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Siguiri : Quand les enfants et leurs parents sacrifient l’école sur l’autel des mines d’or (Reportage)

Située à plus de 700 kilomètres de la capitale Conakry, Siguiri est de nos jours l’une des préfectures de la Guinée où le taux de déscolarisation des enfants est parmi les élevés. Très souvent et fort malheureusement, les jeunes élèves abandonnent les écoles au profit des travaux champêtres, de l’exploitation artisanale, des mines ou du petit commerce. Et ce sont les parents qui sont à la base de la déscolarisation de ces enfants dans la zone minière de Siguiri. Dans ce reportage, Guinéenews s’est intéressé aux causes, leurs conséquences ainsi que les solutions envisagées par les ONG par rapport à cette situation.

Si l’éducation est une priorité dans plusieurs contrées, dans la zone minière de Siguiri, les enfants sont attirés par les mines et d’autres activités génératrices de revenus.

Les enfants abandonnent les salles de classe pour aller travailler dans les mines de Bouré, Sèkè et Manden à la recherche de l’or.

« J’ai vu que mes amis partaient à chaque fois dans les mines et gagnaient de l’argent, j’ai aussi été attiré par ça. J’ai arrêté les études en 8ème  année et je me suis lancé dedans. », nous confie S. Camara, ancien élève du lycée Kankou Moussa de Siguiri.

« Aujourd’hui, j’ai réussi dans l’orpaillage mais je regrette d’avoir abandonné les études. Je me rappelle, en 2011, quand il y a eu la floraison de machines détectrices d’or, j’étais en 10ème  année et j’ai arrêté pour aller à la recherche de l’or. Et Dieu merci, j’ai réussi à avoir un fonds de commerce. Je mène bien mes activités. Vraiment, je regrette », a affirmé I. Sidibé, ex-élève du lycée roi Hassan 2, devenu commerçant d’or à Sèkè Silabada.

Si certains abandonnent les études de leur gré, d’autres accusent leurs parents qui les obligeraient à se lancer dans les affaires. Quant aux  jeunes filles, elles sont victimes de mariage précoce ou forcé.

« Quand mon père voyage, il me demande de rester au magasin pour la vente. Et des fois, je peux faire des semaines sans aller à l’école », témoigne M. Maty, élève au lycée Nelson Mandela de Siguiri.

 « J’étais en terminale lorsque mes parents m’ont donnée en mariage à un orpailleur. Ce dernier n’avait pas étudié et moi j’avais commencé à avoir des enfants. Je ne pouvais plus aller à l’école avec cette situation. Alors qu’au début mon mari avait promis de me laisser étudier », explique N. Cissé.

« Mes parents m’ont envoyé chez ma tante pour étudier. Mais depuis ma venue, je fais le commerce ambulant », fait savoir MC.

Selon un directeur sous-préfectoral de l’éducation, la déscolarisation est une triste réalité dans la préfecture de Siguiri.

« Tu peux venir dans une classe de première année, tu y trouves 70 élèves. L’année prochaine, tu viens en deuxième année, tu peux retrouver 40 ; tous les autres ayant été déscolarisés », regrette-t-il.

Un enseignant du nom de Kader Foromo, en service dans un district de Sèkè, a déclaré ceci : « Un parent peut venir dans ta salle demander à ce que son enfant l’accompagne au champ. Et c’est comme ça, ils le font à tout moment. »

Interrogé sur ladite situation, le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation s’est dit déçu de ce qui se passe à Siguiri.

« Le taux de scolarisation est de 10% à Siguiri. Les enfants sont tentés par les mines et les filles subissent le mariage précoce. Ce phénomène gangrène l’éducation de Siguiri. Nous allons veiller à ce que ce fléau puisse prendre fin », annonce  Ibrahima Kalil Konaté.

