Archief

Categories

380 milliards

Riyad : Donald Trump a chanté la palinodie ?

Dire que la politique extérieure de Obama est plus cohérente que celle de Donald Trump n’est ni brocard ni lapalissade, c’est tout simplement constat. Bien que la politique américaine a joué plus d’un tour aux stratèges et observateurs, ils n’en finissent pas de voir un autre tour plus magique que celui que l’Uncle Trump est en train de dérouler pour leur donner un tournis plus étourdissant comme on le verra.  

Pour d’amples explications, il faudrait remonter aux attentats du 11 novembre 2001. Dans son emportement, George Bush-fils avait parlé de croisade contre les musulmans et particulièrement contre le pays d’Oussama Ben Laden, l’Arabie Saoudite. Le lendemain, on l’a vu dans une mosquée pour se rétracter devant le monde entier. Soit qu’on l’avait persuadé de se dédire pour sauvegarder les intérêts économiques, soit qu’on lui a prouvé par A+B que l’Arabie est aussi victime de Al Qaeda au même titre que les USA, d’autant que Ben Laden prônait les attaques contre les intérêts saoudien dans le monde, qu’il considérait comme mécréant par le fait d’abriter une base américaine sur son territoire. Quoi qu’il en soit, le revirement de Bush-fils a été ce qu’il a été.

On le dit ainsi parce que ce revirement n’a été qu’apparent. Cela s’est vérifié par la deuxième guerre du Golfe pour renverser Saddam Hussein et mettre en Irak un gouvernement d’obédience Chiite au détriment d’un gouvernement d’obédience sunnite. Seulement, un gouvernement chiite n’est pas pour déplaire à l’Iran des Ayatollahs, qu’il considère comme « l’axe du mal », qui, à son tour le considère comme « le grand Satan ». L’Amérique n’est pas sortie de l’ornière irakienne jusqu’à son départ.

Et vint Barack Hussein Obama à la succession. Soit que les services de renseignement américains lui ont démontré par A+B que l’Arabie Saoudite est de connivence avec Al Qaeda ou avec L’EI, Obama a pris distance avec l’Arabie Saoudite et ses alliés pour se ramollir un peu plus vis-à-vis de l’Iran et de la Syrie. Il n’était pas trop engagé dans la guerre contre la Syrie et était un peu plus flexible sur le nucléaire iranien que les Français et Britanniques. Pour autant, il n’était pas aussi proche de la Russie, leur alliée de choix. Cela se remarquera par le fait qu’il a combattu l’Etat islamique sans vraiment le combattre, se contentant de le maintenir dans son cantonnement. L’offensive de Mosul qui a mis en débandade les troupes irakiennes a quelque peu changé la donne, puisqu’une collaboration avec les Iraniens et les Syriens par la Russie interposée a permis de freiner Daesh. C’est dans ce clair-obscur qu’il s’en est allé.

Et voilà le bravo Donald Trump avec une logique sibylline. Ce champion olympique est un multi médaillé d’or en revirements et retournés acrobatiques. Pour commencer, Trump décrète une restriction d’entrée aux USA pour les ressortissants de six pays musulmans : Syrie, Irak, Iran, Yémen, Soudan et Erythrée, il rajoute à cela l’interdiction des ordinateurs en cabine des ressortissants des pays musulmans et il rajoute la Turquie à la liste. Il décide ensuite de fournir des armes aux Kurdes, les opposant à la Turquie, membre de l’OTAN et il vient chanter la palinodie en Arabie Saoudite en apportant, dit-il, un message d’amitié, d’espoir et d’amour. Et comme dans « le Corbeau et le renard » de la fable, il promet au roi Salman de faire affaire-affaire pour une valeur de 380 milliards dont une vente d’armes pour une valeur de 110 milliards de dollars pour permettre à celui-ci de faire face à l’Iran, avec lequel il est en train de combattre l‘EI en Irak, où l’armée américaine est embourbée depuis plus d’une vingtaine d’années. 

Qui a été dupe ? Difficile de le dire puisque chacun a dû avoir son compte. L’Arabie a eu les armes que les prédécesseurs de Trump n’ont pas voulu lui vendre et lui a renfloué les caisses de l’Uncle Sam. Conclusion : Donald Trump  a su tirer de la méfiance, de la suspicion et de la peur qu’il a suscitées pour faire grosse et bonne affaire. Est-il aussi « idiot » que le pensent les djihadistes, puisque l’Arabie a promis de leur livrer une guerre sans merci ?  

Si chanter la palinodie en de pareilles circonstances permet de faire affaire-affaire, Trump n’en a que faire des critiques, d’autant que nul n’a réussi avant lui…

Moïse Sidibé

  

 

Cet article Riyad : Donald Trump a chanté la palinodie ? est apparu en premier sur Guinéenews.