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Exclusif  : le stratagème de vol de salaire des fonctionnaires – Un cadre dénoncé à Beyla

Le ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a ordonné que les salaires des nouveaux fonctionnaires soient payés au  billetage pour une période de trois (3) ans. Mais cette approche est devenue une aubaine pour certains hauts cadres de l’Education d’abuser des fonctionnaires souvent vulnérables et vivant dans les zones enclavées. Ils n’hésitent plus à se livrer à des actes de corruption à l’endroit des enseignants. En tout cas, c’est ce qui ressort de l’enquête réalisée par la rédaction locale de votre quotidien électronique Guinéenews©, basée à Beyla.

De quoi s’agit-il concrètement ?

Dans un premier temps, après avoir reçu des plaintes de certains enseignants de plusieurs localités différentes, qui se plaignaient des prélèvements fantaisistes des montants sur leurs salaires, Guinéenews© s’est penché sur cette situation déplorable et vient d’avoir une preuve tangible de ce cancer qui mine le système éducatif guinéen, surtout les directions préfectorales de l’Education (DPE).

La victime présumée, c’est bien Faya Joseph Kamano, enseignant dans une école élémentaire, à Djomankala, sous-préfecture de Sinko. C’est un petit village situé à 7 kilomètres de ladite sous-préfecture et à 57 kilomètres de la préfecture de Beyla.

Interrogé par Guinéenews© pour expliquer ce dont il se dit victime, M. Kamano a déclaré : « J’ai été la cible d’un prélèvement fantaisiste sur mon salaire du mois d’avril de la part de Zézé Koivogui, chef de section des ressources humaines  de Beyla. C’est au courant du mois de juin, après avoir reçu mon bulletin du mois d’avril que je me suis rendu compte que le salaire sur le bulletin ne correspondait pas à celui que j’ai reçu. Puisque le salaire vient toujours avant le bulletin. Ce qui nous oblige à prendre à l’aveuglette ce qu’on nous tend chaque fin de mois. C’est lorsque j’ai reçu mon bulletin du mois d’avril 2017 de mon DSEE (délégué scolaire de l’enseignement élémentaire), Tidiane Sidibé, que je me suis rendu compte d’une diminution. Voilà ce qui m’a poussé à me rendre à la DPE (direction préfectorale de l’Éducation) de Beyla pour une justification, car il y avait un manque à gagner d’un montant d’un million cent vingt-quatre mille francs guinéens (1124000 GNF) sur mon salaire. Arrivé à la DPE de Beyla, après toutes les vérifications, il s’est avéré avec clarté que le chef de section des ressources humaines de la DPE, en la personne de M. Zézé Koïvogui, était le seul responsable de ce prélèvement fantaisiste. C’était en présence de plusieurs témoins, à savoir le DSEE Tidiane Sidibé de Sinko, Gilbert Tagbino DSEE de Samana, Jacques Guilavogui DSEE de Koumandou et ensuite du DPE. Il était contraint d’écrire un bon qu’il m’a remis en s’engageant enfin de compte à payer ledit montant à la fin du mois de juin 2017. Il a cacheté le bon dont je détiens une copie. »

Un autre enseignant, sous le couvert de l’anonymat, explique le stratagème mis en place par ces cadres véreux dans le seul but d’asphyxier financièrement les pauvres enseignants, qui vivent généralement dans les conditions de précarité totale dans les hameaux. « Nous sommes accablés avec certains cadres de la DPE qui n’ont  aucune considération pour nous. Surtout avec ce système de billetage, nos salaires passent dans beaucoup de mains. Ce qui rend les choses très compliquées.  Nous souffrons des retards des bulletins et des salaires. On est obligé d’attendre à chaque quinzaine du mois pour recevoir nos salaires. L’absence des bulletins pendant les paies est la source des maux dont souffrent la plupart d’entre nous. Dans les milieux ruraux, imaginez qu’on continue à vous payer en l’absence de votre bulletin pendant 3 ans. Ceux qui font des prélèvements fantaisistes sur des salaires seront des patrons tout simplement. Vous êtes obligés de prendre votre salaire au rabais parce que vous n’avez aucun choix et aucune idée claire là-dessus. Ils nous cachent nos bulletins sur lesquels ils ont prélevé et nous remettent ceux qui n’ont aucun compromis. Voilà leur tactique… », enfonce cet enseignant qui a requis l’anonymat.

L’accusé a reconnu les faits, tente d’expliquer et s’est engagé à rembourser

Pour corroborer les accusations portées contre lui, Guinéenews© a interrogé Zézé Koivogui, chef de section des ressources humaines  de Beyla pour connaître sa version des faits. « Vous savez, les gens n’arrivent pas à comprendre que nous sommes dans les problèmes de zones  en forêts ici. À savoir, si le salaire vient à Beyla, c’est la zone quatre (4). Demandez un peu au niveau de la fonction publique, on vous dira à peu près quels sont les quotas de ces zones. Et quand c’est à N’zérékoré, c’est la zone deux (2). Et quand c’est la zone deux (2), qu’est-ce qui s’est passé avec les mutations de tous les enseignants nouveaux à Beyla qui sont payés à N’zérékoré. Je vous donne une différence de solde :  au mois de mars, à Beyla, les instituteurs avaient entre 2.027.000 GNF et 2. 049.000 GNF. Tandis que ceux de leurs collègues de même rang à N’zérékoré avaient 1.635.000 GNF. Ceux du secondaire à Beyla avaient 2.700.000 GNF et poussière; leurs collègues de même rang à N’zérékoré avaient 2.008. 000 GNF. Nous avons déplacé notre gestionnaire des ressources humaines pour aller jusqu’à Conakry ( ?) », a-t-il entamé.