« La déscolarisation est un fait réel ici à  Siguiri. Pour pallier ce fléau, nous avons en idée une série de sensibilisation dans les contrées minières.  Ensuite, conscientiser les enseignants sur la correction des enfants avec le fouet », indique  Mamadi Camara.

Sur la même lancée, des organisations non gouvernementales françaises œuvrant dans le cadre de la lutte contre la déscolarisation des enfants ont initié un projet dénommé « Un concert, une école’’, avec le reggae-man ivoirien Tiken Jah Fakoly.

« Nous construisons ces écoles pour lutter contre la déscolarisation des enfants, surtout des jeunes filles. Mais à des endroits où l’État n’a pas pu faire des écoles »,  dit Tiken Jah Fakoly.

Ces écoles ont été construites à travers des fonds collectés pendant des concerts. Et tous les jeunes qui œuvrent dans le projet sont des bénévoles, révèle Jean Marc Nicolle de l’ONG Secours catholiques de France.

Faune: fuite massive des animaux du parc Niokolobadiar vers le Niokolokoba (Sénégal)

Le manque d’entretien voire l’abandon, depuis quelques années, du parc national communément appelé Niokolobadiar, situé dans la préfecture de Kounkara en République de Guinée, serait la principale cause de cette situation. La grande majorité des animaux qui étaient gardés dans ce parc, auraient rallié le parc Niokolokoba, du coté du Sénégal voisin, a appris Guinéenews de source officielle.

Jeté aux oubliettes non seulement par l’État Guinéen qui ne fait pas grand-chose pour maintenir ce parc historique et touristique, Niokolobadiar a également est relégué au dernier rang par les grandes institutions qui étaient des bailleurs incontournables dans la survie de ce bijou national.

 Alimou Diallo, le président de la délégation spéciale de Koundara peint ici l’état des lieux : «aujourd’hui le parc est dans une situation très dramatique parce qu’apparemment, le financement que les Européens donnaient pour l’entretien ne vient plus. Ce qui fait qu’aujourd’hui qu’on a du mal à essayer de déployer des agents à l’intérieur afin que ceux-ci puissent faire face à l’entretien des lieux.»

En plus de la fuite massive des animaux qui étaient jusque-là encadrés dans ce parc, le braconnage clandestin et incontrôlé contribue à vider Niokolobadiar du peu d’animaux qui y restaient après l’abandon du site: «bien sûr il y a une fuite d’animaux. Le conservateur qui est sur place m’a dit récemment qu’il espère avoir un financement. Mais d’ici que ces fonds soient disponibles pour relancer les travaux comme ça se doit les gens s’en donnent au braconnage à cœur ouvert. C’est vrai aussi que les gardes forestiers se battent pour essayer de pourchasser les braconniers mais c’est une réalité au sein du parc. Pourtant les Sénégalais gèrent bien leur parc qui fonctionne très bien alors que chez nous ici depuis belle lurette, Niokolobadiar ne sert pas. D’ailleurs de nos jours, en dehors des singes, on ne voit plus d’animaux au niveau de ce parc», dénonce-t-il.

Pourtant, l’exploitation rationnelle de ce parc serait, d’une part, une source de revenue à cette préfecture mais aussi à tout le pays, d’autre part.

«Quand le parc marche, il peut avoir un impact sur la vie socioéconomique de Koundara. Parce que les touristes vont venir, les hôtels vont commencer à marcher…, la consommation va considérablement augmenter. Mais d’ici que les fonds soient à disposition du conservateur pour relancer les activités du parc Niokolobadiar, on fait vraiment face à d’énormes difficultés. Notre plus grand souhait est que le parc soit opérationnel», a-t-il plaidé le président de la délégation spéciale de Koundara.

Voilà autant de retombées parmi tant d’autres que la Guinée est en train de perdre dans la plus grande indifférence des autorités. Là où tout le monde retrousse les manches pour aller de l’avant, le guinéen préfère dormir sur son laurier en dépit de l’énorme retard  du pays.

Alaidhy Sow Labé, pour Guinéenews.org

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