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Administration : Les retraités virent au numérique, à Labé

Annoncé depuis des années, c’est finalement en fin d’année 2017 que le recensement biométrique des retraités a été entamé en République de Guinée. Pour ce faire, une mission  séjourne à Labé depuis le lundi dernier. Après deux jours de travaux, la mission pose ses valises ce mercredi dans les préfectures de Mali Yembering et Lélouma.

L’équipe du ministère de la fonction publique est conduite par Aly Sylla de la direction nationale de la modernisation des systèmes d’informations et de gestion des ressources humaines. Il déroule ici les grandes lignes. « L’objectif principal de notre mission, c’est le recensement biométrique des pensionnaires, des fonctionnaires, des contractuelles de l’État. »

Selon lui, ce recensement biométrique sera un ouf de soulagement et pour l’État et pour les populations bénéficiaires. « Ce recensement biométrique va nous permettre de maîtriser l’effectif de la fonction publique, mais aussi maîtriser la masse salariale, ça va permettre au gouvernement d’améliorer les conditions de vie des fonctionnaires mais aussi faire en sorte que les étudiants diplômés sans emploi arrivent à avoir leur premier emploi. La réforme de l’administration c’est un train, c’est un processus », conclut le chef de mission.

Sans grand soucis, les pensionnaires qui ont massivement répondu à l’appel se faisaient enrôler en moins de cinq minutes par personne. Néanmoins, ce doyen qui a requis l’anonymat a laissé exploser sa colère. « Ce matin, je suis arrivé et je suis surpris puisqu’on ne m’a réclamé que le bulletin de paie. J’ai fourni le bulletin et j’attends alors que c’est la deuxième fois, ils ne demandent seulement pas les pièces. D’abord, le montant n’est pas substantiel. Et si nous avons cela assez tôt, ça nous permettra de subvenir à nos besoins au moins pour 10 jours », dénonce-t-il.

Après Labé, Mali et Lélouma, les agents recenseurs sont attendus à Koubia et Tougué toujours au compte de la région administrative de Labé.

Guinée : Le FMI approuve un programme de 650 millions de dollars US

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé lundi 11 décembre 2017 un nouveau programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). C’est la ministre de l’Economie et des Finances qui l’a annoncé ce mardi 12 décembre. C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue à son département.

Selon Malado Kaba, ce programme, qui est ancré sur le Plan national de développement économique et social (PNDES), traduit la vision du président Alpha Condé de faire de la Guinée un pays attractif aux yeux des investisseurs, avec un cadre macroéconomique solide.

Pour la ministre Malado Kaba, ce programme est à la fois solide et historique. En ce sens qu’il « inclut une enveloppe de prêts non-concessionnels de 650 millions de dollars US en complément d’autres financements identifiés sur la période 2018-2020 ».

A en croire la conférencière, la Guinée est l’un des rares pays à bénéficier de cette facilité. Et que cette enveloppe de prêts non-concessionnels constitue une capacité supplémentaire de financement.

« Il s’agit d’une capacité dont la Guinée a besoin pour continuer à combler le déficit en infrastructures notamment routières et énergétiques, et donc de promouvoir la croissance ambitionnée dans notre PNDES à l’horizon 2020 ».

« Ce programme est également historique parce qu’il consacre les progrès accomplis par la Guinée depuis 7 ans dans le domaine de la gestion macroéconomique. Et, confirme les efforts considérables consentis par nos populations et la volonté du gouvernement, sous l’égide du Premier ministre, de poursuivre les efforts entamés depuis 2010 par les précédentes équipes dans la conduite des réformes, mais également nécessaires », évalue la patronne des Finances.

Fruit d’une collaboration rapprochée entre les équipes des différents ministères et la Banque centrale, mais aussi entre le gouvernement et la nouvelle équipe du FMI, ce nouveau programme lance un signal positif à l’adresse des investisseurs.

Egalement, il traduit la confiance des partenaires dans l’engagement de la Guinée à poursuivre les réformes entamées, signal qui s’est concrétisé lors du Groupe consultatif les 16 et 17 novembre 2017.

A travers celui-ci, le gouvernement entend entre autres renforcer la stabilité macroéconomique pour une croissance forte, inclusive et durable, renforcer la résilience macroéconomique de la Guinée et préserver les gains de stabilité durement acquis, accroître les investissements publics dans les infrastructures pour soutenir la croissance, diversifier l’économie et en promouvoir la transformation tout en préservant la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette à moyen terme.

Fermeture des radios privées par l’ARPT : là où le bât blesse

Contre toute attente, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a procédé, hier lundi, à la fermeture de certaines radios privées pour non seulement non-paiement de la redevance annuelle mais aussi renouvellement de la licence.

Joint au téléphone, un des responsables des radios privées a expliqué le fonds du problème.

D’abord, c’est une vieille histoire, qui remonte avant 2009.

Cependant, les radios reconnaissent qu’elles doivent, effectivement, à l’État.

Le montant total des arriérés s’élèverait à plus de six milliards GNF

Certaines radios devraient, par exemple, 300 millions, d’autres 200 millions, d’autres encore 180 millions…

Pourtant, dès le début de ce bras de fer, les patrons de presse avaient une séance avec le président Alpha Condé. Ce dernier a tenu à ce que les radios paient leur dû. Et il l’a dit de façon claire.

Toutefois, les radios et télés disent qu’elles ne refusent pas de payer leurs arriérés

Cependant, elles invoquent des « raisons objectives » qui les empêcheraient de ne pas payer pour le moment.

Première raison.

A un moment, les redevances étaient fixées à 2 millions pour les radios communautaires contre 5 millions pour les radios commerciales. Mais en 2009, Mathurin Bangoura et Mamadou Sandé, respectivement, ministre d’alors des télécom et des finances, sans celui de la communication, auraient porté à la hausse ces redevances à 10 millions et à 20 millions. Des prix jugés fantaisistes.

Deuxième raison

En décembre 2014, le CNC, actuelle HAC aujourd’hui, s’était porté garant en obtenant une compensation. Il était question de se rapprocher du gouvernement pour une communication institutionnelle, qui serait tirée des arriérés, de façon progressive. Mais aucune suite.

Depuis, le problème est dans les tiroirs. Aujourd’hui, les nouvelles autorités demandent de payer les redevances depuis 2009. D’où les factures salées des uns et des autres. Sauf que Dadis Camara, en son temps, avait dédouané les radios. Mais le hic, c’est que sa promesse était verbale, pas écrite.

Le 18 novembre, lors d’une sortie médiatique, le président Alpha Condé a réitéré sa menace de fermer toutes les radios non en règle vis-à-vis de l’ARPT.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Dans un courrier, le 5 décembre 2017, l’ARPT a demandé aux radios privées cumulant des arriérés de se rapprocher d’elle, au plus tard le 11 décembre 2017.

Pour les patrons des radios privées, la poire est à couper à deux. Donc  la responsabilité est partagée.

Ils reconnaissent qu’ils doivent à l’Etat mais ils pensent que la solution n’est pas la fermeture des médias.

Certains se demandent enfin pourquoi tout ça maintenant ?

Commentaire d’un ministre de la république : « vous savez qu’on vous cherche, qu’on vous attend au tournant. Vous nous donnez le fouet pour vous faire battre », dit-il.

Aux dernières nouvelles, le président Alpha Condé a mandaté son conseiller personnel, Tibou Kamara, depuis qu’il était à Lomé, de normaliser la relation avec la presse.

Sauf changement de dernière minute, Tibou Kamara rencontrera aujourd’hui, à la maison de la presse, les patrons d’associations de presse.

 

 

Thianguel Bori: les contractuels communautaires coûtent plus de 80 millions par an à la localité

80 millions de francs guinéens. C’est la somme que les habitants de la sous-préfecture de Thianguel Bori, situé à 75Km de la commune urbaine de Lélouma déboursent pour payer les enseignants communautaires du collège de la localité. Ces enseignants contractuels sont pris en charge par les villageois pour permettre à l’école de fonctionner. Et surtout donner l’occasion aux enfants du village de bénéficier des cours à l’instar de leurs amis des autres sous-préfectures.

A Thianguel Bori, les 26.342 habitants cotisent chaque année pour faire face à cette situation en attendant l’intervention de l’Etat. Mais pour combien de temps? Quand on sait que ce montant de 80 millions est en dessous de la réalité. La population s’accroît et le nombre d’élèves et de salles de classe augmentent au fur et à mesure que la sous-préfecture s’agrandit.

Pour le sous-préfet, Bakary Touré, la situation est loin d’être améliorée puisque l’Etat tarde à soulager les populations de la localité malgré des démarches effectuées auprès des responsables de l »Éducation.

  « A Thianguel Bori, nous avons un seul collège pour un effectif de 200 élèves dont 113 filles. Ils sont encadrés par six professeurs. Mais ce nombre est insuffisant parce qu’il ne couvre pas toutes les matières », explique le sous-préfet avant d’évoquer le cas des écoles primaires où il y a aussi un manque d’enseignants:  » nous avons vingt trois écoles  réparties entre les 11 districts pour un personnel titulaire de 33 enseignants et 22 contractuels communautaires avec un effectif de 2 887 élèves », nous dévoile Bakary Touré.

Et selon toujours le sous-préfet, pour remédier à cette difficulté, les acteurs de l’éducation ont trouvé une solution. Ils ont constitué des classes multigrades et font des cours à mi-temps. Mais cela ne suffit pas. Les parents d’élèves sont obligés de mettre la main à la poche.

« Pour combler ce vide, les communautés recrutent des contractuels. Et pour la seule année scolaire 2016-2017,  La somme de 80 025.000 GNF a été déboursée », nous informe le sous-préfet.

Revenant sur la question de vétusté de certains établissements scolaires, Bakary Touré déplore cette situation et demande de l’aide auprès des autorités et des personnes de bonne volonté pour restaurer ces écoles et faire  au besoin incompressible et impérieux du personnel enseignant qui manque de façon criarde.

Abdourahamane Barry, de retour de Thianguel Bori, Lélouma pour Guineenews

L’ARPT réclame plus de six milliards à 47 radios et télés

On sait un peu pourquoi l’autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) de Guinée a entamé la fermeture, depuis ce matin, des radios et télévisions de Guinée. C’est pour non seulement le non-paiement des redevances et le renouvellement de la licence.

Au total, 47 radios et télés privées sont sommes de payer plus de six milliards de francs guinéens. Ce montant est la facture cumulée des arriérés qui remontent depuis 2009, donc bien avant Dadis Camara. Ce dernier avait exempté les radios du paiement de ces redevances mais c’était une promesse verbale.

Les radios commerciales doivent payer vingt millions par an et les radios communautaires dix millions par an. Aujourd’hui, certaines radios doivent payer des arriérés : 300 millions pour les uns, 200 millions pour d’autres, 180 millions pour d’autres encore.

Or, depuis ce matin, les techniciens de l’ARPT, escortés par les gendarmes, passent dans les radios pour les fermer. Au total, seulement deux radios seraient en règle : CIS Médias et le Groupe Chérie radio et télé.

Aux dernières nouvelles, nos confrères d’Espace FM, qui sont avancés dans la régularisation de leur situation, pourraient échapper aux griffes de l’ARPT.

Début de fermeture des radios privées pour non-paiement de la redevance

Au moins une dizaine de radios privées ont cessé d’émettre ce lundi parce qu’elles ont été fermées, sur instruction des autorités pour non-paiement de la redevance annuelle.

Joint au téléphone, des responsables de l’union des radios et télévisions de Guinée (URTELGUI) ont confirmé, par exemple, la fermeture des radios Sabari FM et Djigui FM. « C’est pour non-paiement de la redevance annuelle et le renouvellement de la licence », a-t-on appris.

