Archief

Categories

28 septembre

Guinée : que reste-t-il du NON du28 septembre 1958 ?

Parler du NON du 28 septembre et de son immense aura, c’est aussi heurter une frange de la Guinée, le pays le plus trempé dans le manichéisme béat et exacerbé par les confiscations politiques à colorations ethno-centrée (concentrée-sucrée).

A chaque changement de régime, une fracture se crée. Après trois changements et une transition, la Guinée n’est plus une nation, son tissu social est en lambeaux à l’intérieur d’un petit territoire de 245857 Km² que le général de Gaulle a minimisé et qui a provoqué la chute de son empire colonial en Afrique. 59 ans après, le NON du 28 septembre reste toujours historique, le rejet du franc CFA comme le symbole de la colonisation est assez significatif et parlant. Les Guinéens, eux, ne se rendent pas compte de ce qui ne leur est pas arrivé pour se livrer à un autre combat fratricide.

A l’école nationale de l’éducation incivique

Sékou Touré et De Gaulle se sont donné des coups fourrés inoubliables. A la chute de l’empire colonial français avec ses conséquences qu’a provoqué le NON, la déliquescence socioéconomique de la Guinée et ses conséquences incommensurables, l’observateur le plus averti ne saurait dire de quel côté l’impact est plus profond puisqu’il continue de creuser.

Ainsi, de sa troisième place des puissances économiques et militaire jusqu’à la fin de le décennie 60, on ne sait pas exactement quel rang la France occupe actuellement, elle est en train de se débattre par des acrobaties et par des prestidigitations de Emanuel Macron pour limiter le déficit à 2,6% de son PÏB. Quant à la Guinée, elle n’est jamais sortie d’une ornière que pour entrer dans des impasses en dépit des réalisations tape-à-l’œil, le pays est dans un état de délitement politique, économique et social inédit.

Du 28 septembre au 2 octobre 1958, la Guinée était dans la liesse et la ferveur populaire générale. Tous les arbres, les poteaux électriques, tout ce qui se tenait débout aux abords des routes était pavoisé, décoré de drapeaux rouge-jaune-vert et habillé de banderoles aux slogans révolutionnaires. Petit à petit, les sanctions sans nom de De Gaulle faisaient leurs effets. La flamme s’est ternie avec les difficultés économiques. De Gaulle y œuvrait de tout son génie, et si à cela s’ajoutent des contradictions politiques intérieures avec volonté affichée d’un changement d’option politique pour faire se dédire le NON du 28 septembre. Ce qui s’est passé comme page noire du pays était inévitable, c’était un autre choc d’orgueil. Le dernier choc d’orgueil était celui du « Complot peulh » de 1976. Depuis, la faille s’est élargie entre les Peulhs et les Malinkés.

 A la disparition de Sékou Touré et à l’arrivée du général Lansana Conté au pouvoir, un Soussou, une autre recomposition politique avec tous les composantes de la nation devait se faire mais les cadres malinkés soutenus par les chefs d’Etat amis de Sékou Touré avaient voulu remettre en cause le changement, ce qui était arrivé aux cadres peulhs précédemment, arriva aussi aux cadres malinkés. Depuis, la faille s’est élargie entre les Malinkés et les Soussous, une nouvelle alliance entre Soussous et Peulhs s’était faite sur le dos des Malinkés. Le commerce et le pouvoir économique changèrent de mains, la population de la Guinée s’était insurgée contre la mauvaise gouvernance, contre la corruption de Lansana Conté en 2006-7

A la disparition du général Lansana Conté en décembre 2008, celui que les Guinéens avaient acclamé et ovationné comme personne, se nomme Moussa Dadis Camara et le massacre sauvage  du 28 septembre 2009 s’est perpétré sous sa présidence.

Si le 28 septembre 1958 a été la liesse et la ferveur populaire, la même journée de 2009 a été le deuil pour les Guinéens. La junte ne pouvant gober que les Guinéens lui disent NON, comme à la colonisation. Les inscriptions sur des pancartes ne disaient rien de flatteur, rien que de l’avanie.

Après une transition et une élection cahin-caha, le nouveau tenant du titre est Alpha Condé, Après 7 ans d’exercice, c’est encore mi-figue et mi-raisin. Si l’électricité, le supplice de Tantale des Guinéens est tans soit peu là, l’autre supplice de Tantale plus indispensable, l’eau, n’y est pas encore et les économistes parlent de surfacturations à donner le vertige.

