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Accidents de la route

Série d’accidents mortels à Bourouwil: la zone est-elle hantée ou faut-il accuser l’imprudence des conducteurs ?

Trois morts, dix-neuf blessés et d’importants dégâts matériels, c’est le bilan de deux accidents que la localité de Bourouwil enregistre en moins d’un mois. Située dans la sous-préfecture de Saramoussaya au PK 75, sur la nationale Dabola-Mamou,  la localité de Bourouwil se remet à peine de la scène de violence traumatisante vécue par ses habitants lorsqu’une voiture avait dérapé non loin du village, le 16 novembre dernier, en pleine journée.

 

Cet accident  avait fait deux morts dont un nigérian, 6 blessés légers et d’importants dégâts matériels. Le service constat de la Compagnie Sécurité Routière de Mamou avait relevé l’excès de vitesse à l’encontre du chauffeur.

Le lieu de l’accident, de par la configuration du terrain, présente des risques. Une descente qui aboutit à deux virages successifs menant dans la localité de Bourouwil. Un arbre est situé là, en bordure de route. C’est contre lui que s’est littéralement fracassée la voiture qui, autrement, serait tombée dans le ravin.

 Les habitants de Bourouwil  espéraient ne plus jamais avoir à vivre pareil cauchemar, jusqu’à cet autre jour fatidique du 4 décembre qui a vu le même scénario se répéter. Absolument à l’identique !

 Pour ce second cas, la Compagnie Sécurité routière de Mamou indique que l’accident s’est produit aux environs de 16 h30 mn. Le véhicule en cause est un minibus immatriculé RC 0427R, conduit par Mamy Cé Patrice.

Cet autre chauffeur, comme son homologue de l’accident précédent, a roulé plus vite qu’il n’en fallait. Le virage était là, de même que l’épave de la première voiture. Sous l’effet de la vitesse, il n’a pas pu tourner et a donc pris à son tour, de plein fouet, le même arbre, solidement ancré sur les lieux.

 Le bilan a été cette fois de 01mort (Abdourahmane Sow), 13 blessés dont 08 femmes et d’importants dégâts matériels.

Les blessés ont été transportés à l’hôpital régional de Mamou.

Quant au conducteur, il est retenu pour des fins d’enquête à la gendarmerie.

Cette série d’accidents en un même lieu interpelle au plus haut point la Compagnie Sécurité routière de Mamou.

Son premier responsable, le chef d’escadron Koїkoї Goepogui  décide de prendre les devants pour ne pas laisser le fatalisme gagner les esprits et s’emparer de l’opinion : « Par expérience, nous savons que les nouvelles vont vite dans le milieu des transports routiers en rase campagne. Si rien n’est fait rapidement, la rumeur risque de prendre le dessus pour insinuer que le virage ou même toute la zone est hantée par des diables ou des mauvais esprits. Une  manière de simplifier les choses pour vite trouver une explication à l’origine des accidents. Cela entraine de la résignation chez les conducteurs très sensibles à ce genre de message. Ils ne se préoccupent plus alors d’un quelconque respect du code de la route. Ils s’en remettent plutôt, disent-ils, au destin, à la volonté divine. Ce qui porte un grave préjudice à la prévention routière.

Nous restons formels et affirmons que ces deux accidents sont dus à l’excès de vitesse. Une infraction à imputer aux conducteurs qui pratiquent habituellement la zone en toute connaissance de cause, conscients des risques qu’ils prennent. Sinon, tout conducteur digne de ce nom qui aborde une descente avec un virage au bout, ou qui traverse une localité rurale doit rester prudent et réduire sa vitesse, même sans signalisation appropriée.

Je vous dirais d’ailleurs pour terminer, que l’excès de vitesse reste la principale infraction que nous et les autres compagnies sécurité routière homologues enregistrons chaque année. Dans tous les accidents où l’excès de vitesse est relevé comme agent causal, les conséquences ont été toujours graves. »

 Pour le chef d’escadron Koїkoї Goepogui, la stratégie à mener doit reposer avant tout sur la prévention dont il articule certains axes : « Notre service va réagir rapidement  par l’organisation de patrouilles fréquentes sur zone, doublée d’une sensibilisation des habitants de Bourouwil sur les causes réelles des deux accidents survenus dans leur localité.

Parallèlement, nous allons inviter les services techniques des TP et des Transports à nous accompagner sur les lieux pour évaluer les risques éventuels et apporter une réponse rapide à cette fréquence insolite d’accidents.