Selon la législation en vigueur, les radios commaunautaires doivent payer dix millions par an et les radios commerciales vingt millions par an. Mais le problème, c’est que les radios doivent des arriérés  qui remontent depuis Dadis Camara. Certaines radios vont payer jusqu’à 300 millions de francs guinéens.

Aux dernières nouvelles, des agents de l’ARPT, escortés par des gendarmes, sillonnent actuellement le siège des radios pour procéder à leur éventuelle fermeture.

Thianguel Bori: l’étonnante mutation d’une ville

Nouveaux quartiers avec des grandes surfaces commerciales, un parc de bétails bien fourni et attrayant, un quartier résidentiel avec des bâtiments flambant neufs, des activités commerciales intenses,  un éclairage public assuré par des panneaux solaires, des chantiers ouverts un peu partout, une populations de plus en plus sédentarisée avec une démographie galopante, un commerce florissant avec l’implantation des boutiques et autres magasins dans tous les quartiers, surtout au bord de la voie principale, le trafic routier en plein essor. Voilà le nouveau visage que présente aujourd’hui Thianguel Bori, une sous-préfecture située sur l’axe Labé-Koundara et à 75 kilomètres de Lélouma.

Thianguel Bori, cette localité, autrefois considérée comme une bourgade, s’est brusquement transformée. Elle se modernise et devient peu à peu un espace important d’échange commercial du pays. Pour en savoir plus, sur cette mutation qu’a connue Thianguel Bori, la rédaction locale de votre site électronique Guineenews s’y est rendue pour comprendre ce petit miracle qui est en train de s’opérer au niveau de cette localité.

Érigée en sous-préfecture en 1959, à l’époque arrondissement et en commune rurale en 1992, elle s’étend sur une superficie de 1878 Km2 et compte 26 342 habitants. Faisant frontière à l’Ouest par la préfecture de Gaoual et au Nord par celle de Mali, Thianguel Bori abrite l’un des parcs  de bétails le plus important de la région. Depuis son désenclavement par le bitumage de la route internationale Guinée-Sénégal via Gaoual et Koundara, la population s’est sédentarisée, la construction des bâtiments en plein essor et le commerce florissant comme annoncé au début du texte. Les habitants rencontrés nous parlent avec fierté l’évolution de leur sous-préfecture.

Installée depuis quarante ans à Thianguel Bori, Hadja Mariama Sagalé propriétaire d’un restaurant en plein coeur de la ville, se rappelle des premiers jours de son arrivée.

« J’ai fait  plus de quarante ans ici à Thianguel Bori. Quand j’arrivais, c’était une bourgade. Il n’y avait qu’une petite case qui appartenait à un vieux, une petite base qui abritait les militaires et les gendarmes. Il y avait aussi quelques bâtiments administratifs. Tout le reste n’était que la brousse. Aujourd’hui, quand je regarde tous ces bâtiments et ce beau monde, je réalise à tel point les choses ont changé », a-t-elle révélé tout en jetant un coup d’œil  sur ses alentours.

 Une autre dame, l’une des doyennes des lieux, madame Mariama Ciré, nous fait le témoignage. « C’est ici chez moi, mes enfants ne connaissent qu’ici. Lorsque j’étais venue rejoindre mon mari policier qui travaillait ici, je n’avais jamais cru que j’allais m’installer à Thianguel Bori pour le restant de mes jours. Seul le quartier résidentiel se trouvant de l’autre coté comptait quelques bâtiments. Tout le reste n’était que brousse », renchérit-elle.

Véritable carrefour d’affaires, Thianguel Bori regroupe tous les éleveurs et vendeurs de la région chaque dimanche, jour de son marché hebdomadaire. Ce jour-là, c’est l’occasion pour les propriétaires de bétails de faire des affaires.

« Je vends des bœufs et je viens de Mali. On achète nos animaux sur les marchés hebdomadaires un peu, partout pour venir les revendre au niveau de ce parc de bétail. On a  beaucoup plus de chance de trouver un preneur. Nos clients viennent de Conakry, de Labé…», explique ce marchand de bétail qui, selon lui, passe trois jours sur la route avec ses animaux avant de rallier ce parc. Ce parc de bétail de Thianguel Bori est l’un des plus fournis en cheptel de la région administrative de Labé. Nombreux sont les animaux qui transitent par là chaque semaine. Ce qui, évidemment,  rapporte beaucoup d’argent à la sous-préfecture.

«  L’une des avantages que Thianguel Bori a, c’est sa position géographique et son désenclavement qui font que le marché de bétail est bien fourni. Ceci fait que ce  parc est générateur de recette pour la commune et même la préfecture. Et si les autorités s’impliquaient dans sa rénovation, ça pourrait davantage rapporter», nous apprend le chef de poste de l’élevage, Dr Diakité.

Il faut retenir que Thianguel Bori bouge et fait bouger la région. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Cette sous-préfecture émerge, mais beaucoup reste encore à faire. A Thianguel Bori tout n’est pas rose. L’école primaire manque d’enseignants et les édifices publics sont vétustes.

 

Abidjan : embouteillage dans les airs, dans les rues, devant les hôtels pour… un Sommet

Abidjan, affiche plein, en prélude au 5e sommet Union Africaine (UA)- Union Européenne (UE). Au total, plus de 5 000 invités sont annoncés dont, au bas mot, une quarantaine de chefs d’État ou de gouvernements.

Cependant, rallier Abidjan, avant et pendant ce sommet, n’est pas du tout aisé. La preuve, plusieurs compagnies ont été contraintes de modifier leur plan d’atterrissage, à la dernière minute.

C’est le cas de la compagnie aérienne ivoirienne ayant transporté des passagers guinéens de Conakry à Abidjan. Décollage à l’aéroport de Conakry vers 16h. Temps de vol : 1h 40mn.

Au moment de l’atterrissage, le pilote est sommé de continuer à Accra. Raisons invoquées, des chefs de l’État étrangers occupent le tarmac de l’aéroport d’Abidjan depuis 15h. Et ils sont prioritaires. Aussitôt dit, le vol continue à Accra pour près de quarante minutes, le temps de prendre du kérosène et de revenir.

Retour de nouveau à Abidjan. Au moment de l’atterrissage, après 40mn de vol, pour la deuxième fois, le pilote est sommé de se balader dans l’air; le temps qu’un chef d’État étranger libère la piste. Dix minutes après, l’avion atterrit enfin. Mais contre toute attente, les passagers doivent prendre leur mal en patience. La raison, l’avion doit attendre le décollage d’une autre compagnie pour pouvoir s’immobiliser.

Et quand il s’immobilise dix minutes après, les passagers sont contraints de poireauter dans leur cabine, près d’une heure du temps, tout simplement parce que toutes les échelles sont occupées. Ils finissent par descendre.

A la descente des passagers, un nouvel obstacle. La cause ? La police d’immigration est débordée, alors que certains passagers d’autres vols protestent à cause de l’annonce de l’annulation précipitée de leur vol.

A la sortie de l’aéroport, ce qui frappe le visiteur, ce sont les embouteillages dans les gares et devant les hôtels. Partout, la ville affiche complet.

Pour faciliter la circulation routière dans la ville, le district de police de Marcory a pris d’importantes mesures particulières visant à libérer l’emprise du Boulevard Valerie Giscard d’Estaing (VGE), et ce, à compter du lundi 27 novembre 2017 jusqu’au vendredi 1er décembre 2017.

A cet effet, aucun stationnement ni encombrement de cette voie ne seront permis à qui que ce soit. Et tout contrevenant s’exposera à la mise en fourrière de son véhicule ou de ses marchandises.

Abdoulaye Bah, envoyé spécial de Guinéenews à Abidjan

Décrets : Alpha Condé nomme à la Présidence et à la CENI

A travers deux décrets lus cette nuit à la télévision nationale, le président Alpha Condé a procédé à deux nominations. La première, à la Présidence de la République. L’ancien directeur national des impôts, Dr Ouo-Ouo Wata Monémou y dévient conseiller chargé du suivi de la mobilisation des ressources internes.

Le second bénéficiaire du décret présidentiel est un membre du parti au pouvoir. Enseignant de profession, Sory Konaté remplace à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le défunt Alpha Yéro Condé.

Médias en danger en Guinée : Le groupe de presse Gangan radio et télé aussi fermé

Pour avoir diffusé samedi soir un élément du syndicaliste banni par le pouvoir, Aboubacar Soumah, le groupe de presse Ganang TV et Gangan FM a été fermé ce lundi à partir de 14h.

L’information a été confirmée par un confrère de la boîte joint au téléphone.

Cest le deuxième média à être fermé en moins de 24h.

Le premier média, c’est BTA FM, une radio privée de Labé. Toutefois, le gouverneur de la ville parle d’une suspension et non d’une fermeture dans un entretien exclusif qu’il a accordé tôt ce matin à Guinéenews©.

Cest à se demander à quoi servirait alors la HAC, seul organe habilité à contrôler les médias ?

Décret : Un secrétaire général des collectivités décentralisées nommé, à Siguiri

Dans un décret lu ce lundi 20 novembre à la télévision nationale dans sa grande édition de 20 heures 30, le chef de l’Etat Alpha Condé a procédé à la nomination d’un enseignant au poste de Secrétaire général des collectivités décentralisées de la préfecture de Siguiri.

Il s’agit de Sinè Magassouba, précédemment directeur préfectoral de l’Eduction (DPE) de Boké. Il a été nommé Secrétaire général des collectivités décentralisées de Siguiri en remplacement de Siriman Kourouma, appelé à d’autres fonctions.

Mort en prison de l’assassin de l’érudit de Sagalé : les précisions de Cheick Sako

Le présumé assassin de l’érudit de Sagalé, Mouctar Diallo, a trouvé la mort dans sa cellule, le 7 novembre dernier, dans des conditions jugées floues. Depuis, l’opinion s’interroge.

Interrogé par la télévision nationale, le ministre de la justice, Me Cheick Sako, a réagi. « Mon collègue, le ministre d’Etat, Bah Ousmane m’a téléphoné. Mais je lui ai dit de rassurer les sages de Labé et de Sagalé pour leur dire qu’on fera l’autopsie pour connaître les raisons de la mort de celui qui a ôté la vie à l’érudit de Sagalé. Le médecin légiste a commencé l’autopsie mais des échantillons doivent être envoyés à Paris. Cela prendra du temps. Or, à la justice, cette autopsie est indispensable », a-t-il déclaré.

Etat Civil : la Guinée veut informatiser les extraits de naissance

Nombreux sont des citoyens guinéens qui n’ont pas d’extrait de naissance, puisque par ignorance ou négligence, la majorité des parents ne font pas les déclarations des naissances à la mairie. Pire, la délivrance de ces documents n’est pas contrôlée.

Pour mettre fin à cela, l’Etat guinéen, grâce au soutien de l’Unicef et de l’Union européenne, va informatiser le système de l’Etat civil. Le mercredi 15 novembre, les cadres concernés par ce travail se sont retrouvés à Conakry pour valider l’étude de faisabilité de ce processus.

Selon Marc Rubin, Directeur pays Unicef, l’informatisation de l’Etat civil a plusieurs avantages. «Un système d’Etat civil modernisé et informatisé facilitera la vie des citoyens guinéens en leur permettant d’accéder facilement à des documents d’Etat civil fiables et permettra au pays de mieux planifier son développement », a-t-il affirmé.

Mais pour y arriver, dit-il, il y a des préalables : « la stratégie nationale envisage l’informatisation de l’Etat civil dans une perspective progressive avec certains préalables à régler à savoir l’infrastructure, les ressources humaines et les capacités énergétiques. » C’est pourquoi des équipements informatiques, des panneaux solaires ont été déjà remis par l’Unicef et l’Union européenne à la Direction nationale de l’Etat civil ainsi qu’au centre d’Etat civil des six communes urbaines de la région de N’Zérékoré. C’est dans ces communes que le projet pilote de modernisation de l’Etat civil est mis en œuvre.

