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Législatives françaises : les risques pour la majorité issue de l’abstention majoritaire

56,6 % d’abstention. 350 sièges pour LREM-Modem, 131 pour LR-UDI, 41 pour PS et divers gauche 180 de moins, 17 LFI; 10 parti communiste; 8 pour FN… Ces chiffres n’étaient encore définitivement consolidés au moment où nous en ligne cet article.

 Le tableau est peu reluisant. La victoire de LREM est écrasante dans cette décomposition générale. Ce qui rend la gloire est relativement terne. Les Français mûrs d’expérience sont blasés de la politique, les jeunes inexpérimentés se sont lancés à cœur-joie dans le jeu. L’apprentissage et l’exercice du métier de député entre jeunes et vieux risquent de produire pugilats et invectives dans la pétaudière, et si l’on ajoutait à cela le risque potentiel d’un conflit de genres car la gente féminine, quand elle domine en nombre, a toujours tendance à jouer sur les commandes. Il y aura du spectacle en perspective à l’hémicycle. Dans la rue, les Français restent très attentifs à ce qui peut toucher à leurs intérêts. LREM saura marcher sur des œufs ?

En attendant de tenter d’aborder cette question, on voit qu’il n’y a pas que LREM qui rit. LFI de Jean-Luc Mélenchon et le FN de Marine Le Pen  n’ont jamais eu autant, même s’ils ont espéré mieux en spéculant sur la déconfiture des LR et du PS, qui a bien profité à LREM.

Dans ces deux camps, nombre des vieilles figures de proue qui ont semé la zizanie à l’interne et qui n’ont pas été élus risquent de disparaitre de l’échiquier comme d’autres. On a entendu dire que le parti de François Mitterrand ne voudrait plus porter son nom de baptême, c’est dire combien la crise est profonde. Une chose au moins est claire, sa remise en marche prendra du temps, parce que l’éclipse sera longue. Quant aux LR, ils conservent un petit beau reste pas aussi reluisant qu’ils l’espéraient, mais contents de tenir la route. Les nouveaux ténors inexpérimentés pourraient avoir besoin de la vieille garde pour se refaire une santé. Les prochaines joutes ne vont pas tarder.

Les choses qui se profilent à l’horizon ne sont pas pour rassurer les vainqueurs. Déjà, Jean-Luc Mélenchon a commencé à clabauder sur les projets de Emmanuel Macron, principalement sur le code du travail, sur les délocalisations, sur les travailleurs détachés, sur les taxes diverses en hausse…  La majorité écrasante qu’il possède lui permet de tout faire passer à l’Assemblée, mais pour ne pas provoquer le tollé, ce qui réveillerait à coup sûr la rue et les syndicats, le président voudrait faire passer son projet par ordonnance, ce qui serait une folle fuite en avant.

Dans le cas échéant, la France pourrait courir le risque d’être paralysée par des manifestations de rue et des grèves interminables. Et comme Emmanuel Macron n’est pas homme à lâcher facilement l’os, il aime la confrontation autant, sinon plus que Manuel Valls, sa majorité instable risque de s’égrener dans les remous, comme dans un dallage, où le départ d’un grain de sable entraîne forcément le départ des autres un à un, jusqu’à créer une crevasse.

Dans le cas de La République En Marche, un géant au pied d’argile composé de bric et de broc  venant de Gauche et de Droite, on pourrait s’attendre à des départs des oiseaux migrateurs vers leurs milieux naturels. On peut se tromper, mais le scénario est possible. Les autres partis frustrés et humiliés par les législatives ne se feront pas prier pour lui tirer le tapis sous les pieds. Déjà, la pression de leur base est sur ceux qui ont bénéficié du soutien de Emmanuel Macron dans ces législatives. Il suffirait que ça branle un peu pour que les pièces se détachent.

Pour l’instant, La République En Marche peut sabler le champagne.

Moïse Sidibé

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