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Sixième examen global d’aide au Commerce de Genève : La Guinée obtient des financements

« La délégation guinéenne présidée par le ministre du Commerce qui a pris part récemment au 6ème examen global d’aide au commerce est revenue au pays avec des résultats très satisfaisants », a déclaré Marc Yombouno, ministre du Commerce, à Guinéenews© dans un entretien dont nous vous proposons un extrait..

Organisé par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), avec la participation de tous les pays membres de ladite organisation, le 6ème examen global d’aide au commerce qui se tient de façon biannuelle a porté sur l’évaluation du 5ème examen et présenté les nouvelles potentialités pour le sixième.

En ce qui concerne la délégation guinéenne, le ministre Marc Yombouno dit « avoir présenté le premier panel sur la connectivité de l’économie verte pour l’Union Africaine et le deuxième portait sur le rapport du cadre intégré renforcé ». Il a, à cet effet exposé sur l’expérience guinéenne en plus des activités en parallèle qui portaient sur des rencontres avec les responsables de l’OMC au niveau de Genève.

« Nous avons rencontré le directeur exécutif du cadre intégré renforcé de l’OMC. Il vous souviendra que c’est ce programme qui a financé le projet de développement de la filière mangue. Et on a eu la bonne nouvelle qu’ils nous ont annoncée : le prochain financement de 1,5 millions de dollars pour l’équipement de notre laboratoire de contrôle de qualité », a annoncé le ministre.

« La deuxième visite, a-t-il poursuivi, c’était au niveau de Madame la directrice générale du Centre International du Commerce, qui est déjà agente d’exécution pour le fonds fiduciaire pour la limitation de l’immigration. En Guinée, le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi jeune ainsi que d’autres départements font partie de ce projet qui va voir le jour bientôt ».

Selon Marc Yombouno, le commerce a un volet de 15 millions de d’Euros sous le couvert du Centre international du Commerce.

« Nous sommes passés pour féliciter ce centre. Et là aussi, nous avons eu la bonne nouvelle que la Guinée bénéficiera d’un programme de développement de la filière cacao. Auparavant, la Guinée n’était pas bénéficiaire. Avec notre présence et le plaidoyer qu’on a posé, la Guinée a été introduite comme bénéficiaire en plus du Libéria et de la Sierra Leone. C’est un grand projet qui est financé par le ministère du Commerce et des Affaires Etrangères de la Hollande », a également annoncé le ministre du Commerce.

La délégation guinéenne a aussi participé à la signature d’une prolongation du programme de l’OIF (organision internationale de la francophonie). « Et donc, il y a eu le financement d’autres activités avec l’Union Européenne avec la participation des ACP dans le cadre de l’élargissement de ce programme », a souligné le ministre.

Dans l’ensemble, rappelle-t-il, il faut retenir que le cas du projet de développement de la filière mangue de la Guinée a été bien apprécié lors d’un déjeuner avec les donateurs. « Là aussi, j’ai présenté le cas guinéen, les impacts et résultats atteints. Et ce plaidoyer a été bien apprécié. Et nous avons pu convaincre d’autres donateurs à s’intéresser de plus à la Guinée et à voir aussi que l’argent qu’ils ont investi en Guinée n’est pas allé fortuitement à terre, mais qu’il y a un retour à l’investissement », a précisé Marc Yombouno.

Globalement, d’après le ministre, ça été une très bonne mission et la restitution est annoncée pour bientôt afin de préparer les préalables sur la réalisation des annonces pour les financements obtenus.

« La directrice générale du centre international du commerce au niveau de l’OMC compte visiter le pays, mais elle compte profiter du lancement d’un projet dont ils ont programmé le financement en Guinée. La mission a été très positive et nous en sommes très fiers », s’est réjoui le ministre du Commerce.

G-5 Sahel : que cache sa logique de va-t-en-guerre sans « le nerf de la guerre » ?

Comme s’ils se sont donné la consigne, les dirigeants africains actuels adoptent presque à l’unanimité une attitude déplacée de suffisance et d’indépendance dans le besoin qui fait baisser la tête et tomber les bras.