Mme Cécile, au nom du chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, a expliqué les conséquences pour la Guinée du manque d’un Etat civil fiable. « L’absence d’un Etat civil fiable qui est le point d’entrée de la réalisation des droits et le support de la planification du développement désavantage la Guinée et ses citoyens a fortiori dans un contexte de mobilité des populations de plus en plus important», a-t-elle fait savoir.

Pour qu’un pays se développe, il lui faut des statistiques fiables, soutient Moustapha Mamy Diaby, ministre des Postes, Télécommunications et de l’Economie numérique. « On ne peut établir des statistiques fiables sans Etat civil fiable. On ne peut pas mettre en place des politiques de développement socioéconomiques sans statistiques fiables et les  statistiques relatives à la population prennent leurs ressources au niveau de l’Etat civil », a indiqué le ministre Mamy.

Au nom du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, département tutelle de l’Etat civil, Moustapha Mamy a expliqué l’importance de l’informatisation du système de ce secteur : « dans un pays, certes, il est essentiel d’avoir un registre qui codifie de la naissance aux unions jusqu’à la mort, mais il est également important d’avoir d’autres registres qui prennent en compte le cycle de vie des populations en matière de santé, de migration, de sécurité et de mutations socioéconomiques à l’intérieur du pays pour qu’une fois ces différentes bases de données mises en place, les problèmes d’interopérabilité ne se poseront pas. »

L’informatisation des extraits des naissances ne va pas concerner uniquement les nouveau-nés, assure Ibrahima Kaba, Directeur national de l’Etat civil : « cette informatisation ne concerne pas que les nouveau-nés, parce qu’il y a lieu maintenant de faire en sorte que l’ensemble des populations se retrouvent dans une base de données et qu’elles puissent exercer leurs droits à travers des documents d’identités, des documents qui leur donnent la possibilité d’exercer ces droits. »

Selon M. Kaba, la création d’une base de données des naissances a aussi un autre avantage : « l’Etat a besoin d’avoir une base de données constante, dynamique, qui va toujours être renouvelée pour pouvoir permettre de lancer par exemple le fichier électoral et de donner des informations sur l’évolution de la population à travers la dynamique d’enregistrement des décès qui actualise le fichier. Et les décès vont dans le registre des décédés et les nouveau-nés, ceux qui atteignent les 18 ans, se retrouvent dans la catégorie des plus de 18 ans et bénéficient des droits qui s’y rattachent, le droit de vote par exemple. »

Plus loin, il précise que c’est un travail de reconstruction afin d’avoir des archives numériques qui est engagé : « pour le moment il y a vraiment un travail de fond qui va consister à reconstruire, à bâtir un système d’archivage numérique à travers ceux qui existent et ceux qui n’existent pas on  les enrôle et on les met dans la base de données. »

Fête de l’armée guinéenne: Adresse du Chef de l’Etat

Officiers, sous-officiers, hommes du rang

La célébration de la fête de l’armée guinéenne m’offre l’occasion de vous présenter mes vœux de bonne fête. J’exprime tout mon attachement à tous les soldats blessés lors des missions à l’Extérieur. Puisse le Tout-puissant leur accorder un soulagement en ce jour anniversaire de la création de notre armée nationale. Je renouvelle mes condoléances à nos martyrs tombés au champ d’honneur, notamment au Nord-Mali dans le cadre de la MINUSMA.

Officiers, sous-officiers, hommes du rang

Célébrer le 59ème anniversaire de la création de notre armée, c’est surtout honorer le courage de tous ces soldats qui, de par leur sacrifice, ont héroïquement combattu pour notre souveraineté. En ce jour de souvenir, je salue leur mémoire et leur renouvelle la reconnaissance de la Nation toute entière.

Je tiens à vous féliciter pour avoir contribué, chacun dans son domaine, à la réforme des forces de défense et de sécurité. Les efforts fournis sont immenses et il nous reste beaucoup à faire pour transformer définitivement notre armée en une armée totalement et véritablement républicaine, de progrès, de développement, de construction et capable de faire face aux défis sécuritaires auxquels le monde est confronté aujourd’hui.

C’est le lieu de saluer ici la contribution remarquable du Génie militaire dans l’assainissement de nos villes et l’engagement des unités agro-industrielles de l’armée dans notre combat commun pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Je salue également l’implication de l’armée dans la lutte contre la piraterie en haute mer.

Ensemble, nous avons réussi en quelques années à transformer l’image de notre armée qui inspire aujourd’hui respect et considération. Je vous en félicite.

Au moment où vous vous apprêtez à prendre le repas du corps dans vos casernes, je voudrais vous réitérer ma totale disponibilité et celle de mon gouvernement à créer dans les différentes garnisons des conditions de vie et de travail vous permettant de remplir honorablement votre mission.

Quant à la question liée à l’avancement en grade, je vous rappelle que le 1er novembre n’est pas une date butoir. Comme vous le savez, dans le cadre de la réforme des Forces de défense et de sécurité, nous avons élaboré des textes de lois pour encadrer et réglementer le passage d’un grade à un autre qui peut intervenir à tout moment de l’année, pourvu que les conditions édictées par les dispositions de la Loi 001/CNT du 17 janvier 2012, portant statut général et particuliers des militaires soient remplies.

En effet, l’article 53 de ladite Loi indique que l’avancement de grade a lieu au mérite. Nul ne peut, sauf pour services exceptionnels rendus, être promu à un grade s’il ne compte dans le grade inférieur un minimum de durée de service fixé par le statut particulier et ne détient le diplôme correspondant.

Quant à l’article 56, il explique que l’avancement en grade dans les armées se fait sur la base des tableaux d’avancement élaborés exclusivement par les chefs d’Etat-major et le haut commandant de la gendarmerie nationale. Ces tableaux sont soumis à une commission présidée par le chef d’Etat-major général des armées. Le tableau d’avancement est publié six mois avant la signature des textes définitifs d’avancement.

C’est pourquoi, en rapport avec le ministère en charge de la Défense, d’ici la fin de l’année, l’Etat-major des Forces armées vous transmettra la bonne nouvelle.

En attendant, je vous félicite très sincèrement pour la discipline observée ainsi que pour votre soutien aux réformes déjà engagées et je vous souhaite, à toutes et à tous, un très bon anniversaire.

Que Dieu bénisse la Guinée

Le Bureau de Presse de la Présidence

 

Lire vidéo:

Exclusif – Vol d’argent à la présidence : deux militaires présumés voleurs arrêtés !

Il y a quelques semaines, un vol présumé d’une importante somme d’argent a eu lieu dans la chambre du chef de l’Etat, Alpha Condé, à la Présidence de la République. Cette information avait été démentie par deux officiels mais confirmée par un membre de la mouvance présidentielle.

Face à cette confusion, votre quotidien électronique Guinéenews s’est intéressé au dossier pour éclairer la lanterne de ses millions de lecteurs. En effet, sur la base des résultats de nos enquêtes, il ressort clairement qu’il y a eu bel et bien vol perpétré par deux militaires de la garde présidentielle dans la chambre du président. Ce sont le caporal-chef Aboubacar Kourouma, alias Makambo et le sergent Moussa Mayere Keita, tous en service à la sécurité présidentielle qui ont commis ce vol présumé.  Ils ont tous été arrêtés et emprisonnés au camp Koundara, proche de la RTG – Boulbinet.

Comment ce vol présumé a-t-il été perpétré et découvert ?

De sources proches du dossier, ayant constaté que la fenêtre de la chambre du chef de l’Etat n’était pas bien fermée, les deux individus se sont introduits par effraction pour prendre une importante somme d’argent dont le montant exact ne nous pas été révélé. « Aussitôt, Moyere Keita a acheté une villa à Kankan et un camion. Il a également acheté des mèches brésiliennes pour sa femme et lui a remis 20 millions. Cette dernière, contente, est allée raconter cette nouvelle à l’épouse de l’un des amis à son ami du nom de Mamoudou Camara. Furieux, ce dernier a intimé sa femme  de ne plus lui donner ces genres de nouvelles désobligeantes. De fil en aiguille et constatant que les moyens de M. Keita ne lui permettent pas de faire de telles réalisations, la situation s’est ébruitée. Et on a tout de suite fait un lien entre celles-ci et le vol d’argent à la présidence », a affirmé notre source d’information.

Poursuivant, elle a souligné que le président Alpha Condé ne voulait pas du tout que cette situation de vol soit mise sur la place publique. Mais hélas, il y a eu fuite. « Les deux prévenus sont déjà mis aux arrêts et la maison achetée par Moyere confisquée…Pour le moment, aucun procès n’est en vue », précise-t-elle.

Depuis l’élection d’Alpha Condé à la magistrature suprême en 2010, c’est la première fois qu’on rapporte un vol présumé d’argent dans sa chambre.

 

Prolifération des cliniques clandestines à Kankan : un danger pour la population

La ville de Kankan connaît ces derniers temps une incroyable prolifération de cliniques et de cabinets de soins médicaux, tenus à leurs domiciles, en toute illégalité, par des médecins et des infirmiers de l’Etat. Les exemples sont légion. Rappelons l’abus sexuel commis sur une femme sous anesthésie par un soi-disant gynécologue au quartier Farako 2  le 03 octobre dernier. Une semaine avant, c’est un jeune homme qui a trouvé la mort dans une de ces cliniques au quartier Sinkèfara, après y avoir été opéré. Il y a quelques mois, également, c’est un autre homme opéré qui ne s’est plus réveillé suite à un surdosage de l’anesthésie qui lui aurait été administrée avant son intervention chirurgicale, apprend-on.

Face à cette situation d’anarchie ambiante qui règne dans le secteur médical à Kankan, il faut relever une passivité assez troublante des autorités sanitaires et administratives. En tout cas, celles-ci tardent encore à sévir contre ce fléau qui continue de faire des victimes à travers la ville.

Pis, aucune statistique fiable de ces cliniques et cabinets de soins médicaux ne semble à la disposition des autorités sanitaires locales. Il y aurait au moins une trentaine de cliniques en exploitation dans la commune urbaine de Kankan.

Et à en croire Dr Sayon Sidibé de la DPS de Kankan, seulement 3 cliniques seraient dans les règles et donc agréées.

La prolifération des cliniques privées dans les quartiers, sur fond de course effrénée à l’enrichissement illicite des agents des structures sanitaires publiques de Kankan, est un véritable fléau qui affecte les populations.

Ces employés de l’Etat, pour la plupart médecins et infirmiers, privilégieraient les consultations et soins dans leurs cliniques à domicile au détriment des structures sanitaires publiques. D’où ce conflit d’intérêt qui ferait perdre beaucoup d’argent à l’Etat guinéen, estiment certains spécialistes.

Même si le poids de la religion empêche les remous face à cette zizanie ambiante à l’origine d’accidents souvent mortels non punis, le risque de révolte pour dénoncer ces pratiques est très élevé à Kankan, apprend-on.

 

Kindia: les autorités de l’Urbanisme en guerre contre les aménagements clandestins

Les aménagements clandestins sont devenus monnaie courante ces derniers temps. Les différents schémas directeurs élaborés à cet effet par l’Etat ne sont respectés aujourd’hui par les propriétaires coutumiers qui aménagent leurs domaines comme bon leur semble. Et ces aménagements clandestins se font le plus souvent à l’insu des autorités.

A Kindia, cette situation a atteint un niveau très inquiétant. Un état de fait que le Directeur préfectoral de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction de Kindia a cru devoir dénoncer.

«C’est un travail qui obéit à tout un processus. On ne peut pas décider de soi-même comme ça pour dire que je suis propriétaire  d’un terrain, je décide de l’aménager sans connaitre les paramètres qui entrent en jeu », explique Kalil Touré.