  1. Koivogui, dans son explication, pense que c’est la charge élevée du travail qui l’a conduit à faire une telle erreur. « Voilà ce qui s’est passé : J’ai 400 enseignants à payer sur billetage. Je ne peux pas moi seul m’asseoir pour détailler ça et essayer de payer sans me tromper et j’ai au moins 14 DSEE (délégué scolaire de l’enseignement élémentaire) et combien de collèges ? J’ai au moins 20 sillages de paie ; donc, je donne le BGR (bordereau de paie ou listing de paie)  à mon gestionnaire des ressources humaines et à son secrétaire. Ce sont eux qui dictent. Donc, quand je vais à N’zérékoré, je fais un extrait de BGR de N’zérékoré, mon collègue qui est là-bas me dit les gens de Beyla c’est ceci c’est cela, il me remet cet extrait que je frappe purement et qui est signé par lui-même. Quand les ressources humaines font des pointages, ils travaillent avec les DSEE, et ces derniers font la liste de leur personnel dont les salaires proviennent soit de  N’zérékoré ou de Beyla au fur et à mesure. Dans le cadre de Kamano Faya Joseph, lui pour vous dire que je n’ai aucunement l’intention de vous cacher quoi que ce soit, non seulement quand je paie, mais aussi, j’ordonne aux DSEE de prendre des bulletins et de les donner aux intéressés. C’est ce qui a fait que lui, il a découvert  qu’il y a une erreur. Le DSEE de Sinko Tidiane Sidibé devrait prendre ceux de sa localité qui déjà, sont les plus nombreux. Le DSEE de Sinko a autorisé son ami de Koumandou Jacques Guilavogui de venir prendre le salaire de Faya Joseph kamano afin de lui remettre. Et c’est là qu’il s’est trompé sur la fiche de remplissage et a fini par prendre le salaire de N’zérékoré pour le mettre au compte de celui de Beyla payé à Sinko et ainsi de suite.  Nous, on a payé. Quand ça vient, je fais l’état et on fait le total et je paie aux DSEE pour aller  les payer. C’est pour éviter que les enseignants ne se déplacent de loin, dans les Gbèssogba, les Karala qui sont à 150 kilomètres de Beyla. Heureusement, les bulletins du mois  précédent ont accompagné les salaires parce qu’on ne reçoit jamais ceux-ci en même temps que les salaires du mois en cours. Si on reçoit les salaires au cours du mois de mars, c’est dire que les bulletins de mars ne viendront que le mois suivant, qu’est le mois d’avril ainsi de suite. Et c’est ce qui a fait que Faya Joseph Kamano, à travers son bulletin du mois d’avril qu’il a reçu en juin, s’est rendu compte que le montant sur le bulletin ne  correspondait pas avec le montant que le DSEE lui a payé. Il a constaté qu’il avait la différence mais il a été très correct et clair,  il est venu me voir jusqu’à Beyla pendant que j’étais en train de travailler sur le problème des primes des enseignants que  je me préparais à payer.  Il m’a dit Monsieur, je ne comprends pas ! Le montant que j’ai reçu de mon DSEE est maigre pour une différence d’un million cent vingt-quatre mille francs guinéens (1.124.000 GNF) par rapport à mon salaire du mois d’avril. J’ai dit ah ! son DSEE en question était là. Ce DSEE qui a fait l’erreur dans la report des chiffres était là. Et ils ont tous compris qu’il y avait une erreur due à eux-mêmes. C’est en ce moment, je lui ai dit, ‘’mon frère, nous sommes à une semaine de paie. Ce que nous allons faire, moi je te donne le bon pour plus de transparence. J’ai plus de combien d’années de service à Beyla dans le cadre de ma fonction, aucun  enseignant ne se plaint et ne s’est jamais plaint comme quoi son salaire a manqué ou bien a été amputé de quoi que ce soit. Donc, je lui ai donné le bon, dès que le salaire viendra, qu’on va essayer de le payer et je vais remettre les compléments qui ont été amputés de son salaire à son DSEE que tu viendras voir pour la suite afin qu’il te remette. C’est sur ces mots qu’on s’est séparés. Mais, à mon fort étonnement, j’apprends qu’il est allé voir le ministère des Finances que j’ai amputé sur son salaire et que mon bon que j’ai fait est dans les mains du ministère des Finances. Voilà encore ce que je peux dire concernant cette situation…»

Le ministère de tutelle semble ignorer le stratagème de vol

Contacté par Guinéenews© par rapport à l’acte posé  par Zézé Koivogui, chef de section des ressources humaines de Beyla, Mohamed Diané, l’un des hauts cadres  du ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et l’Alphabétisation, a affirmé : « C’est anormal ce qu’il a fait. Il ne doit pas abuser des gens comme ça. Faites tout de me passer son contact, nous allons le joindre », a-t-il dit.

