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Suspension de visas américains à la Guinée : « 186 titres de voyage guinéens remis aux autorités américaines, à ce jour » (Ambassadeur)

« A date, 186 titres de voyage ont été émis par l’ambassade de Guinée. Ce qui fait de la représentation guinéenne, l’ambassade africaine ayant émis le plus de titres de voyage, juste devant le Sénégal et le Ghana », a déclaré l’ambassadeur Mamady Condé qui estime que cette statistique est de loin le signe de bonne volonté manifestée par la Guinée.

En séjour à New York où il participe aux côtés du président Alpha Condé à l’Assemblée Générale des Nations-Unies, l’ambassadeur Mamady Condé a tenu à apporter, au micro de Guinéenews©, quelques précisions relatives à la restriction de visa imposée à la Guinée et à trois autres pays.

D’entrée de jeu, Mamady Condé a fait savoir qu’à date, 186 titres de voyage ont été émis par son ambassade. Ce qui fait de la représentation guinéenne, l’ambassade africaine  ayant émis le plus de titres de voyage, juste devant le Sénégal et le Ghana, a déclaré l’Ambassadeur Condé qui estime que cette statistique est de loin le signe de bonne volonté manifestée par la Guinée.

Pendant ce temps, a-t-il fait observer, la Sierra Leone, qui figure aussi parmi les 4 pays frappés par la même mesure, n’a émis que seulement 37 titres de voyage.

Actuellement, a annoncé M. Condé, une mission guinéenne conduite par le nouveau ministre des Affaires Etrangères  séjourne à Washington afin de  s’entretenir sur ce sujet avec les services consulaires du Département d’Etat.

«Le 26 septembre prochain, l’ambassade aura une séance de travail avec les autorités du Homeland Security (ministère américain de la sécurité). Chaque mois, une liste est transmise à sa chancellerie par les autorités de « Homeland Security ». Une fois que cette liste de Guinéens à renvoyer est reçue, l’ambassade la transmet au ministère des Affaires Etrangères  à Conakry qui est habilité à prendre la décision finale. L’ambassade à Washington a autorité seulement d’émettre des titres de voyage que pour les Guinéens ayant perdu leurs  documents de voyage et non pour ceux qui sont en situation régulière. L’ambassadeur ne peut en aucun cas émettre des titres de voyage sans l’autorisation préalable du ministère à Conakry. La délivrance d’un titre de voyage perdu ou égaré serait gérée par son ambassade alors que les expulsions pour des convictions criminelles ou pour séjour illégal  relèveraient  entièrement de Conakry », a expliqué le diplomate guinéen.

Interrogé sur une prochaine levée des sanctions contre la Guinée, il a insisté sur la bonne volonté  de son pays à coopérer avec le pays d’accueil pour trouver une solution rapide à ces sanctions.

Sur la question de savoir si le président Alpha Condé avait évoqué le sujet des sanctions avec ses interlocuteurs américains, Il a indiqué que  » l’Assemblée générale n’était pas le forum approprié pour ce genre de discussions. « 

Les sanctions seraient, selon lui, le résultat du « cumul » de cas d’expulsions depuis l’ère Obama, un cumul qu’il a hérité et qui avait atteint son seuil à la veille des sanctions.

Parlant des 2137 Guinéens qui figurent sur la liste des personnes expulsables  de ICE (Immigration and Customs Enforcerment), l’organisme en charge de rapatrier les étrangers, Mamady Condé soutient qu’ils sont tous loin d’être des criminels.

 » La faute de la grande majorité d’entre eux, serait d’être en situation irrégulière. Il ne faudrait pas perdre de vue que sous l’ère Trump, tout illégal est considéré comme criminel « , a enfin conclu le représentant guinéen aux États-Unis citant certaines dispositions de la nouvelle Administration américaine en matière d’immigration.

Privation des officiels guinéens du visa américain : c’est déshonorant, réagit Dr Faya

A partir de ce mercredi 13 septembre, aucun officiel guinéen ne pourra obtenir un visa d’entrée aux Etats-Unis. C’est une décision de l’Administration Trump à cause « du refus » des autorités guinéennes de coopérer au rapatriement de certains guinéens vivant aux Etats-Unis.

Le président du Bloc Libéral, Dr Faya Millimono trouve que cette décision n’honore pas du tout la Guinée.

« A chaque fois qu’un pays est victime de ce genre de chose, ça n’honore pas. Mais, il faut reconnaître que notre pays a le droit de s’inscrire dans la voix de la responsabilité. Nous avons à travers le monde beaucoup d’individus qui sont arrivés dans les pays d’accueil avec des passeports guinéens parfois même des passeports diplomatiques, des passeports de service alors que beaucoup ne parlent aucune langue guinéenne.  Ce qui veut dire qu’en Guinée, il suffit que vous tendiez quelques billets de banque aux officiers de  l’immigration pour qu’on fasse de vous un citoyen guinéen », regrette Dr Faya au téléphone de Guinéenews.

Pour lui, dans le cas précis, la Guinée ne peut qu’obtempérer aux demandes des Etats-Unis. Parce que, se justifie-t-il, ‘’les autorités guinéennes ne peuvent pas prouver que les personnes dont il est question de rapatrier, ne sont pas Guinéens du moment qu’ils portent sur eux des documents officiels de voyage qui ont été signés par ces mêmes autorités.’’