De même, notre service va s’adresser aux organisations syndicales de transport à tous les niveaux,  pour une large sensibilisation des chauffeurs qui fréquentent cette zone et même au-delà, sur toutes les routes de notre pays. »

‘’A propos des drames de Dubréka, il n’y a aucun mauvais sort, ni aucune fatalité à invoquer’’, dixit le SG du syndicat des transports

Affirmer que la commune de Dubréka est traumatisée est une lapalissade. On le serait pour moins que ça. Quatre accidents mortels  entre le 6 et le 15 mai. Un  bilan qui avoisine les quarante morts, de nombreux blessés, des dégâts matériels importants. Et pour couronner le tout, des manifestations qui ont généré des actes de vandalisme. Tous les camions mêlés à ces différents accidents ont été systématiquement incendiés. La marche qui a conduit des élèves  grognards de Kagbélèn au centre ville de Dubréka  à paralyser la circulation et entrainer des caillassages. La ville et ses environs ont vécu quelques jours d’incertitude.

Aujourd’hui la situation  est redevenue normale. Les activités ont repris. Seules les carcasses des véhicules accidentés et incendiés restent  encore visibles. Tels des stigmates dressés là pour rappeler les tragédies successives.  En dépit du calme apparent, ces catastrophes routières auront laissé des traces et marquées d’une empreinte indélébile le subconscient collectif.

De  nombreuses rencontres ont eu lieu sous l’autorité du préfet pour faire face à cette situation calamiteuse et en atténuer les effets dévastateurs.

Nous avons rencontré Naby Camara, le Secrétaire général  du syndicat CNTG des transports et de la mécanique générale de Dubréka qui a bien voulu répondre à nos questions.

Guinéenews : comment avez-vous vécu cette série de catastrophes routières dans  votre commune?

Naby Camara : très mal. Je vous le dis sincèrement, j’ai vécu très mal ces accidents qui ont fait tant de morts et de blessés graves dans ma commune. J’ai toujours été très sensible au malheur d’autrui. Je partage cette grande douleur en communion avec tous les citoyens de Dubréka et d’ailleurs. Je suis très peiné et très concerné par ces évènements et cela, à plusieurs titres : en tant qu’être humain, en tant que croyant et en tant que premier responsable du syndicat préfectoral des transports et mécanique générale.

 Guinéenews: aviez-vous connu pareille situation auparavant?

Naby Camara : je vous réponds non,  sans hésiter. Je suis à Dubréka et j’évolue dans le syndicat depuis de nombreuses années. Jamais auparavant, pareille situation n’a été enregistrée ici. Autant d’accidents qui se répètent des jours d’affilée comme pour ne plus s’arrêter, autant de morts et de blessés graves en un laps de temps aussi court, ça c’est bien la première fois que nous le vivons dans notre préfecture. Tout le monde vous le confirmera.

Guinéenews : qu’est-ce qui peut expliquer cette répétition d’accidents mortels, serait-ce le coup du mauvais sort comme certains l’ont évoqué?

Naby Camara : beaucoup parmi nous sont portés à expliquer les accidents uniquement par la fatalité, la volonté divine ou comme vous le dites, le mauvais sort. Nous sommes d’accord, car chacun de nous a sa façon de voir et de comprendre les choses. Nous sommes croyants, mais reconnaissons que lorsque nous devenons adultes, les actes que nous posons nous engagent toujours. La religion comme la loi sont formels là-dessus. A partir du moment où on a atteint l’âge de la raison on doit faire la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est interdit et ce qui est permis. Dans la circulation, il y a les règlements, il y a le code de la route.  Quand on respecte ce qui est recommandé, vraiment tout se passe bien. Il faut de rares cas pour qu’il y ait problème et même dans ce cas, ce ne sera pas grave vu que la prudence est observée au préalable. Pour chacun des accidents graves qui se sont produits successivement ces derniers jours chez nous ici, la police a fait le constat pour situer les responsabilités. Quant à nous syndicalistes, l’un des volets de notre mission consiste à informer et sensibiliser nos chauffeurs-mandants pour qu’ils se comportent comme il faut dans la circulation. De par notre petite expérience dans la conduite automobile et la gestion des chauffeurs nous estimons que l’excès de vitesse, la surcharge et les croisements et dépassements défectueux sont pour beaucoup dans les causes de ces différents cas d’accidents. D’autres aspects pourraient être évoqués par les experts en la matière. Mais, nulle part il ne vous sera dit que tel ou tel accident est la résultante du mauvais sort jeté au propriétaire ou au conducteur. En tout cas, ce sera difficile à prouver.

