles ce mercredi 5 juillet 2017 sur toute l’étendue du territoire nationale. Sur un effectif de 8650 candidats inscrits en enseignement général cette année, 3990 ont eu leurs moyennes dont 1652 filles. Et en franco arabe, sur un total de 888 candidats, 632 ont été admis dont 208 filles à cet examen de fin d’étude élémentaire session 2017.

Les pourcentages de ces résultats varient en fonction du degré de participation de chaque profil. En enseignement général, le taux de réussite est de 52,30% et en franco arabe, il est de 76,42%. Ce résultat réjouit convenablement l’ensemble des acteurs de l’éducation préfectorale de Kindia.

C’est le cas de la directrice préfectorale de l’éducation qui s’est exprimé en ces termes : « Les résultats que nous venons de livrer sont satisfaisants, parce qu’il n’y a pas eu de repêchage ; nous cadres de l’éducation de Kindia, maitres de 6ème année, directeurs d’écoles, et nos partenaires nous nous réjouissons de ces résultats », affirme Hadja Solomba Condé.

« Certes, ce sont les grandes vacances qui s’annoncent, mais les enfants ne doivent pas être abandonnés, au contraire nous devons garder un œil très vigilant sur eux ; il faut qu’ils apprennent les leçons à tout moment, et ce travail de tous les jours relève de la compétence des parents qui ne doivent pas se mettre à l’écart de ces missions qui sont les leurs », rajoute la directrice préfectorale de l’éducation de Kindia.

Au cours de ces deux précédentes évaluations, des attroupements de certains responsables d’écoles privées de la place ont été constatés au niveau de certains centres. Mais les dispositions ont été prises pour le baccalauréat qui s’annonce dans moins de 48 heures.

Ces résultats qui mettent aujourd’hui la joie dans le cœur des admis est le couronnement de six années de durs labeurs. Contrairement aux années précédentes, tous les admis de cette session verront sur leurs dossiers le certificat d’étude du premier cycle, ce qui est naturellement l’équivalent d’un diplôme.