Voilà ce 59ème 28 septembre après 7 ans de pouvoir de Alpha Condé, les Guinéens viennent d’enterrer, la veille, la 82ème personne, tuée suite à des manifestations de revendications politiques légitimes et autorisées par la constitution en plus.

 On peut présumer que les drapeaux guinéens pour la commémoration de la fête de la République du 2 octobre prochain seront réduits à la portion congrue, contrairement aux couleurs du RPG Arc-en-ciel. Ensuite, on ne sait pas où la fête se fera, la célébration tournante est prise de béribéri. C’est dans cet état que Alassane Ouattara a promis de venir constater les faits glorieux de la gouvernance Alpha Condé, qui doit faire vite. On s’imagine le branle-bas d’ici le 2 octobre, à la Place des Martyrs ?

L’orgueil et la fierté de 1958 se sont volatilisés, il n’en reste plus rien. Et dans ce manque de fierté et de volonté politique, les oppositions politiques deviennent plus tranchées. Les jeunes de l’opposition guinéenne et les forces de l’ordre se regardent en chiens de faïence. La dernière marche de l’opposition  s’était déroulée sans anicroches jusqu’à ce que des jeunes lancent des cailloux sur les forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles pour faire en tout 82 morts. Le chiffre 82 doit rappeler que la Guinée fut le 82ème pays admis à l’ONU le 12 décembre 1958.

C’est vrai qu’on dira ce qu’on voudra des forces de l’ordre dressées pour la répression, mais aussi et surtout, on doit dire aux leaders de l’opposition de dire ce qui doit être dit à leurs militants. S’il n’y a pas d’excuses possibles de la possession d’armes de guerre aux mains des forces de l’ordre, il n’y a pas des reproches à ne pas faire aux leaders sur l’éducation de leurs militants. Accuser les uns sans faire de reproches aux autres est un raccourci qu’il ne fat pas prendre pour encourager à la récidive de part et d’autre.

 L’incivisme en Guinée va dans tous les sens interdits et il commence de haut vers le bas. Quand, en 2002, Fodé Soumah et Mamadou Sylla avaient été accusés d’avoir détourné à la Banque Centrale de la Guinée, on a entendu des étudiants en économie dire que les deux ont raté, que si eux, ils détournent, la Guinée serait à genoux, ne serait-ce pas quelques-uns d’eux qui sont DAF SAF et autres ? Cette commémoration au rabais de la fête de l’indépendance n’est autre que le manque de financement, les rues de la capitale sont dans un état de dégradation…

La confiscation du pouvoir et le jusqu’auboutisme de ceux qui veulent le prendre ont été la cause du retard dans tous les domaines.

Le moment n’est-il pas encore venu que Soussous, Peulhs, Malinké et Forestiers participent à hauteur de leurs capacité et aptitudes à l’élaboration nationale.

Affaire 28 septembre : une confrontation Toumba- Marcel ce jeudi ?

Le pool de juges d’instruction en charge du dossier du massacre du 28 septembre a adressé une correspondance au collectif des avocats de Toumba Diakité pour l’informer d’une confrontation entre leur client et  Marcel Guilavogui, un autre personnage fort du CNDD et inculpé dans l’affaire du 28 septembre. Sauf que les avocats de Toumba Diakité ont décidé de suspendre leur participation au dossier depuis le 08 mai.

 «De toute façon, nous avons suspendu notre assistance à Toumba Diakité… Et puis, le 25 mai est férié. Nous ne savons donc pas comment ils vont procéder à cette confrontation », s’est demandé Me Aboubacar Sylla, l’un des avocats de Toumba, rencontré au tribunal de première instance de Kaloum ce mercredi.

 Le pool de juges d’instruction s’est-il trompé en programmant cette confrontation ce jeudi 25 mai ou a-t-il fait exprès en ne tenant pas compte du jour férié ? La réponse c’est ce jeudi.

Cet article Affaire 28 septembre : une confrontation Toumba- Marcel ce jeudi ? est apparu en premier sur Guinéenews.

Dossier du 28 septembre : Les avocats de Toumba s’en prennent au ministre de la Justice

Ce sont des avocats très remontés contre le ministre de la justice, Me Cheick Sako, qui sont sortis ce mardi 23 mai 2017 devant la presse à Conakry. Les mots ne manquent pas au collectif d’avocats de d’Aboubacar Toumba Diakité pour dénoncer la dernière sortie de Me Cheick Sako lors de laquelle ce dernier a annoncé la confrontation de Toumba avec un détenu. Ce que leur permet de dire que Me Cheick Sako est en train d’ ‘’usurper’’ le rôle du procureur de la République.