La route nationale qui traverse Dubréka en direction de Boké ou Fria est l’une des meilleures de notre pays. En dehors de quelques points noirs dans la zone de Kagbélen, elle est en assez bon état et surtout elle est droite et peu escarpée. Cela explique la grande vitesse pratiquée par les conducteurs qui l’empruntent. Le danger vient aussi de la présence permanente des gros camions  de transport de sable qui vont et viennent, jour et nuit sur cette artère, entre Tanènè et Conakry. Quand on ajoute à tout ça l’immobilisation des véhicules en panne sans signalisation adéquate et la circulation des taxis-motos, on a presque fini de présenter les facteurs à l’origine des accidents à Dubréka.

Guinéenews : si vous dites qu’on a fini presque de citer les causes d’accidents à Dubréka, cela signifie qu’il y en a d’autres?

Naby Camara : oui, il existe d’autres causes d’accident bien réelles et fréquemment observées. C’est d’abord la tendance à l’empressement général qui semble s’être emparé de tout le monde. Les gens sont très pressés et cela se ressent dans la circulation. On ne prête attention à rien et on fait très peu cas du code de la route. Et dans ces conditions, vous qui voulez que les choses changent, vos conseils ne portent pas.

En plus, de nombreux conducteurs boivent de l’alcool ou prennent de la drogue avant de conduire.

Guinéenews : votre préfecture est traversée par la route nationale n0 3 qui est très fréquentée. Entre les conducteurs relevant de votre syndicat et les «étrangers» à Dubréka, qui sont juste de passage, lesquels font plus d’accidents?

Naby Camara : les conducteurs de passage dans notre préfecture sont les plus nombreux à commettre des accidents. La raison est bien simple : la qualité de la route les surprend agréablement. Leur vigilance se relâche et ils commettent des infractions qui entrainent des accidents.  

Guinéenews : que dites-vous du comportement des populations qui mettent systématiquement le feu à tout camion impliqué dans un accident à Dubréka?

Naby Camara : ce fait est très regrettable. Nous l’avons toujours déploré et dénoncé.  Les autorités préfectorales et communales à tous les niveaux sensibilisent régulièrement les populations riveraines sur le sujet. Ces efforts ne semblent pas avoir porté fruit pour le moment. Le phénomène se poursuit encore malheureusement. En attendant que l’effet de la sensibilisation soit visible, il faut renforcer la qualité des secours. Nous avons constaté que lorsque la sécurité arrive rapidement et en nombre sur les lieux d’accident, aucun véhicule n’est brûlé. C’est déjà une piste de solution. Les autorités judiciaires doivent s’impliquer fortement pour combattre fermement et systématiquement cette pratique de vandale visant à aggraver inutilement le problème déjà posé.

Guinéenews : vous avez participé à de multiples rencontres avec les autorités compétentes depuis le début de cette série de tragédies routières. A quels résultats avez-vous abouti ?

Naby Camara : effectivement, depuis l’accident de Yorokoguia, nous avons été conviés à de nombreuses rencontres à la préfecture, mais aussi à la Direction Centrale de la Sécurité Routière et à notre Fédération Syndicale Nationale. Des réunions de sensibilisation nous ont conduits aux parcs de camions de transport de sable à la T5 et au ‘‘grand moulin’’ à Kagbélèn. Tous les chauffeurs membres de notre centrale qui évoluent de Tondon à Kagbélèn, y ont pris part.  Des appels à la prudence ont été lancés. Autour de notre préfet et dans le même objectif, les différentes rencontres ont été élargies à tous les acteurs : la commune, la sécurité, la justice, la santé, les TP, les syndicats et les responsables des quartiers. Parmi les mesures prises au terme de cette série de rencontres on peut citer l’interdiction de la vitesse excessive, de la surcharge et du transport de deux passagers à l’avant des véhicules.

Guinéenews : vous pensez que cela suffira à mettre fin à ces accidents ?

Naby Camara : nous restons optimistes. Il faut un début à tout, de la patience, de la persévérance et surtout, des efforts soutenus.

Guinéenews : comment comptez-vous faire pour une application correcte de ces mesures ?

Naby Camara : par la rigueur et la constance dans le contrôle. Les services de sécurité sont à pied d’œuvre pour l’application correcte des décisions préfectorales. Nous appuyons leur action sur le terrain. Tous nos mandants sont informés de la pertinence de ces mesures qui sont en phase avec les règles du code de la route. L’objectif principal étant de renforcer la sécurité routière dans notre pays.