L’opposant pense qu’une telle sanction, surtout quand elle touche les officiels, donnera une leçon aux gouvernants.  « Nous sommes dans un pays où on trafique les diplômes, les passeports, les cartes d’identité. Bref, tout est pratiqué en Guinée », dénonce le président du Bloc Libéral avant d’ajouter : «les autorités doivent donc assumer leurs responsabilités et accepter que les gens soient rapatriés comme le demandent les Etats-Unis même si ce n’est pas simplement sous la  présidence d’Alpha Condé que ce trafic a lieu. »

Par ailleurs, il apprécie le fait que cette décision ne vise exclusivement que les officiels. Parce que si, souligne-t-il, cette mesure tombait sur le citoyen lambda, les autorités sans doute auraient continué à faire la même chose.

 

Passeports guinéens avec des étrangers: l’Ambassadeur des USA flingue les autorités guinéennes

«Ce n’est pas de notre responsabilité d’accepter les résultats de fraude des autorités guinéennes»

L’ambassadeur des Etats-Unis en Guinée,  invité lundi chez nos confrères d’Espace FM, a été très clair sur la détention par des étrangers des passeports guinéens. Pour lui,  il ressort de la responsabilité des guinéens d’accepter tous les détenteurs de passeports guinéens. Voici quelques extraits de cette interview.

De l’expulsion des Guinéens vivant en situation irrégulière aux Etats-Unis

« Cela est l’un des changements prioritaires du gouvernement Trump. Changement de priorité mais pas de lois. Pendant l’Administration du président Obama avec la crise d’Ebola, il y avait une suspension de voyage des Guinéens pendant la menace. Mais cela est terminé. Alors maintenant, il y une préoccupation de notre Administration sur l’application de la loi concernant l’immigration et il y a aussi une loi américaine qui dit que si un pays ne s’engage pas bien avec nos autorités d’immigration, il existe une possibilité de restriction de visas. En ce moment, notre ministre de l’Intérieur, si on peut l’appeler ainsi, a décidé que pour le cas de la Guinée, on n’a pas vu assez d’assistance dans ce processus. La lettre se trouve au niveau du Secrétariat d’Etat des Affaires Etrangères qui doit l’appliquer. Jusqu’à présent, nous n’avons pas pris la décision finale sur le comment on va l’appliquer et quelles seront les mesures. Mais c’est l’un des changements. Nous savons que la Guinée est l’une des sources principales de l’immigration clandestine vers les pays de l’Europe. La grande différence entre nous et les pays européens, c’est que la plupart des gens qui arrivent en Europe, s’auto-déclarent Guinéens. Ils n’ont pas de passeport et peut-être, ils n’ont pas de pièce d’identité. Mais 95% des Guinéens qui arrivent aux Etats-Unis, sont venus avec des passeports.  Et les passeports indiquent qu’ils sont des Guinéens. Et nous pensons qu’avec un passeport guinéen, le détenteur reste un Guinéen. (…)

Nous savons aussi qu’il y avait assez de fraudes dans le passé mais, on n’a pas noté que le gouvernement a annulé tous les passeports guinéens. Parce que, si on dit, oui il ya des gens avec des passeports, peut-être ils ne sont pas des Guinéens ou peut-être ils le sont. Alors comment on peut donner des visas à ces derniers.  A la Guinée de trancher s’ils sont Guinéens ou pas. Les autorités ont dit que même en cas de fraude, il faut accepter la validité du passeport. Maintenant si ces personnes arrivent pour dire, moi je suis par exemple malien, ou je suis sénégalais alors le gouvernement guinéen a le choix de les mettre en prison pour des fraudes ou de les expulser vers leurs pays.

Donc si ces gens sont arrivés aux Etats-Unis avec un passeport guinéen, c’est la responsabilité des guinéens d’accepter tous les détenteurs de passeports guinéens. Ce n’est pas de notre responsabilité d’accepter les résultats de fraude des autorités guinéennes. C’est votre problème. (…) »

Des conditions de rapatriement :

«Voila une autre différence entre l’Europe et les Etats-Unis. L’Europe est signataire de l’accord de Cotonou alors que les Etats-Unis ne le sont pas. Selon l’accord de Cotonou, il y a la possibilité pour aider de financer le retour des citoyens guinéens. Cela n’existe pas chez nous parce que nous ne sommes pas signataires de cet accord.

Notre préférence est de retourner les Guinéens par des vols commerciaux qui comportent d’autres passagers. Il y a des personnes qui arrivent à l’aéroport, qui font une crise et le pilote dit que ces personnes ne peuvent pas voyager avec nous. Dans ce cas, nous sommes obligés de les embarquer dans les vols Charter. La plupart de ces personnes sont des criminels qui sont sortis des prisons américaines. Alors pour ces cas, il y a des mesures de sécurité dans les avions. (…) »

De la collaboration avec l’ambassade de Guinée aux Etats-Unis  pour le rapatriement de ces Guinéens

«Chaque mois, nous donnons une liste de trente personnes qui sont prêtes à être rapatriées en Guinée. Et selon les accords, chaque pays a trente jours pour dire si oui ou non ils sont des citoyens de notre pays. Parce qu’il y a des gens qui sont déjà enregistrés au niveau de l’ambassade guinéenne. Donc, ils sont libres de reconnaitre ces gens ou pas. (…) Nous savons il y a des Guinéens qui passent à travers notre frontière avec le Mexique. Alors dans ce cas, il y a la possibilité de voir des gens qui sont rentrés sans document mais, cela est un petit pourcentage. Nous sommes donc prêts à travailler avec le gouvernement pour ce petit groupe de gens qui ne sont pas rentrés avec un passeport. Mais pour les autres, on ne peut rien faire parce qu’ils sont entré avec un passeport guinéen ».