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20 millions francs guinéens

Guinée : Pourquoi les rues sont envahies par les vendeuses ?

La corruption des responsables des marchés qui ne voient que la perception des taxes journalières sans faire face à la salubrité est un fait, le laxisme des responsables au niveau directement supérieur est proportionnel aux dividendes qui leur reviennent en est un autre fait bien toléré par la marche supérieure de l’échelle de la corruption, et ainsi de suite jusqu’à se déteindre sur la gouvernance. On se demande ce qu’il gagne dans ce laisser aller et pourquoi il laisse la cour si libre aux prédateurs pour prendre sur lui tout le discrédit populaire qui conduit inéluctablement à l’incivisme général par la suite.

Ce qui est encore à fustiger dans cette affaire, est que, pour gagner plus de rangées et tables, une autre radinerie maladive, les allées entre les tables et étals à l’intérieur des marchés sont si restreintes et rétrécies que deux personnes ne circulent pas aisément, les bouchons et étranglements à ces niveaux rebutent les acheteurs de s’y hasarder. Ainsi, le marché ne marche pas comme cela se doit. Les vendeurs et vendeuses étant tant soit peu psychologues, ils prennen d’assaut les trottoirs, où les acheteurs pourraient faire leurs achats sans descendre des véhicules. Quant à la qualité des articles, c’est du pile ou face. Certains ont acheté des chats en poche bien en vue, et ne se rendent compte d’avoir été floués qu’après coup.

Malgré tout, beaucoup ne se sont plus hasardés d’entrer dans le marché de Madina depuis des décennies à cause de la foule dense et compacte. Dehors, sur les trottoirs, les mêmes marchandises et articles peuvent se trouver sinon des rabatteurs vous épargnent l’effort d’affronter la foule pour vous apporter la marchandise en question sur un plateau d’argent avec tout ce que cela peut comporter.

Personne ne voit surtout le danger d’une alerte quelconque qui mettrait la foule sens dessus-dessous ; en cas d’incendie, la chose n’est pas encore à envisager puisqu’aucun service de secours ne pourrait trouver un accès pour une intervention rapide et efficace car la marée qui en sortirait de ce marché ne permettrait à personne de faire quoi que ce soit pour empêcher le foule de se marcher dessus.

Aérer et espacer l’intérieur des marchés seraient pour le bien des commerçants, mais où caser les autres qui vendent dans la rue avec tous les risques. Avec cette démographie effrénée, sans mettre les moyens pour des marchés aériens, à un ou deux niveaux, il serait pratiquement impossible de résoudre la question.

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Exclusif : Des officiers de police arrêtés pour trafic de passeports guinéens, à Conakry

De sources proches du ministère de la sécurité, Guinéenews© a appris que des officiers de police (2), un soldat et une femme ont été arrêtés puis libérés provisoirement (?) pour vente illicite des passeports guinéens aux étrangers moyennant paiement d’un montant de cinq millions de francs guinéens (5.000.000 GNF).

Parmi les officiers de police impliqués dans ce trafic présumé de passeport, figurent Elga Traoré, un agent de l’immigration très connu dans le milieu, Martin Kpogomou, directeur central adjoint de la police de l’air et des frontières, une certaine Mme Nabé du service informatique et le brigadier-chef Condé, également du service informatique de la direction centrale de police de l’air et des frontières en charge du traitement des dossiers de passeport.

Aux dernières nouvelles, ces officiers de police impliqués dans cette affaire présumée de trafic de passeport et qui devraient être transférés seraient en liberté provisoire.

Joint au téléphone par Guinéenews©, le procureur général près de la cour d’appel de Conakry, Moundjour Chérif dit « ne pas être au courant ». Toutefois, un de ses agents en l’occurrence le procureur de la république près le tribunal de première instance de Mafanco, a confirmé la nouvelle au micro de votre quotidien électronique. « Les policiers devraient être déférés ce lundi 3 juillet 2017. Mais je ne sais pas si cela est fait… », a précisé Aly Touré.

 Comment le réseau a été démantelé ?

Selon nos informations, ce sont deux jeunes commissaires de police, Laye Keita et Larack Barry qui ont démantelé le réseau, il y a  à peu près un mois. En effet, un homme d’origine libanaise et connaissant très bien les rouages de l’administration publique guinéenne et conscient que certains agents de l’État sont facilement corruptibles, serait venu voir un policier afin de l’aider à se procurer d’un passeport biométrique guinéen même s’il n’y a pas droit. Ce dernier lui aurait exigé de payer un montant de vingt millions de francs (20.000.000 GNF). Mais le Libanais a trouvé ce montant trop élevé. C’est ainsi qu’il a approché un démarcheur du nom d’Ismaël Camara qui travaille pour le réseau d’Elga Traoré, un agent du service de l’immigration guinéenne, considéré, comme étant le présumé cerveau de ce réseau de trafiquants de passeports guinéens. Toujours selon nos informations, pour un montant de 5 millions de nos francs, ce réseau a pu confectionner le passeport pour le Libanais. Ils l’ont fait en by-passant la procédure normale comme cela est coutume en Guinée.