Quand les domaines sont anarchiquement occupés, cela peut entraîner à la longue des problèmes au niveau des équipements, des voiries et des parcelles habitables et même une agression environnementale.  C’est pourquoi Kali Touré sort de son silence pour inviter les chefs de quartier et de district à les accompagner dans cette offensive contre ces personnes.

« Il y a lieu de porter notre voix aux citoyens à travers les élus locaux pour un accompagnement conséquent afin de lutter contre ces aménagements clandestins.», ajoute  le Directeur préfectoral de l’Habitat.

Ce morcellement  domanial dont il s’agit est beaucoup fréquent dans la commune rurale de Mambia où certains coutumiers ont même des maçons. D’autres par contre, se permettent même d’aller en brousse, avec des décamètres, pour ‘’aménager’’ des domaines.

« A partir de Conakry jusqu’à Coyah, il y a une organisation clandestine qui est mise en place par les aménageurs et ceux-ci sont en train de nous envahir. Même les simples commerçants se disent qu’ils sont aménageurs alors qu’ils ne connaissent rien de l’aménagement », regrette Nyankoye Sagno, ingénieur aménagiste à la direction de l’Habitat.

Pour réprimer ces genres d’agissements, les autorités en charge de l’Aménagement ont décidé cette semaine, avec la collaboration de la gendarmerie, de traquer toutes les personnes qui se livreraient à cette pratique. Un bulldozer qui travaillait clandestinement dans un quartier de la commune urbaine a été saisi par la brigade de gendarmerie. Certes, l’Etat guinéen  a reconnu le droit coutumier, mais beaucoup de ces propriétaires terriens ne savent pas la différence entre être un coutumier et avoir le droit d’aménager.

Guinée: de la cacophonie au sujet de l’interdiction et l’autorisation de la marche de l’opposition

On se demande d’où est venue la décision d’interdire dans un premier temps la marche de l’opposition du mercredi 4 octobre. La question mérite d’être posée parce que le gouverneur Mathurin Bangoura n’a pas dû prendre cette décision à tue-tête et unilatéralement.

On a entendu sur toutes les radios que c’est un désaveu cinglant pour Mathurin. Cela se pourrait, parce que c’est lui qui sera le fusible, qui saute pour protéger celui qui est derrière et plus haut perché.  Cette décision viendrait-elle du général Bouréma Condé ou de qui, peu importe, mais connaissant comment le gouvernement fonctionne en Guinée, on sait que toutes les décisions capitales viennent du sommet pour la base, elles n’ont jamais fait le chemin inverse, le sens interdit.

 La cacophonie a fait jaser et jacasser à tort et à travers. Ce qui est autorisé par la constitution est autorisé dans toutes les circonstances. S’il est vrai que les marches dérangent le pouvoir et les populations, il faut reconnaître que les partisans de l’opposition, qui sont en grande majorité sur l’axe Hamdallaye-Bambeto-Koza jusqu’à Kagbélén sont touchés de plein fouet, économiquement.

 A chaque marche, les boutiques, les écoles situées sur le tronçon sont fermées. Les élèves  qui sont sur cet axes sont les plus concernés, malgré tout, les manifestations de l’opposition sont moins diabolisées ou pas du tout diabolisées par ces mêmes populations même les adolescents sont conscients qu’à ce rythme de marcher et de gouverner, ils n’auront pas d’avenir en Guinée ils le disent à qui veut l’entendre.

Si l’opposition est dans ses pleins droits, même quand elle en fait trop, c’est aux gouvernants de respecter la constitution et les conventions pour ne pas essuyer les invectives et acrimonies de la foule. Casser le sucre sur le dos de quelqu’un n’est pas comme on le cassait sur son front, mais ça compte.

Exemple : Sékou Touré très adulé au début de l’indépendance a vu sa popularité s’étioler avec la succession des complots. Quand Kadhafi avait offert la télévision en 1977, les populations s’attroupaient pour regarder les programmes, on voyait chaque soir le Responsable suprême de la Révolution chaque soir avec un discours fleuve jusqu’à la fermeture des programmes, de telle manière que dès que Sékou apparaissait devant l’écran, les attroupements se disloquaient de manière instantanée, même le vieux Momo Bangoura, l’un des indéfectibles du PDG et de Sékou Touré ne dira pas le contraire.

De nos jours, il ne se passe pas un mois sans qu’il n’y ait des manifestations de rue contre la gouvernance de Alpha Condé et fidèle à sa routine, la RTG ne se lasse pas de diffuser les sorties, les voyages et les interventions ennuyeuse de Alpha Condé. Les « conseillers conseillés » ne se permettent pas de lui faire comprendre que les populations sont plus que blasées des mêmes pratiques que celle de la Révolution. Les journalistes et ceux qui sont véritablement concernés par la vie du pays sont collés à leur TV, pas les jeunes.

Ce désintéressement est une sorte d’incivisme qui grandit de jour en jour. Et si les élections n’ont pas lieu au cours du premier trimestre de 2018, quelle que soient les difficultés économiques ou techniques rencontrées, la mauvaise foi serait difficile à justifier, pour cela, une nouvelle rencontre Pouvoir-Opposition pour un moratoire de joutes  politiques est indispensable.

C’est au Pouvoir de mettre beaucoup d’eau dans son vin (rouge), puisque c’est  lui qui a la main de l’opposition au collet. Les marches de l’opposition ont pour effet de paralyser les activités économiques. Le Pouvoir ne doit pas, par frime et esbroufe faire comme si ces marches ne lui disaient rien, faire la politique de l’autruche dans ce cas est une fanfaronnade creuse, les opposants savent qu’ils mettent bien le doigt sur là où ça fait très mal, la paralysie économique

A quoi sert-il de continuer ?

Naité- Bantama ou le duo de choc pour remobiliser la jeunesse au service des sports et de la culture

Le ministre de la jeunesse, Moustapha Naité et son homologue des sports, de la culture et du patrimoine historique, Sanoussy Bantama Sow, ont décidé d’unir leurs forces pour faire avancer les sports et la culture au service exclusif de la jeunesse. Pas étonnant pour deux chefs de départements, qui ont trois choses en commun. D’abord, ils sont jeunes ministres. Ensuite, ils sont parmi les fidèles du chef. Enfin, ils sont engagés à accompagner le président Alpha Condé dans sa mission.

C’est pourquoi, pour matérialiser leur rêve, ils ont signé, ce mercredi, trois arrêtés conjoints. Il s’agit de celui portant attribution et organisation de l’Inspection Régionale de la jeunesse, des sports, de la culture, puis de celui portant attribution de la Direction préfectorale de la jeunesse, des sports, de la culture et du patrimoine historique et enfin de celui fixant les statuts des maisons de jeunes et de la culture.

Présent à la cérémonie, le ministre Sanoussy Bantama Sow a parlé d’un « grand jour ».

« Aujourd’hui, c’est un grand jour, c’est la réalisation d’un rêve. Je tiens à dire merci au ministère Naité. Il a montré de la grandeur. Nous signons un mariage aujourd’hui. Depuis 2011, le président Alpha Condé avait souhaité que la jeunesse, la culture et les sports aillent ensemble. Mais nous ne l’avions pas réussi. A l’époque, il y avait trois ministères. A ma nomination, à la passation de service, j’ai dit que j’ai hérité d’un bâtiment sans soubassement. Les gens se sont regardés. Je pense que j’ai été mal compris. Mais ayons le courage de le dire. Nous avons une maison sans soubassement. Pourtant, le soubassement, ce sont les structures déconcentrées à la base. Depuis des années, nous n’avons pas des Directeurs préfectoraux de la jeunesse (DPJ). Certains ont abandonné. D’autres sont morts. A la culture, ça n’existe même pas. Alors, comment un ministère peut-il fonctionner sans des représentants à la base », s’est-il interrogé sous les ovations.

Aujourd’hui, poursuit-il, le DPJ est devenu le porteur du sac du préfet. « S’il est correct, il devient son petit. Mieux, on ne peut comparer le DPJ au DPE ou au DPS. Le DPJ n’existe pas faute de moyens. C’est pourquoi, dès ma nomination, j’ai appelé le ministre Naité pour lui dire de remobiliser la jeunesse. Je suis sûr que le président Alpha Cond sera content. Nous allons créer les conditions. Mais je lance un appel à nos cadres : évitez de rentrer entre nous. Nous sommes dans le même bateau, c’est celui du président de la république. Le ministre Naité et le ministre Bantama sont décidés d’aller ensemble pour être à la hauteur de la confiance présidentielle. Et il y aura un directeur chargé de la jeunesse, un chargé de la culture, un chargé des sports. Au niveau de l’inspection régionale, ce sera idem ».

En réponse, le ministre de la jeunesse, Moustapha Naité, a tenu un discours rassurant.

« C’est un honneur, un plaisir d’échanger avec vous pour prendre ensemble des décisions. Mais quand le ministre Bantama m’a appelé pour me demander de travailler ensemble, de remobiliser la jeunesse, cela passant par des actes forts, j’ai été agréablement surpris, remarquablement surpris. Je dois lui rendre cet hommage. Merci pour cette prise de conscience et merci pour tous les efforts fournis pour rendre à cette jeunesse ce dont elle a besoin. Mais je dis que rien n’est possible sans une organisation. On peut avoir les bonnes approches, les meilleures stratégies, mais sans une bonne organisation à la base, on n’ira nulle part », a-t-il enchaîné.

S’adressant aux cadres des deux départements, le ministre Naité a appelé à l’esprit de collaboration. « Au plus bas de l’échelle, les représentants que vous êtes, chacun à son niveau est ministre de la jeunesse, et ministre des sports et de la culture. Donc, l’Etat doit être présent partout. J’ai discuté avec mon cabinet concernant ces trois arrêtés, tout le monde est d’accord. Surtout avec la maison mère que nous allons construire. Il ne peut pas être dénommé palais de la culture mais plutôt le palais de la jeunesse et de la culture parce que partout, il y a la jeunesse, il y a la culture. Je sais que le président de la république sera fier en voyant cette signature. Il est vrai que c’est la signature entre deux ministres mais celle entre deux départements », a-t-il conclu.

 

Guinée : La ville de Kindia fête l’indépendance sans engouement

La célébration de la fête nationale n’a pas connu un engouement digne de nom, à Kindia. Mais les autorités de la place ont tout de même procédé au dépôt des gerbes de fleurs à la Place des Martyrs pour signifier leur ferme attachement à cette dernière qui évoque un moment d’histoire autour des valeurs fortes qui fondent la République et marquent aussi la fidélité de notre pays à son indépendance.

Chaque commémoration de notre fête de l’indépendance est en fait un rappel de mémoire et de devoir pour tous les citoyens guinéens car le pays restera toujours un patrimoine collectif qu’on doit sauvegarder et transmettre aux générations futures. C’est pourquoi tôt ce lundi matin 2 octobre 2017, toutes les composantes sociales de la préfecture de Kindia se sont donné rendez-vous à la Place des Martyrs de ladite ville pour célébrer avec fierté le 59ème anniversaire de la Guinée.

« Tout à commencé le 28 septembre 1958 quand le général Degaulle est venu proposer son projet de communauté France-Afrique et notre pays a rejeté ce projet en disant non au referendum et c’est ça qui fait la fierté aujourd’hui au peuple de Guinée », explique dans son allocution de circonstance El hadj N’fasoumane Touré, le préfet de Kindia.

Au cours de ce moment de réjouissance collective, le préfet de Kindia a également mis l’occasion à profit pour revenir sur quelques acquis de cette souveraineté nationale : « Le premier régime nous a légués beaucoup d’héritages à savoir les infrastructures mais surtout l’unité et la paix. »

Si tout le monde se réjouit de la célébration cette fête, le secrétaire fédération du PDG-RDA premier parti guinéen n’en fait pas le cas.

