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20 milliards

Guinée : les échecs des échéances de 2017 en urgence pour 2018

Si beaucoup de Guinéens gardent l’embellie de 2017 avec deux annonces de taille pour garder et regarder 2017 comme une année dorée, beaucoup d’autres ont envie de la chasser à jamais de leur mémoire avec espoir que 2018 soit tout autre dans ce pays de cocagne.

On se demande pourquoi la croissance vantée de toute part ne profite pas aux populations mais aux financiers et bailleurs de fonds internationaux, autrement dit, pourquoi croissance et expansion ne signifient pas prospérité pour les Guinéens ?

Les économistes ont leur réponse, mais ils n’empêchent personne de croire dur comme pierre que cette croissance a été fouettée par les endettements colossaux pour que les taxes, TVA, impôts et autres étouffent l’économie de base. Dans ce domaine, comme payeur dans les échéances non-ajournées,  la Guinée est un bon élève des institutions financières internationales.

Les populations sont écrasées par le remboursement de la dette. Voilà une raison chancelante de l’obtention des 21 milliards de dollars du « club de Paris. Quant aux 20 milliards de la Chine, on ne saurait bien sur quel véritable pied danser, mais une chose est certaine, Guinéens et Chinois ont joué à la prévenance et à la prévision, sur ce sujet de dissertation, il faudrait des pages.

Retenons cependant que l’avenir étant sujet à des changements tant dans le tarissement de l’argent liquide que dans la baisse des prix des matières premières, de chaque côté, Chinois et Guinéens se sont prémunis. D’un certains avis, on ne doit pas trop encenser ni condamner cet accord, même si tous les contours ne sont pas bien connus. Mais dans la situation actuelle et future de la Guinée, ces 20 milliards, s’ils sont à disposition, ils sont les bienvenus. L’état du pays n’est pas reluisant et les urgences sont multiples.

Parlant de la chute des prix des matières premières, hormis les mines, la filière café-cacao a été un coup dur pour les producteurs ; l’anacarde risque de subir le même sort quand la Guinée sera en pleine productivité. La preuve est tangible. On parle de la chute du prix de la tonne du poivre de plus de 1000 dollars à 300, parce que des producteur d’Asie, notamment du Vietnam  sont les champions.

Dans ces conditions, non seulement il faut diversifier l’économie, mais aussi et surtout il faut des usines de transformation et de conservation pour garder ses productions pendant les périodes de turbulences. Pour cela, il faut de l’argent au plus vite. C’est dans cette optique que les 20 milliards de la Chine ne doivent pas être trop regardés de coin. Time is money.

Quant aux 21 milliards de paris, on attend de connaître ce qui les sous-tend et on espère que le travail de la dette n’écrase pas encore un peu plus les populations.

Pour les acquis qui font regretter l’année 2017,  côté jardin, on se limite à ça. Quant au côté cour, le côté qu’on se soigne pas bien, il y a un tas de choses à faire.

D’abord, il faut tout faire pour que ces élections communales aient lieu dans la sérénité. En dépit des assurances de part et d’autre, des problèmes existent à l’intérieur même de chaque parti sur la désignation  et la composition des listes de candidats.

Et comme il n’y a pas que les élections, il y a encore le problème des salaires et RTS des fonctionnaires. Dans la résolution pacifique de ce conflit, chacun s’est mis la corde au cou: les syndicats ont désamorcé la grève en ne tenant compte de la promesse des religieux de régler l’affaire à l’amiable à la satisfaction des parties.

Les religieux se sont mis la corde au cou en donnant cette assurance en tenant compte de la promesse de Alpha Condé d’accepter les exigences syndicales. Aux dernières informations, il semble que Alpha veut faire la tête, puisque rien n’a été respecté au mois de décembre. On espère que le mois budgétaire et ses complications ont mis un grain de sable passager dans l’engrenage de cette situation, et que tout ira pour le mieux. Une rebelote serait un plongeon.

La troisième échéance est cette chose qui s’est passée entre les médias et le gouvernement, trop d’intrépidité, d’une part, intimidation et bâtons dans les roues, de l’autre, ont les scénarios, dont l’épilogue n‘est pas en vue avec cette nouvelle taxe de 10% sur les publicités que l’OGP vient d’inventer de toute pièce pour tuer la presse, à moins que les intérêts des milliards de dollars n’aient déjà commencé à essorer le citron. Cette frénésie à débusquer des taxes partout, donne envie de dire que cette méthode de gouverner à vue ne ressemble pas à celle de Anne Robert Jacques Turgot sur « la formation et la distribution des richesses ».

Pour calmer le tollé des médias, une promesse de réunir de nouveau la presse et la présidence dans les temps à venir pour un rabibochage. La gouvernance Alpha Condé n’a aucun intérêt à croiser le fer avec les médias, elle n’en sortira que perdante d’entendre clabauder dans son dos: les dollars, plus ils sont en milliards, plus ils ont l’hyperacousie comme Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite. Si Alpha Condé veut une reconnaissance internationale dans un domaine quelconque, il devra faire en sorte que la presse guinéenne parle de lui en bien.

Pour ne pas trop rallonger la sauce, la dernière échéance, non des moindres, est ce procès promis avec tant de solennité pour 2017, mais qui a lanterné tant que faire se pouvait est procrastiné pour une date indéterminée, mais du côte de la justice, on semble vouloir le tenir dans le courant de cette année, mais comme chat échaudé craint l’eau froide, aucune échéance n’est donnée pour ne pas risquer un autre ajournement.

En voilà quelques contentieux majeurs de 2017 à éponger en 2018. A cette occasion, oserait-on formuler les vœux de paix et de réussite pour la Guinée toute entière ?