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6ème sommet

Abidjan: le ministre de la Défense décline le plan anti terrorisme de la Guinée

A la sixième réunion des ministres de la Défense des États membres de la Communauté des États Sahélo-Sahariens, qui s’est ouvert jeudi à Abidjan, le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané a décliné devant ses pairs le plan de son pays contre le terrorisme, devenu une préoccupation dans l’espace CEN-SAD. Lisez un extrait de son discours tenu en présence de 27 autres ministres de la Communauté :

 «La sixième réunion des ministres de la Défense des États membres de la Communauté des États Sahélo-Sahariens, après  celle fructueuse de Sharm El-Sheikh en République Arabe d’Égypte dont elle est la continuation et l’approfondissement des sillons, se tient dans un contexte géostratégique qui risque d’être celle de toute une époque, la nôtre, si nous n’y mettons pas fin. Elle est en effet caractérisée par l’émergence d’un espace d’insécurité sans frontières, provoqué par un phénomène planétaire auquel il nous faut solidairement résister pour l’abattre : le terrorisme.  

 C’est pourquoi, ce qui rassemble la CEN-SAD est un combat de tous ; on ne peut lutter efficacement contre le terrorisme qu’universellement. Alors nous disons que le thème est bien choisi, « ensemble contre le terrorisme, pour la sécurité et le développement ».

Le président Alpha Condé l’a récemment rappelé ici même à Abidjan. Il est impossible de combattre et vaincre le terrorisme sans d’abord lutter contre ses germes : la pauvreté et les inégalités. Si nous gagnons la bataille du développement, si nous réussissons à équitablement redistribuer les richesses que nous produisons, alors nous sortirons victorieux de cette bataille. Car il est désormais établi que pour empêcher la résurgence des organisations terroristes, il faudra endiguer toutes les conditions qui favorisent leur développement et même leur existence. Il faut donc travailler sur le tarissement de leurs principales sources de financement.

Mesdames et Messieurs

Je rappelle que parlant de ma mission, le Premier ministre de mon pays a bien indiqué que « le Département que je dirige devra poursuivre et surtout, renforcer les efforts déployés jusque- là pour améliorer les conditions de vie de nos populations et accélérer le progrès économique ». Cette visée peut être surprenante ailleurs ; elle ne l’est pas en Guinée. Car notre armée est aussi une armée du développement qui participe activement à la relance économique de notre pays, après les douloureuses parenthèses des dernières décennies. Pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos Etats, des solutions existent : créer de l’emploi-jeunes, soutenir les efforts des femmes, protéger l’environnement et investir dans l’éducation.

Après son élection en 2010, le Président Alpha CONDE a placé la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) comme la priorité de son programme politique. De cette vision a découlé progressivement les liens entre la qualification de l’armée guinéenne et les initiatives de développement, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Les Forces armées guinéennes participent aux activités économiques et productives des populations, notamment au niveau de l’agriculture dont elle accroît le rendement dans le cadre de l’autosuffisance alimentaire. Elle participe également à la construction des pistes rurales pour désenclaver les zones et villages de production pour une meilleure commercialisation des produits. Les rendements font que les jeunes et les enfants restent attachés à la terre, à l’école et au travail.

La réforme du Secteur de sécurité en République de Guinée est conçue non seulement pour le renforcement de la souveraineté de l’État, mais aussi pour contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la sous-région.

 Ainsi, dans le cadre des accords de coopération militaire dont l’impact est mesurable, l’armée guinéenne a pu obtenir l’appui des armées française et américaine, pour la formation de trois bataillons successifs dénommés Gangan, près de 3000 militaires, engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU (MINUSMA) au Mali. Cet engagement de nos soldats est notre contribution pour la stabilité et la consolidation de la paix dans ce pays frère.

 Mesdames et Messieurs

 Bien entendu, pour vaincre définitivement le terrorisme dans notre espace géopolitique, la Guinée a estimé qu’il fallait avoir un cadre légal spécifique. Un projet de loi sur la prévention et la répression du terrorisme a été élaboré et doit être soumis à l’Assemblée nationale pour adoption. Il prend en compte tous les aspects liés au terrorisme.