Les Africains ont vu à suffisance dans l’amertume que sans l’aide et l’intervention de la France et de l’ONU, les foyers de tension au Mali et en Centrafrique eussent entraîné tout le continent dans une mêlée de guerre civile générale. Parler de génocide dans ces cas, serait peu dire. Mais sans tirer les leçons, nos dirigeants continuent de confondre vitesse et précipitation et placer les bœufs devant la charrue. Il faut dire que la charrue n’a jamais tiré les bœufs.

Ainsi, l’UA n’a pas encore atteint son objectif de réunir la totalité des cotisations pour le fonctionnement des institutions et on doute que cela soit réel et effectif avant une ou plusieurs années supplémentaires, l’on a trouvé le moyen de parler trop vite avec emphase que l’aide de l’extérieur est une humiliation. Alors que depuis les indépendances, l’OUA et l’UA  n’ont jamais fonctionné à plein rendement sur financement et fonds propres comme d’ailleurs la quasi-totalité des Etats qui, sans aides au développement et budgétaires tous azimuts, seraient incapables de tenir débout, à fortiori prélever les 0,2% prévus sur les importations hors d’Afrique.

Mais concernant les nouvelles taxes, les ACP (Afrique-Caraïbes-Pacific) commencent à marmonner dans leurs barbes. On attend avec curiosité et impatience ce que d’autres partenaires commerciaux vont dire si leurs marchandises sont frappées de plus de taxe que conventionnellement et que dire des répercutions logiques sur les consommateurs africains. On pourrait voir que ces 0,2% que demande l’UA à ses membres ne seront autre chose qu’un caprice qui va se transformer en boomerang économique pour la postérité.

Sans voir le fond des choses, le G-5 suit la voie de son maître, mais  comme un bébé prématuré qui vient d’être baptisé, qui tient à peine débout sur ses jambes flageolantes, veut en découdre seul à seul avec Boko Haram et les terroristes qui sont partout au Mali.

Si le G-5 revendique une autonomie et une indépendance totale pour avoir les coudées franches dans cette guerre asymétrique, même sans assez de moyens matériels et financiers, c’est que le ras-le-bol est exaspérant. On dit que sur un minimum de 423 millions d’euros, les cinq membres ne peuvent mettre que 10 millions chacun dans la corbeille, que la France ne veut mettre que 8 millions sur 5 ans et l’UE a promis 50 millions. Dans ce cas, comment les cinq pays du Sahel pourront mettre leurs 0,2% dans la corbeille de l‘UA ?

Mais avec un total de 108 millions théoriquement dans la besace sur les 423 millions nécessaires pour prétendre faire face à Boko Haram et aux terroristes de tous poils qui pullulent entre le Mali et les autres pays, même Don Quichotte n’aurait pas la prétention téméraire de revendiquer une autonomie pour faire peur aux djihadistes.

On a entendu IBK dire doctoralement que son pays n’est pas occupé par une puissance étrangère. Ça n’est pas de la méthode Coué, c’est Coué, lui-même. Certes, les forces qui écument dans son pays ne sont pas une puissance étrangère, mais ce sont elles qui font la loi au nord, en dépit de la présence de la MINUSMA et de Barkhane, en plus des forces maliennes.

Cependant, si le G-5 du Sahel veut seul en découdre vaille que vaille une fois pour toutes avec les terroristes, cela veut dire que l’efficacité des forces d’interposition internationales n’inspirent plus confiance aux membres qui voient les choses traîner en long, en large et en travers. Pour cette raison, ils veulent faire un ratissage contre les barbus sans savoir par où commencer. Les djihadistes étant dispersés en cellules dormantes au Cameroun, au Nigeria, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Mali. Dans un cas pareil, attaquer aveuglement un front laisse libre cour dans les arrières et les autres flancs.

Emmanuel Macron, bien habitué aux hâbleries creuses de ses partenaires en difficulté, tient à garder les commandes, parce que si jamais les djihadistes mettaient le G-5 en déroute, il serait très difficile de reprendre les parties qu’ils vont investir. On a déjà vu cela au Moyen-Orient, avec Israël.

Mais aussi, si le G-5 est abandonné pour donner l’impression d’une coquille vide, cela renforcerait le moral des autres. La solution n’est pas militaire et les approches politiques actuelles ne rapprochent pas les positions. Toutefois, l’impasse n’est pas irrémédiable. Cherchons encore et rapidement la solution.

