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Etat Civil : la Guinée veut informatiser les extraits de naissance

Nombreux sont des citoyens guinéens qui n’ont pas d’extrait de naissance, puisque par ignorance ou négligence, la majorité des parents ne font pas les déclarations des naissances à la mairie. Pire, la délivrance de ces documents n’est pas contrôlée.

Pour mettre fin à cela, l’Etat guinéen, grâce au soutien de l’Unicef et de l’Union européenne, va informatiser le système de l’Etat civil. Le mercredi 15 novembre, les cadres concernés par ce travail se sont retrouvés à Conakry pour valider l’étude de faisabilité de ce processus.

Selon Marc Rubin, Directeur pays Unicef, l’informatisation de l’Etat civil a plusieurs avantages. «Un système d’Etat civil modernisé et informatisé facilitera la vie des citoyens guinéens en leur permettant d’accéder facilement à des documents d’Etat civil fiables et permettra au pays de mieux planifier son développement », a-t-il affirmé.

Mais pour y arriver, dit-il, il y a des préalables : « la stratégie nationale envisage l’informatisation de l’Etat civil dans une perspective progressive avec certains préalables à régler à savoir l’infrastructure, les ressources humaines et les capacités énergétiques. » C’est pourquoi des équipements informatiques, des panneaux solaires ont été déjà remis par l’Unicef et l’Union européenne à la Direction nationale de l’Etat civil ainsi qu’au centre d’Etat civil des six communes urbaines de la région de N’Zérékoré. C’est dans ces communes que le projet pilote de modernisation de l’Etat civil est mis en œuvre.

Mme Cécile, au nom du chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, a expliqué les conséquences pour la Guinée du manque d’un Etat civil fiable. « L’absence d’un Etat civil fiable qui est le point d’entrée de la réalisation des droits et le support de la planification du développement désavantage la Guinée et ses citoyens a fortiori dans un contexte de mobilité des populations de plus en plus important», a-t-elle fait savoir.

Pour qu’un pays se développe, il lui faut des statistiques fiables, soutient Moustapha Mamy Diaby, ministre des Postes, Télécommunications et de l’Economie numérique. « On ne peut établir des statistiques fiables sans Etat civil fiable. On ne peut pas mettre en place des politiques de développement socioéconomiques sans statistiques fiables et les  statistiques relatives à la population prennent leurs ressources au niveau de l’Etat civil », a indiqué le ministre Mamy.

Au nom du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, département tutelle de l’Etat civil, Moustapha Mamy a expliqué l’importance de l’informatisation du système de ce secteur : « dans un pays, certes, il est essentiel d’avoir un registre qui codifie de la naissance aux unions jusqu’à la mort, mais il est également important d’avoir d’autres registres qui prennent en compte le cycle de vie des populations en matière de santé, de migration, de sécurité et de mutations socioéconomiques à l’intérieur du pays pour qu’une fois ces différentes bases de données mises en place, les problèmes d’interopérabilité ne se poseront pas. »

L’informatisation des extraits des naissances ne va pas concerner uniquement les nouveau-nés, assure Ibrahima Kaba, Directeur national de l’Etat civil : « cette informatisation ne concerne pas que les nouveau-nés, parce qu’il y a lieu maintenant de faire en sorte que l’ensemble des populations se retrouvent dans une base de données et qu’elles puissent exercer leurs droits à travers des documents d’identités, des documents qui leur donnent la possibilité d’exercer ces droits. »

Selon M. Kaba, la création d’une base de données des naissances a aussi un autre avantage : « l’Etat a besoin d’avoir une base de données constante, dynamique, qui va toujours être renouvelée pour pouvoir permettre de lancer par exemple le fichier électoral et de donner des informations sur l’évolution de la population à travers la dynamique d’enregistrement des décès qui actualise le fichier. Et les décès vont dans le registre des décédés et les nouveau-nés, ceux qui atteignent les 18 ans, se retrouvent dans la catégorie des plus de 18 ans et bénéficient des droits qui s’y rattachent, le droit de vote par exemple. »

Plus loin, il précise que c’est un travail de reconstruction afin d’avoir des archives numériques qui est engagé : « pour le moment il y a vraiment un travail de fond qui va consister à reconstruire, à bâtir un système d’archivage numérique à travers ceux qui existent et ceux qui n’existent pas on  les enrôle et on les met dans la base de données. »