Entretien réalisé par Diao Diallo

 

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‘’A propos des drames de Dubréka, il n’y a aucun mauvais sort, ni aucune fatalité à invoquer’’, dixit le SG du syndicat des transports

Affirmer que la commune de Dubréka est traumatisée est une lapalissade. On le serait pour moins que ça. Quatre accidents mortels  entre le 6 et le 15 mai. Un  bilan qui avoisine les quarante morts, de nombreux blessés, des dégâts matériels importants. Et pour couronner le tout, des manifestations qui ont généré des actes de vandalisme. Tous les camions mêlés à ces différents accidents ont été systématiquement incendiés. La marche qui a conduit des élèves  grognards de Kagbélèn au centre ville de Dubréka  à paralyser la circulation et entrainer des caillassages. La ville et ses environs ont vécu quelques jours d’incertitude.

Aujourd’hui la situation  est redevenue normale. Les activités ont repris. Seules les carcasses des véhicules accidentés et incendiés restent  encore visibles. Tels des stigmates dressés là pour rappeler les tragédies successives.  En dépit du calme apparent, ces catastrophes routières auront laissé des traces et marquées d’une empreinte indélébile le subconscient collectif.

De  nombreuses rencontres ont eu lieu sous l’autorité du préfet pour faire face à cette situation calamiteuse et en atténuer les effets dévastateurs.

Nous avons rencontré Naby Camara, le Secrétaire général  du syndicat CNTG des transports et de la mécanique générale de Dubréka qui a bien voulu répondre à nos questions.

Guinéenews : comment avez-vous vécu cette série de catastrophes routières dans  votre commune?

Naby Camara : très mal. Je vous le dis sincèrement, j’ai vécu très mal ces accidents qui ont fait tant de morts et de blessés graves dans ma commune. J’ai toujours été très sensible au malheur d’autrui. Je partage cette grande douleur en communion avec tous les citoyens de Dubréka et d’ailleurs. Je suis très peiné et très concerné par ces évènements et cela, à plusieurs titres : en tant qu’être humain, en tant que croyant et en tant que premier responsable du syndicat préfectoral des transports et mécanique générale.

 Guinéenews: aviez-vous connu pareille situation auparavant?

Naby Camara : je vous réponds non,  sans hésiter. Je suis à Dubréka et j’évolue dans le syndicat depuis de nombreuses années. Jamais auparavant, pareille situation n’a été enregistrée ici. Autant d’accidents qui se répètent des jours d’affilée comme pour ne plus s’arrêter, autant de morts et de blessés graves en un laps de temps aussi court, ça c’est bien la première fois que nous le vivons dans notre préfecture. Tout le monde vous le confirmera.

Guinéenews : qu’est-ce qui peut expliquer cette répétition d’accidents mortels, serait-ce le coup du mauvais sort comme certains l’ont évoqué?

Naby Camara : beaucoup parmi nous sont portés à expliquer les accidents uniquement par la fatalité, la volonté divine ou comme vous le dites, le mauvais sort. Nous sommes d’accord, car chacun de nous a sa façon de voir et de comprendre les choses. Nous sommes croyants, mais reconnaissons que lorsque nous devenons adultes, les actes que nous posons nous engagent toujours. La religion comme la loi sont formels là-dessus. A partir du moment où on a atteint l’âge de la raison on doit faire la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est interdit et ce qui est permis. Dans la circulation, il y a les règlements, il y a le code de la route.  Quand on respecte ce qui est recommandé, vraiment tout se passe bien. Il faut de rares cas pour qu’il y ait problème et même dans ce cas, ce ne sera pas grave vu que la prudence est observée au préalable. Pour chacun des accidents graves qui se sont produits successivement ces derniers jours chez nous ici, la police a fait le constat pour situer les responsabilités. Quant à nous syndicalistes, l’un des volets de notre mission consiste à informer et sensibiliser nos chauffeurs-mandants pour qu’ils se comportent comme il faut dans la circulation. De par notre petite expérience dans la conduite automobile et la gestion des chauffeurs nous estimons que l’excès de vitesse, la surcharge et les croisements et dépassements défectueux sont pour beaucoup dans les causes de ces différents cas d’accidents. D’autres aspects pourraient être évoqués par les experts en la matière. Mais, nulle part il ne vous sera dit que tel ou tel accident est la résultante du mauvais sort jeté au propriétaire ou au conducteur. En tout cas, ce sera difficile à prouver.