« A l’heure qu’il fait, notre pays a pris un autre élan. La jeunesse n’est plus ensemble, l’anniversaire de cette fête-là n’est pas tenu de la même manière dans toutes les préfectures et dès fois ça ne se fête pas chose qui est regrettable », a affirmé  Djanko Cissé.

Il faut préciser que cette célébration n’a pas connu de mobilisation à Kindia.

Guinée – Justice : conséquences des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire

Des bâtiments en location dont certains sont très dégradés, des bureaux très étroits dans lesquels sont empilés des papiers déjà noircis par l’effet de la nature, c’est en quelque sorte l’image des tribunaux de Conakry.  A l’intérieur du pays, les justices de paix sont presqu’inexistantes par endroits.

Au-delà de cet état de fait, le fonctionnement de la justice reste un autre problème dont les conséquences sur la vie publique sont énormes.

Manque de locaux pour la justice : quelles conséquences ?

Selon un substitut du procureur de la République d’un tribunal de Conakry, la justice guinéenne manque énormément de locaux. Ce qui fait qu’il n’y a pas d’endroits où stocker certains scellés.

« Si vous vous rappelez du procès des narcotrafiquants en 2009, quand on nous a demandé de présenter les scellés, on avait des problèmes », se souvient-il, avant d’évoquer un autre problème plus grave, celui de la saisie des armes avec des bandits : « Quand on arrête des malfrats avec leurs armes, il n’y a pas un endroit où stocker ces armes saisies qui, souvent, se volatilisent dans la nature. »

Des détenus à la maison centrale y deviennent plus dangereux qu’ils ne l’étaient avant, puisqu’ils planifieraient des attaques depuis leur cellule avec des armes ‘’recyclées’’ dont l’identification est difficile, pour ne pas dire impossible.  Ces armes auraient-elles servi dans le meurtre de nombreux citoyens lors des manifestations ? Selon notre interlocuteur, toutes les armes détenues légalement par les forces de l’ordre sont identifiables. Quand un crime est commis avec une d’elles, il est facile de retrouver l’auteur.

Faute de parkings, la cour du tribunal de Mafanco se remplit de véhicules saisis lors de diverses infractions. Et le jugement de ces affaires peut parfois retarder. Mais là, la solution palliative est de procéder à une vente aux enchères. « Ailleurs, quand un véhicule est saisi, on évalue sa valeur et on le revend. Si après jugement, le propriétaire a raison, on lui restitue le montant de la vente. S’il se trouve fautif, on déduit la somme qu’il devrait payer et on lui retourne le reste», souligne un membre du parquet de Mafanco.

Détention préventive excessive

L’autre dysfonctionnement de la justice, c’est l’excessivité de la détention préventive et le fait qu’un condamné peut parfois rester en détention après même avoir purgé sa peine. Cela est dû à la mauvaise transmission des décisions de justice à l’administration pénitentiaire. Souvent, ce sont les organisations de défense des droits de l’homme qui découvrent de telles situations.

Selon Me Foromo Frédéric Loua, avocat au Barreau de Guinée et président de l’Ong les Mêmes droits pour tous (MDT), le délai raisonnable de détention provisoire dans une infraction qualifiée de délit est de quatre mois renouvelable une fois. Pour les infractions criminelles, ajoute-t-il, le délai est de six mois renouvelable une fois.

Un détenu innocenté huit ans après

« Le problème avec le dysfonctionnement de l’appareil  judiciaire doublé de l’effectif dérisoire, c’est qu’il arrive que des gens soient détenus de façon excessive dans les prisons guinéennes », a-t-il dénoncé, avant de révéler qu’un détenu  a passé plusieurs années en prison puis libéré, puisqu’aucune charge n’ayant été retenue contre lui : « En avril dernier (avril 2017, ndlr), nous avons libéré un détenu qui était en détention provisoire depuis 2009. Ce qui est grave, c’est que la chambre d’accusation n’a retenu aucune charge en son encontre. Ce qui veut dire qu’il a passé tout ce temps en prison de façon totalement injustifiée et abusive. »

Sur cette affaire, une action au civil contre l’Etat guinéen se trame. « Nous avons l’intention d’engager un procès contre l’Etat au civil pour demander la réparation des préjudices résultant de ces années de détention absolument illégales et arbitraire », annonce Me Frédéric, qui soutient que de tels cas sont fréquents dans les prisons guinéennes.

Pour mettre fin à ces situations,  le ministre de la Justice, Me Cheick Sako a pensé à la révision des codes pénal et de procédure pénale. C’est ainsi qu’il y a la suppression des cours d’assises, parce que la justice ne parvenait pas à respecter le rythme qui était imposé, celui d’organiser  les assises trois fois par an.

Au tribunal de première instance de Conakry II (Dixinn), les lundis sont réservés aux dossiers criminels. Et le président des MDT s’est amusé à calculer le nombre des dossiers en attente avec le rythme actuel des audiences criminelles : «Nous avons comptabilisé au niveau du tribunal de Dixinn, plus de 250 dossiers criminels et il y a un seul jour d’audience criminelle par semaine, c’est-à-dire le lundi. Si on veut comptabiliser pour pouvoir juger ces dossiers là il faut 56 années, alors que de nouvelles infractions vont se commettre. On n’avait même eu l’intention de louer des salles d’audience pour qu’on puisse juger ces personnes en attente. Mais cela aussi a des difficultés de réaliser.»

La mauvaise tenue des registres

A la maison centrale de Conakry, des détenus peuvent passer plus de temps que leur peine. Cela aussi serait dû à la mauvaise tenue des registres. « Véritablement, le maillon le plus faible de la chaine pénale c’est la gestion de la détention provisoire.  En principe, un greffier devait pouvoir accompagner les détenus lorsqu’on les amène devant les juridictions pour être jugés. Mais souvent ce n’est pas le cas. A la place du greffier, c’est les gardes pénitentiaires qui les accompagnent et très souvent ils prennent mal les décisions ou ils ne les prennent pas du tout, ou encore ils prennent des décisions qu’on n’a pas prononcées au niveau du tribunal et ces décisions sont reportées au niveau du registre de la prison. Finalement, la personne, bien qu’ayant purgé sa peine, si l’information n’est pas parvenue à la maison centrale, elle va rester longtemps et indéfiniment en prison. C’est là le rôle des ONG comme la nôtre pour alerter sur ces cas là», explique Me Loua. Déjà, des réformes sur ces cas là sont en train d’être prises, puisque, selon des sources, l’informatisation des décisions de justice a commencé.

Manque de casier judiciaire fiable

Pour des compléments de dossiers, des citoyens se rendent dans les tribunaux pour obtenir des casiers judiciaires. En Guinée, la pratique, c’est que le casier judiciaire n’est délivré que dans la ville où on est né. Si l’on n’est pas né à Conakry, on peut avoir le certificat de non poursuite judiciaire. Deux documents à valeur juridique égale. Mais le problème, c’est aucune vérification n’est faite avant de délivrer ces documents si importants, faute de base de données. Ce qui fait que chaque demandeur ressort du tribunal avec un casier judiciaire vierge.

En novembre 2016, voyant la manière dont des casiers judiciaires sont remis à des journalistes voulant compléter les dossiers d’obtention de la carte professionnelle de la Haute Autorité de la Communication (HAC), nous avons demandé à un greffier comment ils conservent les décisions de justice. Puisque son bureau était plein de piles de dossiers noircis par l’effet de la nature. Sa réponse est sans équivoque : « Vraiment c’est des problèmes. Peut-être qu’on est en train de délivrer des papiers à des récidivistes. Qui sait ? Parce qu’il n’y a pas de vérification. On ne peut même faire des vérifications.» Effectivement c’était le cas, puisque des journalistes ayant été condamnés quelques mois avant par le tribunal de Mafanco ont fourni à la HAC des casiers judiciaires vierges. Ce qui a valu leur suspension à vie.

Pour Me Frédéric Foromo Loua,  la solution à ce problème c’est de créer une base de données centrale pour  répertorier toutes les décisions pénales qui sont prononcées dans le pays.

« Mais il n’y a pas de casier judiciaire central. C’est un service inexistant. Un vide total », regrette-il.

C’est un point pourtant évoqué dans le cadre de la réforme du système judiciaire, celui de mettre en place un casier judiciaire national. Malheureusement, cela tarde à se concrétiser.

«Les décisions qui sont prononcées un peu partout dans le pays ne sont pas centralisées. Donc quelqu’un peut bien être condamné à Macenta et il vient à Conakry pour dire qu’il n’a jamais été condamné. On n’a aucun moyen pour pouvoir vérifier cette information. Ça encore c’est un point faible du système judiciaire guinéen. Ce qui fait que tous les casiers judiciaires qui sont délivrés par nos juridictions sont des casiers judiciaires vierges. Personne n’a jamais été condamné dans ce pays là, lorsqu’on est amené à aller chercher un casier judiciaire. Ce qui est absolument grave. La Guinée n’a pas de référence, n’a pas de base de données en ce qui concerne les sanctions pénales qui sont prononcées dans ce pays dans le cadre du fonctionnement de la justice pénale », ajoute le défenseur des droits de l’homme.

Un tribunal sommé de déguerpir

Si certains tribunaux sont dans des domaines de l’Etat, par contre, d’autres sont des domaines appartenant à des privés. C’est le cas notamment du tribunal de première instance de Conakry II. Pire, le bâtiment dans lequel siège ledit tribunal est en piteux état. Des procès s’y tiennent des fois à la lueur de la bougie en pleine journée, parce que la salle d’audience est très sombre. Au-delà de tout, le tribunal a été sommé de quitter le bâtiment, mais ici ce n’est pas Démoudoula. Donc c’est l’Etat qui peut déguerpir un citoyen et non le contraire.

«Le tribunal de première instance de Dixinn est dans une maison louée, confirme Me Frédéric. D’ailleurs même ce tribunal a été assigné au déguerpissement. Le propriétaire veut récupérer sa maison, mais face à l’Etat les armes sont inégales. Ce qui fait que le tribunal continue de travailler dans cette maison appartenant à un privé. Ce qui est grave pour l’image de la justice. Quand vous allez à Dixinn, mais ce sont des cartons qui sont là-bas. Les magistrats sont dans des contreplaqués pour travailler. C’est absolument dans un environnement sale, brouillant, nauséabond. A Mafanco c’est le même spectacle de désolation. »

Oui, Mafanco, le tribunal de première instance de Conakry III. C’est là qu’un fait, qu’on pourrait qualifier d’insolite, s’est produit, révèle notre interlocuteur : «Un patron d’entreprise a été assigné à Mafanco où siège le tribunal du travail pour avoir licencié un de ses travailleurs. Quand  ce patron s’est présenté, il a vu l’état des juridictions. Il a demandé où se trouve le tribunal. Quand on lui a dit que c’est ici, il a demandé si c’est ici qu’on va rendre la justice. Alors il a dit qu’aucune décision sérieuse ne peut être entreprise ici. Il a alors demandé à son ex-employé combien coûtait le préjudice subi. Il lui a dit le montant et sur le champ, le patron de l’entreprise a sorti de son sac un chèque qu’il a signé et donné à son ex-employé. Il a dit qu’il ne peut pas venir se défendre dans un tel tribunal. Cela constitue un message très fort pour démontrer un peu l’état  de déliquescence du système judiciaire de notre pays. »

Les travaux de construction de la maison centrale de Yorokoguia à l’arrêt

La maison centrale de Conakry située à Coronthie (Kaloum) est surpeuplée. Construite au temps colonial pour 300 personnes, elle est occupée actuellement par près de 1800 détenus. Pour humaniser les détenus et se conformer à l’objectif de la détention qui est la rééducation du détenu, le gouvernement a pensé à construire une maison centrale à Dubreka, dans la localité de Yorokoguia.

Le ministre de la Justice, Me Cheick Sako, avait procédé à la pose de la première prière de cet édifice le 29 avril 2015. Mais on en est resté là. L’entrepreneur espagnol chargé des travaux de construction de cette nouvelle prison aurait quitté la Guinée pour son pays.