D’entrée de jeu, Me Paul Yomba Kourouma, a qualifié cette sortie du ministre de la justice d’une sorte de campagne contre les avocats de Toumba : « C’est la campagne de manipulation et de désinformation entreprise par le gouvernement à travers le ministre de la Justice, garde des sceaux, dans le but d’esquiver une obligation, celle qui consiste à assurer au commandant Aboubacar Diakité, un minimum de commodité répondant aux normes standard d’un Etat de droit respectueux des droits de l’homme et de la dignité humaine. »

Les attaques contre le ministre de la justice ne manquent pas, de ses études et de ses activités professionnelles : « A peine alphabétisé, l’homme ne maitrise même pas la langue officielle de communication au point qu’il ne mesure pas le sens des mots et les utilise de tort à travers. Le ministre de la justice est en train, à travers cette sortie, de démontrer ou de mettre en doute ou en cause la sincérité, la crédibilité de ses diplômes s’il en a, obtenus à la suite d’études, peut-être saisonnières, saccadées et en dents de scie. Toute chose qui entraine des déformations de tout genre. C’est là le danger de l’importation des cadres handicapés intellectuels, ne maitrisant ni le pays, ni les lois, ni les hommes, ni les usages encore moins l’éducation. […] Nous dire au ministre de la justice que sa thématique est d’un genre anachronique et démodé et que son attitude est comparable à une comédie de café théâtre où les acteurs n’ont même pas le niveau B.»

Comme preuve de ses accusations, Me Paul Yomba sort certains propos tenus par le ministre, notamment ‘’égo personnel’’ ou ‘’fin de la clôture’’. Alors que, selon lui, chaque mot a le même sens que l’autre. Donc c’est de la redondance.

Quant à Me Lancinet Sylla, il a accusé le ministre de la justice d’avoir violé l’article 8 du code de procédure pénale, et s’est immiscé dans la procédure : « Lorsqu’un dossier est à la phase des enquêtes et de l’instruction, la procédure se déroule sous le sceau de la confidentialité. Si à ces phases de la procédure il est nécessaire de porter à la connaissance du public un quelconque élément de nature à éviter des troubles ou une désinformation, cela doit être fait, conformément à l’article 8 du code de procédure pénale par le procureur de la République. Donc en l’espèce, celui qui doit le faire c’est le procureur de la République près le tribunal de première instance de Conakry II (Dixinn). »

Les avocats avaient récemment annoncé la suspension de leur assistance à Toumba Diakité pour dénoncer ses conditions de détention. Suite à cela, le ministre de la justice a affirmé qu’il sera demandé au parquet général de lui commettre des avocats d’office. « Cela veut dire qu’il s’immisce dans l’affaire », insiste Me Lancinet, précisant que c’est au procureur de la République qu’il revient la charge de faire une telle annonce.

Les avocats ont indiqué qu’ils n’ont jamais dit qu’ils se sont retirés de l’affaire, mais qu’ils suspendent leur assistance jusqu’à l’amélioration des conditions de détention du commandant Toumba Dikaité. Cela, disent-ils, constitue un moyen de pression.

Cet article Dossier du 28 septembre : Les avocats de Toumba s’en prennent au ministre de la Justice est apparu en premier sur Guinéenews.

Dossier du 28 septembre: les avocats de Toumba demandent l’inculpation d’Alpha Condé

Lors d’une conférence de presse animée ce lundi 8 mai à Conakry, le collectif des avocats du commandant Aboubacar Toumba Diakité a fait savoir que le dossier du 28 septembre 2009 ne peut être traité en l’absence du président Alpha Condé. Car pour eux, il est bien impliqué dans cette affaire.

 «Ce dossier ne peut être traité en l’absence du Pr Alpha Condé qui se trouve impliqué en dehors même de ce que nous venons de révéler. Si d’autres inculpés que nous attendions, dont certains ne sont pas encore à Conakry pour nous parler de l’implication de l’homme. Je crois qu’il nous a donné l’occasion de l’enrôler dans cette affaire, le livrer à la justice guinéenne ou la justice internationale », a indiqué Me Paul Yomba Kourouma.

