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23 juin

Exclusif : Des hauts cadres de l’État, officiers de l’armée et « hommes d’affaires » épinglés pour blanchiment d’argent

Presqu’un an après son opérationnalisation, la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), a procédé à l’investigation de plusieurs présumées affaires de crimes économiques relatives au blanchiment d’argent. Telle est l’information que Guinéenews© a apprise de plusieurs sources concordantes.

Selon nos informations, au moins 13 personnes sont concernées par cette première phase d’enquête. Parmi elles, l’on cite notamment des hauts cadres de l’État, des officiers des forces armées guinéennes et des « hommes d’affaires ». Ces personnes sont soupçonnées de crime économique en bande organisée, en filigrane le blanchiment d’argent, au regard de l’énormité de leurs biens immobiliers, des sociétés fictives et des montants faramineux d’argent en francs guinéens et en devises étrangères dont elles possèdent dans leurs comptes bancaires en Guinée.

À en croire nos sources d’information, le réquisitoire introductif a été fait depuis le 25 août 2016. Et la première comparution des prévenus a eu lieu 5 septembre de la même année. Suite à cette première comparution, un mandat de dépôt a été livré contre certains suspects à la même date. Mais ceux-ci ont bénéficié d’une liberté provisoire mais placés sous contrôle judiciaire après le paiement d’une caution de cinquante millions de francs guinéens (50.000.000 GNF) sous la houlette de Sidy Souleymane N’diaye, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Dixinn. Le 6 septembre 2016, les débats de fond ont eu lieu avant que le dossier ne soit communiqué au parquet le 31 octobre 2016, rapportent nos sources.

Interrogé par votre quotidien électronique Guinéenews©, le procureur général près de la cour d’appel de Conakry, Moundjour Chérif, a confirmé la nouvelle. « En matière d’infraction économique, la CENTIF, composée d’économistes, de magistrat et d’officiers de police judiciaire peut ouvrir une enquête pour traquer le réseau de blanchiment d’argent en collaboration avec les autres pays membres de la CEDEAO. Sur la base des résultats de leur enquête préliminaire et détenant suffisamment de preuves, la cellule d’investigation a saisi le procureur général près le tribunal de première instance de Dixinn, qui, à son tour, a saisi le juge d’instruction pour mettre les prévenus sous contrôle judiciaire. La CENTIF travaille avec des banques qui sont tenues de donner des informations sur les avoirs de ces prévenus pour des fins d’enquête judiciaires…. », a déclaré M. Chérif au téléphone de Guinéenews©.

Sur l’identité des personnes concernées par cette enquête, le procureur général n’a pas voulu se prononcer là-dessus, car dit-il, le dossier est sous instruction judiciaire. Toutefois, il a précisé que des « hommes d’affaires », des hauts cadres de l’État ainsi que des officiers de l’armée se trouvent sur la liste des prévenus. Parmi eux, Guinéenews© a appris que deux frères évoluant dans le secteur du diamant en Angola ont réussi à justifier l’origine de leurs fonds et ne sembleraient pas être inquiétés.

A l’instar des autres pays de la sous-région ouest africaine, la CENTIF a été rendue opérationnelle depuis le 23 juin 2016. Selon les informations officielles, la mission assignée à la cellule nationale de traitement des informations financières conformément aux termes de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux en République de Guinée et celle relative à la lutte contre le financement du terrorisme est de mettre en œuvre, la politique nationale conformément aux traités et convention internationaux auxquels la Guinée a  adhérés de façon souveraine.

Spécifiquement, elle recueille, analyse et traite les renseignements propres à établir l’origine des transactions ou la nature des opérations faisant l’objet de déclarations de soupçons auxquelles sont astreintes les personnes assujetties notamment, la BCRG (banque centrale de la république de Guinée), le Trésor Public, les banques primaires, les ONG (organisations non gouvernementales et les entreprises et professions non financières désignées (EPNFD).

Elle reçoit toutes les informations liées à l’accomplissement de sa mission notamment celles communiquées par les autorités de contrôle et des officiers de police judiciaire. Aussi, elle requiert la communication par les assujettis, ainsi que toute personne physique et morale, susceptibles de permettre d’enrichir les déclarations de soupçon.

En fin, elle fait ou fait faire des études périodiques sur l’évolution des techniques utilisées aux fins de blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme en proposant des réformes nécessaires au renforcement de l’efficacité de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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