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15 septembre

Education : le nouveau calendrier scolaire adopté par un Conseil des ministres inattentif et indécis

Par un excès d’engagement ou orgueil, on ne saurait le dire avec précision, le ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire, Ibrahima Kalil Konaté dit K² a coltiné son projet de modification du calendrier scolaire devant le Conseil des ministres, présidé par le président de la République. L’ordre du jour étant fleuve, on ne saurait encore dire si le sujet de K² a été examiné avec toute l’acribie  nécessaire.

De quoi s’agit-il au clair ? Votre attention, svp :

Pour K², le calendrier scolaire se déroulera du 15 septembre au 31 mai découpé en 3 trimestres avec deux congés (d’une semaine chacune) : Noël et Pâque.

Cela a pour effet d’abord d’utiliser les 9 mois pleins de scolarité, le mois de juin est exclusivement consacré aux différents examens nationaux ; les grandes vacances vont du 20 juin au 14 septembre. Cette trouvaille aura pour effet de faire participer les enseignants et élèves à la célébration de la fête de l’indépendance du 2 octobre et à la journée des enseignants du 5 octobre.

Si le Conseil des ministres a approuvé les dépenses favorisées par la faramineuse économie faite par K² sur le budget des examens (31 milliards) pour les restaurations des salles de classe et la formation et la sur-formation des enseignants, le Conseil des ministres demande, par contre, de la transparence dans ces dépenses. Ensuite, si le Conseil des ministres a adopté ce nouveau calendrier scolaire, en demandant au ministre de l’Education de partager son plan avec les acteurs de l’Education et des syndicats.

En relisant avec attention les propositions du ministre de l’Education et les adoptions mécaniques et  sous réserves du Conseil des ministres, l’observateur ne peut s’empêcher de relever certaines contradictions :

Sur le nouveau calendrier scolaire : on voit que du 15 septembre au 31 mai, il n’y a pas 9 mois pleins de cours mais 8 mois et 15 jours ; en retranchant les deux congés de Noël et Pâque, il ne reste que 8 mois et si à cela, on retranche les éventuelles fêtes de ramadan et du Maouloud, qui sont cycliques, il ne reste pas 8 mois et si on retranche encore les fêtes internationales, travail, OUA et on ne sait quoi, encore, il ne reste pas grand-chose. Le compte des 9 mois n’y est pas du tout.

L’argument de faire participer le secteur de l’éducation à la célébration de la fête de l’indépendance et es enseignants, cela était dans le calendrier primitif, il ne tient pas débout, à plus forte raison la route.

Si ce calendrier est soumis à l’appréciation des acteurs de l’Education et des syndicats, il n’est pas sûr qu’ils approuvent  ce qui s’est mijoté au Conseil des ministres de ce jeudi 20 juillet et pour cause : le 15 septembre, au milieu du mois de soudure et de vaches faméliques pour les fonctionnaires et enseignants, eux surtout, qui sont les moins nantis et qui ne sauront comment faire partir les vacanciers, comment feront-ils pour remplir les conditions d’une ouverture scolaire, quand les frais de fournitures grimpent d’année en année, quand les frais de scolarité flambent librement dans les écoles privées, à moins que l’Etat les enseignants avant ce 15 septembre.

Comme on peut le constater, les propositions sont malvoyantes et le Conseil des ministres les a adoptés sans voir plus loin les choses terre à terre. Si chacun des ministres était dans la situation du Guinéen lambda, adopterait-il ces propositions ?

La question reste posée !

Moïse Sidibé