Selon nos informations, au lendemain de notre conversation, M. Koivogui aurait été effectivement contacté et mis en demeure par Mohamed Diané pour résoudre rapidement ce problème jugé déplorable !

Par rapport au retard des bulletins, il dira en substance, de ne pas être en mesure de l’expliquer techniquement. « Je ne peux vous expliquer techniquement le retard des bulletins, mais ce que je peux vous dire, c’est que ça va durer mais ça viendra. Surtout les services déconcentrés, c’est le ministère seulement où l’obtention des salaires est mensuelle. Mais dans les directions déconcentrées, ça retarde mais ça vient quand même. Donc il faut garder la patience », dira ce haut cadre du ministère de l’Enseignement pré-universitaire au téléphone de Guinéenews©.

Le système informatique, la solution pour les bulletins

Pour bon nombre d’observateurs, informatiser le système pour les bulletins est la seule façon pour résoudre ce problème. « Avec un système informatique sécurisé, chaque fonctionnaire peut recevoir  librement son bulletin directement dans sa boîte e-mail sans problème. Et pour le cas des salaires, avec le virement bancaire, on peut éviter aux prédateurs de toucher les salaires des fonctionnaires », estiment-ils

« Il est donc temps que le gouvernement prenne au sérieux cette situation de bulletins et laisse les fonctionnaires au virement pour ne pas donner l’occasion à ces prédateurs de continuer à voler les salaires des nouveaux fonctionnaires sous prétexte qu’ils sont en train d’aider le ministre à stabiliser le système éducatif pendant qu’ils profitent de la faiblesse de l’État pour voler. Il est possible qu’un fonctionnaire qui a son bulletin ou son compte bancaire soit déviré en cas d’abandon de poste. Alors, pourquoi dire qu’il faut nécessairement 3 ans avant de virer le salaire de chaque nouveau fonctionnaire. Il n’y a donc aucune raison pour continuer à cacher les bulletins des fonctionnaires dans les tiroirs ou de les empêcher de faire virer  leur argent car c’est leur droit », fustigent les critiques.

A quoi bon retenir les fonctionnaires au billetage lorsque le virement et la réception dorénavant des bulletins par voie électronique peuvent réduire tous ces facteurs de corruption ? La question reste posée !

 

Justice : De lourdes peines contre des coupeurs de route à Mamou

Ouvert la semaine dernière, le procès de Thierno Mamadou Sow alias Bobo, Mamadou Aliou Sow alias Bassörö, Alhassane Bah et Saidou Fofana alias Big poursuivis pour association de malfaiteurs, vol à mains armées et complicité a pris fin ce mercredi 10 mai au tribunal de première instance de Mamou.

Pour cette deuxième journée, place était aux réquisitions du ministère public suivies des plaidoiries du collectif des avocats de la défense.

Dans ses réquisitions, le ministère public représenté par Ousmane Sané et Daouda Diomandé est revenu sur l’attaque de Sokotoro ayant entrainé l’arrestation de ces accusés. Au cours cette attaque, un assaillant a été tué par les victimes. Les gendarmes ont utilisé le téléphone du défunt pour main sur les autres qui avaient pris la fuite. Le ministère public a par la suite établi les statistiques des attaques suivant la période aout 2014 à nos jours. Au total, 24 braquages ont été opérés dans la préfecture de Mamou. Enfin, le ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle à temps contre Thierno Mamadou Sow, Mamadou Aliou Sow et Alhassane Bah. Quant à Saïdou Fofana poursuivi pour recel de malfaiteurs et complicité de vol aggravé, le ministère public a requis 1 an de prison ferme, fermer le bar et 5 ans d’interdiction de l’activité de bar.

Dans leurs plaidoiries, le collectif des avocats de la défense a indiqué qu’il n’y a aucun lien entre Saïdou Fofana et les autres. Il n’y a jamais eu de confrontation entre les accusés et les objets retrouvés lors de la perquisition. Les avocats ont plaidé pour leur relaxe pure et simple.

Dans son verdict, Sidiki Kourouma le président du tribunal a retenu Thierno Mamadou Sow, Mamadou Aliou Sow et Alhassane Bah coupables des faits qui leur sont reprochés. Pour la répression, il les a condamnes à 20 ans de réclusion criminelle à temps. Pour Saïdou Fofana, le président lui a renvoyé aux fins de la poursuite. Vive émotion de joie de Saïdou Fofana dans la salle qui gesticulait les mains.

Dans une autres affaire, Abdourahamane Traoré poursuivi pour tentative de viol, a été condamné à 2 ans de prison ferme. Amadou Mouctar Diallo poursuivi pour coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner, a été condamné à 3 ans de prison ferme. Ce dernier, suivant son mandat de dépôt, sa peine va finir le 27 mai 2017 prochain.

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