Moïse Sidibé

 

Dossier : La diplomatie guinéenne face aux défis du 21ème siècle – Le cas de Bruxelles !

Deuxième partie : 900.000 Euros pour quinze ans de loyer pour l’ambassade de Guinée à Bruxelles.

Avant d’entamer cette 2ème partie de la série sur les ambassades de la Guinée à l’étranger, Guinéenews© tient à partager avec ses lecteurs, la réaction de Dr Ousmane Sylla, l’ambassadeur de Guinée auprès de l’Union Européenne suite à la parution du 1er article d’une série sur les ambassades guinéennes à l’étranger- signé par Dr Youssouf Boundou Sylla. Lire ou relireDiplomatie : Des budgets de complaisance accordés à certaines ambassades ou l’autopsie d’une gabegie financière…

Ce dont notre interlocuteur-diplomate fait état, est un phénomène déjà connu et si bien effectué, dans les normes de l’art, l’État économiserait des millions de dollars au pays. Il s’agit de la gestion du patrimoine immobilier et des investissements de l’Etat, à travers l’achat d’immeubles et de bâtiments, pouvant abriter les chancelleries, les résidences des diplomates. Or dans ce secteur, la Guinée a très peu fait et n’a pas tenu compte du coût spéculatif dans les grandes villes. Acheter et équiper une ambassade fait beaucoup économiser à l’Etat. Au lieu par exemple que le président Alpha Condé récemment en France, reste dans un palace parisien où les prix sont exorbitants et là où il pourrait être écouté, piégé et filmé, par des agents de toutes sortes, il aurait pu séjourner à la résidence de l’ambassade de Guinée, à Paris.

Quand un président américain, français ou de n’importe quel grand pays visite un pays étranger (même lors d’une visite d’Etat), alors il ou elle, élit domicile chez son ambassadeur. Ce sont le plus souvent les dirigeants africains, francophones de surcroît, qui se font la compétition d’être de bons clients des hôtels parisiens, genevois ou New Yorkais.

Guinéenews© reviendra largement sur ce sujet dans son enquête où il compte vous présenter quelques ambassades par continent et passer en revue les raisons de l’existence et du maintien de ces ambassades, missions diplomatiques et consulats.

Pour le moment, l’on va continuer à se pencher sur la capitale belge, qui s’avère être le siège de l’Union Européenne et de l’OTAN. Et nous allons partager avec vous les échanges du diplomate guinéen, avec le correspondent de Guinéenews©, à Bruxelles, Bassamba Diallo.

Pour rappel, le budget de cette ambassade de Guinée en Belgique basé à Bruxelles :

Traitement et Salaires
2 395 604 000 GNF
238 338 EUR

Opérations
3 756 577 000 GNF
373 741 EUR

(Source : Loi des finances initiale 2017 – Ambassades de Guinée-Budget2017).

A son crédit, le chef de la diplomatie guinéenne à Bruxelles a joué à la transparence en voulant nous parler sans tabou sur les problèmes auxquels sont confrontés sa juridiction, car il faut oser le dire, il n’a pas été le seul à avoir été contacté, mais il a été le premier à s’ouvrir et de parler de la vitrine de la Guinée à Bruxelles. Il est à être encouragé pour cela.

D’entrée de jeu, l’ambassadeur précise :  » Je m’exprime au nom de trois pays qui relèvent de ma juridiction et non au nom du ministère des affaires étrangères  » avant d’ajouter :  » Il serait plus intéressant de nous contacter avant de publier un tel article pour connaître les charges dont certaines ambassades font face « , sans pour autant infirmer les chiffres avancés par Guinéenews© dans l’article en question.

L’ambassadeur Ousmane Sylla confirme par ailleurs que pour les premiers trimestres de 2016 et 2017, ils n’ont reçu que 20% du budget de fonctionnement, sans aucune autre explication de la part du ministère des Affaires étrangères. La question que l’on se pose est de savoir où sont passés les 80% de deux trimestres. La ministre Makalé Camara et les cadres du département des affaires administratives et financières peuvent-ils éclairer la lanterne des Guinéens sur la destination du reste de la somme ? D’ailleurs, c’est le cas de presque toutes les ambassades. Pourtant, l’on nous informe d’une source généralement très crédible, que les 20% ne représente que les charges des ambassades et que le reste sera viré au deuxième trimestre !