La route nationale qui traverse Dubréka en direction de Boké ou Fria est l’une des meilleures de notre pays. En dehors de quelques points noirs dans la zone de Kagbélen, elle est en assez bon état et surtout elle est droite et peu escarpée. Cela explique la grande vitesse pratiquée par les conducteurs qui l’empruntent. Le danger vient aussi de la présence permanente des gros camions  de transport de sable qui vont et viennent, jour et nuit sur cette artère, entre Tanènè et Conakry. Quand on ajoute à tout ça l’immobilisation des véhicules en panne sans signalisation adéquate et la circulation des taxis-motos, on a presque fini de présenter les facteurs à l’origine des accidents à Dubréka.

Guinéenews : si vous dites qu’on a fini presque de citer les causes d’accidents à Dubréka, cela signifie qu’il y en a d’autres?

Naby Camara : oui, il existe d’autres causes d’accident bien réelles et fréquemment observées. C’est d’abord la tendance à l’empressement général qui semble s’être emparé de tout le monde. Les gens sont très pressés et cela se ressent dans la circulation. On ne prête attention à rien et on fait très peu cas du code de la route. Et dans ces conditions, vous qui voulez que les choses changent, vos conseils ne portent pas.

En plus, de nombreux conducteurs boivent de l’alcool ou prennent de la drogue avant de conduire.

Guinéenews : votre préfecture est traversée par la route nationale n0 3 qui est très fréquentée. Entre les conducteurs relevant de votre syndicat et les «étrangers» à Dubréka, qui sont juste de passage, lesquels font plus d’accidents?

Naby Camara : les conducteurs de passage dans notre préfecture sont les plus nombreux à commettre des accidents. La raison est bien simple : la qualité de la route les surprend agréablement. Leur vigilance se relâche et ils commettent des infractions qui entrainent des accidents.  

Guinéenews : que dites-vous du comportement des populations qui mettent systématiquement le feu à tout camion impliqué dans un accident à Dubréka?

Naby Camara : ce fait est très regrettable. Nous l’avons toujours déploré et dénoncé.  Les autorités préfectorales et communales à tous les niveaux sensibilisent régulièrement les populations riveraines sur le sujet. Ces efforts ne semblent pas avoir porté fruit pour le moment. Le phénomène se poursuit encore malheureusement. En attendant que l’effet de la sensibilisation soit visible, il faut renforcer la qualité des secours. Nous avons constaté que lorsque la sécurité arrive rapidement et en nombre sur les lieux d’accident, aucun véhicule n’est brûlé. C’est déjà une piste de solution. Les autorités judiciaires doivent s’impliquer fortement pour combattre fermement et systématiquement cette pratique de vandale visant à aggraver inutilement le problème déjà posé.

Guinéenews : vous avez participé à de multiples rencontres avec les autorités compétentes depuis le début de cette série de tragédies routières. A quels résultats avez-vous abouti ?

Naby Camara : effectivement, depuis l’accident de Yorokoguia, nous avons été conviés à de nombreuses rencontres à la préfecture, mais aussi à la Direction Centrale de la Sécurité Routière et à notre Fédération Syndicale Nationale. Des réunions de sensibilisation nous ont conduits aux parcs de camions de transport de sable à la T5 et au ‘‘grand moulin’’ à Kagbélèn. Tous les chauffeurs membres de notre centrale qui évoluent de Tondon à Kagbélèn, y ont pris part.  Des appels à la prudence ont été lancés. Autour de notre préfet et dans le même objectif, les différentes rencontres ont été élargies à tous les acteurs : la commune, la sécurité, la justice, la santé, les TP, les syndicats et les responsables des quartiers. Parmi les mesures prises au terme de cette série de rencontres on peut citer l’interdiction de la vitesse excessive, de la surcharge et du transport de deux passagers à l’avant des véhicules.

Guinéenews : vous pensez que cela suffira à mettre fin à ces accidents ?

Naby Camara : nous restons optimistes. Il faut un début à tout, de la patience, de la persévérance et surtout, des efforts soutenus.

Guinéenews : comment comptez-vous faire pour une application correcte de ces mesures ?

Naby Camara : par la rigueur et la constance dans le contrôle. Les services de sécurité sont à pied d’œuvre pour l’application correcte des décisions préfectorales. Nous appuyons leur action sur le terrain. Tous nos mandants sont informés de la pertinence de ces mesures qui sont en phase avec les règles du code de la route. L’objectif principal étant de renforcer la sécurité routière dans notre pays.

Entretien réalisé par Diao Diallo

 

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