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Le G7 de Taormina : « le clan des Siciliens » au cœur d’acier

Le G7, ce grand panier des 7 plus grands crabes de cette planète bleue, se réunit en Sicile pour non seulement se donner des coups de pinces mais aussi et principalement pour redéfinir sa politique de domination du monde.

L’acteur principal est l’oncle Donald Trump, celui de qui tout va dépendre lors de ce G7. Les 6 autres se regardent et retiennent leurs souffles non sans casser un peu de sucre sur son dos. Mais pour des convenances diplomatiques, ils ont essayé de caresser Trump à lisse-poil afin d’obtenir de lui l’essentiel des objectifs de ce sommet. L’avenir du monde en dépend. 

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, ramassons quelques images de la tournée de l’artiste dans un bouquet : à Riyad, le bravo a chanté la palinodie, à Jérusalem où il avait décidé de déménager l’ambassade américaine, ce qui eût été la reconnaissance manifeste de la ville trois fois sainte comme appartenant exclusivement à Israël. Ce qui allait faire bondir les Palestiniens. Il n’en a rien dit de tel. Marche-arrière, on ne dit pas, mais il a apostasié devant le Mur de Lamentation. L’image d’un Trump avec une calotte de rabbin sur le haut de sa tignasse blonde dépareille complètement. Qui a jamais vu un rabbin blond ?

A Bruxelles, il a adopté une attitude énigmatique. S’il a campé sur les 2% du PIB des pays pour le financement de l’OTAN, l’obsolescence de l’Alliance n’était pas dans son récital, bien le contraire, il a même pointé du doigt la Russie comme ennemie principale alors qu’à la maison, chez lui, il est empêtré dans des soupçons de collusion avec cette même Russie pour piratages informatiques, qui auraient permis son élection face à Hillary Clinton. Les coups d’éclat, les « bicyclettas » et les retournés acrobatiques ont fait marcher les autres sur des œufs.

 A Taormina, là, où le monde s’attendait à croire que tout se joue, rien n’est joué. Trump a donné des coups de pinces contondants à l’Allemagne. Les plus de 250 milliards d’excédents commerciaux de Angela Merkel en 2016 ne le laissent pas de marbre, il l’a dit avec des mots crus et non cuits. Son entourage a cherché à éteindre le feu, mais le coup était parti et l’Allemagne s’est bien gardée de protester contre les attaques ad hominem.

 Sur le sujet le plus attendu, sur le climat, pour des raisons économiques, Donald Trump s’est sied sur « la nina » et « el nino ». Dans le communiqué final de ce sommet pour rien, personne n’a pu lui tirer le ver du nez. Trump a joué tranquillement au procrastinateur et a promis de faire connaître sa position dans quelques jours. Du coup, les 6 autres ne savent plus sur quel pied danser et retiennent leur souffle. Même si Emmanuel Macron a joué à l’optimisme, en le caressant tantôt à rebrousse-poil, tantôt à lisse-poil, il n’y croit pas trop. 

Mais pourquoi Trump n’a pas coupé court en faisant connaître sa position sur le champ ? On se perdrait volontiers en conjectures : de deux choses l’une, soit qu’il a trop fait marche-arrière et une de plus encore serait de trop sur un sujet d’enjeu mondial lui ferait perdre la face devant ses compères. Pour cette raison, il a choisi de camper mordicus sur sa position initiale et ne la faire connaître que de loin, soit qu’il ne veuille vraiment pas se mettre à dos tout le clan des Siciliens et qu’il va abdiquer en catimini pour obtenir un effet de gloire et une ovation plus grande pour contrebalancer les résultats la commission d’enquête du Sénat ou du Congrès, mais rien n’est moins sûr dans cette variante. 

Ce qui fait dire que le « clan des Siciliens » a un cœur d’acier, c’est qu’au même moment, des milliers de migrants se noyaient à quelques encablures. Les sauveteurs, qui étaient parvenu à repêcher quelques-uns des survivants en piteux état, n’ont pas reçu l’autorisation d’entrer au port le plus proche, à côté de Taormina. Ils ont été refoulés à plus de 48 heures de nage de là, pourtant tout près du lieu du naufrage. Et cela, aucun des 7 plus riches de ce monde ne s’en est ému.

Cœur d’acier ou préoccupations débordantes des problèmes économiques sans solution ? La question reste dans l’air, mais la sortie des USA des accords sur le climat est une autre paire de manches.

Sans leur participation, les 100 milliards/an pour le fonds vert deviennent une gageure, et l’application des recommandations de Paris tombe à l’eau. Ce qui est à souligner, c’est que, à ces réfugiés économiques qui s’amassent comme des cloportes aux portes de l’Europe, vont s’ajouter d’autres réfugiés climatiques qui ne viendront certainement pas que d’Afrique et d’autres pays en guerre.

Hormis tout, on se laisse aller à croire que Donald Trump est plus raisonnable que sortir des accords sur le climat. On pourrait même miser à un contre dix…

Moïse Sidibé

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