Dès l’entame, Ousmane Sylla dit être convaincu que le budget d’un pays qui fait de la relation bilatérale ne peut pas être au même  niveau que celui d’un pays qui fait des relations bi-et multilatérales. “ Dans la juridiction de Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), nous faisons du bi-et du multilatéral. Nous devons couvrir trois pays, ce qui demande un budget de fonctionnement conséquent et donc plus élevé qu’un pays qui ne fait que du bilatéral. En plus Bruxelles est la capitale de l’UE (Union Européenne), un point stratégique où il y a beaucoup d’activités. Il ne faut pas voir seulement le budget de fonctionnement mais il faut voir aussi ce que l’ambassade a apporté à la Guinée, le bilan doit être pris en compte ”, insiste-t-il. 

Dans la foulée, l’ambassadeur Sylla expose son bilan en ces termes : “ C’est grâce à d’intenses négociations menées par l’ambassade à Bruxelles et des nombreux déplacements, que la Guinée a pu obtenir  le 10e FED (Fonds Européen du Développement)  en 2012 et le 11e FED en 2014, plus une enveloppe de 55 millions d’euros d’aide publique au développement accordée à la Guinée par les Pays-Bas et la Belgique en 2016. « 

Poursuivant, il égrène les nombreuses réunions et conférences auxquelles l’ambassade de Guinée à Bruxelles doit prendre part pour justifier le budget qui leur est accordé. Dans le cadre, de la coopération bilatérale, il a cité entre autres les rencontres à la CPI (Cour Pénale Internationale), à la CIJ (Cour Internationale de Justice, à l’Organisation Internationale pour l’Interdiction des Armes Chimiques aux Pays-Bas et à la BEI (Banque Européenne d’Investissement).

Sur le plan multilatéral, le chef de la mission guinéenne mentionne les rencontres à l’Union Européenne, aux ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) à Bruxelles, au Parlement européen à Strasbourg.

Selon ses mots, il y aurait plusieurs rencontres auxquelles l’ambassade n’aurait pas pris part à cause de l’insuffisance des moyens financiers mis à leur disposition. Cependant, plusieurs diplomates à la retraite contactés par votre quotidien électronique affirment en choeur que la participation à toutes les réunions citées par l’ambassadeur ne justifient l’octroi d’un tel budget, à l’ambassade de Guinée en Belgique ! Car, disent-ils, l’ambassade de Guinée, en France par exemple ne fait pas du multi-latéral, mais elle a le buget le plus élevé après celle de Genève (voir : Ambassades de Guinée-Budget2017).

La résidence de l’ambassadeur achetée en 1980 par l’Etat guinéen et entièrement payée, Guinéenews© a voulu savoir à quoi d’autres le budget de l’ambassade était consacré.

En réponse à cette question, l’ambassadeur a dit que le budget servait aussi à payer les frais des missions à l’étranger, les frais de déplacement, les frais de participation dans les différentes réunions et conférences et puis le loyer de La chancellerie.

Depuis 2012, ce loyer coûte 5000 euros par mois à l’ambassade, y compris toutes charges de fonctionnement, comme eau et électricité. Ce qui représente 60.000 Euros ou 600 millions de Francs Guinéens .En 15 ans donc, ce sont 900.000 Euros qui ont été déboursés pour la chancellerie de Bruxelles.

Enfin, le chef de la diplomatie guinéenne au Benelux partage la conclusion de Guinéenews© pour rationaliser les dépenses au sein des missions diplomatiques et qu’à cet effet, il a déjà envoyé à Conakry depuis 2015 un dossier pour l’achat d’une chancellerie dans la commune de Kraainem, mais qu’à cause d’Ebola, et de problème de budget, la Guinée n’a pu acheter le bâtiment.

Avant la fin de l’interview, M. Sylla a manifesté le désir d’accroître son personnel si les moyens le permettaient pour pouvoir bien effectuer son travail.

Justement à propos du personnel des ambassades guinéennes, votre quotidien y reviendra largement dans ses prochaines éditions sur le recrutement et les nominations bancales basées souvent sur le copinage.

Une dépêche de Bassamba Diallo, avec la collaboration de Mouctar Baldé, Boubacar Caba Bah et de Youssouf Boundou Sylla

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