Dans le cadre de la prévention, le secrétariat général des Affaires religieuses a formé à ce jour 500 Imams et prédicateurs religieux à travers la coopération avec le Maroc. Il identifie et contrôle des ONG religieuses évoluant en Guinée notamment dans la construction des mosquées, écoles, forages ou puits améliorés, prestation sanitaire et toutes autres actions réalisées sur le terrain.

Le Secrétariat général aux Affaires religieuses harmonise et veille sur les prêches et sermons de toutes les rencontres religieuses, tout en organisant des campagnes de communication, d’information et de sensibilisation de la population sur les enjeux du terrorisme. Mon gouvernement travaille également pour le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité au niveau de leurs unités d’intervention et les services de renseignement. Ceci, avant la mise en place prochaine des Forces spéciales de la Guinée, avec l’appui de nos partenaires. A ce titre, c’est le lieu de saluer les efforts de l’Egypte et du Maroc pour leur contribution dans la formation de nos militaires.

 Le gouvernement guinéen, pour plus d’efficacité, a opté pour l’harmonisation de sa stratégie de lutte contre le terrorisme à celles de la sous-région ainsi qu’avec celles d’autres organisations. Nous avons également procédé à la formation des jeunes au niveau du SCAD afin d’éviter la vulnérabilité de la jeunesse qui est un terreau fertile pour le recrutement des terroristes. Nous sommes en train de travailler pour l’installation de scanners au niveau de certains postes frontières. Sans compter la mise en place d’unités spécialisées de la police, de la gendarmerie et de l’armée prêtes à toutes interventions en tous points du territoire national.

 Nous avons mené toutes ces actions, malgré la faiblesse de nos moyens, parce que nous estimons que le temps des discours est révolu. Nous devons désormais agir, ici et maintenant en appliquant sur le terrain les recommandations issues de nos travaux.

 Je sais que c’est un combat difficile et long compte tenu des enjeux, mais je n’ai aucun doute là-dessus : nous réussirons notre mission car c’est un devoir sacré pour nous tous ! »

 

 

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Abidjan: le ministre de la Défense décline le plan anti terrorisme de la Guinée

A la sixième réunion des ministres de la Défense des États membres de la Communauté des États Sahélo-Sahariens, qui s’est ouvert jeudi à Abidjan, le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané a décliné devant ses pairs le plan de son pays contre le terrorisme, devenu une préoccupation dans l’espace CEN-SAD. Lisez un extrait de son discours tenu en présence de 27 autres ministres de la Communauté :

 «La sixième réunion des ministres de la Défense des États membres de la Communauté des États Sahélo-Sahariens, après  celle fructueuse de Sharm El-Sheikh en République Arabe d’Égypte dont elle est la continuation et l’approfondissement des sillons, se tient dans un contexte géostratégique qui risque d’être celle de toute une époque, la nôtre, si nous n’y mettons pas fin. Elle est en effet caractérisée par l’émergence d’un espace d’insécurité sans frontières, provoqué par un phénomène planétaire auquel il nous faut solidairement résister pour l’abattre : le terrorisme.  

 C’est pourquoi, ce qui rassemble la CEN-SAD est un combat de tous ; on ne peut lutter efficacement contre le terrorisme qu’universellement. Alors nous disons que le thème est bien choisi, « ensemble contre le terrorisme, pour la sécurité et le développement ».

Le président Alpha Condé l’a récemment rappelé ici même à Abidjan. Il est impossible de combattre et vaincre le terrorisme sans d’abord lutter contre ses germes : la pauvreté et les inégalités. Si nous gagnons la bataille du développement, si nous réussissons à équitablement redistribuer les richesses que nous produisons, alors nous sortirons victorieux de cette bataille. Car il est désormais établi que pour empêcher la résurgence des organisations terroristes, il faudra endiguer toutes les conditions qui favorisent leur développement et même leur existence. Il faut donc travailler sur le tarissement de leurs principales sources de financement.

