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accusations se rejettent la responsabilité

Explosion des prix sur les marchés de Conakry: les consommateurs accusent l’Etat et les commerçants

Les prix des denrées de première nécessité connaissent une hausse vertigineuse actuellement en Guinée. Dans toutes les villes du pays, le cri du cœur reste le même, les prix sont exorbitants et les produits surtout locaux sont rares. Ainsi après une dizaine de jours depuis le début du Ramadan, notre Rédaction a fait un tour dans certains marchés de la banlieue de Conakry pour s’enquérir de la situation sur le terrain.

Au grand marché de Cosa communément appelé «Makity Sosso », Aïssata Diallo, vendeuse de produits locaux, parle des raisons de cette cherté de la vie : « je vends du piment, du soumbara, (le bouillon local), du fonio et d’autres produits. Mais actuellement, difficilement on trouve ces produits chez nos fournisseurs en plus les prix sont très chers. Par exemple, le kilogramme du Soumbara est aujourd’hui vendu entre 15 et 20 milles francs guinéens et nous le revendons parfois à 22 ou 25 milles GNF, selon la qualité. Il y a aussi une qualité qui n’est pas très bonne et celle-ci se revend entre 13 et 16 milles. Seulement avec la déforestation, le Soumbara se fait de plus en plus rare. Parce que tous les arbres sont coupés. Le kilo du fonio est à 13 milles gnf, c’est autant dire combien de fois le marché est difficile en ce moment », se lamente notre interlocutrice.

Assise sur l’un des bouts de sa table, Binta Cissé, vendeuse de légumes, va de son commentaire: « à Conakry, on ne cultive rien. Tous ces légumes que vous voyez viennent de l’intérieur du pays. Avec la distance et l’état de nos routes, les chauffeurs n’acceptent presque pas de transporter les bagages et s’ils acceptent, c’es contre des prix exorbitants. C’est pourquoi, nous sommes  obligées de revoir les prix à la hausse les prix à la vente pour pouvoir nous en sortir.»

«C’est devenu une mauvaise habitude pour les commerçants d’augmenter les prix pendant le mois de Ramadan et cela très grave dans un pays. Mais je pense que l’Etat a une part de responsabilité dans cette situation. Car, il ne contrôle pas les prix, chacun vend selon son humeur. C’est inadmissible fustige », Kadiatou Barry, une femme de ménage qu’on a rencontrée au marché de Matoto.

Avec le Ramadan on est obligé de préparer plusieurs plats mais le marché est difficile, a-t-elle déclaré et d’ajouter : en ce moment, il n’y a pas de légumes, le peu qui existe est très chers. Par exemple, dit-elle, on achète un gombo à 1000 francs, une aubergine à 2000 fg, le piment, c’est deux ou trois pour 1000 gnf et d’autres condiments sont d’ailleurs introuvables.

La viande est devenue un luxe pour beaucoup de consommateurs, le poisson lui se fait rare et le peu qui existe, se négocie à un prix exorbitant laisse entendre une autre femme. « Je viens d’acheter 1kg de viande à 38 500 gnf. Depuis que je suis venue à Conakry, je n’avais jamais vu une telle cherté. Quand on demande aux bouchers, ils te répondent que c’est à prendre ou à laisser. Parce que, selon eux, les bêtes sont chères. Pour le poisson, il n’y a que des petits et cela avec un prix cher. Donc, on se demande comment faire. Si le gouvernement pouvait nous aider, on serait vraiment soulagée», a-t-elle plaidé.

Mamadou Gandho est boucher, il accuse la rareté des bœufs et l’état de dégradation des routes pour justifier le prix actuel de la viande sur le marché : « je ne vous le cache pas, les bêtes sont très chères et rares. Les bœufs sont tous exportés vers les pays voisins tel que le Libéria, la Sierra Léone, le Mali… En plus l’Etat de nos routes entrave la circulation. Les chauffeurs de camion ont revu le prix du transport à la hausse. Pour une seule bête, on payait avant 300 milles alors qu’on l’achète entre 2,5 jusqu’à 4 millions. Mais malgré tout, on vend le kilo de viande à 35 mille. Il y a quelques jours, on vendait entre 37 et 38 milles mais le Premier ministre  a fait un communiqué à la radio pour nous demander de diminuer, du coup, actuellement moi, je vends à 35 milles comme convenu, pour les autres, je ne sais pas à quel prix, ils vendent.»

 Du coté du riz et des huiles, les prix n’ont presque pas changé car, le kilo du riz local est à 700 milles francs, celui importé entre 5500 et 6000, selon la qualité. Pour l’huile d’arachide, le litre est vendu à 12000 gnf même prix pour l’huile de palme, appelée huile rouge.

Fatoumata Dalanda 

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