Plus loin, l’avocat fait une comparaison entre l’affaire de l’attaque de la résidence privée du président Alpha Condé le 19 juillet 2011 et le dossier du 28 septembre 2009 : « Lorsque le domicile du Pr Alpha Condé a été attaqué, il y a eu des diligences. Ce procès  a été expéditif. Tous les moyens, toutes les ressources humaines, toutes les personnes citées avaient mises à la disposition de la justice en vue de ce jugement. Quand il s’agit de cette affaire, il oppose une résistance abusive et injustifiée à rendre ses sujets, ses protégés, bien que sachant qu’ils avaient les mains, les âmes et les consciences trempées par le sang, souillées, il les a élevés en dignité pour présider à nos destinées. Et quand l’heure de la justice sonne, on dit que ce sont des innocents. »

Pour Me Paul Yomba, si le président Alpha Condé «refuse de livrer» ces inculpés, il ne rendra pas à la justice lorsqu’il sera inculpé : «Et quand dira-t-il quand il s’agira de lui-même, s’il refuse déjà de rendre ses protégés ? Ce n’est pas lui qui va se rendre. »

Affirmant que le président de la République ne doit pas protéger ceux qui sont coupables de crime de sang, Me Paul accuse Alpha Condé d’avoir su la conception et l’exécution du massacre du 28 septembre : « Le Pr Alpha Condé ne peut pas opposer une quelconque immunité dans cette affaire, parce que nous sommes en face d’un crime contre l’humanité, un crime de masse, un crime de sang, un génocide. Si le chef de l’Etat pose des actes qui enfreignent la légalité, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas interrogé, qu’il ne soit pas interpellé voire inculpé. Le chef de l’Etat, en intervenant tel qu’il l’a fait laisse supposer qu’il sait de la conception de ce massacre, de sa préparation et de son exécution. En plusieurs points il trouve son implication. »

Dénonçant le refus du pool de juges à citer Alpha Condé dans cette affaire et les conditions de détention de leur client, les avocats ont suspendu leur assistance à l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte au pouvoir.

Arrêté en décembre 2016 à Dakar, Toumba Diakité a été extradé en Guinée où il a été inculpé pour 15 chefs d’accusation.

Cet article Dossier du 28 septembre: les avocats de Toumba demandent l’inculpation d’Alpha Condé est apparu en premier sur Guinéenews.

Affaire 28 septembre : les avocats de Toumba suspendent leur assistance à l’inculpé

En conférence de presse ce lundi, le collectif des avocats en charge de Toumba Diakité a annoncé la suspension de son assistance au célèbre prisonnier dans le dossier sur le massacre du 28 septembre.

« Nous sommes allés ce matin serrer la main de notre client pour une dernière fois en lui annonçant que nous allons nous retirer momentanément pour nous retrouver sûrement à la CPI », a déclaré Me Paul Yomba Kourouma pour clôturer une longue dénonciation des « manquements et la léthargie » qui caractérisent le traitement du dossier. 

Me Aboubacar Sylla, l’autre avocat de Toumba, reste convaincu que ce dossier sera jugé tôt ou tard,  que ce soit en Guinée ou ailleurs.  L’avocat résume le motif de leur décision par le « manque de volonté politique et par le manque de courage des magistrats.» «Nous pensons que le moment est venu d’attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur la discrimination dont notre client est victime ainsi que la violation de ses droits les plus élémentaires », a indiqué Me Sylla.

Pour sa part, Me Lancinet Sylla estime que le collectif d’avocats de la défense n’a plus sa raison d’être dans ce dossier. «La raison d’être d’un avocat dans ce dossier c’est de faire évoluer la procédure. En l’état actuel, la procédure n’avance pas. Et puisqu’elle n’avance pas, nous n’avons pas notre raison d’être », a exprimé. Et d’ajouter : « il faut éviter d’être là pour cautionner une parodie de justice. »

Les avocats croient que le changement de la situation n’est pas pour demain. Mais au cas où elle changerait, ils reprendront leur assistance en faveur de Toumba.

Inculpé Alpha Condé

La décision des avocats fait suite au rejet par le tribunal de leurs requêtes en faveur de leur client. Par ailleurs, ils ont indiqué le reste de ces requêtes n’ont même pas été examinées. Par celles-ci, la demande d’audition du président Alpha Condé. Si dans un premier temps, ils ont demandé qu’Alpha Condé soit auditionné comme témoin, Me Paul Yomba estime aujourd’hui que ce dossier ne peut pas être traité en l’absence du chef de l’Etat. « Alpha Condé ne peut opposer une quelconque immunité dans cette affaire, parce que nous sommes en matière de crime, de génocide… nous souhaitons qu’il soit inculpé.»

Cet article Affaire 28 septembre : les avocats de Toumba suspendent leur assistance à l’inculpé est apparu en premier sur Guinéenews.