Pour changer le visage actuel de la justice guinéenne, Me Frédéric soutient que l’Etat doit affiner sa vision : «Ce qu’il faut pour un bon fonctionnement de l’appareil judiciaire, c’est la vision de ce que nous voulons. Les bailleurs de fonds sont prêts à nous accompagner, mais encore faut-il que nous ayons une idée de ce que nous voulons. »

 

Semaine de la Citoyenneté 2017 : la présidence prend deux actes symboliques forts

En prélude à la célébration de la deuxième édition de la Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix (SENACIP), prévu du 1er au 7 novembre, sur l’ensemble du territoire national, le président de la république vient de prendre deux actes forts.

Premier acte fort, c’est la validation du thème proposé par le département de tutelle. Contrairement à 2016, cette année, le thème retenu est : « le citoyen dans la construction de la nation » et le slogan : « Un peuple, une volonté, une Nation ». Des thèmes qui valent leur pesant d’or en Guinée.

Dans un second décret, le président Alpha Condé a également accepté la création de deux distinctions. La première s’appelle « le Prix du Civisme » et la seconde, « le Prix de la Paix ». Chaque prix est composé de trois catégories non encore dévoilées. Les critères  d’attribution et les caractéristiques des prix feront l’objet d’un arrêté ministériel.

Selon le décret, ces distinctions visent à récompenser des personnes physiques ou morales, ou des entités qui auront réussi à se distinguer dans l’année par la qualité et la pertinence des services rendus à la nation, dans le cadre de la promotion d’une citoyenneté responsable, de la culture du civisme, de la paix et de l’unité nationale.

Cliquez ce fichier ci-joint : Gassama Diaby

Circulation pendant l’hivernage à Kankan: c’est la croix et la bannière pour les habitants des quartiers périphériques

La problématique de la dégradation des infrastructures routières en Guinée n’est pas propre seulement qu’aux routes nationales. Dans la plupart des grandes villes de l’intérieur, les voiries sont  toutes aussi laissées pour compte.

 

 

En tout à Kankan, les routes qui mènent aux quartiers surtout périphériques, n’existent quasiment plus. Et là encore, la faute revient au manque d’entretien.

Selon des témoignages assez concordants, ces routes non bitumées auraient cessée d’être réprofilée depuis le temps du régime de feu Ahmed Sékou Touré. A en croire à Moussa Kaba, un ex-comptable, le reprofilage des routes dans les quartiers relèverait du service des Travaux Publics (TP) qui avait des engins à cet effet.

«Au temps de la révolution, les services des TP existaient avec des engins et procédaient quasiment tous les ans, au reprofilage des routes dans les quartiers », a témoigné M. Kaba. Selon lui, à ce moment, personne ne pouvait oser transformer la route qui passe devant son domicile en un champ de culture ou à d’autres fins.

Avec la disparition des services des TP suite à l’orientation vers le libéralisme et la décentralisation, cette tâche reviendrait aux collectivités locales, apprend-on. Mais celle-ci, en manque d’initiatives et de moyens, n’y font rien, affirment certains responsables locaux.

Conséquence, ces routes dans les quartiers alternent au gré des saisons, flaques d’eau, herbes, champs de maïs, d’arachides, de patate et poussières.

A Kankan, c’est une triste réalité à laquelle sont confrontés les habitants détenteurs d’engins roulants des quartiers Dalako, Bordo, Energie, Briqueterie, Missira entre autres.

 

Fête du 2 octobre: Kankan attend toujours de recevoir les festivités de l’indépendance

Les festivités tournantes de l’indépendance guinéenne prévues à Kankan depuis 2015 mais toujours reportées, risquent bien de ne pas se tenir cette année encore. En tout cas à la date du 2 octobre prochain.

Sur le sujet, les autorités locales communiquent moins cette fois-ci. Elles affirment s’en tenir, pour une fois, à la volonté du président Alpha Condé. Le préfet de Kankan Aziz Diop qui s’est précédemment illustré dans les annonces mirobolantes liées à ces festivités, s’est ravisé cette fois-ci.  Néanmoins,  il rassure quant à la disponibilité de toutes les autorités et les populations de sa juridiction à accueillir ces festivités, quel que soit le moment choisi.

Mais à moins de 5 jours de la célébration de la fête du 2 octobre, la probabilité que ces festivités se tiennent à Kankan reste assez faible, estiment certains observateurs, ici à Kankan. Ceci est d’autant plus évident, qu’à ce jour, ni budget, ni commissions d’organisation ne serait en activité avec les moyens financiers qu’il faut, apprend-on.

Cependant, la quasi-totalité des infrastructures réalisées depuis, sont achevées et attendent toujours d’être équipées.

Pour rappel, c’est à la faveur de l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé en décembre 2011 que furent instituées en Guinée, les festivités tournantes de la célébration de l’indépendance. Ainsi, de 2012 à 2015, ce sont les régions de Boké, N’Zérékoré et Mamou qui été les premières bénéficiaires de cette initiative présidentielle. Et enfin celle  de Kankan qui attend désespérément depuis 2015 de recevoir officiellement les infrastructures achevées et qui sont dédiées à cette fête tournante de l’indépendance.

La réalisation de ces édifices publics a contribué un tant soit peu à changer la physionomie de ces régions bénéficiaires, du moins d’un point de vue infrastructurel.

 

Conseil des Jeunes de Guinée : l’heure est à la validation des textes juridiques

Le ministère de la Jeunesse met les bouchées doubles pour la mise en place du conseil national des jeunes (CNJ) de Guinée, organe consultatif envers les pouvoirs publics et représentatif envers la jeunesse elle-même. Après les ateliers préfectoraux de validation des avants- projets des textes, place désormais au processus de validation des textes juridiques, avant-dernier round avant les élections.

Réunis au palais du peuple de Conakry, plus de 170 participants dont 50% de filles, tous venus des 33 préfectures du pays, sont en concertation de 48h. Ceci permettrait de réagir sur les différents amendements faits au cours des précédents ateliers avant, éventuellement, la validation des textes proprement dits. Ces textes sont les statuts, le règlement intérieur et les critères d’éligibilité.

Au nom du ministre de la jeunesse, Moustapha Naité, en mission hors du pays, Michel Koïvogui, représentant le ministère, a souligné l’importance de la mise en place d’une structure faîtière de jeunesse pour le président Alpha Condé. Au-delà du fait que la mise en place du CNJ soit une recommandation de la charte africaine de la jeunesse, elle est aussi un besoin légitime et ultime exprimé par la jeunesse lors de la consultation nationale de la jeunesse en 2015 en Guinée, a-t-il martelé.

S’exprimant au nom du Système des Nations Unies, Marc Rubin, a pour sa part, a expliqué l’importance de la mise en place de cette structure, avant de promettre l’accompagnement des partenaires.

« Cet atelier va démontrer encore de manière éloquente notre engagement collectif à œuvrer pour l’épanouissement des jeunes qui incarnent l’espoir et l’avenir de nos pays, en mettant en évidence la nécessité de développer le capital humain et productif de la jeunesse », a-t-il encore ajouté à la presse.

En avril dernier, le gouvernement guinéen a évoqué, lors du conseil des ministres, le processus de création du Conseil National des Jeunes, « structure faîtière » des organisations de jeunes du pays.

Autrement dit, le CNJ se veut comme un « cadre d’échange, de concertation et d’action », en vue de la « participation responsable » des jeunes au développement de leur pays. L’une des solutions des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés passe donc par le renforcement d’un cadre institutionnel et organisationnel qui prend en compte l’organisation verticale et horizontale des jeunes.

 

 

 

 

 

L’ex-ministre, André Loua, sa mission au ministère de la Pêche et les ragots

«J’ai exécuté ma lettre de mission à 100% et je dis que le président a tout à fait raison de m’appeler à d’autres fonctions où je peux être encore utile à lui pour mettre en œuvre sa politique pour la Guinée  »

En fin août dernier, le président Alpha Condé a procédé à un mini-remaniement du gouvernement. Au moins, cinq ministres ont été débarqués du navire piloté par Mamady Youla sans que le décret ne fasse mention de ce qu’on pourrait leur reprocher. Mais pour certains, ces ministres ont été révoqués après une évaluation de la feuille de route confiée à chacun d’eux. Autrement dit, qu’ils ont été virés pour insuffisance de résultat.

En séjour en région forestière et répondant aux questions de Guinéenews, l’ancien ministre des Pêches s’est inscrit en faux contre ce qu’il qualifie de simples allégations. Selon André Loua, la lettre de mission qui lui a été confiée a été totalement exécutée.

«Ma lettre de mission était très claire. Lorsque le président m’a fait l’honneur d’être nommé à ce poste sur proposition du Premier ministre, dans ma lettre de mission, on m’avait assigné huit (8) objectifs qui se résument fondamentalement à quatre points », dit-il.

Et d’assener : « le premier point était de retirer la Guinée sur la liste noire de l’Union Européenne, ce qui a été fait. Le second point, c’était de faire tout pour que la Guinée puisse relancer la commission sous-régionale des pêches qui était en panne institutionnelle depuis quatre ans et dont la Guinée assumait la présidence. Cela aussi a été fait grâce à l’accompagnement du président de la République. On m’avait aussi demandé de faire le suivi et la traçabilité des ressources financières qui venaient du ministère de la Pêche. Alors, comme je l’ai indiqué dans mon discours de passation de service, de 18 milliards en montant annuel depuis 2003, nous avons dans l’espace de la première année atteint 34 milliards. Et en 2017, nous étions déjà au 30 juin à 54 milliards. Donc, c’est de la traçabilité, de la bonne gouvernance qui a inspiré la confiance de nos partenaires. Nous avons donc remis la Guinée sur la carte mondiale et le secteur de la pêche a pris une nouvelle gouvernance. Le dernier élément sur lequel je voudrais insister, c’est le changement institutionnel que le président a demandé d’apporter au niveau de ce secteur. Je dis donc que j’ai exécuté ma lettre de mission à 100%. »

Poursuivant, André Loua soutient qu’il n’a pas été limogé pour son incompétence ou pour fautes lourdes. Au contraire, dit-il, c’est à cause du résultat accompli que le président Condé lui a appelé à d’autres fonctions.

« J’ai accompli ma mission et je dis que le président a tout à fait raison de m’appeler à d’autres fonctions où je peux être encore utile à lui pour mettre en œuvre sa politique pour la Guinée », conclut-il.

Faute d’entretien, le gouvernorat de Mamou présente une mauvaise image

Réhabilité à l’occasion de la célébration nationale du 56ème anniversaire de notre indépendance, le gouvernorat de Mamou présente aujourd’hui une mauvaise image, une conséquence de la démission des plantons en juillet dernier.

La rédaction locale de Guinéenews a fait un tour dans le milieu, le constat est décevant. Les déchets plastiques  qui jonchent  la cour attirent l’attention du visiteur. Le gazon a été remplacé par les mauvaises herbes. A l’entrée principale du bloc, des morceaux de pain, des restes d’aliments, des bouts de papier, voila ce qui vous accueille. Dans les couloirs menant aux différents bureaux du rez-de-chaussée et du premier étage, la poussière et les toiles d’araignées indiquent le manque de nettoyage des lieux. Faute d’eau, les toilettes internes sont inutilisables, quant à celles externes il faut se doter d’un cache-nez pour pouvoir les utiliser.

Certains travailleurs ont confié que depuis le départ des plantons, ce sont eux qui payent de leur poche, des femmes pour dégager les ordures dans leur bureau. « Actuellement ici au gouvernorat, c’est une honte après que l’Etat a débloqué des milliards pour réhabiliter le bloc, les occupants sont incapables d’entretenir le local », réagit un cadre des lieux qui a requis l’anonymat.

