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Prisons guinéennes: situation sanitaire «alarmante», l’engagement des acteurs sollicité

Après celle sur la réinsertion socioprofessionnelle des détenus, une autre étude sur le système carcéral guinéen fait état d’une situation alarmante en ce qui concerne la santé des prisonniers.

Les résultats de cette étude ont réuni durant deux jours des acteurs de la justice et de la santé qui ont convenu qu’il faut des engagements politiques, financiers et budgétaires pour humaniser les conditions de détention. «Ce sont les premiers enseignements qu’on peut tirer des conclusions de cette étude », souligne Al Hassane O.A. Niang de B&S Europe, le bureau qui assure le Programme d’appui à la réforme du secteur de la justice (PARJU) en Guinée.

 L’étude a été menée par Dr Beng, une experte Camerounaise en santé pénitentiaire. Elle dit avoir visité neuf des 32 centres carcéraux du pays. Elle a aussi eu des entretiens avec 1279 détenus du pays. De ses visites et entretiens, elle a noté des environnements carcéraux vétustes, des infrastructures sanitaires dépassées voire inexistantes…

«D’autre part, il y a le comportement des détenus. Nous avons constaté qu’il y a beaucoup qui fume… beaucoup parmi eux consomment des stupéfiants comme l’héroïne, le chanvre indien   », a indiqué l’experte.

 Dr Beng a également constaté qu’il y a des détenus qui sont exposés au VIH SIDA, puisque certains tiennent des rapports sexuels dans leur lieu de détention.

Alors que les problèmes de santé demeurent, les infirmeries des prisons sont parfois désertées par le personnel sanitaire. C’est du moins ce que révèle l’experte. «Nous avons pu constater qu’il y a beaucoup des problèmes qui demandent vraiment la volonté et l’engagement de tous les acteurs de la santé, des ministères (concernés)  ainsi que des partenaires techniques et  financiers »,  a résumé en quelque sorte l’experte camerounaise.

 Si la situation est devenue telle qu’elle est aujourd’hui, c’est parce qu’il n’y a presque pas eu d’investissement dans le milieu carcéral depuis la période coloniale. C’est ce que croit Hassane Niang. Charles Victor Macka, le directeur national de l’administration pénitentiaire,  abonde dans le même sens. Celui-ci précise que la Maison centrale de Conakry avait été construite pour accueillir les indigènes réfractaires à l’administration coloniale. Les conditions de détention étaient donc insuffisantes. Or, cette prison n’a connu aucune amélioration convenable depuis l’indépendance du pays. Au contraire, la population carcérale a augmenté pour moins de cellules.

Les acteurs révèlent aussi que les problèmes de santé des détenus sont aussi liés au fait que le budget alloué à l’achat des médicaments essentiels destinés aux infirmeries des prisons est loin de satisfaire les besoins.  «Les procédures d’acquisition de ces médicaments qui échappent à la direction de l’administration pénitentiaire restent complexes et inefficaces, ce qui entraine une irrégularité notoire dans l’approvisionnement en médicaments par les infirmeries des prisons », révèle un document sur les prisons du pays.

 A noter que les études sur le système carcéral guinéen livrent souvent des résultats alarmants. L’avant-dernière étude révélait des prisons dégradées, des cellules surpeuplées, des gardes sans formation, un faible dispositif de réinsertion… Menées dans le cadre du PARJU (financé par l’Union Européenne), ces études ont pour objectif final, l’amélioration et l’humanisation des prisons guinéennes.

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