Normalement, apprend-on, une fois que les dossiers sont déposés pour l’acquisition d’un passeport, il y a deux contrôles à faire avant de finaliser la procédure : le pré-contrôle des documents et leur validation conformément à la loi avant signature. Cette tâche est effectuée par le directeur central de la police de l’air et des frontières ou de son adjoint. Mais seulement voilà, le passeport attribué au Libanais n’a suivi aucune procédure légale, car il n’y aurait aucun document de base relatif au passeport qu’on a fait pour le Libanais. Et cyniquement, après avoir obtenu le passeport guinéen, le même Libanais est revenu montrer ledit passeport qu’il a obtenu avec les gens qui ont refusé de l’aider et qui lui avaient exigé 20 millions pour pouvoir le faire.

Informés de la situation, Laye Keita et Larack Barry ont, à leur tour, mis au courant le directeur central de la police de l’air et des frontières, le commissaire Lamine Keita. Après vérification, il s’est avéré que Lamine Keita, habilité à approuver les demandes de passeport n’a ni donné son accord, ni signé le passeport qui a été confectionné pour ce Libanais dont l’identité ne nous a pas été révélée pour des fins d’enquêtes, dit-on. C’est son adjoint Martin Kpogomou qui l’aurait signé, ce qui justifie l’arrestation de ce dernier.

« Quand le directeur central a eu ces infos, il a trouvé le flou qui a entouré ce dossier et l’a confié directement à la gendarmerie nationale. Effectivement, la gendarmerie a fait ses investigations qui ont abouti à l’arrestation de ces quatre individus cités plus haut dans cette présumée affaire de trafic de passeport », précisent nos sources..

Selon une autre source policière, le Libanais aurait contacté tout d’abord Almamy Conté, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Kaloum afin de l’aider à avoir non seulement un extrait de naissance mais aussi lui faire faire un passeport biométrique guinéen. Ce dernier aurait décliné l’offre avant d’informer les services de sécurité qui auraient procédé à l’arrestation des présumés auteurs de cet acte de corruption. Cependant, nous n’avons pu joindre le procureur pour confirmer ces informations malgré nos multiples tentatives et surtout la persistance de cette source policière.

Pourquoi les prévenus ont-ils été libérés provisoirement ?

Après les investigations faites par la gendarmerie, il y a eu un vice de forme, a-t-on appris de source policière. « Les gens se sont posés la question de savoir pourquoi c’est à la gendarmerie qu’on a confié les enquêtes en lieu et place de la direction de la police judiciaire (DPJ). Ce sont les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont compétentes de faire un tel travail car sa ressort de leur domaine d’intervention. C’est pourquoi l’enquête a été confiée à la DPJ au lieu de la gendarmerie », affirme un OPJ qui n’a pas voulu être cité.

Pour ce qui est la libération des prévenus, il a confirmé, mais, a-t-il insisté, c’est une libération provisoire car ils (les présumés prévenus) viennent de présenter tous les jours à la DPJ pour les besoins d’enquête. Cette information vient corroborer les propos du procureur de la république près le tribunal de première instance de Kaloum. « C’est à partir de la DPJ (direction de la police judiciaire) que leur libération ou leur déferrement à la justice est décidé(e)…», a renchéri M. Touré le procureur de la république près le tribunal de première instance de Mafanco.

Des milliers de Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur souffrent de l’obtention des passeports biométriques guinéens. Pourtant, plusieurs étrangers notamment Nigérians, Libériens, Libanais, Léonais s’en procurent au travers des cadres et autres agents corrompus de l’État guinéen moyennant paiement de dizaine de nos francs. Dans un passé récent, des hauts cadres du ministère des Affaires étrangères avaient été jugés et condamnés pour une affaire similaire de vente illicite de passeports guinéens aux étrangers, qui souvent sont impliqués dans de sombres affaires. C’est pourquoi, depuis un bon bout de temps, c’est le président Alpha Condé lui-même qui signe les passeports diplomatiques, apprend-on.

Une enquête réalisée par Youssouf Boundou Sylla avec la collaboration Tokpanan Doré et Sekou Sanoh pour Guinéenews©