Lorsqu’on a senti notre présence sur les lieux, l’équipe de l’assainissement de la commune a été sollicitée d’urgence pour dégager les déchets à la rentrée principale. 

Ne parlons pas des centaines de millions reçus comme subvention pour le fonctionnement du gouvernorat, mais où sont destinés les fonds générés par la salle de conférence et la cantine quand on sait que périodiquement il ne se passe pas une semaine, cette salle n’accueille pas un atelier des ONG nationales et internationales.

Payés en deçà de 200 mille francs par mois et après avoir passé une vingtaine d’années, les plantons du gouvernorat ont jeté l’éponge au mois de juillet dernier et depuis le gouvernorat est à la merci des ordures et saleté de toute nature. Il est temps que les locataires du milieu prennent les dispositions pour redonner à ce bâtiment toute sa splendeur à l’image du bloc administratif de la préfecture qui constitue une fierté pour Mamou.

Identification des réserves foncières de l’État: voici les statistiques pour la région de Labé

Dans le cadre de l’identification et de la sécurisation des domaines réservés de l’État, une opération relancée par Dr Ibrahima Kourouma, le nouveau ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, la représentation locale de ce département à Labé a déjà chiffré les domaines et parcelles concernés dans la région administrative. Selon le responsable du service régional de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, c’est en tout 78 domaines qui sont concernés, a appris Guinéenews.

De Labé à Mali Yembering en passant par Lelouma et Koubia, Ibrahima Kaba, le Directeur régional de la Ville et l’Aménagement du Territoire fait l’état des lieux : « Pour ce qui concerne la région administrative de Labé, les réserves foncières de l’État ont été répertoriées dans des tableaux. Donc, par rapport à ça, au niveau de la préfecture de Labé, j’ai pu recenser 28 domaines réservés pour l’État, la préfecture de Koubia 12, la préfecture de Mali 20, la préfecture de Lélouma 18. Pour Tougué, nous n’avons pas encore les statistiques, parce que notre représentant qui était là-bas est décédé et n’a pu être remplacé », a-t-il expliqué.

Parlant des particularités de ces 78 domaines de l’État, Ibrahima Kaba cite deux exemples préoccupants : « en ce qui concerne le cas de l’aéroport, il y a empiétement par-ci par-là. Ensuite, au niveau du domaine du centre de formation en élevage pour la Moyenne Guinée, appelé communément CFEL, les coutumiers s’étaient soulevés en disant que le domaine leur appartenait alors que le domaine est titré à l’État », précise-t-il.

Pour un début, le Directeur régional de la Ville et de l’Aménagement du Territoire opte pour une sensibilisation pointue du côté de Labé. « Par rapport au foncier dans la région administrative de Labé, comme je l’ai dit à la rencontre avec monsieur le ministre vendredi dernier, pour le cas particulier du Foutah, il faut une grande sensibilisation, une grande sensibilisation pour que l’anarchie cesse dans ce domaine-là. Pour exemple, je me suis levé ici, de Labé à Popodara, ça fait 17 kilomètres ; j’ai tout fait pour avoir un espace public entre Labé et Popodara, je n’ai pas pu. Après, j’ai commis la direction préfectorale de l’Habitat à cette tâche, de tout faire pour trouver quelque chose. Donc, il faut une large sensibilisation pour que cela cesse, pour qu’ils acceptent désormais d’aménager leur espace. », plaide Ibrahima Kaba.

Après la décharge de la Minière, le site de Kagbelen, les flancs du mont Kakoulima à Dubreka et Coyah, Ibrahima Kourouma a demandé aux représentants de son département de recenser tous les domaines de l’État à l’intérieur du pays.

 

Rupture de pont entre Lola-N’Zérékoré: aucun signe de démarrage des travaux, la vie des usagers menacée

Suite à une forte pluie survenue dans la nuit du dimanche 17 septembre à N’Zérékoré, le pont du quartier Belle vue situé dans la commune urbaine de N’Zérékoré s’est effondré, coupant ainsi la route nationale N’Zérékoré-Lola, au grand dam des usagers et des autorités en chargent des Travaux Publics.

Dans un communiqué rendu public, madame la Ministre des Travaux Publics a indiqué que son département a pris toutes les mesures nécessaires pour la réhabilitation « immédiate » de cet ouvrage.

Hadja Oumou Camara a également rassuré les usagers de faire le maximum en vue de finaliser les travaux dans un meilleur délai.

Seulement, voilà que depuis près d’une semaine, aucun travail n’a été engagé de ce côté et au niveau de la direction préfectorale des TP, l’on dit attendre les instructions de Conakry. Pendant ce temps, les usagers de cette route nationale continuent de prendre leur mal en patience.

Pire,  l’état actuel de ce pont risque de causer une autre catastrophe. En effet, ne trouvant aucun moyens pour rallier la ville, les habitants du quartier Belle-Vue sont obligés d’emprunter la petite voie qui n’a pas été touchée. Ceux, malgré les différentes fissures qu’on y voit.

Aujourd’hui, la question que l’on se pose est de savoir à quand la réhabilitation de ce pont et la fin du calvaire pour les usagers?

Affaire à suivre…

 

Guinée : Vers la modernisation du système d’information dans la collecte des données

La collecte des données statistiques dans l’enseignement primaire et secondaire général s’effectuait depuis des décennies sur des formulaires papiers. Le ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation trouve cette pratique lente et désuète.

C’est pourquoi le département a initié un projet de collecte numérique afin de produire les statistiques fiables en temps réel. La cérémonie de présentation et de partage des résultats de l’expérimentation de cette collecte numérique des données scolaires 2016-2017, a eu lieu ce vendredi en présence du ministre Ibrahima Khalil Konaté.

Selon le directeur national du Bureau de Stratégie et de Développement Souleymane Camara, le processus de la collecte s’effectue actuellement sur des fiches d’enquête annuelles conçues au niveau central par types d’écoles et d’établissement. Mais, il s’avère d’après lui, que le temps de collecte, de saisie, de traitement des données et la publication des annuaires restent encore énorme. C’est pourquoi, explique M. Camara, « le ministère de l’enseignement pré universitaire à travers son Bureau de Stratégie et de Développement (BSD), a initié et introduit un projet de collecte numérique afin de produire les statistiques fiables en temps réel. Cette collecte numérique des données a été faite avec un support de type tablette au niveau des délégations scolaires de l’enseignement pré-universitaire, collectées au près des directeurs d’écoles des données actuellement contenues sur les fiches »

L’objectif visé est d’amélioré la capacité du BSD et des agents de collecte à l’utilisation des technologies mobiles afin de mieux assurer la disponibilité et l’accessibilité des données statistiques à temps et à coût minimal pour un meilleur suivi des stratégies et des moyens de développement du système éducatif », annonce-t-il avant d’ajouter que pour cette première phase pilote, le projet a travaillé avec l’application kobocollect sur un échantillon de 51 DSEE (Délégation Spéciale de l’Enseignement Elémentaire) reparties dans les communes de Ratoma, Matoto, Kaloum, Coyah et Dubréka.

Pour le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation l’introduction de nouvelles technologies numériques est un passage obligé pour qualifier le système éducatif. Donc poursuit-il, ce projet de collecte numérique, ouvre « de perspectives nouvelles pour notre système de gestion et de pilotage. Sa généralisation permettra entre autres « de traiter, collecter, disséminer les données en temps réel, de renforcer les capacités des agents chargés de collecte, dans l’utilisation effective des technologies mobiles jusque là méconnues. Il permettra également de créer un véritable monitoring entre structure centralEeet déconcentrée en vue de pérenniser le suivi et l’accompagnement» déclare en substance Ibrahima Khalil Konaté.

Le représentant de l’unicef, partenaire technique et financier de ce projet, s’est dit de son côté, heureux de constater que l’expérimentation de ce projet, a donné des résultats positifs.

Tougué: Fello Koundouwa, la sous-préfecture aux 4 marigots, qui n’est accessible que par la nage

Située à 115 kilomètres de son chef-lieu, Fello Koundouwa est l’une des 9 sous-préfectures de Tougué et sans doute les dernières localités la plus enclavée et la plus abandonnée de la région administrative de Labé. Faisant frontière avec la République du Mali, Fello Koundouwa qui n’a rien et qui manque de tout, est abandonnée à son triste sort, a constaté votre quotidien électronique Guinéenews.

Pour la traversée des 115 kilomètres qui séparent cette sous-préfecture de sa capitale préfectorale, Tougué, le calvaire des usagers est indescriptible et digne d’un film de science-fiction.

Boubacar Sannoun Baldé, le sous-préfet de Fello Koundouwa décrit  des lieux: « de Tougué-centre au chef-lieu de la sous-préfecture, c’est 115 kilomètres. L’état de cette route est si mauvais qu’il se passe de tout commentaire. Présentement à partir de Gonkou, faute de ponts sur les 4 marigots, les gens obligés de nager pour t arriver. La fois dernière, j’étais obligé de payer 20 mille GNF pour la traversée. Ensuite arrivé aux deux derniers marigots qui sont les plus dangereux, j’ai été dû payer à nouveau 40 000 GNF pour passer.»

A cause de la distance entre les districts et leur enclavement, le sous-préfet affirme qu’il éprouve d’énormes difficultés dans sa mobilité dans le cadre de  sa mission régalienne. «Les moyens de déplacement n’existent même pas. Nous nous débrouillons pour faire nos missions. La mairie n’a aucun moins, les villages sont très distants du centre. Par exemple, le secteur le plus proche du centre, est à 12 kilomètres, le reste c’est des districts qui sont à 25 kilomètres voire plus. À mon arrivée, j’ai réuni les chauffeurs, qu’ils soient de Fello Koundouwa ou bien de l’autre côté de la frontière, au Malien, pour évoquer avec la situation de la dégradation des routes. Malheureusement, rien n’a encore changé», a-t-il déploré.

Du point de vue infrastructure, la sous-préfecture de Fello Koundouwa est composée de cinq bâtiments dont la plupart se trouvent dans un état vétuste, confie le locataire des lieux, le sous-préfet Boubacar Sannoun Baldé.

«Les infrastructures sont totalement insuffisantes et vétustes. Nous avons juste cinq bâtiments étatiques, à savoir le centre de santé, les bureaux, le logement du sous-préfet, un magasin construit par le PDSD, un autre petit bâtiment construit par le PDSD aussi qui sert de logement aux gardes forestiers et le bâtiment de la mairie. Ce sont les cinq bâtiments qui existent à Fello Koundouwa», nous a expliqué le sous-préfet.

Par contre, Boubacar Baldé avoue entretenir d’excellentes relations avec les élus de Fello Koundouwa, cette sous-préfecture oubliée de tous.

Siguiri: dépitées par les nombreux projets sans suite, les citoyens se méfient désormais des poses de 1ère pierre

Le projet d’adduction d’eau de Siguiri, un feuilleton de m’as-tu-vu de la part d’un membre du gouvernement vis-à-vis d’une population durement éprouvée par la pénurie d’eau et qui, plusieurs fois désabusée, devient incrédule et sceptique face à tout projet et annonce émanant de ce dernier. C’est du moins le constat auquel est parvenu Guinéenews à travers un projet d’adduction d’eau dont la première avait été posée par le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique et qui est aujourd’hui à l’arrêt.

En effet, le 15 janvier dernier, le ministre Taliby Sylla lançait en grande pompe la première pierre d’un important projet d’adduction d’eau pour la ville de Siguiri.  Ce geste du représentant du gouvernement a été accueilli par les habitants avec beaucoup d’enthousiasme et de ferveur dans toute la ville. Parce qu’ils estimaient qu’avec la réalisation de ce projet, c’était définitivement la fin de leur calvaire dans l’approvisionnement en eau potable.  Hélas !