Mesdames et Messieurs

Je rappelle que parlant de ma mission, le Premier ministre de mon pays a bien indiqué que « le Département que je dirige devra poursuivre et surtout, renforcer les efforts déployés jusque- là pour améliorer les conditions de vie de nos populations et accélérer le progrès économique ». Cette visée peut être surprenante ailleurs ; elle ne l’est pas en Guinée. Car notre armée est aussi une armée du développement qui participe activement à la relance économique de notre pays, après les douloureuses parenthèses des dernières décennies. Pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos Etats, des solutions existent : créer de l’emploi-jeunes, soutenir les efforts des femmes, protéger l’environnement et investir dans l’éducation.

Après son élection en 2010, le Président Alpha CONDE a placé la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) comme la priorité de son programme politique. De cette vision a découlé progressivement les liens entre la qualification de l’armée guinéenne et les initiatives de développement, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Les Forces armées guinéennes participent aux activités économiques et productives des populations, notamment au niveau de l’agriculture dont elle accroît le rendement dans le cadre de l’autosuffisance alimentaire. Elle participe également à la construction des pistes rurales pour désenclaver les zones et villages de production pour une meilleure commercialisation des produits. Les rendements font que les jeunes et les enfants restent attachés à la terre, à l’école et au travail.

La réforme du Secteur de sécurité en République de Guinée est conçue non seulement pour le renforcement de la souveraineté de l’État, mais aussi pour contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la sous-région.

 Ainsi, dans le cadre des accords de coopération militaire dont l’impact est mesurable, l’armée guinéenne a pu obtenir l’appui des armées française et américaine, pour la formation de trois bataillons successifs dénommés Gangan, près de 3000 militaires, engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU (MINUSMA) au Mali. Cet engagement de nos soldats est notre contribution pour la stabilité et la consolidation de la paix dans ce pays frère.

 Mesdames et Messieurs

 Bien entendu, pour vaincre définitivement le terrorisme dans notre espace géopolitique, la Guinée a estimé qu’il fallait avoir un cadre légal spécifique. Un projet de loi sur la prévention et la répression du terrorisme a été élaboré et doit être soumis à l’Assemblée nationale pour adoption. Il prend en compte tous les aspects liés au terrorisme.

Dans le cadre de la prévention, le secrétariat général des Affaires religieuses a formé à ce jour 500 Imams et prédicateurs religieux à travers la coopération avec le Maroc. Il identifie et contrôle des ONG religieuses évoluant en Guinée notamment dans la construction des mosquées, écoles, forages ou puits améliorés, prestation sanitaire et toutes autres actions réalisées sur le terrain.

Le Secrétariat général aux Affaires religieuses harmonise et veille sur les prêches et sermons de toutes les rencontres religieuses, tout en organisant des campagnes de communication, d’information et de sensibilisation de la population sur les enjeux du terrorisme. Mon gouvernement travaille également pour le renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité au niveau de leurs unités d’intervention et les services de renseignement. Ceci, avant la mise en place prochaine des Forces spéciales de la Guinée, avec l’appui de nos partenaires. A ce titre, c’est le lieu de saluer les efforts de l’Egypte et du Maroc pour leur contribution dans la formation de nos militaires.

 Le gouvernement guinéen, pour plus d’efficacité, a opté pour l’harmonisation de sa stratégie de lutte contre le terrorisme à celles de la sous-région ainsi qu’avec celles d’autres organisations. Nous avons également procédé à la formation des jeunes au niveau du SCAD afin d’éviter la vulnérabilité de la jeunesse qui est un terreau fertile pour le recrutement des terroristes. Nous sommes en train de travailler pour l’installation de scanners au niveau de certains postes frontières. Sans compter la mise en place d’unités spécialisées de la police, de la gendarmerie et de l’armée prêtes à toutes interventions en tous points du territoire national.

 Nous avons mené toutes ces actions, malgré la faiblesse de nos moyens, parce que nous estimons que le temps des discours est révolu. Nous devons désormais agir, ici et maintenant en appliquant sur le terrain les recommandations issues de nos travaux.

 Je sais que c’est un combat difficile et long compte tenu des enjeux, mais je n’ai aucun doute là-dessus : nous réussirons notre mission car c’est un devoir sacré pour nous tous ! »

 

 

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