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Trafic d’êtres humains : Un quatrième réseau démantelé, à Conakry

Après le démantèlement des réseaux de traficS d’êtres humains vers le Koweït les 22 et 31 mars, puis le 1er avril, le 12 juillet dernier un autre réseau est tombé dans les filets des services du crime organisé. Le présumé trafiquant du nom de Oumar Condé, a été présenté ce vendredi 21 juillet à la presse.

Le commissaire Foromou Soropogui, de l’office central de lutte contre la drogue et le crime organisé, affirme avoir été saisi d’une plainte d’une victime revenue récemment du Koweït. “Le 12 de ce mois, nous avons été saisis d’une plainte formulée par Makoya, une fille convalescente venue du Koweït. Arrivée au Koweït, elle a été soumise à toute sorte de traitements : le travail forcé et le viol par son employeur. Ne pouvant plus tenir les conditions d’existence, la fille a préféré rentrer. Elle a refusé de coopérer avec son employeur qui, la voyant non utile pour lui, l’a rendu à la personne qui la lui a livrée. Donc la fille étant à sa disposition, cette personne l’a demandé de joindre ses parents avec deux conditions : se faire substituer par une autre fille ou qu’on paie l’argent qu’ils ont dépensé. C’est ainsi que la fille a contacté ses parents à Monrovia (Libéria) leur demandant de lui envoyer son billet d’avion sinon qu’elle risquerait la mort au Koweït. Quand elle a envoyé à ses parents sa photo de convalescence, ils n’ont pas tardé à envoyer de l’argent pour qu’on trouve son billet d’avion. Rentrée à Conakry, le réseau qui l’avait recruté a confisqué son passeport soi-disant qu’elle n’a pas respecté les clauses du contrat », affirme-t-il.

Oumar Condé, le présumé trafiquant, nie les faits : « Si moi je vais faire le trafic d’êtres humains, est-ce que j’allais le faire pour ma propre femme qui a trois enfants, avec ma sœur et mon grand frère qui sont tous là-bas ? Cette fille qui est venue se plaindre, c’est notre sœur. Chaque jour, je parlais avec elle sur internet. Elle souffre de l’hémorroïde. Elle a dit qu’il faut le médicament traditionnel africain pour la soigner, et là-bas il n’y a pas ça. C’est la raison pour laquelle, elle est venue pour se soigner. Son mari doit rembourser àss sœur et à mon frère le billet d’avion. C’est pourquoi on a retiré son passeport », se justifie-t-il.

Au Koweït, 45 filles guinéennes victimes de maltraitance auraient réussi à se débarrasser de leurs bourreaux. Elles sont actuellement dans les mains de la police koweitienne, selon le colonel Moussa Thiègboro Camara, patron de l’office central de lutte contre la drogue et le crime organisé.

Déjà, dit-il, à cause de cette situation, une ambassade guinéenne vient d’être ouverte au Koweït. « La première secrétaire de cette ambassade est en rapport avec la police koweitienne surtout par rapport aux 45 filles qui sont déjà en détention. Hier (20 juillet 2017, ndlr) on en a parlé. D’un moment à l’autre, elle va envoyer des rapports qu’on va adresser aux autorités compétentes pour que des dispositions soient prises pour les ramener en Guinée », précise-t-il.

Le trafic d’êtres humains est devenu très récurrent en Guinée. Des Guinéennes souvent vulnérables et à la recherche d’un lendemain sont souvent exposées à ces réseaux de trafiquants qui le font miroiter toutes sortes promesses en vue de les envoyer au Moyen Orient. Une fois là-bas, elles sont confrontées à toutes les formes d’abus sexuels, de violence corporelle et verbale atteignant à leur vie privée.