Huit mois après, c’est la désillusion totale chez les populations. Car, les travaux sur le chantier de ce projet qui se trouve dans le secteur de Timbo, sur la route de Kankan, n’ont jamais évolué comme le témoignent certains riverains que nous avons pu rencontrer sur place.

Pour satisfaire notre curiosité, nous avons fait un tour du chantier et nous nous sommes rendu compte de cet arrêt des travaux depuis très longtemps. Et lorsque nous avons tenté de réaliser quelques prises d’images sur le site, nous en avons été empêchés par un homme qui assurait la surveillance des lieux.

A cause de ce énième espoir déçu de la part des dirigeants, désormais une crise de confiance s’est installée entre eux et les populations surtout lorsqu’il s’agit de la pose des premières pierres.

Par ailleurs, récemment lors de notre passage dans la sous-préfecture de Franwalia où la ministre des TP a effectué la pose de la première du projet de réhabilitation des routes sous-préfectorales et communautaires, un autre citoyen n’a pas manqué de nous  exprimer son ras-le-bol face à toutes ces cérémonies de pose première qui n’ont jamais eu de dernières pierres.

 ‘’Il en est ainsi à chaque pose de première pierre, les travaux sont aussitôt abandonnés après. Moi, je ne crois plus en rien dans ce pays’’, a-t-il lancé, l’air dépité.

Revenant sur le cas du projet d’adduction d’eau, nous avons tenté de rentrer sans succès en contact avec Solektra, l’entreprise chargé d’exécuter les travaux, sur le numéro porté sur la plaque descriptive.

En l’absence sur le terrain d’interlocuteur immédiat de la société adjudicataire du projet, nous sommes allés au bureau de l’agence locale de la SEG à Siguiri. Là, nous avons été reçus par le premier responsable de l’Agence, mais celui-ci s’est abstenu de tout commentaire sur ledit projet.  Ce fut le son de cloche chez les autorités préfectorales.

Toutefois, en poussant notre enquête, une source proche du projet nous a affirmés, sous le sceau de l’anonymat, qu’actuellement les travailleurs tirent le diable par la queue. Il a ensuite annoncé que récemment, 10 camions remplis de tuyaux étaient arrivés sur le site mais par la suite, 7  ont rebroussé chemin. Pour quelle destination, notre interlocuteur affirme ne rien en savoir.

A suivre.

Guinée : Sommées de quitter la chaussée, les vendeuses du marché de Koloma bloquent la circulation

La tension était vive ce mardi matin au marché de Koloma dans la commune de Ratoma. Des femmes vendeuses sur la chaussée en colère ont occupé la routeen érigeant des barricades perturbant la circulation routière. Durant des heures, une longue file de véhicules s’est formée sur ce tronçon obligeant des usagers à rebrousser chemin. Ces manifestantes chassées des emprises de la voix publique s’opposent à leur déguerpissement et accusent les responsables du marché d’être à la base de cette situation. L’incident a fait quelques blessées, à constaté sur place Guinéenews©.

« On est sorti dans la rue pour bloquer la circulation afin de dénoncer une injustice. Toutes ces femmes que vous voyez ici, ont acheté des places. Certaines 100 mille, 300 mille, d’autres 400 mille. Moi personnellement, j’ai donné à plusieurs reprises de l’argent aux responsables du marché puisque quand tu voyages, on revend ta place à une autre personne et tu es obligée de verser une autre somme d’argent à ton retour pour avoir une autre place », accuse une vendeuse très remontée.

Sur la même lancée, une autre mère de famille accuse les responsables du marché de Koloma d’avoir confisqué leurs marchandises et détruit leurs tables. Elle a d’ailleurs été blessée pendant l’incident. « C’est nous qui faisons vivre nos familles et si on nous chasse ici comment on va faire ? Le matin, nous avons trouvé que toutes nos tables ont été ramassées. Les femmes ont donc mis des pneus sur la route pour empêcher les mouvements des personnes. Entre temps, quelqu’un a lancé une pierre qui m’a touché sur la tête, vous avez vu le sang. Et ce sont les responsables du marché qui sont derrière cette situation », affirme-t-elle.

Ces femmes déguerpies occupent un espace appartenant à un citoyen qui y a construit un centre commercial. Selon l’administrateur du marché, elles ont reçu un avertissement.

« Nous avions essayé de dégager les gens sur ce carrefour parce que le lieu n’est pas approprié pour faire le commerce, il y a souvent des accidents. Ces femmes sont informées depuis longtemps. C’est ainsi qu’on a décidé de les déguerpir ; on a fait le récemment et nous avons pris l’engagement que nous allons les mettre à la disposition des femmes responsables pour placer chacune d’elle dans un endroit plus adéquat », se défend Elhadj Abdoulaye Bangoura administrateur du marché.

Les femmes concernées par ce déguerpissement ne sont pas prêtes à se plier à la décision de l’administration du marché. Au moment où nous quittions les lieux, la plupart d’entre elles, étaient déjà revenues sur les lieux pour s’installer à nouveau et continuer leur vente.

Elections locales : Alpha Condé montre patte blanche (communiqué)

Le Chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé, dans un communiqué officiel, le 31 juillet 2017, avait lancé un appel solennel à toutes les parties impliquées dans l’application de l’accord politique d’octobre 2016 à redoubler d’efforts et d’ardeur afin que tous les engagements soient effectivement respectés dans les délais prévus.  L’organisation des élections communales qui constitue aujourd’hui une priorité absolue pour le Gouvernement et pour toute la nation entière est une préoccupation majeure du Chef de l’Etat. A ce propos, la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) a annoncé avoir élaboré un projet de chronogramme assorti du budget pour ces élections. Le Gouvernement affirme que la totalité du budget pour les élections communales est disponible. Pour cela, il a été demandé à la CENI, dans le respect de son indépendance et de son autonomie financière,  d’élaborer un plan de décaissement et de garantir la mise à disposition des justificatifs liés à l’utilisation des ressources. Le souci du Gouvernement est la bonne utilisation des ressources financières mises à la disposition de la CENI. A cet effet, sur les 350 milliards demandés par la CENI, sur instruction expresse de Monsieur le Président de la République, 90 milliards entièrement supportés par le budget national sont déjà  disponibles pour faire face aux payements en instance et au lancement effectif du chronogramme. Conformément au principe de régularité et de transparence des dépenses publiques, les payements seront effectués en fonction du plan de décaissement élaboré par la CENI et à la présentation des pièces justificatives des dépenses déjà réalisées. Toutes les dispositions sont déjà prises par le Ministère du Budget à cet effet.

Il appartient désormais à la CENI, en accord avec tous les acteurs concernés, de proposer rapidement un chronogramme définitif et une date pour l’organisation des élections locales.

D’ici là, Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha Condé,  appelle les uns et les autres à privilégier le dialogue pour résoudre tous les problèmes et à s’abstenir de tout acte ou comportement qui pourrait affecter la paix dans le pays et le climat de confiance entre les acteurs du processus électoral et démocratique dans notre pays.

Conakry, le 18 septembre 2017

 

Transmis par le Bureau de Presse de la Présidence

Grand Entretien : le ministre Yero Baldé à cœur ouvert sur ses réformes (1ère Partie)

Après le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, son homologue de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a effectué une visite de courtoisie, sur notre invitation, bien entendu, dans les nouveaux locaux de la rédaction de Guinéenews. Une belle occasion pour parler de ses actions. 

Visiblement à l’aise dans ses dossiers, le ministre Abdoulaye Yero Baldé a évoqué, En quarante minutes, les reformes qu’ils a engagées vingt mois depuis sa nomination.

Pour peu qu’il soit soutenu, ces réformes peuvent porter des fruits demain, si elles sont menées à terme, puisque concernant la gouvernance du système éducatif jugé très malade par le Chef de l’Etat lui-même, puis la gestion financière, la qualification du personnel, la gouvernance pédagogique et enfin la construction des infrastructures.

 

Guinéenews : Depuis vingt mois, vous êtes le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Succinctement, quel bilan pourriez-vous dresser ?

Abdoulaye Yero Baldé : le mot bilan couvre plusieurs aspects. Il est difficile de dresser son propre bilan, mais on peut y aller. Personnellement, je le vois plutôt dans le sens du jugement qu’on peut se faire soi-même. Dans ce cas,  je vous laisse les soins de le faire.

Mais depuis que nous sommes aux affaires, nous avons entamé assez de réformes qui concernent aussi la gouvernance du système éducatif, la gouvernance financière mais aussi la gouvernance pédagogique. Sans oublier la question des infrastructures, la question des équipements et la question de la formation des formateurs.

 

Guinéenews : nous parlerons de ces réformes tout à l’heure.

Abdoulaye Yéro Baldé : d’accord. Vous savez, quand vous venez à un poste, il faut d’abord savoir ce qui existe. Et l’existent n’est pas reluisant, bien que mes prédécesseurs ont fait assez d’efforts, mais vous savez que le secteur de l’éducation, comme l’a dit le président [de la République], est malade. Et cela date de plusieurs décennies. Donc, pour faire des résultats, il faut beaucoup travailler. Nous avons pu, dans un premier temps, assurer la biométrie pour déjà maîtriser les effectifs des étudiants et des enseignants, parce que si vous voulez bien établir les classes pédagogiques, vous devez savoir quel est le personnel dont vous disposez et quel est le nombre de vos étudiants. Ceci pour définir un cadre physique. Ensuite, il faut savoir combien de personnes ? Quel type de laboratoire qu’il faut, etc. ? Sur le plan financier, vous savez que, comparé à certains secteurs, l’enseignement reçoit assez de subventions de l’État. Là également, il faut savoir où vont ces subventions. Donc la biométrie, d’une part, nous permet d’assainir la situation financière du secteur de l’éducation pour mieux utiliser les ressources disponibles de façon rationnelle. D’autre part, nous avons commencé à améliorer les infrastructures, notamment à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et à Labé.

Nous avons aussi le projet de construction de quatre universités, notamment à Sonfonia, Labé, Kankan et N’Zérékoré. Mais on ira par étape. Peut-être que nous allons commencer par l’université, parce que quand vous allez dans nos universités, l’état des infrastructures est déplorable. Ça ne ressemble pas à des universités, en tout cas à des lieux où on vient apprendre le savoir. Les équipements aussi. Vous savez que nos laboratoires ne sont pas équipés depuis plusieurs décennies maintenant. Vous allez à la faculté de Médecine, il n’y en a pas. Donc, en tant que responsable, nous avons le souci de faire en sorte que la formation que nous voulons donner à nos étudiants, à nos enfants, soit une formation de qualité. Nous sommes en train de travailler sur ces aspects. Il y a eu quelques améliorations. Il y a surtout le problème fondamental : les formateurs.

Aujourd’hui, nous avons moins de 10% du corps professoral dont le grade académique est de rang magistral. C’est faible pour un pays si on veut assurer la qualité. Donc, nous mettons l’accent sur la formation des formateurs et nous sommes en train de dégager les budgets pour assurer cette formation. Nous avons aussi des partenariats que nous sommes en train de nouer. Les derniers, c’est avec Polytechnique de Paris. Nous avons organisé un concours d’entrée à des classes préparatoires à l’école polytechnique de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) en attendant d’ouvrir les nôtres en Guinée avec l’aide de Polytechnique de Paris. Nous avons vingt-et-un admis. Au niveau des ingénieurs, nous avons eu huit admis. C’est le plus gros score de la sous-région.

 


Guinéenews : à quoi servent ces partenariats dont vous parlez ?

Abdoulaye Yero Baldé : Grâce à ces partenariats, nous pouvons envoyer nos étudiants dans des écoles d’élite. Nous venons aussi de signer avec le ministère de l’enseignement supérieur de Tunisie pour la coopération.  Bientôt, nous allons signer avec le ministère de l’enseignement supérieur de Russie pour renforcer la coopération dans le domaine de l’éducation. Il y a plusieurs accords, surtout des accords intra-universitair